Saints dominicains

Fêtes et vies des saints et bienheureux, prédécesseurs et modèles dans la Foi
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Fée Violine
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Re: Saints dominicains

Message non lupar Fée Violine » mer. 22 oct. 2014, 13:13

Bonjour Touriste,
c'est intéressant, en effet. Peut-être devriez-vous donner ce document à des dominicains, qui s'occuperaient de le publier?

Jean-Mic
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Re: Saints dominicains

Message non lupar Jean-Mic » mer. 22 oct. 2014, 16:37

Quoi, un manuscrit inédit. Mais c'est le pied !
Trêve d'humour, je suis très sérieux. Êtes-vous sûr que ce manuscrit est réellement inédit ? Si oui, que comptez-vous en faire ? Si c'est le cas, il est d'un grand prix pour les historiens de Lourdes. Je parle de son prix "scientifique" et éventuellement "littéraire", parce que pécuniairement vous n'en tirerez pas 5,00 € dans une foire aux vieux papiers ...

Le père Chocarne, Mlle de Blic, et le pèlerinage des bannières, c'est tout simplement capital dans l'histoire de Lourdes !

Pour savoir s'il est inédit, je vous suggère de vous rapprocher du service Archives et Patrimoine des sanctuaires de Lourdes. L'archiviste pourra vous dire si elle en connaît une publication ou non. Historien amateur à mes heures, je me suis intéressé au sujet et à la période et j'ai déjà eu affaire à ses services (puisque j'ai, à la demande de mon diocèse, écrit l'histoire des pèlerinages diocésains de 1873 à 1907). Je pourrai vous donner les infos nécessaires et les adresses en message privé.

Mais par dessus tous, s'il est vraiment inédit, il est indispensable d'en assurer la conservation dans de bonnes conditions. Dieu sait que les papiers anciens (1872 ! déjà 140 ans) sont fragiles. Quiconque en a déjà feuilleté le sait bien. Quant à "travailler" dessus, c'est à dire, les prendre, reprendre, feuilleter, chercher, revenir, ..., c'est les détruire peu à peu. Je vous invite à le confier en de bonnes mains, en vue de le reproduire, et ne travailler que sur des copies. La photo sur banc est la seule technique valable ; la photocopieuse est beaucoup trop agressive pour ce genre de document !

N'hésitez pas à me contacter en message privé.
Fraternellement
Jean-Mic

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Re: Saints dominicains

Message non lupar Fée Violine » sam. 19 sept. 2015, 12:58

15 août Serviteur de Dieu Alberto (Pio) del Corona, né 5 juillet 1837 à Livourne, + 15 août 1912 à Florence.
Né de modestes marchands de chaussures dans un quartier populaire de Livourne, c’est un enfant à l’esprit vif et pieux, à l’école il est bon en lettres et philosophie. Il entre à 17 ans au couvent dominicain Saint Marc à Florence, humble, obéissant, appliqué à l’étude de la théologie et des langues orientales; en février 1860 il est ordonné prêtre. Les engagements religieux et l’enseignement au couvent Saint Marc et au séminaire de Florence ne l’empêchent pas d’être en contact avec les réalités sociales. En 1872 il fonde l'Asile des Sœurs Dominicaines de la Pierre. En 1874, pour résoudre les problèmes du diocèse de San Miniato, Pie IX pense au jeune dominicain, qui ne se résigne que quand le vieux pontife s’écrie, presque suppliant: «Pour l’amour de Dieu, de la Vierge, de saint Pierre et aussi pour l’amour de ce pauvre vieux, allez et demeurez !» Le 3 janvier 1875 il est sacré évêque titulaire de Draso, le 18 il arrive à San Miniato comme évêque coadjuteur in spiritalibus tantum et vicaire général. Il loge au couvent dominicain et se met aussitôt au travail, commençant par une visite sans préavis à Sainte Croix, nom qui lui semble prophétique. Il a avec Mgr Barabesi des difficultés juridiques, qu’il surmonte avec délicatesse et humilité, par l’estime et l’amitié plutôt que par la défiance. Quand Barabesi meurt en février 1897, Del Corona le pleure, devient évêque effectif de San Miniato et déménage à l’évêché. Il obtient l’exequatur le 10 mars.
Il exerce sa mission d’évêque avec vérité, charité et humilité. L'amour le porte à se dépenser de mille manières; sa générosité n’a pas de limites. Le peuple l’aime, l’acclame; de grandes joies lui viennent de la conquête laborieuse de tant d’âmes, qui le récompense de ses efforts. Il souffre beaucoup, au physique et au moral, mais répète toujours serein : «Heureux qui se sent honoré de porter la croix avec Jésus-Christ». Il remercie la Conférence Saint Vincent de Paul, à laquelle il a adhéré à l’âge de 14 ans, en notant : «Elle m’éduqua aux spectacles de la douleur et de l’amour». Il favorise de toutes les manières les œuvres sociales, des sociétés ouvrières aux cercles récréatifs. Il écrit 37 lettres pastorales, dans lesquelles se reflètent les tensions et les problèmes de l’époque. Parlant des aides aux pauvres, il précise: «Elles sont à blâmer, ces donations philanthropiques, où, comme disait Ozanam, l’argent court mais le cœur ne bat pas». Et au second Congrès Catholique Italien (1875), il déclare: «Voici la devise et l’emblème de tout le Congrès : "La vérité dans l’amour et l'accroissement de vie en Christ"». En 1900 Léon XIII le nomme Assistant au Seuil Pontifical.
Épuisé par la fatigue et la maladie, il se retire au couvent dominicain de Fiesole, puis le 3 août 1906 à l’Asile de la Pierre à Fiesole, l’œuvre de son amour qu’il a dirigée et formée. Les sœurs le soignent avec affection, sans prévoir sa fin. Le 29 août 1907 Pie X le nomme archevêque titulaire de Sardica. Son âme, fortifiée par les sacrements, chante d’avance les cantiques de l’éternité bienheureuse : "Nous irons dans la joie à la maison du Seigneur", soupire-t-il. "Je suis usé, mais à l’Assomption je refleurirai ". Pour être jusqu’à la fin un bon fils de saint Dominique, "chantez-moi le Salve Regina ", demande-t-il. Puis il demande qu’on lui récite l’hymne à la Sainte Trinité qu’il a presque continuellement sur les lèvres. Après avoir dirigé le diocèse pendant 37 ans, comme administrateur apostolique puis comme évêque résidentiel, il meurt et est enterré chez les sœurs qu’il a fondées.
Il a laissé un Orario, document révélateur de sa vie de relation avec Dieu: il passait les nuits à prier, pratiquait la discipline et le jeûne. Ses journées, il les passait à enseigner, à confesser ou à la direction spirituelle. Excellent orateur, il partageait le pain de la Parole de Dieu en prêchant aux savants avec de profonds arguments et au petit peuple avec une surprenante simplicité. Et toujours il en tirait un confort spirituel et un renforcement de la foi. Humble ascète, prêtre et évêque zélé, prédicateur éloquent, auteur élégant, maître savant et diligent.
Béatification entreprise en 1942. On attend que l’Église reconnaisse l’héroïcité de ses vertus.
Pio Alberto del Corona est béatifié aujourd'hui ! :)

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Julia Rodzinska

Message non lupar Fée Violine » sam. 20 févr. 2016, 12:52

J'avais mis la bienheureuse Julia Rodzinska au 6 septembre, je ne sais pourquoi, car elle est bien morte un 20 février. Alors je remets sa biographie ici:

Bse Julia Stanislawa Rodzinska, Nawojowa (diocèse de Tarnowo) 1899- Stutthof 20 février 1945. Elle était la deuxième d'une famille de cinq enfants. Ses parents étaient très pieux ; son père Michel était organiste à l'église du village, à 8 ans elle perdit sa mère. La famille était très proche des religieuses du Tiers-Ordre dominicain de Wielowski dont la mère Stanislawa Leniart avait fondé le couvent du village. Elles tenaient une école, une infirmerie et catéchisaient les enfants du secteur. Elle devint orpheline à l'âge de dix ans et fut recueillie avec sa petite sœur Janine au couvent. Pendant l'occupation austro-allemande, à dix-sept ans elle entra comme postulante au couvent de Wielowski, puis fit sa profession sous le nom de sœur Marie-Julie à Cracovie, partie de l'ancienne Pologne autrichienne qui venait de se réunir à la nouvelle république polonaise. Elle continua ses études pédagogiques à Poznan. La Pologne renaissait de ses cendres, et les sœurs fondaient ou renforçaient les communautés dominicaines du pays réunifié. Elles fondèrent un orphelinat à Wilno qui avait été au centre de la guerre polono-lithuanienne, ainsi qu'à Rava Ruska près de Lvov. Julia prononça ses vœux définitifs en 1924 et fut surnommée la mère des orphelins. Elle organisait des écoles et des colonies de vacances pour les enfants défavorisés; et fut nommée dans différentes écoles de la Congrégation.
Elle avait une dévotion particulière pour le rosaire, qui est à la base de la spiritualité dominicaine. A 27 ans elle avait suffisamment d'expérience pour être déléguée au chapitre général. En 1934, elle était supérieure de la maison de Wilno. Elle recueillait des enfants de différentes origines, et les autorités de la ville lui furent reconnaissantes.
En septembre 1939, lorsque la Pologne fut envahie, Wilno (désormais Vilnius) passa aux Soviétiques. Julia dut fermer l'école et continua en secret à donner des cours de religion, et de polonais, langue désormais interdite. Lorsque les Allemands prirent la région, elle continua ses activités clandestines. Elle fut arrêtée par la Gestapo en août 1943 pour activités nationalistes avec trois autres sœurs, torturée et emprisonnée dans la sinistre prison de Lukiszki, réservée aux nationalistes polonais. Elle fut soumise à un régime d'isolement carcéral. Lorsque le front biélorusse se rapprocha de Vilnius à l'été 1944, elle fut déportée avec d'autres prisonniers politiques au camp de Stutthof près de Gdansk. Elle organisait dans son baraquement des prières, mais à l'automne une épidémie de typhus se propagea dans le camp. Elle demanda à être placée alors avec des femmes juives de Bohême qu'elle réconfortait le peu qu'elle pouvait. Le camp était en plein désordre à cause de l'avancée des Soviétiques. Elle contracta la maladie. A l'hiver le camp fut évacué par les nazis qui laissèrent derrière eux les mourants. Elle rendit l'âme le 20 février 1945, ayant fait volontairement le sacrifice de sa vie. Elle fut béatifiée en 1999.

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Re: Saints dominicains

Message non lupar Fée Violine » ven. 06 juil. 2018, 23:59

Serviteur de Dieu Giorgio La Pira, 9 janvier 1904 à Pozzallo (Raguse) -5 novembre 1977 à Florence.
Aîné de 6, diplôme de comptable et bac lettres classiques, devient tertiaire dominicain en 1925 (frère Raimundo), prend l’habit de tertiaire dominicain en 1927, prof de droit romain, laïc consacré (avec vœux pauvreté obéissance chasteté) dans un institut séculier franciscain, Action catholique, 1939 il est officiellement voué à l’Ordre dominicain au couvent Saint-Marc à Florence, poursuivi par les fascistes, 1943 poursuivi par les nazis et fascistes il fuit et se cache (bronchites), 1944 il revient à Saint-Marc (cellule glaciale donc souvent à l’hôpital), 1946 député, avec d’autres il formule les principes fondamentaux de la Constitution de la République soutenant les libertés civiles et religieuses, le droit au travail et la valeur de la personne humaine, 1948 député et sous-secrétaire d’État de De Gasperi, 1950 il quitte le gouvernement, 1951-1957 maire de Florence (démocrate-chrétien), 1953 fait construire beaucoup de logements populaires, jumelle Florence avec Reims et Fez, pèlerinage en Israël, Jordanie, Égypte, 1958 député, il organise des Colloques méditerranéens (Israéliens et Arabes, Français et Algériens), 1959 va à Moscou au Soviet suprême pour le désarmement, maire 1961-1965, fait beaucoup de travaux publics, logements pour les sans abri, écoles, il invite LS Senghor, va aux USA défendre les droits civiques des minorités, jumelle sa ville avec Philadelphie et Kiev, milite toujours pour la paix, soutient Allende, milite contre l’avortement, défend toujours les valeurs humaines et chrétiennes face à une société de plus en plus matérialiste et violente (Brigades rouges), 1976 réélu député, 1977 il meurt. Des foules à son enterrement. Les gens viennent prier sur sa tombe.
Béatification en cours depuis 1986. Dans son journal intime Mgr Roncalli a écrit en 1956 : “Hier soir je me suis entretenu avec le Pr. La Pira que j’estime et vénère. C’est une âme digne de tout respect”.
En 2011 j'étais un peu en avance, semble-t-il, car Giorgio La Pira vient seulement d'atteindre le titre de serviteur de Dieu (décret de reconnaissance de l'héroïcité de ses vertus).
https://fr.zenit.org/articles/causes-de ... heroiques/


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