Les gilets jaunes

Règles du forum
Forum de discussions entre personnes de bonne volonté autour des questions d'actualité.

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots malveillants.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [flash] est désactivée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Les gilets jaunes

Re: Les gilets jaunes

par zelie » sam. 01 juin 2019, 10:15

Quand Branco dit (minute 39 de la vidéo) qu'on "taxe 30 millions de personnes pour le redistribuer à 1000 personnes et qu'on habille cela comme on veut, il y a matière à s'interroger", "ce n'est pas normal, c'est un système qui dysfonctionne", et que le journaliste en face enfonce le clou en expliquant que l'INSERM il y a trois ans publiait que le chômage et le monde de l'emploi sont responsables de 15 000 suicides par an, (notez bien, plus que les accidents de le route, plus que les infarctus) ...
Et quand ensuite on regarde la vidéo de LaurentVan, on finit par reconnaître que la France n'est vue que comme un pactole par une poignée de personnes qui ont abandonné toute morale au seuil de leurs ambitions... Le peuple est fait pour nourrir les puissants et point, exactement comme un bétail est fait pour nourrir les prédateurs de ce bétail.
Je n'emploie pas le mot bétail par hasard : dans les années 90, c'était ainsi que je l'avais lu dans un journal : un industriel très puissant de l'époque, mais dont j'ai complètement oublié le nom, ne parlait du peuple français que comme d'un bétail.
Au début des années 2000, dans le NouvelObs il me semble, un autre industriel très riche mais inconnu du grand public, dont j'ai aussi oublié le nom, disait en parlant de lui que Dieu n'était plus utile au monde, car Dieu, c'était lui.
Tout cela finit par ressembler au Royaume-Uni, où une poignée de personnes riches à trillions drainent les richesses de plusieurs pays et alimentent grassement la City, les Banques de la City jouant le jeu à fond de la disparition des milliards sur les innombrables îles de la taille d'un moustique... Et pendant ce temps, les anglais survivent avec deux boulots...

une vidéo sur les systèmes à trillions de la City, assez riche pour éradiquer toute pauvreté dans le monde, dans tous les programmes de l'ONU : (et où on retrouve le système de Jersey décrit dans la vidéo de Laurent, et sa fameuse "touche off-shore"!)




et où on retrouve "nombre d'hommes politiques français pour détourner de l'argent!"

Re: Les gilets jaunes

par LaurentVan » ven. 31 mai 2019, 10:16

Bonjour,

Sur le pillage de l'Etat:

Maxime Renahy licence de droit, master en hôtellerie, parti en Angleterre pour apprendre l’anglais se retrouve par hasard administrateur de fonds au paradis fiscal de Jersey, ce qu’il découvre le révolte, et décide par patriotisme, par solidarité pour le peuple français, d’appeler la DGSE. Il deviendra par la suite espion pour leur compte et ne demandera aucune rémunération ni médaille. Il a récemment publié un livre « là où est l’argent » ou il raconte toute son expérience.

Son interview en vidéo :
[youtube]www.youtube.com/watch?v=OvQPb6JbFos[/youtube]

Re: Les gilets jaunes

par zelie » mer. 15 mai 2019, 23:06

une video qui permet de bien saisir les motivations des gilets jaunes et leurs effets sans être trop longue :


et qui s'écoute bien, quand bien même elle est issue de Branco, qui est très médiatisé mais qui pour une fois fait clair, simple et court.

Re: Les gilets jaunes

par Bassmeg » mar. 14 mai 2019, 14:50

Les six mois qui viennent de passer n' étaient qu' un échauffement. Maintenant, les forces en présence se sont jaugées, on va pouvoir passer aux choses sérieuses. Le temps et la météo jouent pour nous. On a parlé, demandé, hurlé et tout ce qu' on a obtenu, c' est du mépris, des mensonges, des miettes et des armes de guerre. Le Peuple Français n' est pas très content.... L' expatron de bennalla fait encore le fier devant la caméra, mais on sait. Il est mort de peur, en vrai. Les prochains actes vont être de plus en plus velus. La police est fatiguée et commence à trainer la patte, sauf les ultras dans leurs rangs. Qui sait comment tout cela va finir?

Re: Les gilets jaunes

par Cinci » lun. 13 mai 2019, 19:15

Suite)

"Vers un RIC délibératif

La France renâcle à s'engager sur la voie de la démocratie délibérative. Dans le logiciel républicain, il appartient exclusivement aux partis et à la classe politique de mettre en forme les choix proposés aux électeurs; dans le logiciel marxiste, l'idée d'un espace politique en partie autonome par rapport aux logiques de domination sociale semble inconcevable (c'est ainsi que la proposition de loi sur le RIC déposée par la France Insoumise en janvier 2019 ne contient aucun mécanisme de délibération préalable). Or, la démocratie délibérative repose sur des postulats inverses : celui de la compétence citoyenne pour discerner et formuler les enjeux des décisions politiques, et celui de la viabilité de procédures rigoureuses visant à compenser au moins en partie les inégalités sociales entre les personnes participant à la délibération. Des postulats évidemment inacceptables pour Emmanuel Macron, qui ne donnera aucune suite à cette demande. Mais à terme le référendum délibératif s'imposera probablement comme une avancée démocratique incontournable.

Source : Thomas Coutrot "Les gilets jaunes : échec ou occasion pour la gauche française?" dans Relations, 802, mai-juin 2019, p. 13

Re: Les gilets jaunes

par Cinci » lun. 13 mai 2019, 19:02

Coucou !

Vu dans la revue des jésuites, Relations ... c'est à dire dans le numéro 802 (juin 2019) : une analyse du phénomène gilet jaune. On y donne la parole à Thomas Coutrot, un économiste, cofondateur des économistes atterrés et ancien porte-parole d'Attac France.

Voici :

"Le soulèvement des gilets jaunes fait l'objet d'une bataille d'interprétation. C'est bien naturel, s'agissant d'un mouvement spontané et dénué de représentants légitimes qui pourraient eux-mêmes en dégager le sens. La droite y voir le rejet de l'impôt; l'extrême-droite le rejet du mondialisme; Emmanuel Macron, une foule haineuse et antisémite. Mais les observations de terrain - dont certaines fort documentées - sur la composition sociale et les aspirations des manifestants, tout comme les trois principales revendications mises de l'avant par le mouvement - la justice fiscale, le référendum d'initiative citoyenne (RIC) et la remise en cause des privilèges de la classe politique - permettent d'écarter ces lectures conservatrices.

Si la gauche en général a fini par reconnaître le caractère social et démocratique du mouvement, la bataille d'interprétation sur sa signification politique précise fait rage. Lutte contre la vie chère ? Bien sûr, quand un petit salaire - sans parler du revenu minimum - ne permet plus de faire face au coût de logement et du transport. Exigence de justice? Sans aucun doute, contre la politique fiscale obscènement inégalitaire de Macron. Demande de respect? Evidemment, face au mépris présidentiel des "gens qui ne sont rien", qui redouble la maltraitance infligée dans le travail par un management bureaucratique et autoritaire. Aspiration à une économie morale ? Certainement, à l'heure de ce nouveau monde guidé par l'ivresse du profit à tout prix. Mais parmi toutes ces lectures, peu d'acteurs ont pris au sérieux la demande de démocratie directe portée par le mouvement, qui constitue une occasion à saisir pour la gauche.

Radicaliser la démocratie

Comme les mouvements des places, les Indignés et Occupy, celui des gilets jaunes crie à la face des dirigeants élus "vous ne nous représentez pas". Une de ses avancées les plus inattendues est ainsi la mise en débat, à l'échelle de la société française, de propositions innovantes pour radicaliser la démocratie.

Le RIC pourrait fournir, à certaines conditions, un outil émancipateur face au pouvoir de la finance, mais aussi face aux logiques populistes-autoritaires; il constituerait alors un appui fort précieux pour une politique de redistribution des pouvoirs et de la richesse.

Certes, les leaders de l'extrême-droite, Le Pen ou Dupont-Aignan, y voient un instrument plébiscitaire au service de politiques autoritaires et xénophobes. Le référendum peut servir une stratégie populiste de mobilisation des passions et des haines et, dans la tradition du plébiscite, de glorification d'un chef supposé incarner le peuple.

[mais]

La démocratie étant le régime de l'autolimitation, comme le soulignait le philosophe Cornélius Catoriadis, avancer vers la démocratie réelle suppose donc de se prémunir contre la démesure. L'autolimitation de la souveraineté populaire ne doit pas passer par une restriction a priori des thèmes pouvant être soumis à un référendum citoyen - comme l'Italie qui en exclut la fiscalité - mais par la qualité de la délibération : "... la décision légitime n'est pas la volonté de tous, mais celle qui résulte de la délibération de tous." (Bernard Manin, "Volonté générale ou délibération? Esquisse d'une théorie de la délibération politique", Le Débat, numéro 33, 1985)

Ainsi, la mobilisation d'assemblées de citoyens et de citoyennes tirés au sort pourrait créer les conditions d'une information pluraliste et d'un vote éclairé. L'assemblée délibère sur la recevabilité du thème, sur la formulation de la question référendaire et sur l'information à fournir au public. On connaît les conditions de succès de ce genre d'exercice : tirage au sort équilibré, durée suffisamment longue de la formation et de la délibération, information de qualité, animation sans parti pris, audition de groupes et d'experts défendant des positions opposées sur la question, alternance de séances plénières et de discussions en groupes restreints, etc. L'expérience montre invariablement que les avis ou les décisions ainsi produites écartent la démagogie et les arguments d'autorité et se tournent vers le bien commun.


(à suivre)

Re: Les gilets jaunes

par Kerniou » mer. 01 mai 2019, 11:45

Pour vous répondre, Zélie, et, pour autant que je sache, pour que des enfants aient été retirés sur le champ, la situation devait être bien grave . ..
Juridiquement, la France privilégie les liens du sang et son appareil juridique protège les familles. De plus, il est très difficile pour des travailleurs sociaux dont l'action est régie par la loi, de venir dans une famille sans la prévenir ..."violation de domicile" ... Par ailleurs, des faits de maltraitance, doivent être dûment constatés ...
La vie des familles est protégée ... les travailleurs sociaux interviennent soit trop, soit pas assez ... pauvres travailleurs sociaux qui font ce qu'ils peuvent avec de faibles moyens, bien peu de considération et aucune reconnaissance ... tous les enfants retirés de leur famille le sont, aux dires des familles, de façon arbitraire et abusive ... Cependant, comme vous, je ne connais pas la situation à laquelle vous faîtes allusion ...

Re: Les gilets jaunes

par Wazabi » mar. 30 avr. 2019, 19:22

Une jeune femme a déposé plainte pour tentative d’homicide, le 30 avril, après que des policiers lui ont infligé de graves blessures lors d’une manifestation des Gilets jaunes en décembre dernier à Marseille, indique Mediapart. Elle a d’abord été blessée par un tir de LBD, puis matraquée et frappée au sol, au point que son crâne soit fracassé.
fr.sputniknews.com/france/201904301040937993-marseille-police-agression-femme-crane/
Malheureusement, ils sont trop nombreux ces gilets jaunes à ne pas comprendre quand les "forces de l'ordre" chargent...

Re: Les gilets jaunes

par zelie » mar. 30 avr. 2019, 11:36

a propos du cri des opprimés ... un article qui relate qu'une perquisition a donné lieu à une soustraction d'enfants abusive :
https://www.liberation.fr/checknews/201 ... le_1724023

Il n'y a peut être qu'une coïncidence, mais si ce n'est qu'une coïncidence, comment se fait-il qu'on ne s'en soit pas tenu qu'à une perquisition et qu'on ait décidé une soustraction immédiate d'enfant (ce qui n'était pas dans l'ordre de mission et constitue donc un abus de pouvoir) surtout quand on sait tout le panel d'actions avant de retirer des enfants pour des faits bien plus graves, et la frilosité des services sociaux qui ne prennent pas la peine de retirer un enfant à sa famille même quand l'école lui signale des faits graves et urgents...

Re: Les gilets jaunes

par Bassmeg » ven. 26 avr. 2019, 17:18

Pour régler une vieille polémique, le LBD est bel et bien une arme de guerre. Cela donne une bonne indication concernant l' état d' esprit du pouvoir.

Re: Les gilets jaunes

par Cinci » mer. 24 avr. 2019, 17:13

Mais ce que je trouve encore plus intéressant et en rapport (le lien, c'est moi qui le fait) avec cette affaire gilets jaunes toujours, c'est ce qu'il ajoute ensuite :
Les voix prophétiques

Si l'on en restait à ces cris, la prise de conscience de péchés nouveaux ne serait pas possible. Il faut encore le relais des voix prophétiques qui donne la force d'une première articulation pathétique et compréhensible aux aspirations encore confuses. Les prophètes disent en mots ce que le cris hurlent; de plus, par des transgressions symboliques, ils restructurent le champ social. Ainsi, Jérémie prend un vase et le casse; Osée adopte un comportement inattendu par rapport à sa femme infidèle. Par là, ils amenaient les populations à prendre distance par rapport aux routines habituelles. Les gestes et les voix prophétiques ne rentrent pas dans les catégories habituelles de la culture ambiante, des sciences, de la raison, de la morale établie. Ils donnent parole aux transgressions des opprimés et à leurs cris de protestation. Les prophètes légitiment un renouveau : en dénonçant les injustices inaperçues jusque-là, ils donnent un nom nouveau au péché.

Leur parole diffère de celle de ceux qui récupèrent les cris des opprimés. Les "faux prophètes" s'efforcent de réintégrer les protestations dans l'ordre de la raison, de la science, de la morale, de sorte que finalement les cris perdent tout impact social. Le prophétisme, lui, n'est pas récupérateur.

Il dit à peu près ceci : Vous êtes préoccupés de normes que vous trouvez très importantes. Vous estimez que tel ou tel genre de sacrifice fait plaisir à Dieu. Vous avez une morale et vous croyez que si vous L'observez Dieu est content. Eh bien, sachez que Dieu ne se préoccupe guère de vos péchés migons, de ceux que vous cultivez à travers vos examens de conscience. Mais il y a au milieu du peuple un péché nouveau, qui n,a pas encore été appelé de ce nom. Ce péché a été révélé par les cris du peuple écrasé et Yavhé écoute le cri de son peuple.

Le prophète désigne ainsi quelque chose de neuf, dans une situation historique précise.

p. 98

On croirait que ce qui pourrait manquer aux gilets jaunes à l'heure actuelle ce serait justement la voix de prophètes capables de faire entendre leur protestation. Il est intéressant de considérer aussi la notion de "faux prophètes". Le "faux prophète" récupère les cris des uns pour finalement dissoudre toute espèce de possibilité réelle de changement de l'ordre établit.

Un prophète ? Quoi ? Une figure vraiment charismatique ? Un grand artiste ? Plusieurs artistes ? Des chanteurs ? Un très très grand intellectuel renommé et que le pouvoir pourrait difficilement balayer d'une chiquenaude ?

Re: Les gilets jaunes

par Cinci » mar. 23 avr. 2019, 13:03

Chose vue ...
Les cris des opprimés

Tout le monde ne perçoit pas le mystère du mal de la même façon. Ainsi, ceux qui organisent la société l'estiment généralement assez bien structurée : après tout, c'est la leur. Comme l'indique la parabole de Lazare et du riche - dont l'Évangile ne dit pas qu'il est mauvais - , il est difficile aux riches et aux puissants d'entendre ce que d'autres voudraient leur signifier : ils ont de la difficulté à analyser leurs contradictions. C'est là une différence importante entre les personnes : certains savent où se situent leurs contradictions et ambiguïtés tandis que d'autres, souvent de bonne foi, les ignorent. La parabole du publicain et du pharisien est intéressante à ce point de vue : la différence entre eux n'est-elle pas que l'un est capable de percevoir les contradictions de sa vie, tandis que l'autre pas ? Aux riches et aux puissants, il est difficile de percevoir leurs ambiguïtés et donc de "confesser leur péché". Les pauvres et les paumés, eux, peuvent le faire bien plus facilement, car ils nagent littéralement dans leurs contradictions et leurs difficultés.

Les prises de conscience commencent toujours par un cri : celui de l'opprimé, de l'exploité [...] qui éprouvent le mystère du mal. Parfois, c'est un cri de haine : l'opprimé hait celui qui l'écrase. Ce dernier prend parfois conscience de sa situation pour s'être découvert objet de haine.

Des cris de ce genre peuvent être critiqués parce qu'ils ne sont pas assez rationnels, mais l'important, c'est que quelqu'un commence à parler et à dévoiler des situations qui, désormais, seront désignées comme un mal. Il est d'ailleurs normal que les cris des opprimés soient généralement mal articulés et même incohérents. La parole est, en effet, déjà un pouvoir social; les sans pouvoir ne parviennent que difficilement à en présenter une qui s'insère dans les discours de ceux qui organisent la société. C'est pourquoi il n'est guère raisonnable de reprocher aux opprimés de ne pas avoir la cohérence des professeurs d'université : s'ils l'avaient, avec le pouvoir social qu'elle implique, ils ne seraient pas des opprimés.

Source : Gérard Fourez, Les sacrements réveillent la vie. Célébrer les tensions et les joies de l'existence, Paris, Le Centurion, 1982
Trouvé dans un "petit" opuscule qui traînait, là, dans l'église. Et aperçu par moi à la sortie de la veillée pascale. Surprise ! On dirait l'un de ces meilleurs commentaires que l'aurait pu faire soi-même à chaud et au sujet de cette crise des gilets jaunes.

Re: Les gilets jaunes

par Wazabi » mar. 09 avr. 2019, 23:53

Sauf que ...

Je parlais plus haut des intellectuels et de leur difficulté initiale à bien circonscrire le phénomène populaire "gilet jaune", à le définir ou à le ranger dans une catégorie. On peinerait un peu à voir à quelle adresse devrait loger ce mouvement ou cette agitation publique. Ce qui est probablement la raison aussi pourquoi un ex-journaliste radio-canadien, - tel celui évoqué par ChristianK -, pouvait nourrir un fort préjugé négatif envers la chose; du moins, je l'imagine.

Le fond de l'air politique et rhétorique actuel étant ce qu'on sait : méfiance envers le "petit peuple", crainte de la montée du "populisme", peur du retour de la Bête, des sirènes d'extrême-droite désireuses de voir bafouer les droits individuels de Bernard Arnaud à faire du profit, pour nuire ensuite au doux commerce et saboter la bonne marche de la république (... exigeant sacrifice pour le peuple, délestage d'un fardeau que les gros devraient supporter injustement depuis tant d'années, ces boulets aux pieds que porterait encore trop la classe active formée de ceux qui sont "quelque chose", les plus talentueux, les plus créateurs, les plus fringants et désireux d'agir, etc.
Intellectuels ? Autoproclamés ? Validé par des pairs qui n'en sont pas plus ? Mauvaise foi ? Gagner trop d'argent ça n'est pas une preuve de talent... c'est juste une preuve de cupidité et de volonté de prendre plus que son dû.

On est pas nécessairement "pauvre" parce que sans talent, mais juste parce qu'on ne conçoit pas de prendre plus que nécessaire pour ne pas démunir son prochain. En fait gagner énormément d'argent nécessite un abandon du sens moral ou de l'esprit saint. Car ce qu'on gagne on le prend forcement à d'autres et plus le salaire et délirant plus c'est flagrant.

Quant à Bernard Arnaud, sa "réussite" tient plus à ses relations au sein du gouvernement qu'à un véritable talent. D'ailleurs sans le gouvernement "français", il aurait déjà fait faillite.

Bon nombre des défis futurs ne pourront être résolus que par l’avènement d'un véritable esprit communautaire ou tout n'est pas dévoyé par le profit et l’égoïsme. Un monde ou l'humanité prend sa juste part, où le travail bien fait prime sur la baisse des coûts et le profit, où toute entreprise d’intérêt générale est reconnue pour ce qu'elle est et non pour sa capacité à générer des dividendes. L’économie doit revenir à ce qu'elle est fondamentalement : le moyen d'organiser et non le moyen d’accaparer.

Je sais qu’on va me dire qu’on ne peut pas faire avancer le monde avec de telles idées…. Pourtant, la jeune génération est proche de cela et n’est pas pour autant inactive.

Je suis employé et j’ai ces idées et pourtant je fais des heures supplémentaires à n’en plus compter parce que cela participe au bien commun et cela me rend heureux.

Re: Les gilets jaunes

par Cinci » mar. 09 avr. 2019, 14:37

Salut paxetbonum,

Je dirais que la reductio ad Hitlerum serait surtout le fait, en général, des propagandistes de la nouvelle gauche, de "nos" activistes qui seraient tant désireux de mettre fin aux exclusions. Qui n'est pas avec eux est contre eux. Et l'opposant devient une cible légitime pour leur réductionnisme diffamateur.

C'est une technique démagogique que les néo gauchistes ont hérité de l'ancienne gauche historique, et où les "fascistes" pouvaient être regroupés naguère dans le front commun de tous ceux qui condamnaient le marxisme et qui voulaient lutter contre le communisme cf. le pape était un fasciste, l'armée américaine était une armée de fascistes, les élites capitalistes des pays soi-disant démocratiques à l'Ouest soutenaient les régimes fascistes.

Maintenant, il est vrai que le gouvernement Macron (... la droite grand bourgeoise honorable associée avec les bienfaiteurs de l'humanité de la nouvelle gauche pour vaincre les exclusions, pour permettre aux gays de s'épanouir, aux islamistes de ne pas être ennuyés, pour sauver le climat de la planète, etc.) n'a pas semblé rougir de donner lui aussi dans cette démagogie : assimilant le fait pour un citoyen de se joindre à la marche des gilets jaunes à une complicité avec le pire (Guernica, Ouradour, la milice de Vichy en 1944, le nettoyage ethnique dans les Balkans, etc.)

Sauf que ...

Je parlais plus haut des intellectuels et de leur difficulté initiale à bien circonscrire le phénomène populaire "gilet jaune", à le définir ou à le ranger dans une catégorie. On peinerait un peu à voir à quelle adresse devrait loger ce mouvement ou cette agitation publique. Ce qui est probablement la raison aussi pourquoi un ex-journaliste radio-canadien, - tel celui évoqué par ChristianK -, pouvait nourrir un fort préjugé négatif envers la chose; du moins, je l'imagine.

Le fond de l'air politique et rhétorique actuel étant ce qu'on sait : méfiance envers le "petit peuple", crainte de la montée du "populisme", peur du retour de la Bête, des sirènes d'extrême-droite désireuses de voir bafouer les droits individuels de Bernard Arnaud à faire du profit, pour nuire ensuite au doux commerce et saboter la bonne marche de la république (... exigeant sacrifice pour le peuple, délestage d'un fardeau que les gros devraient supporter injustement depuis tant d'années, ces boulets aux pieds que porterait encore trop la classe active formée de ceux qui sont "quelque chose", les plus talentueux, les plus créateurs, les plus fringants et désireux d'agir, etc.

Re: Les gilets jaunes

par PaxetBonum » mar. 09 avr. 2019, 8:10

Cinci a écrit :
mar. 09 avr. 2019, 7:33
Donc, les gilets jaunes ne sauraient être "de gauche" (lire : ne sont pas des néo gauchistes) car adversaires de Macron. N'étant pas "de gauche", ils ne peuvent plus qu'être de droite et encore que d'une mauvaise droite. Oui, une droite dangereuse et réactionnaire. Parce que la "bonne droite" qui est celle de monsieur Macron fait copain-copain avec la gauche , c'est à dire la nouvelle gauche, celle des écolos, des sans frontiéristes, de la lutte aux exclusions et qui défend l'islam, etc.
Cher Cinci,

Vous allez bien trop loin dans votre raisonnement le gouvernement ne raisonne qu'en syllogismes : Si les gilets jaunes sont contre nous, alors se sont des méchants. Or, qui sont les méchants ? Les nazis bien sûr ! (se sont les seuls méchants passés et à venir) Donc les gilets jaunes sont nazis, antisémites…etc…etc…

Voilà tout s'explique ! Donc sur des nazis on peut tirer allègrement sans s'émoustiller des conséquences, c'est même bien.

Haut