La côte d'Adam

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Re: La côte d'Adam

Message par Carolus » dim. 20 mai 2018, 23:28

Cinci :

Concile Vatican II
Dei Verbum
(7 décembre 1965)

"... mais pour composer les livres saints, Dieu a choisi des hommes qu'il a employés (eux-mêmes usant de leurs facultés et de leurs forces propres) de sorte que agissant Lui-même en eux et par eux, ils transmettent par écrit en véritables auteurs, tout et cela seulement que Lui-même voulait."
Merci pour cette citation, cher Cinci.

Le Catéchisme nous présente la version suivante de ce passage :
CEC 106 Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. " En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement " (DV 11).
Il n’y a aucune contradiction entre les deux versions.

DV 11 (1965) : les auteurs humains “ transmettent par écrit en véritables auteurs, tout et cela seulement que Lui-même voulait. "

CEC 105 (1993) : les auteurs humains “ missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement. “

Les auteurs humains ont écrit “ tout et cela seulement que Lui-même voulait ".
CEC 2827 " Si quelqu’un fait la volonté de Dieu, celui-là Dieu l’exauce " (Jn 9, 31 ; cf. 1 Jn 5, 14).
Les auteurs humains ont fait la volonté de Dieu.

Re: La côte d'Adam

Message par Cinci » dim. 20 mai 2018, 21:29

Carolus-Trebla a écrit :
Notons que le Catéchisme n’identifie Dieu comme l’un des auteurs, mais plutôt comme l’Auteur de l’Écriture Sainte.
... comme on dirait que tout ce qui arrive dans le monde a été voulu par Dieu.

Le Père éternel est l'Auteur de la Création. Dieu est derrière les événements, ce qui n'empêche pas que le monument du Parthénon en Grèce a bien été ouvragé par des architectes humains, des constructeurs ayant dû peiner un peu, faire des choix, exprimer un goût.

"Dieu a voulu que naisse Judas Iscariote. En effet, si Dieu ne l'avait voulu, Judas ne serait pas né. Dieu a voulu la trahison de Judas, la croix, la mort, etc." Ce sont des choses qui demandent une explication et bien des nuances, afin d'éviter un grand nombre de balourdises, de scandales inutiles et tout. Il en va de même avec les Écritures. On ne peut pas se contenter de claironner que Dieu serait l'unique Auteur ... jusqu'à devoir passer nous-mêmes pour des musulmans !

Le Catéchisme que vous citerez évoque lui-même les auteurs humains des textes. Pluriel. Nous avons affaire à un collectif d'auteurs. La Bible se présente comme un dialogue continu entre Dieu et les hommes, ramassant des faits au passage aussi bien que l'expression d'une attente, des désirs de l'un ou l'autre.

Re: La côte d'Adam

Message par Cinci » dim. 20 mai 2018, 20:11

Les rédacteurs catholiques du Catéchisme de Jean-Paul II de 1993 connaissent très bien les documents officiels de l'Église, et ne se proposent pas d'annuler ce que les papes d'une autre époque auront pu dire de leur côté.


Ainsi :

Léon XIII dit que les écrivains sacrés "n'ont pas voulu apprendre aux hommes la situation interne des réalités sensibles", autrement dit "les choses sans utilité pour leur salut". Et c'est alors que, discrètement et en précurseur, mais sans encore employer la formule de "genre littéraire" dont la reconnaissance ecclésiastique ne se fera que bien ultérieurement, il affirma :

"Plutôt que de poursuivre une investigation en règle de la nature, ils (les auteurs inspirés) décrivaient et traitaient des choses occasionnellement, soit en style figuratif, soit selon la manière de parler courante en leur temps". (Léon XIII, Encyclique "Providentissimus", 18 novembre 1893)

Pie XII
Divino afflante Spiritu (30 septembre 1943)

L'exégète doit donc s'efforcer de discerner quel fut le caractère particulier de l'écrivain sacré et ses conditions de vie, l'époque à laquelle il a vécu, les sources écrites ou orales qu'il a employées, enfin sa manière d'écrire. Ainsi pourra-t-il mieux connaître qui a été l'écrivain sacré et ce qu'il a voulu exprimer en écrivant. Il n'échappe en effet à personne que la loi suprême de l'interprétation est de reconnaître et de définir ce que l'écrivain a voulu dire.

Et Pie XII va plus loin en demandant aux exégètes de "discerner et reconnaître quels genres littéraires les auteurs de cet âge antique ont voulu employer" autrement dit les formes et manières de dire dont l'usage était reçu par les hommes de leur temps et de leur pays. Une telle tâche réclame le recours à la critique, c'est à dire à des disciplines scientifiques. Aussi le problème de l'articulation de l'origine divine des Écritures et de la liberté de l'auteur biblique est-il posé de façon pertinente. Les deux faces constitutives du fait biblique, la face divine et la face humaine, sont prises l'une et l'autre en considération mutuelle.
Concile Vatican II
Dei Verbum
(7 décembre 1965)

"... mais pour composer les livres saints, Dieu a choisi des hommes qu'il a employés (eux-mêmes usant de leurs facultés et de leurs forces propres) de sorte que agissant Lui-même en eux et par eux, ils transmettent par écrit en véritables auteurs, tout et cela seulement que Lui-même voulait."

Il demande d'être un peu rompu au discours ecclésiastique et au maniement des formules traditionnelles par l'Église, afin d'éviter de faire dire à un texte d'Église le contraire de ce qu'il voudrait vraiment signifier. Faut pas se laisser abuser par un petit mot repiqué ici ou là dans le Catéchisme.

Si l'Église parle bien de la Bible comme "la Parole de Dieu", elle ne consacre pas avec cela l'idée fondamentaliste d'un seul sens univoque pour les textes, l'idée d'un seul sens facile, évident, naïf; elle ne consacre pas non plus l'idée de rédacteurs des textes réduit au seul rôle d'instruments passifs et ayant dû se contenter d'enregistrer la dictée céleste préparée d'avance, toute faite et sortie d'en haut. Quand l'Apôtre Paul écrit une de ses lettres, il n'est pas sous le coup du phénomène de l'écriture automatique.

Re: La côte d'Adam

Message par Carolus » sam. 19 mai 2018, 16:31

Cinci :
Dieu n'est pas l'auteur unique du "contenu" des textes de la Bible, si c'est pour s'imaginer par là [...] que Dieu serait le producteur direct et immédiat de chacune des phrases conservées; quelque chose comme le simple transmetteur de récit tout fait.
Le contenu des textes de la Bible veut dire l’Écriture Sainte, cher Cinci.
CEC 105 Dieu est l’Auteur de l’Écriture Sainte.
Notons que le Catéchisme n’identifie Dieu comme l’un des auteurs, mais plutôt comme l’Auteur de l’Écriture Sainte.

Est-ce que “ Dieu serait le producteur direct et immédiat de chacune des phrases conservées; quelque chose comme le simple transmetteur de récit tout fait “ ?
CEC 106 Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. " En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement " (DV 11).
Non, Dieu n’est pas le producteur direct et immédiat de chacune de phrases conservées !

Néanmoins ” Dieu a inspiré les auteurs humains “. Ces auteurs humains ont écrit “ tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement ". Donc l’Écriture Sainte ne contient que ce qui était conforme au désir de l’Auteur.

On peut donc affirmer que “ tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint ils ont Dieu pour auteur “ (CEC 105).

Re: La côte d'Adam

Message par Cinci » sam. 19 mai 2018, 1:46

Trebla,

Dieu n'est pas l'auteur unique du "contenu" des textes de la Bible, si c'est pour s'imaginer par là - à l'instar des musulmans avec leur Coran - que Dieu serait le producteur direct et immédiat de chacune des phrases conservées; quelque chose comme le simple transmetteur de récit tout fait.

Ce n'est pas comme si Dieu serait l'auteur du roman La vieille dame dans une auto avec des lunettes noires et un fusil et qui se serait contenté ensuite de dicter son texte à un secrétaire et pour qu'on aille ensuite le dire sans erreur, voulant surtout comprendre comment l'interprétation personnelle rigide de l'amateur d'en face crispé sur la lettre du texte devrait être la seule autorisée, comme seule manière de recevoir ce que l'auteur a voulu dire.

L'approche fondamentaliste des textes n'est pas l'approche "catholique" des textes de la Bible.

Et le Catéchisme de l'Église n'a pas pour vocation non plus d'induire cette pensée fausse. à savoir que "Dieu fabrique un homme vraiment avec ses mains et à partir de la glaise ... et qu'à partir d'un os de la cage thoracique d'Adam ... qu'ensuite un serpent marchant sur deux jambes ... un vrai serpent capable de parler le langage humain ... et blabla ... "


Pour l'Inspiration ...
L'inspiration du texte et des livres

Il est souhaitable de ne pas trop personnaliser l'inspiration. Certes l'acte premier par lequel un homme a pris la parole au nom de Dieu est essentiel, mais cela ne s'arrête pas là. Le texte a été le plus souvent recueilli par les disciples, il a circulé dans les communautés, il a suscité des relectures : il a même quelque fois eu une postérité comme Isaïe dont le livre rassemble plusieurs auteurs distant de deux siècles. C'est donc ce vaste dynamisme qui est porteur de l'inspiration et non le seul auteur qui a écrit.

L'inspiration de la Bible, c'est ce souffle mystérieux par lequel s'établit une communication entre Dieu et Israël, entre Dieu et certaines figures charismatiques et qui met à jour un monde nouveau qui a laissé des cicatrices dans les textes bibliques.

Si tel auteur et son livre sont inspirés, c'est aussi parce qu'ils ont été reconnus comme tels par la communauté et surtout par ceux qui, en dernier lieu, ont agencé et bouclé la Bible. Ici nous parlons de la Bible chrétienne. L'inspiration c'est ce vent qui traverse de part en part le livre, qui instaure depuis le temps de l'Exode un suspense qui se dénoue sur la croix. Légitimement le chrétien, à partir du dénouement du livre qu'est la personne de Jésus, peut relire tout l'ouvrage en commençant par la fin. La Vérité des Écritures, pour le chrétien, c'est le Christ, lui qui se présente comme le chemin, la vérité et la vie et qui vient habiter tous les textes du passé.

Tiré de Alain Marchadour, L'inspiration et le canon des écritures, Cahiers Évangile, no 49
et encore ...
A quoi servirait-il d'exalter l'inspiration qui a donné naissance à la Bible si le livre n'est plus aujourd'hui inspirateur de croyance et de pratique.

Ainsi l'inspiration qui travaille la lettre de l'Écriture poursuit son action dans ce qu'on peut appeler l'après-texte, c'est à dire la postérité du texte, sa fécondité dans l'acte toujours renouvelé de la lecture.

Aujourd'hui nous avons découvert que le sens ou la vérité d'un texte ne s'épuise pas dans la lettre, mais qu'il s'accomplit, toujours inattendu , dans l'acte de lecture du lecteur ou du groupe-lecteur. Cette vérité du texte est d'une autre nature que la vérité historique : nous pourrions l'appeler vérité symbolique en nous appuyant sur le sens premier du mot symbole : geste juridique et social dans l'Antiquité qui consiste à briser une pièce d'argile en deux morceaux et à donner à deux partenaires l'un et l'autre morceau. La vérité de l'alliance s'attestait lorsque les deux partenaires rapprochaient (c'est le sens du mot "symbole") les deux pièces en reconstituant la totalité.

La vérité biblique est de cet ordre; elle n'est ni totalement dans le texte, ni totalement dans le lecteur. Pour qu'elle se manifeste, il faut que se réalise la rencontre toujours imprévisible entre les deux partenaires.

Le rapport entre l'Écriture et ses lecteurs n'est pas un rapport d'égalité. La Bible précède et fonde la communauté. Mais il reste que entre l'un et l'autre, il y a dépendance et réciprocité. Sans la Bible, le groupe-lecteur chrétien perd sa raison d'être : se coupant de son origine, il détruit son originalité. Il devient alors un rassemblement idéologique et sectaire. Mais la proposition inverse est tout aussi exacte : sans le groupe-lecteur, la Bible est inachevée, en attente de ce qui constitue sa raison d'être : l'acte de lecture d'une communauté.

Il en résulte que l'inspiration n'est pas seulement du côté de l'origine, qu'il s'agisse de l'auteur ou du livre et que la Révélation n'est pas le privilège des temps fondateurs. La Bible est inspirée lorsqu'elle devient inspirante aujourd'hui pour des communautés chrétiennes.

source : idem

Re: La côte d'Adam

Message par Carolus » ven. 18 mai 2018, 16:14

AdoramusTe :

Pourquoi cette précision sur "contiennent" ?
C'est une bonne question, cher AdoramusTe.

DV 24, que vous venez de citer, nous déclare que la " théologie sacrée s’appuie sur la Parole de Dieu écrite ". La Parole de Dieu écrite c'est bien sûr la Sainte Écriture. Donc DV 24 nous enseigne que le contenu de la Sainte Écriture (des 46 livres de l’Ancien et des 27 livres du Nouveau Testament) c'est la Parole de Dieu.
CEC 136 Dieu est l’Auteur de l’Écriture Sainte en inspirant ses auteurs humains ; Il agit en eux et par eux. Il donne ainsi l’assurance que leurs écrits enseignent sans erreur la vérité salutaire (cf. DV 11).
Dieu est l’Auteur du contenu de l’Écriture Sainte en inspirant ses auteurs humains. Donc le contenu de la Bible est intitulé la Parole de Dieu.

Re: La côte d'Adam

Message par AdoramusTe » ven. 18 mai 2018, 12:58

Comparons ce que vous dites avec ce que nous enseigne le Catéchisme, cher AdoramusTe :
CEC 81 " La Sainte Écriture est la parole de Dieu en tant que, sous l’inspiration de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit. "
Selon le Catéchisme, les Saintes Écritures sont la Parole de Dieu.
Je l'ai entendu par un prêtre bibliste fiable et je pense que la nuance vient de Dei Verbum :
24. Écriture Sainte et théologie

La théologie sacrée s’appuie sur la Parole de Dieu écrite, inséparable de la sainte Tradition, comme sur un fondement permanent ; en elle aussi elle se fortifie, s’affermit et se rajeunit toujours, tandis qu’elle scrute, sous la lumière de la foi, toute la vérité qui se puise cachée dans le mystère du Christ. Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu et, puisqu’elles sont inspirées, elles sont vraiment cette Parole ; que l’étude de la Sainte Écriture soit donc pour la théologie sacrée comme son âme [37]. Que le ministère de la parole, qui comprend la prédication pastorale, la catéchèse, et toute l’instruction chrétienne, où l’homélie liturgique doit avoir une place de choix, trouve, lui aussi, dans cette même parole de l’Écriture, une saine nourriture et une sainte vigueur.
Pourquoi cette précision sur "contiennent" ?

Mais tout élément des Écritures n'est pas nécessairement inspiré par Dieu. Par exemple, les dénombrement militaires dans les livres des Chroniques.
Certains passages semblent aussi mettre en valeur exagérément ceux qui les écrivent.
Qu'en dites-vous ?

Re: La côte d'Adam

Message par Servus » jeu. 17 mai 2018, 18:50

J'ai lu ceci sur le site catholique theopedie.com : « Il semble donc qu’il faille dire que le récit de la Genèse est, comme l’histoire de Nyx, un mythe. »

http://theopedie.com/Le-recit-de-la-Gen ... mythe.html

Voilà, la Genèse est un récit mythique semblables aux mythes païens. Pensez-vous que les apôtres croyaient que le récit de la Genèse était un mythe ?

Re: La côte d'Adam

Message par Carolus » jeu. 17 mai 2018, 18:09

AdoramusTe :

Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu. Elles ne sont pas la Parole de Dieu.
Il y a une part humaine et une part d'inspiration divine.
Comparons ce que vous dites avec ce que nous enseigne le Catéchisme, cher AdoramusTe :
CEC 81 " La Sainte Écriture est la parole de Dieu en tant que, sous l’inspiration de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit. "
Selon le Catéchisme, les Saintes Écritures sont la Parole de Dieu.

Re: La côte d'Adam

Message par Xavi » mer. 16 mai 2018, 10:12

Bonjour à tous.,

Merci à chacun de partager ses réflexions.

Suliko écrit : « Etre Sumérien, c'est parler cette langue. Or, il est très peu probable que ce fut le cas d'Abraham, étant donné que c'était déjà une langue morte à son époque. ».

Mais, de quelle époque parlez-vous ? La langue sumérienne a été parlée jusqu’à la chute de la dernière dynastie d’Ur en 2004 avant Jésus-Christ. Même si la question est ouverte, je pense qu’il est probable que c’est à cette époque que la famille d’Abraham a quitté Ur. Cette question a été détaillée, en novembre 2017, dans un autre sujet : « L’histoire sainte d’Abraham à Salomon » :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 2&start=30

Mais, même si vous pensez qu’Abraham n’a vécu que deux ou trois siècles plus tard, la langue sumérienne restait, à cette époque, la langue des textes religieux dans la région de Ur. Abraham, qui était un riche notable, devait la connaître. Pourquoi en douter ?

Quand on connaît les extraordinaires développements de l’écriture dans le pays de Sumer où on a retrouvé des centaines de milliers de tablettes qui restent, pour la plupart, à déchiffrer, il est invraisemblable qu’Abraham n’ait pas eu connaissance d’un récit écrit de la création.

Vous écrivez « vous faites comme si c'était des récits païens (sumériens ou akkadiens) qui auraient influencé la Genèse, alors que cette dernière est la Parole divine et que de toute façon, d'un point de vue catholique, les divers mythes païens sont tout au plus des déformations de la seule vraie religion. Autrement dit, ce n'est certainement pas le corpus de mythes mésopotamiens qui a influencé la vision biblique de la Création, mais l'inverse : la vérité transmise aux hommes depuis Adam a été préservée intacte par une minorité d'hommes »

Vous avez raison et je partage tout à fait votre opinion. Les quelques rares textes sumériens qui ont été retrouvés me semblent aussi des déformations légendaires, comparables aux évangiles apocryphes. A toute époque, les récits authentiques ont inspiré d’autres récits dans lesquelles le récit original se retrouve modifié, déformé et romancé de diverses manières.

Les textes sumériens retrouvés sont, par contre, des indices de l’authenticité et de l’ancienneté du récit de la Genèse ainsi que de son écriture dans un texte primitif sumérien. Depuis Adam et Ève, tous les ancêtres d’Abraham sont situés dans le pays de Sumer. Il est donc normal de considérer que le récit authentique de la création était connu et écrit à cette époque dans la langue sumérienne en usage.

Certes, comme l’écrit AdoramusTe, il est possible a priori que des récits bibliques se soient inspirés de mythes païens, de la même manière que St Paul s’est inspiré d’une statue à un dieu inconnu pour leur parler du Christ, mais rien ici ne paraît indiquer qu’il en serait ainsi. Ce n’est qu’une hypothèse.

Dans ce sujet particulier sur la côte d’Adam, l’important est d’observer que jusqu’au départ d’Ur en Chaldée, les ancêtres d’Abraham vivaient dans le pays de Sumer et que la première écriture sumérienne était faite d’images et non de mots comme aujourd’hui qui n'ont été écrits que plus récemment.

Re: La côte d'Adam

Message par Servus » mar. 15 mai 2018, 23:52

Autrement dit, ce n'est certainement pas le corpus de mythes mésopotamiens qui a influencé la vision biblique de la Création, mais l'inverse : la vérité transmise aux hommes depuis Adam a été préservée intacte par une minorité d'hommes, dont plus tard les Hébreux, mais a été corrompue par les divers peuples païens. Il n'est ainsi pas étonnant que tant de religions parlent de la nécessité de sacrifier une victime pure : c'est une déformation de la foi au Messie à venir (et aujourd'hui déjà venu, évidemment) et à son sacrifice.
Beaucoup de croyants considèrent la Genèse comme un récit mythique, pour ne pas dire la majorité. Il me semble pourtant évident qu'on ne peut considérer la Genèse comme un simple récit relatant des faits imaginaires non consignés par l'histoire, sans attenter en conséquence de cela même à l'œuvre rédemptrice de Jésus-Christ.

Re: La côte d'Adam

Message par AdoramusTe » mar. 15 mai 2018, 22:52

De plus, vous faites comme si c'était des récits païens (sumériens ou akkadiens) qui auraient influencé la Genèse, alors que cette dernière est la Parole divine et que de toute façon, d'un point de vue catholique, les divers mythes païens sont tout au plus des déformations de la seule vraie religion.
Je ne comprends pas ce que vous dites. Les Saintes Écritures contiennent la Parole de Dieu. Elles ne sont pas la Parole de Dieu.
Il y a une part humaine et une part d'inspiration divine. Le fait que des mythes païens puissent être utilisés et modifiés par les écrivains sacrés sous l'inspiration du l'Esprit Saint est une possibilité qui n'est pas contradictoire. Sinon vous limitez l'action de l'Esprit Saint selon votre point de vue.
Par exemple, dans certains mythes il y a l'arbre de la Vie mais pas l'arbre de la connaissance du Bien et du Mal. Ce dernier est un apport unique dans la Révélation.

Re: La côte d'Adam

Message par Suliko » mar. 15 mai 2018, 22:36

Ur en Chaldée est la capitale du pays de Sumer.

Ses habitants sont donc des Sumériens.
Non. Etre Sumérien, c'est parler cette langue. Or, il est très peu probable que ce fut le cas d'Abraham, étant donné que c'était déjà une langue morte à son époque.
De plus, vous faites comme si c'était des récits païens (sumériens ou akkadiens) qui auraient influencé la Genèse, alors que cette dernière est la Parole divine et que de toute façon, d'un point de vue catholique, les divers mythes païens sont tout au plus des déformations de la seule vraie religion. Autrement dit, ce n'est certainement pas le corpus de mythes mésopotamiens qui a influencé la vision biblique de la Création, mais l'inverse : la vérité transmise aux hommes depuis Adam a été préservée intacte par une minorité d'hommes, dont plus tard les Hébreux, mais a été corrompue par les divers peuples païens. Il n'est ainsi pas étonnant que tant de religions parlent de la nécessité de sacrifier une victime pure : c'est une déformation de la foi au Messie à venir (et aujourd'hui déjà venu, évidemment) et à son sacrifice.

Re: La côte d'Adam

Message par AdoramusTe » mar. 15 mai 2018, 13:34

... et dire qu'Adoramus Te s'inquiétait du départ de Trebla. Mais Carolus c'est Trebla revenu des morts.
Si Carolus est bien TREBLA je m'en réjouis.
Dans ce cas, j'aurais bien aimé qu'il puisse répondre à mes interrogations viewtopic.php?f=91&t=43567&p=380088#p380088 ;)

Re: La côte d'Adam

Message par Carolus » lun. 14 mai 2018, 22:27

Cinci :
Le Catéchisme ?

Mais le Catéchisme fait aussi remarquer au numéro 383 :

"Dieu n'a pas crée l'homme solitaire : dès l'origine, "Il les créa homme et femme (Gn 1,27); leur société réalise la première forme de communion entre personne."
Il n'y a pas de contradiction, cher Cinci ! Le numéro 383 ne contredit pas le numéro 371. Le catéchisme ne se contredit pas.
CEC 371 Créés ensemble, l’homme et la femme sont voulus par Dieu l’un pour l’autre. La Parole de Dieu nous le fait entendre par divers traits du texte sacré. " Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie " (Gn 2, 18). Aucun des animaux ne peut être ce " vis-à-vis " de l’homme (Gn 2, 19-20). La femme que Dieu " façonne " de la côte tirée de l’homme et qu’il amène à l’homme, provoque de la part de l’homme un cri d’admiration, une exclamation d’amour et de communion : " C’est l’os de mes os et la chair de ma chair " (Gn 2, 23). L’homme découvre la femme comme un autre " moi ", de la même humanité.
L'homme (un mâle) a été créé avant la femme. La femme a été tirée de l'homme. Dieu a pu tirer la femme de l'homme car il l'avait créé avant la femme. " Il les créa homme et femme (Gn 1,27) ".

Le catéchisme parle du " premier couple " (CEC 376) en identifiant ce couple comme " nos premiers parents Adam et Eve " (CEC 375).

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