Un mauvais argument contre l'avortement

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Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par jovanni » il y a 1 minute

Est-ce que l'embryon est un "autre" ?
A en devenir, sans aucun doute. Le problème réside dans le fait qu'il n'est pas encore un autre complété.

@SergeA
Votre message plein de véhémence aurait pu être évité si vous aviez pris la peine de lire le lien de votre interlocutrice, surtout ce passage:
"Qui est pour l'avortement? Personne. Il faudrait être fou pour être favorable à l'avortement", écrivait quant à lui Pier Paolo Pasolini dans ses Lettres luthériennes. "Eh bien moi, ajoutait-il, je me suis prononcé contre l'avortement et pour sa légalisation". Exactement comme Simone Veil, lorsqu'elle confiait: "Personne ne peut éprouver une satisfaction profonde à défendre un tel texte." Car enfin: "Personne n'a jamais contesté, et le ministre de la Santé moins que quiconque, que l'avortement soit un échec quand il n'est pas un drame."
Le ratio n'a rien à voir avec cela, il s'agit simplement de conditions sanitaires, vous qui parlez de régression digne des hommes préhistoriques: forcer les plus démunis à trouver des solutions alternatives, via des médecins du dimanche et autres charlatans, vous ne trouvez pas cela digne des pires régressions? Je ne sais même pas comment c'est possible de se plaindre de la survie de 300 femmes, désolé mais je trouve cela moralement absurde.

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par Héraclius » Aujourd’hui, 11:01

"La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres" : cette conception très minimaliste de la morale nous donne déjà le problème. Est-ce que l'embryon est un "autre" ?

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par Altior » Aujourd’hui, 10:53

jovanni a écrit :
Aujourd’hui, 4:55
La nuance c'est que l'embryon n'est pas un enfant comme j'ai pu l'entendre ça et là, certes c'est un être humain qui mérite autant de considération que n’importe quel autre être humain, mais attention à ne pas tout confondre on ne parle ni d'un enfant, ni d'un bébé, ni même d'un fœtus. Il y a tout de même une différence ne serait-ce que symbolique.
Symbolique, oui, d'accord. Autrement, je ne vois pas une différence ontologique entre embryon, fœtus, bébé et enfant, tout comme je ne vois pas entre adolescent et adulte.
je reste convaincu que forcer une femme à donner la vie n'est clairement pas une solution, quoi qu'on en dise.
Forcer de donner la vie ? Mais la vie est déjà bien là. Ce n'est pas nécessaire d'être catholique pour se rendre compte que la vie a bien commencé quand un avortement est mis en place et que avorter c'est interrompre une vie.

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par SergeA » Aujourd’hui, 6:26

axou a écrit :
Aujourd’hui, 0:52
.... Elle n'a jamais regretté une loi qui a sauvé la vie de 300 femmes par an (raison pour laquelle il n"y a pas de retour en arrière possible). ...
Ah bien, merci Axou pour ce chiffre.
Je reconnais ne pas avoir tout lu du fil ; ce chiffre a peut être été évoqué plus tôt. Et donc désolé pour une réaction qui serait donc tardive.
Et bien voila, le clou est enfoncé et je crois que plus rien ne pourra le faire bouger à présent.
Alors donc 300 femmes sauvées justifient les 200.000 meurtres d'enfants innocents (le tout par année bien entendu).
On voit donc que dans la balance, les âmes de ces pauvres enfants ne pèsent pas lourd.
Au poids de la chair, on s'y retrouve assez étrangement.
Et si on prends en compte toutes les conséquences issues de cette loi, comme par exemple, une banalisation entraînant la perte de responsabilité face à ses actes et la dissolution de valeurs induisant des comportements dignes de la préhistoire, je n'ai plus de doute sur qui est derrière cette loi.
La haut, chacun devra assumer ses choix, mais il sera un peu tard.
Chacune de ces femmes sauvées se retrouvera en face de milliers d'âmes innocentes criant leur douleur.
Pardonnez nous Seigneur de n'avoir rien fait pour empêcher cela.

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par jovanni » Aujourd’hui, 4:55

@katolik Ça aurait été avec plaisir, mais je ressens pas le besoin de faire un tel pèlerinage actuellement, même si le cadre qu'offre un tel lieu doit valoir de détour!
Tomber enceinte n'est pas une maladie contagieuse.
Je pense que les femmes des pays sous développés (je suis aussi contre les euphémismes) ne sont pas plus niaises que celles des pays développés (certainement bien moins même), et n'aiment pas moins leurs enfants.
Lutter contre la mortalité en accouchement est un devoir mais cela ne légitime en rien les avortements.
Oui pardon, à force de me répéter j'ai fini par me mélanger les pinceaux, je parlais bien entendu des avortements et pas des accouchements, au temps pour moi.

@Héraclius, merci d'essayer de me comprendre. En toute objectivité, et ce n'est pas faute de m'être renseigné sur la chose. Pour résumer globalement ce qui a été dit: je reste persuadé que l’interdiction de l'avortement en France serait inutile car on en voit les effets ailleurs et ceux si sont désastreux, (coucou les faiseurs d'anges). En France il a deux raisons majeurs pour que ça ne marche pas 1 les classes aisés et les classe moyennes pourront avorter à l'étranger, c'est déjà le cas dans les pays concernés par les lois anti-IVG, je connais personnellement des gens qui ont été contraint de le faire, car ils vivaient en Afrique. tandis que 2 En plus de créer des inégalités (morbides certes, mais des inégalités quand même) cela n’empêchera de toute façon pas aux plus démunis de se rabattre sur des méthodes alternatives, ces même méthodes qui emportent en moyenne 47 000 femmes par an selon une des études cités précédemment dans le débat, mais ce n'est pas la seule étude à ce sujet, il en existe une multitude et les chiffre ont une certaine constance quand on les compares entre eux. Je vous invite d'ailleurs à les vérifier si vous ne me croyez pas sur parole. En fait je considère tout simplement que si une mère est décidée à ôter la vie d'un embryon, autant éviter de risquer la vie d'une deuxième personne inutilement... Et oui mon sang n'a fait qu'un tour quand j'ai lu que PaxetBonum s'est permis de sous entendre que ces femmes n'avaient que ce qu'elles méritaient si elle trouvaient la mort durant un avortement. Bien entendu ce n'est que son avis, mais j'ai du mal à le respecter pour être tout à fait honnête!

Le second point lui est plus complexe, je m'opposerai systématiquement aux mouvements liberticides. Si je considère qu’empêcher une femme de tuer son embryon est liberticide, je comprends parfaitement qu'on soit en désaccord avec moi (encore heureux). La nuance c'est que l'embryon n'est pas un enfant comme j'ai pu l'entendre ça et là, certes c'est un être humain qui mérite autant de considération que n’importe quel autre être humain, mais attention à ne pas tout confondre on ne parle ni d'un enfant, ni d'un bébé, ni même d'un fœtus. Il y a tout de même une différence ne serait-ce que symbolique. C'est une question très épineuse et pleine de paradoxes, et je sais que l'argument n'est pas aussi pertinent que celui du paragraphe d'au dessus, mais je reste convaincu que forcer une femme à donner la vie n'est clairement pas une solution, quoi qu'on en dise.

Il me parait mille fois plus pertinent, utile et même humain de faire de la prévention, plutôt que de réprimer les populations soi-disant pour leur bien. Je fais confiance aux femmes concernées pour être à même de savoir, justement, ce qui est le mieux pour leur propre bien.
Le fait de déplorer l'état du monde actuel n'est pas forcément lié au catholicisme, mais à une prise de conscience face à la façon dont les choses semblent tourner sur terre, à la façon dont les personnes disent se sentir vides et avides de se perdre dans des paradis de pacotille, au désespoir d'un nombre grandissant de personnes, à la destruction de toute forme de vie simple, au saccage de nos ressources naturelles aussi. C'est un constat rationnel et partagé par nombre de mes amis décroissants, mais je sais, eux aussi sont très mal vus par les adeptes de l'illimité... La plus belle réponse que l'on puisse donner à ce désespoir n'est pas une fuite en avant mais une recherche accrue du bien.
Je ne pense pas que le monde soit "pire" ou "meilleur" qu'avant, tout dépend de la manière dont on regarde le verre: à moitié vide ou à moitié plein. Si l'histoire nous a appris un truc c'est qu'il n'y a jamais eu d'époque de prospérité et de paradis terrestre utopique. Je relativise beaucoup trop, mais je n'en pense pas moins chaque mot. C'est dans notre nature de toujours penser que l'herbe du champ d'à coté est meilleure, je ne blâme personne pour ça. Sinon il va de soi que je suis entièrement d'accord avec la fin de votre paragraphe ci-dessus, difficile de contester cela!

Sinon soyez rassurée je ne ressens aucune rancune, mais plutôt de la compassion pour votre histoire qui m'a beaucoup touché. Bonne soirée!

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par axou » Aujourd’hui, 0:52

PaxetBonum a écrit :
Hier, 20:56

Mme Veil a pris conscience des ravages de sa loi.
Sauf erreur il me semble qu'elle en a récemment énoncé des regrets.
L'absence de choix par la condamnation des sites anti avortements, le retrait de la période de réflexion est effectivement un mépris sans fond à l'égard de ces femmes sans cervelles que l'état se fait fort de mener dans le "droit" chemin…
Cher Paxet Bonum,
Non ce n'est pas le cas. Elle n'a jamais regretté une loi qui a sauvé la vie de 300 femmes par an (raison pour laquelle il n"y a pas de retour en arrière possible). En revanche, sa loi précisait que l'avortement n'était pas un droit mais une concession en cas de détresse.
La loi a été modifiée et aujourd'hui, c'est devenu un droit.

En parlant de "femmes sans cervelle", vous êtes dans le mépris et dans le jugement. "Ne jugez pas pas si vous ne voulez pas être jugés", rien d'autre à ajouter !

http://www.huffingtonpost.fr/pascal-bor ... 43866.html

Bien à vous,

Axou

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par Altior » Hier, 22:58

Cendrine a écrit :
Hier, 22:31
voient dans notre refus de l'avortement comme solution une forme d'intégrisme.
Je ne peux pas m'empêcher un sourire. Avant, jusqu'il y a quelques années, «intégriste» était un mot réservé exclusivement pour nous, ceux qui allons à la Messe en latin. Pour nous, les ringards qui croyons dans des stupidités moyenâgeuses comme le fait que l'enfer existe et que la majorité des gens y vont en toute nonchalance. Pour nous, les dinosaures nostalgiques qui considérons que la restauration de la royauté serait la solution politique pour le salut de la France.

Mais voilà, ce n'est plus nécessaire de prendre au sérieux la sainteté de Dieu pour être intégriste. Maintenant, c'est assez si on prend au sérieux la sainteté de la vie humaine. Ce n'est plus l'archevêque Lefebvre l'intégriste, mais le pape Paul VI et encore Jean Paul II, avec leur conception sur la vie humaine inadaptée à notre époque de progrès et lumière.

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par Cendrine » Hier, 22:31

Axou :
Quand j'ai eu 15 ans, ma mère m'a informée sur toutes les méthodes contraceptives (même si je n'en avais as besoin à cet âge là) et elle m'a dit : "si tu tombais enceinte quand même, trop jeune et pas mariée, on serait tous à tes côtés pour t'aider à garder l'enfant et à l'élever, surtout n'avorte pas".
Je me sentais peu concernée à l'époque par ses paroles mais je me rends compte aujourd'hui qu'elle m' a fait un beau cadeau par cette proposition d'aide en faveur de la vie.
Merci Axou d'avoir partagé ceci. Je pense que ce sont des témoignages pareils qui peuvent arriver à faire sens chez des personnes comme Jovanni qui voient dans notre refus de l'avortement comme solution une forme d'intégrisme. Si chercher à vivre de façon saine ce qui n'est peut-être pas un problème insurmontable (la vie d'un enfant) et du coup ne pas mettre la sienne (corporelle ou spirituelle) en danger c'est de l'intégrisme alors oui, nous sommes des extrémistes.

Jovanni, vous dites :
Bien que votre histoire soit bouleversante, je ne vois pas en quoi elle aurait valeur de norme.

J'imagine que derrière chaque cas d'avortement se cache une histoire bouleversante, non ? La mienne ne l'est pas plus que celles des autres femmes qui avortent. Ma préoccupation en tant que catholique est d'affirmer que le droit de tuer n'enlève en rien le poids que toute âme ressent lorsqu'elle s'est rendue complice sinon coupable de cet acte.

J'ai bien compris, je vous l'assure, que votre intention est d'éviter que des femmes meurent avec leur enfant à cause d'avortements clandestins, et je suis d'accord avec vous. Votre conception est plus pragmatique que la mienne : concrètement comment faisons-nous pour éviter les avortements clandestins ? Vous, vous répondez "droit à l'avortement", moi je vous réponds Espérance et refus de tout meurtre. Si vous gardez seulement une vision terre à terre, jamais vous ne pourrez avoir l'espoir qu'un jour les gens aient une foi assez solide pour refuser un meurtre utile, qu'il soit fait sur une table d'opération ou selon des moyens artisanaux. Pour être pragmatique, je pourrais vous répondre que si l'avortement avait été interdit en 1991 ma mère aurait sûrement refusé de me faire prendre le risque d'une surinfection en m'envoyant supprimer mon futur enfant chez une avorteuse clandestine. Faut-il le déplorer ? Vous avez l'intuition de ma réponse je pense. Le meurtre de personnes déjà nées est sévèrement interdit, et figurez-vous que j'ai comme l'impression que ça limite quelque peu les pulsions de certains ; cela n'empêche pas certains autres de passer à l'acte quand même, notez bien...

Quand je parlais de l'hubris, je me suis mal exprimée. Je voulais mettre en évidence que l'avortement indéfiniment facilité par les gouvernements correspond exactement au fait que les hommes ne semblent pas pouvoir se mettre de limites s'ils n'ont pas de garde-fou (comme par exemple en ayant une "morale" qui ne soit pas strictement d'ordre matérialiste).

En vous disant :
Vous rendez-vous compte de la façon dont vous tordez les faits ? Si, en vertu de la société profondément malade dans laquelle nous sommes il était économiquement intéressant de laisser faire des chasses à l'homme dans des parcs, si donc ce loisir se transformait en droit (je prends volontairement un exemple dur), cela serait sensé donner raison à ladite société humaine ?
je répondais à ceci :
Le monde dans lequel nous vivons ne vous donne pas vraiment raison.
Le fait de déplorer l'état du monde actuel n'est pas forcément lié au catholicisme, mais à une prise de conscience face à la façon dont les choses semblent tourner sur terre, à la façon dont les personnes disent se sentir vides et avides de se perdre dans des paradis de pacotille, au désespoir d'un nombre grandissant de personnes, à la destruction de toute forme de vie simple, au saccage de nos ressources naturelles aussi. C'est un constat rationnel et partagé par nombre de mes amis décroissants, mais je sais, eux aussi sont très mal vus par les adeptes de l'illimité... La plus belle réponse que l'on puisse donner à ce désespoir n'est pas une fuite en avant mais une recherche accrue du bien.

Je ne vous ai pas fait tout un pataquès concernant les "choses qu'on s'envoie sur la figure", je crois ; croyez bien que je suis désolée si je vous ai froissé avec quelque ironie et petit persiflage, je ne recommencerai plus, promis.

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par Héraclius » Hier, 21:16

Jovanni, juste une précision pour clarifier le débat.

Votre opposition à une pénalisation de l'avortement repose-t-elle sur :

- Simplement une considération pragmatique utilitariste : vous êtes persuadés, statistiques à l'appui, que c'est le meilleur moyen de "limiter des dégats".

- Sur cela, ET sur une défense de la liberté des femmes pour elle-même (i.e. un droit à mourir doit exister pour les femmes sur leur enfant parce que la croissance de l'enfant en leur sein les concerne en premier chef) ?


Autant je reconnaît volontier une certaine force à la première position, autant la seconde me semble beaucoup moins défendable.

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par PaxetBonum » Hier, 20:56

axou a écrit :
Hier, 18:52
Aujourd'hui cet entretien n'est plus obligatoire si j'ai tout suivi et je crois qu'il avait dégénéré, n'était devenu qu'une rencontre informative et non une vraie rencontre ou la femme ou la jeune fille est confrontée à elle même pour faire un choix qui engage toute sa vie, une rencontre ou la femme peut discerner son propre désir de vie, dans le respect de sa décision future.

Que sous prétexte d'un viol, on présente à la femme victime l'IVG comme une évidence indiscutable, c'est épouvantable, c'est un double mépris de la femme : sous prétexte qu'elle a été victime, on la considère comme incapable de décider de sa vie, on la traite en enfant, en irresponsable. C'est très choquant.
Mme Veil a pris conscience des ravages de sa loi.
Sauf erreur il me semble qu'elle en a récemment énoncé des regrets.
L'absence de choix par la condamnation des sites anti avortements, le retrait de la période de réflexion est effectivement un mépris sans fond à l'égard de ces femmes sans cervelles que l'état se fait fort de mener dans le "droit" chemin…

Kyrie Eleison !

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par PaxetBonum » Hier, 20:48

jovanni a écrit :
Hier, 16:51
Ainsi vous vous prenez pour votre créateur en vous permettant de juger la valeur d'une vie en fonction de ses actions. Laissez donc la justice divine trancher, vous qui ne craignez point son jugement au point de vous permettre de l'invoquer comme allié de vos valeurs. En effet, je suis choqué, vos propos sont profondément extrémistes.
Je ne me prends pas pour le Créateur.
Vous confondez juger et énoncer un fait : la personne qui tue un enfant est un criminel, l'enfant tué un innocent.
Je crains la justice divine car je suis le pire des pécheurs. Je mérite l'enfer. Mais je ne me voile pas la face.
Mes propos ne sont pas extrémistes ils sont véridiques : le coupable mérite plus la mort que l'innocent, la mort du Christ au Golgotha entre deux larrons en est le sublime témoignage.
jovanni a écrit :
Hier, 16:51
Vous n'êtes pas sans savoir que sur ces 45 millions d’innocents tués, 86% de ces avortements ont eu lieu dans des "pays en voie de développement" euphémisme pour qualifier un pays du tiers monde. Inutile de vous répéter ce que je vous ai déjà dit au sujet de ces pays et du taux de mortalité durant les accouchements, on voit bien ce que vous pensez de ces femmes: elle n'ont que ce qu'elles méritent, N'est-ce pas?
Tomber enceinte n'est pas une maladie contagieuse.
Je pense que les femmes des pays sous développés (je suis aussi contre les euphémismes) ne sont pas plus niaises que celles des pays développés (certainement bien moins même), et n'aiment pas moins leurs enfants.
Lutter contre la mortalité en accouchement est un devoir mais cela ne légitime en rien les avortements.
jovanni a écrit :
Hier, 16:51
Ça fait aussi quelques années que des chercheurs se penchent sérieusement sur l'idée de déplacer une partie de la futur civilisation dans l'espace, même si cela ne ferait qu'exporter le problème.
C'est cela précisément qui tue une civilisation lorsque la natalité baisse : on la remplace par une autre civilisation.
jovanni a écrit :
Hier, 16:51
Le monde dans lequel nous vivons ne vous donne pas vraiment raison.
Le monde peut appeler droit ce qui est tordu, cela ne le rend pas droit.
Se sont les voies du Seigneur qui sont droites et aplanies.
Il y a aura des pleurs et des grincements de dents.

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par katolik » Hier, 20:39

jovanni a écrit :
Hier, 16:51
@katolik, merci, c'est touchant!!
jovanni, si vous avez du temps libre cet été, venez passer quelques jours à Lourdes (et pourquoi pas comme hospitalier, au service des malades)... moi j'y serai du 14 au 22 juillet 2017 :oui:

Et si nous nous rencontrons à Lourdes, je vous proposerai de prier, ensembles, un chapelet devant la grotte ... vous en priant pour toutes les femmes qui ont vécu un IVG....et moi je prierai pour tous ces petits anges qui , chaque jour, rejoignent le paradis ....

La foi ne transporte-t-elle pas les montagnes ?..... :)

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par jovanni » Hier, 19:37

@Cendrine, rien que d'imaginer ce que vous avez vécu me fait froid dans le dos.. Bien que votre histoire soit bouleversante, je ne vois pas en quoi elle aurait valeur de norme. Le problème c'est clairement l'absence de choix de votre part face à votre mère et non pas la loi IVG en elle-même, ce simple outil dont votre mère s'est servit pour vous faire avorter. C'est pourtant cette même absence de choix que vous soutenez hardiment.

Ce ne n'est pas parce que vous avez vécu cette horreur -que je déplore sincèrement- que vous pouvez priver toutes les femmes de ce droit.
Vous êtes d'accord pour dire que la vie c'est important mais pas au point que nous mettions au premier plan la défense du plus petit et surtout pas au nom d'une transcendance.
Pour des raison très claires (que j'estime bien intentionnées) que j'ai énoncé une bonne dizaine de fois ici et dont vous semblez malheureusement refuser de faire mention. Une fois de plus ce comportement parle de lui-même...
Nous ne nous situons pas sur le même plan spirituel, c'est pourquoi tout dialogue qui ne prend pas en compte ce fait est voué à la plus parfaite stérilité, et voire même au raidissement mutuel.
Vous avez parfaitement raison sur ce point. Je défends l'effectif, le concrète et vous défendez l'hypothétique. Ne voyez rien de péjoratif dans cette phrase, vraiment, j'ai beaucoup de respect pour votre foi. Malheureusement j'ai une conception plus pragmatique de ce monde. Et en effet cela rend tout débat stérile.
Le problème de surpopulation que vous évoquez est réel, mais réel justement à cause de l'idée que vous défendez selon laquelle tout est faisable, que tout est accessible et consommable, que l'ascèse est une horreur, une atteinte au droit des peuples. L'hubris est à la racine de bien de nos maux actuels, et elle prend sa racine dans la séparation d'avec Dieu.
Ah bon, j'ai dit ça moi? Merci de ne pas me faire un procès d'intention s'il vous plait...
Vous rendez-vous compte de la façon dont vous tordez les faits ? Si, en vertu de la société profondément malade dans laquelle nous sommes il était économiquement intéressant de laisser faire des chasses à l'homme dans des parcs, si donc ce loisir se transformait en droit (je prends volontairement un exemple dur), cela serait sensé donner raison à ladite société humaine ?
Ça c'est subjectif vous savez, vous voyez la société comme étant malade, ce n'est pas un fait mais seulement votre conception des choses conditionnée par vos croyances et votre morale, ce qui est entièrement différent. Quant à votre comparaison, navré mais je ne comprends pas. Est-ce une référence au massacre de la saint barthélemy? Oups ça ma échappé. :clown:

Toutefois je dois vous avouer que pour quelqu'un qui me reproche d'envoyer des choses à la figure des autres, je ne vous trouve pas en reste. Désolé si mon post parait insultant, j'ai pour coutume de dire: deux poids deux mesures.

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par axou » Hier, 18:52

Cendrine a écrit :
Hier, 18:32
J'aurais pour ma part bien aimé que l'on impose une morale à ma mère le jour où elle m'a conduite sans choix possible apparent dans une clinique pour éliminer sa future petite fille ou petit fils, fruit d'un viol dont j'ai été victime à 19 ans. Si le monde que vous aimez tant m'avait donné un espoir, une idée de la transcendance, une joie devant la vie (on appelle ça l'Espérance chez nous) j'aurais au moins eu une chance de ne pas me laisser arracher cet être qui grandissait à toute allure en moi. Pendant des années je me suis mangée intérieurement, certes je n'ai pas été charcutée par des aiguilles à tricoter, mais mon âme était comme morte sans que je sache vraiment pourquoi. Cendrine
En lisant votre témoignage Cendrine, on voit à quel point l'entretien pré-IVG est capital. Au moment du passage de la loi, Mme Veil a mis au point cet entretien obligatoire qui avait pour but de faire appel à la liberté intérieure de la femme, de réfléchir avec elle sur les options possibles en dehors de toute pression dans un sens ou dans un autre.
Aujourd'hui cet entretien n'est plus obligatoire si j'ai tout suivi et je crois qu'il avait dégénéré, n'était devenu qu'une rencontre informative et non une vraie rencontre ou la femme ou la jeune fille est confrontée à elle même pour faire un choix qui engage toute sa vie, une rencontre ou la femme peut discerner son propre désir de vie, dans le respect de sa décision future.

Que sous prétexte d'un viol, on présente à la femme victime l'IVG comme une évidence indiscutable, c'est épouvantable, c'est un double mépris de la femme : sous prétexte qu'elle a été victime, on la considère comme incapable de décider de sa vie, on la traite en enfant, en irresponsable. C'est très choquant.

Quand j'ai eu 15 ans, ma mère m'a informée sur toutes les méthodes contraceptives (même si je n'en avais as besoin à cet âge là) et elle m'a dit : "si tu tombais enceinte quand même, trop jeune et pas mariée, on serait tous à tes côtés pour t'aider à garder l'enfant et à l'élever, surtout n'avorte pas".
Je me sentais peu concernée à l'époque par ses paroles mais je me rends compte aujourd'hui qu'elle m' a fait un beau cadeau par cette proposition d'aide en faveur de la vie.

Bien à vous,

Axou

Re: Un mauvais argument contre l'avortement

Message par Cendrine » Hier, 18:32

Bonjour Jovanni,

Je trouve louable que vous veniez sur un forum catholique pour chercher des réponses à votre question sur l'avortement, mais vous perdez patience quand nous sommes trop catholiques (méchants donc, intégristes).

En apéritif vous nous dites :
Dans quel genre de monde libre force-t-on les femmes à donner naissance ? Je ne peux m'y résoudre, mon corps me crie que ce n'est pas ça la justice.
D'un côté vous portez au pinacle un corps qui vous murmurerait des choses à l'oreille et de l'autre vous dénoncez cette même force corporelle qui consiste à faire naître des enfants quand fécondation il y a eu. Nous ne pouvons vous répondre que selon notre "morale" (pitoyable au regard du monde post-moderne, j'en conviens aisément), et cette morale, cette pensée interne à tout croyant est que le corps est sacré, que la vie qu'elle contient est sacrée, que la fragilité et la faiblesse doivent être protégés, et tout ceci pourquoi ? Parce qu'il y a une vie au delà de la mort, une vie qui s'unit à Dieu. Vous êtes d'accord pour dire que la vie c'est important mais pas au point que nous mettions au premier plan la défense du plus petit et surtout pas au nom d'une transcendance.

Nous ne nous situons pas sur le même plan spirituel, c'est pourquoi tout dialogue qui ne prend pas en compte ce fait est voué à la plus parfaite stérilité, et voire même au raidissement mutuel.
Je pense que choisir pour autrui se qu'il devrait faire de son corps, dans le cas de l'avortement cela revient à imposer sa morale aux autres.
J'aurais pour ma part bien aimé que l'on impose une morale à ma mère le jour où elle m'a conduite sans choix possible apparent dans une clinique pour éliminer sa future petite fille ou petit fils, fruit d'un viol dont j'ai été victime à 19 ans. Si le monde que vous aimez tant m'avait donné un espoir, une idée de la transcendance, une joie devant la vie (on appelle ça l'Espérance chez nous) j'aurais au moins eu une chance de ne pas me laisser arracher cet être qui grandissait à toute allure en moi. Pendant des années je me suis mangée intérieurement, certes je n'ai pas été charcutée par des aiguilles à tricoter, mais mon âme était comme morte sans que je sache vraiment pourquoi.

Je comprends que les propos de PaxetBonum vous choquent car vous pensez qu'il se permet de juger une femme comme moi. Eh bien j'aurais aimé que quelqu'un comme lui se tienne en travers du chemin de mon avortement, qu'il me dise combien la responsabilité existe en tout être humain, qu'il ne me prenne pas pour une gamine incapable de s'occuper de son enfant, que ce n'est pas parce qu'il constate que je suis en train de commettre l'irréparable qu'il sait comment va me juger le Seigneur, mais que simplement il me dit que je suis libre et que je dois user de ma liberté de façon sensée.

Le problème c'est que les chrétiens eux-mêmes, y compris à l'époque de l'interdit de l'avortement, pouvaient ne pas se comporter chrétiennement, car une fois qu'on est chrétien, on ne l'est jamais assez, par cohérence et amour on doit tendre à l'être toujours plus ne vous en déplaise. Si ma mère l'avait été, elle aurait fait fi du qu'en dira-t-on et aurait fait son devoir de stupide extrémiste.

Je suis longue je suis désolée.

Le problème de surpopulation que vous évoquez est réel, mais réel justement à cause de l'idée que vous défendez selon laquelle tout est faisable, que tout est accessible et consommable, que l'ascèse est une horreur, une atteinte au droit des peuples. L'hubris est à la racine de bien de nos maux actuels, et elle prend sa racine dans la séparation d'avec Dieu.

Vous envoyez dans la figure de Katolic et PaxetBonum :
Le monde dans lequel nous vivons ne vous donne pas vraiment raison.
Vous rendez-vous compte de la façon dont vous tordez les faits ? Si, en vertu de la société profondément malade dans laquelle nous sommes il était économiquement intéressant de laisser faire des chasses à l'homme dans des parcs, si donc ce loisir se transformait en droit (je prends volontairement un exemple dur), cela serait sensé donner raison à ladite société humaine ?

Le trans-humanisme vous aime déjà, il vote pour vous. :-D

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