28 août, Saint Augustin

Fêtes et vies des saints et bienheureux, prédécesseurs et modèles dans la Foi
etienne lorant
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Homélie du Pape François en la fête de saint Augustin

Message non lupar etienne lorant » ven. 30 août 2013, 10:36

"Tu nous as fait pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en Toi" (Les Confessions, I,1,1). Dans ces paroles, devenues célèbres, avec lesquelles saint Augustin d’adresse à Dieu dans les Confessions, est exprimée la synthèse de toute sa vie.

"Sans repos / Inquiétude". Cette parole me touche et me fait réfléchir. Je voudrais partir d’une question : quelle inquiétude fondamentale Augustin vit-il dans sa vie ? Ou peut-être devrait-je dire: quelles inquiétudes est-ce que ce grand homme et saint nous invite à susciter et à maintenir vives dans notre vie ? J’en propose trois : l’inquiétude de la recherche spirituelle, l’inquiétude de la rencontre avec Dieu, l’inquiétude de l’amour.

1. La première : l’inquiétude de la recherche spirituelle. Augustin vit une expérience assez commune aujourd’hui : assez commune parmi les jeunes d’aujourd’hui. Il est éduqué par sa mère Monique dans la foi chrétienne, même s’il ne reçoit pas le baptême, mais en grandissant il s’en éloigne, il ne trouve pas en elle la réponse à ses questions, aux désirs de son coeur, et il est attiré par d’autres propositions. Il entre alors dans le groupe des manichéens, il se dévoue avec implication à ses études, il ne renonce pas aux distractions insouciantes, aux spectacles de l’époque, aux amitiés intenses, il connait l’amour intense et entreprend une brillante carrière de professeur de rhétorique qui le conduit jusqu’à la cour impériale de Milan. Augustin est un homme "arrivé", il a tout, mais dans son cœur demeure l’inquiétude de la recherche du sens profond de la vie; son cœur n’est pas endormi, je dirais qu’il n’est pas anesthésié par le succès, par les biens, par le pouvoir. Augustin ne se ferme pas sur lui-même, il ne se repose pas, il continue à chercher la vérité, le sens de la vie, il continue à chercher le visage de Dieu. Certes il commet des erreurs, il prend aussi des voies erronées, il pèche, c’est un pécheur; mais il ne perd pas l’inquiétude de la recherche spirituelle. Et de cette façon il découvre que Dieu l’attendait, ou plutôt, qu’il n’avait jamais cessé de le chercher en premier. Je voudrais dire à celui qui se sent indifférent envers Dieu, envers la foi, à qui est éloigné de Dieu ou l’a abandonné, et à nous aussi, avec nos "éloignements" et nos "abandons" envers Dieu, petits, peut-être, mais qui sont si nombreux dans la vie quotidienne : regarde au plus profond de ton cœur, regarde à l’intime de toi-même, et demande-toi: as-tu un cœur qui désire quelque chose de grand ou un cœur endormi par les choses ? Ton cœur a-t-il conservé l’inquiétude de la recherche ou l’as-tu laissé étouffer par les choses, qui finissent par l’atrophier ? Dieu t’attend, te cherche : qu’est-ce que tu lui réponds ? Es-tu attentif à la situation de ton âme ? Ou bien est-ce que tu dors ? Est-ce que tu crois que Dieu t’attend ou bien pour toi cette vérité n’est-elle que "des mots"?

2. En Augustin c’est cette inquiétude du cœur qui le porte à la rencontre personnelle avec le Christ, qui le pousse à comprendre que ce Dieu qu’il cherchait loin de lui-même, est le Dieu proche de tout être humain, le Dieu proche de notre cœur, plus intime à nous que nous-mêmes (cf. ibid., III,6,11). Mais même dans la découverte et dans la rencontre avec Dieu, Augustin ne s’arrête pas, ne se repose pas, ne se referme pas sur lui-même comme celui qui est déjà arrivé, mais il poursuit le chemin. L’inquiétude de la recherche de la vérité, de la recherche de Dieu, devient l’inquiétude de le connaître toujours plus et de sortir de lui-même pour le faire connaître aux autres. C’est justement l’inquiétude de l’amour. Il voudrait une vie tranquille d’étude et de prière, mais Dieu l’appelle à être Pasteur à Hippone, dans un moment difficile, avec une communauté divisée et la guerre aux portes. Et Augustin se laisse inquiéter par Dieu, il ne se lasse pas de l’annoncer, d’évangéliser avec courage, sans crainte, il cherche à être l’image de Jésus Bon Pasteur qui connaît ses brebis (cf. Jn 10,14), ou encore, comme j’aime le redire, qui "sent l’odeur de son troupeau", et sort pour chercher celles qui sont égarées. Augustin vit ce que saint Paul indique à Timothée et à chacun de nous : « proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, mais avec une grande patience et avec le souci d'instruire » (cf. 2 Tm 4,2) comme Pasteur inquiet pour ses brebis. Le trésor d’Augustin est justement cette attitude : sortir toujours vers Dieu, sortir toujours vers le troupeau… C’est un homme en tension, entre ces deux sorties ; ne pas "privatiser" l’amour… toujours en chemin ! Toujours en chemin. Toujours inquiet ! C’est la paix de l’inquiétude. Nous pouvons nous demander : suis-je inquiet pour Dieu, pour l’annoncer, pour le faire connaître ? Ou est-ce que je me laisse séduire par cette mondanité spirituelle qui pousse à faire tout par amour de soi-même ? Nous consacrés pensons aux intérêts personnels, au fonctionnalisme des oeuvres, au carriérisme. Tant de choses auxquels nous pouvons penser… Je me suis pour ainsi dire "assis" dans ma vie chrétienne, dans ma vie sacerdotale, dans ma vie religieuse, dans ma vie de communauté, ou bien est-ce que je garde la force de l’inquiétude pour Dieu, pour sa Parole, qui me porte à "aller à l’extérieur", vers les autres ?

3. Nous en venons à la dernière inquiétude, l’inquiétude de l’amour. Ici je ne peux pas ne pas m’arrêter sur la maman : cette Monique ! Que de larmes a versé cette sainte femme pour la conversion de son fils ! Et combien de mamans encore aujourd’hui versent des larmes pour que leurs enfants retournent au Christ ! Ne perdez pas l’espérance dans la grâce de Dieu ! Dans les Confessions nous lisons cette phrase qu’un évêque dit à sainte Monique qui lui demandait d’aider son fils à retrouver le chemin de la foi : "Il n’est pas possible qu’un fils de tant de larmes périsse" (III,12,21). Augustin, après la conversion, écrit en s’adressant à Dieu : "par amour pour moi ma mère pleurait devant toi, toute fidèle, versant plus de larmes que n’en versent les mères à la morte physique de leurs enfants" (ibid., III,11,19). Femme inquiète, cette femme, qui, à la fin, dit cette belle parole : cumulatius hoc mihi Deus praestitit! [mon Dieu m’a largement comblée] (ibid., IX,10,26). Celui pour lequel elle pleurait, Dieu le lui avait donné abondamment ! Et Augustin est héritier de Monique, d’elle il reçoit la graine de l’inquiétude. Voici l’inquiétude de l’amour : chercher toujours, sans répit, le bien de l’autre, de la personne aimée, avec cette intensité qui porte aussi aux larmes. Me viennent à l’esprit Jésus qui pleure devant le sépulcre de son ami Lazare, Pierre qui, après avoir renié Jésus croise son regard riche de miséricorde et d’amour et pleure amèrement, le Père qui attend sur la terrasse le retour de son fils et court à sa rencontre alors qu’il est encore loin ; me vient à l’esprit la Vierge Marie qui suit son Fils Jésus jusqu’à la croix, avec amour. Comment sommes-nous par rapport à l’inquiétude de l’amour ? Croyons-nous à l’amour envers Dieu et envers les autres ? Ou sommes-nous nominalistes à ce sujet ? Non pas de façon abstraite, non seulement en paroles, mais le frère concret que nous rencontrons, le frère qui est à côté de nous ! Est-ce que nous nous laissons inquiéter par leurs nécessités ou bien nous restons fermés en nous-mêmes, dans nos communautés, qui souvent sont pour nous "communauté-confort"? On peut parfois vivre dans une copropriété sans connaître celui qui vit à côté de soi; ou on peut être en communauté, sans connaître vraiment son confrère : je pense avec douleur aux consacrés qui ne sont pas féconds, qui sont "vieux garçons". L’inquiétude de l’amour pousse toujours à aller à la rencontre de l’autre, sans attendre que l’autre manifeste son besoin. L’inquiétude de l’amour nous offre le don de la fécondité pastorale, et nous devons nous demander, chacun de nous : comment va ma fécondité spirituelle, ma fécondité pastorale?

Demandons au Seigneur pour vous, chers augustiniens, qui commencez votre chapitre général, et pour nous tous, qu’il garde dans notre coeur l’inquiétude spirituelle de toujours le recherche, l’inquiétude de l’annoncer avec courage, l’inquiétude de l’amour envers tout frères et soeur. Ainsi soit-il.

http://www.zenit.org/fr/articles/l-inqu ... de-l-autre
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Les dix conseils de saint Augustin

Message non lupar jean_droit » mar. 01 sept. 2015, 8:52

Traduction française à partir de l'Aleteia en espagnol, je suppose.

http://www.aleteia.org/fr/religion/arti ... 7570793472
Prière : les dix conseils de saint Augustin
"Fais ce que tu peux, demande ce que tu ne peux pas, et Dieu t’aidera afin que tu puisses le faire." Découvrez le décalogue de saint Augustin.

1. "Adresse-toi plutôt à ton Seigneur Lui-même, frappe à la porte de cette demeure où Il repose avec sa famille, prie, supplie, insiste. Bien différent de cet ami dont il est question dans la parabole, Il se lèvera et te donnera, car Il est tout disposé à donner. Tu frappes sans avoir encore obtenu ? Frappe encore, car Il veut te donner. Et s'Il diffère de te donner ce que tu veux, c’est pour enflammer tes désirs, et pour t’empêcher d’apprécier moins ce que tu aurais obtenu plus tôt" (Sermon 105).

2. "Oui, Jésus est mieux disposé à nous donner que nous à recevoir ; plus disposé à faire miséricorde que nous ne le sommes à sortir de la misère" (Sermon 105).

3. "La prière qui s’élève dans sa pureté d’un cœur fidèle est comme l’encens qui monte des saints autels. Rien n’est devant Dieu plus agréable que cette odeur : qu’elle soit l’odeur de tous les fidèles" (Commentaire sur le psaume 140).

4. "La foi est la source de la prière, et si la foi manque, il n’y a plus de prière. Prions donc pour que notre foi ne vienne pas à faiblir. La foi produit la prière, et la prière à son tour obtient l'affermissement de la foi" (Catena Aurea).

5. "Si nos prières sont parfois non exaucées, c’est que nous demandons aut mali, aut male, aut mala : aut mali, en étant mauvais, et pas assez préparés pour demander ; aut male, nous demandons mal, d’une mauvaise manière, avec peu de foi ou sans persévérance, ou avec peu d’humilité ; aut mala, nous demandons des choses mauvaises, ou qui, pour une raison ou une autre, ne nous conviendront pas" (La Cité de Dieu, 20, 22).

6. "Il peut paraître étonnant que Celui qui nous exhorte à prier (...) soit Celui-là même qui sait ce qui nous est nécessaire avant que nous le Lui demandions. Alors, pourquoi Dieu fait-Il cela ? Nous pourrions nous en inquiéter, si nous ne comprenions pas que le Seigneur notre Dieu n’attend certes pas que nous Lui apprenions ce que nous voulons, qu’Il ne peut ignorer. Mais Il veut que notre désir s'excite par la prière, afin que nous soyons capables d'accueillir ce qu'Il s'apprête à nous donner. Car ce que Dieu nous réserve est très grand, tandis que nous sommes petits et de pauvre capacité pour le recevoir. Voilà pourquoi il nous a été dit : Dilatez-vous" (Lettre 130, à Proba).

7. "Toujours maintenir vivant ce désir continuel de Dieu. Mais les soins et les affaires d’ici-bas attiédissent notre désir, c’est pourquoi à certaines heures et à certains temps fixés, nous prions aussi Dieu avec des paroles ; par ces paroles, nous nous avertissons nous-mêmes de reprendre nos élans, et nous empêchons que notre esprit soit attiédi et se refroidisse complètement ; il s’éteindrait même totalement, faute d’être ranimé fréquemment" (Lettre 130 à Proba).

8. "Que Dieu nous garde de la prière bavarde, mais la prière doit être continue, si la ferveur persévère. Parler beaucoup, c’est traiter dans sa prière d’une chose nécessaire en paroles superflues. Mais prier beaucoup, c’est insister auprès de Celui que nous prions, par un long et pieux désir du cœur. La plupart du temps, on traite mieux celui que nous prions par les gémissements que par les discours, plus par les larmes que par le langage" (Lettre 121 à Proba).

9. "Fais ce que tu peux, demande ce que tu ne peux pas, et Dieu t’aidera afin que tu puisses le faire" (Sermon 43, sur la nature et la grâce).

10. "Si tu parcours toutes les prières de l’Écriture, tu ne trouveras rien, je crois, qui ne soit contenu dans cette prière du Seigneur et n’y trouve sa conclusion (Notre Père)" (Lettre 130 à Proba).

Cinci
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La prière, quand et comment

Message non lupar Cinci » dim. 25 févr. 2018, 20:01

La prière de saint Augustin ...


O Dieu. Créateur de l'univers, permets d'abord que je te prie comme il convient; puis, que je me rende digne d'être exaucé; enfin que je te doive ma libération. Dieu qui ne laisse pas périr les choses qui se détruisent réciproquement; Dieu, qui a crée de rien ce monde dont tous les yeux sentent la souveraine beauté ; Dieu, qui n'est pas l'auteur du mal et qui permet qu'il existe pour prévenir un plus grand mal; Dieu, qui ne permet aucune dissonnance même au plus humble degré de cet univers, puisque le pire s'harmonise avec le meilleur; Dieu, qu'aime tout ce qui, consciemment ou inconsciemment, peut aimer; Dieu, qui contient tout. mais qui ne reçois de la malice de la créature aucun dommage, de ses erreurs aucune erreur; Dieu, qui n'a donné qu'aux coeurs purs de connaître le Vrai; Dieu, Père de la vérité, Père de la sagesse, de la vie véritable, du bonheur, du Bon et du Beau, de notre réveil et de notre illumination. Père du gage qui nous avertit de retourner à toi ...

C'est toi que j'invoque, Ô Dieu-Vérité, source, principe, auteur de la vérité de tout ce qui est vrai.

Dieu-Béatitude, auteur du bonheur de tout ce qui est heureux; Dieu-Lumière, auteur de la lumière; Dieu vers qui se tourner, c'est se lever à nouveau, et qui demeurer, c'est trouver un solide appui; revenir à toi c'est revivre, habiter en toi c'est vivre; Dieu, que nul ne perd, s'il n'est trompé, que nul ne cherche sans appel préalable, que nul ne trouve s'il ne s'est purifié d'abord; Dieu, par qui nous triomphons de l'ennemi. c'est à toi que j'adresse ma prière !

Délivre-moi, purifie-moi

Guéris, ouvre mes oreilles pour que j'entende tes paroles; guéris, ouvre mes yeux pour que je vois tes volontés. Dis-moi par où diriger mes efforts. Accueille, je t'en prie, ton fils fugitif, Ô Seigneur, le plus clément des pères !

Enseigne-moi comment parvenir jusqu'à toi. Je n'ai rien que ma bonne volonté. J'ignore comment on parvient jusqu'à toi. Inspire-moi, guide-moi, pourvois aux besoins de ma route. Si c'est par la foi que te trouvent ceux qui se réfugient auprès de toi, donne-moi la foi; si c'est par la force, donne-moi la force; si c'est par la science, donne-moi la science. Accrois en moi la foi, accrois l'espérance, accrois la charité.

C'est à toi que je veux aller : les moyens d'y arriver, c'est cela même que je te demande encore. Enseigne-moi donc, Ô Père, comment te chercher. Mais s'il est en moi quelque appétit superflu, purifie-moi toi-même. Je veux seulement invoquer ta clémence souveraine pour quer tu me tourne entièrement vers toi, que rien ne fasse échec à mon effort vers toi. Ainsi soit-il ! Ainsi soit-il !

Saint Augustin


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