Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

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Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message par Cepora » mar. 20 févr. 2018, 17:09

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Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message par Cinci » sam. 06 janv. 2018, 15:30

J'avais marché neuf années
ayant aperçu une contrée, sous un soleil splendide
habillé d'un ciel translucide
comme un voile diffusant son éclat
cette contrée que nul ne peut nommer

Je marchai franc est sur une longue distance
sachant qu'il y a ce lieu atteignable
bien qu'éloigné
Où ma soif serait étanchée.

Au fil des années
la végétation ne cessait de diminuer
ce qui ne m'avait pas trop inquiété ...
Le pays que je cherche vaut bien quelque attente

Et voilà que graduellement le pays se changea en désert

[...]

Je vous parle maintenant de ce qui est arrivé.
Aucun secours n'est apparu ...
Aucune oasis non plus
Mais la sécheresse a activé ma foi.
Pour chercher la source,
un sens secret s'est éveillé.

La sentant autour,
je tendais la main,
mais toujours ne la trouvais point.

Et c'est alors seulement habité déjà par la mort
que je vis quelques reflets
comme un soleil se mirant délicatement
sur une eau tranquille
J'abaissai mon regard
C'était là sous mes yeux ...
Sous la transparence de mon propre corps ...
Une source en moi.

Il m'a fallu un temps pour m'habituer.
L'eau ne tarit pas.
J'ai pensé créer une oasis avec cette eau,
mais une voix aux creux de la source m'a dit :
"Tu dois garder ta marche et ne pas oublier
le pays qui t'a appelé."

Mais alors cette eau est-elle seulement pour moi ?
"Non, tu vois tous ces grains de sable ?
Aussi nombreux soient-ils, verse sur eux et sois généreux
mais n'arrête pas ta marche."

Chaque pas est un adieu.
Sur ce chemin, je ne passerai pas deux fois.
Chaque goutte donnée est unique.
Je la donnerai avec joie.

Désert aimé.
Brûle aussi mes pieds.
Par cette brûlure,
que je sache porter la fraîcheur des eaux.

Et comme le soleil dépassait le zénith, je pensais :
Voilà, les mirages sont tombés, j'ai trouvé ma voie.
Et la voix des eaux ne répétait :
"Tu n'y passeras pas deux fois.
Chaque moment est unique,
et unique aussi la vraie patrie des hommes."

frère François-Marie

In memoriam

27 décembre 1958/ 8 janvier 2012

Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message par Guillaume C. » dim. 10 déc. 2017, 16:53

Sainte Eulalie (10 décembre)

Martyre à Merida (Espagne), sous l’empereur romain Dioclétien – 304


Longue vie à l‘Espagne où tant de sages vierges
Pour l'amour de l‘Epoux ont allumé leur cierge !
Sous Dioclès, certaines ont donné leur vie :
Merida vit mourir la très sainte Eulalie.

De sang noble, elle voulut un seul titre porter :
Celui du don à Dieu, dans la virginité.
Elle n‘avait que douze ans quand parut une loi,
enjoignant aux chrétiens d'abjurer la vraie Foi.

Sa mère qui voulait l’éloigner de ces maux
La mit sous bonne garde en un lointain hameau.
Enflammée par l'Esprit à chercher le martyre
Et aidée par Julie, Eulalie put s’enfuir.

Marchant toute la nuit, à l‘aube elles arrivent
les pieds ensanglantés, mais leur Foi toujours vive.
Eulalie hardiment alla se présenter
Au préfet, le blâmant pour son impiété.

« J'ai déjà bien vécu, malgré mon tout jeune âge,
Sur cette terre où l’âme vit en esclavage.
Mon coeur pour son Epoux est tout prêt de brûler.
Menaces et tourments ne peuvent m‘ébranler. »

Les fouets, l'huile, la chaux, le plomb fondu, les torches
N’ont pu faire céder cette enfant qu‘on écorche.
Sa virginale chair est toute déchirée ;
Elle veut par amour ce supplice endurer.

Traînée par les cheveux, on la mène au bûcher.
Sa parole inspirée fait alors trébucher
Le préfet : « Contemplez, lui dit-elle, ma face,
et après ça songez si Dieu vous fera grâce. »

Sa bouche ouverte défie la flamme montante :
Son désir satisfait, elle meurt contente.
Voyez cette colombe envolée vers le ciel !
C’est l’âme d’Eulalie : gloire au Dieu éternel !

Son corps immaculé fut recouvert de neige
comme marque d’honneur à l‘immortelle vierge.
Ainsi, les chrétiens purent l'ensevelir :
Allons à Oviedo méditer son martyre !

Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message par Guillaume C. » lun. 04 déc. 2017, 20:00

Sainte Barbe (4 décembre)

Martyre à Nicomédie sous l’empereur romain Sévère Alexandre – 235


Dans le chœur des fiancées du Grand Roi,
Une Vierge sage s’est distinguée.
C’est Barbe ! Qui épousa la croix
Et de sa lumière fut irriguée.

Elle gagna une couronne de roses
Qu’elle montra à Benoîte, du Laus.
Mais laissons cette martyre glorieuse
Nous raconter sa lutte victorieuse :

« Née en Bithynie, de Maître Dioscore,
Riche, illustre, mais un démon au corps,
J’étais louée pour ma vive beauté.
Mon père, craignant les assiduités
De certains visiteurs, me fit mener
A l’écart, dans un palais éloigné.

Dans cette prison dorée, je pouvais
Etudier la sagesse des Anciens.
Et mon esprit peu à peu s’élevait,
Voulant connaître le Souverain Bien.

Je connus la philosophie chrétienne
En un livre où il était fait mention
« Du Christ et de la secte d’Origène ».
Et j’appris l’injuste crucifixion
De Jésus Christ, qui pour vaincre la haine,
Daigna expirer entre deux larrons.

Et je pensai alors : « Mon Dieu, mon Roi,
C’est Jésus, ce Juif pendu sur la croix ! »

Je fis alors dépêcher un message
Au philosophe Origène, ce sage,
Lui disant ma volonté d’être instruite
Des saints enseignements de Jésus Christ.

Ce docteur envoya Valentinien
M’éclairer sur les mystères chrétiens.
Par l’eau jaillie par miracle d’un vase
Je reçus le saint baptême et la grâce.

Mon père, retenu par l’empereur,
Passa me voir ; pour mon plus grand malheur,
Il voulait m’engager dans un mariage
Avec quelque garçon de haut lignage.

Je fus troublée, presque pusillanime.
Mais l’Esprit-Saint mon courage ranime:
« Je ne ferai jamais cette douleur
A Jésus, l’Epoux que chérit mon cœur. »

Mon père alors, au seul nom de « Jésus »,
Fut frappé comme d’un coup de massue.
Il vit alors les idoles en morceau,
La croix gravée en place de son sceau.

Mû par une rage froide, Dioscore
M’enjoignit d’expliquer mon attitude :
« Adoreriez-vous Jésus, ce Juif mort ?
Est-ce là tout le fruit de vos études ? »

Malgré la peur, mon âme s’élevait
Au Seigneur Jésus. Et je retrouvai
Grâce à Dieu un puissant courage
Pour affronter de mon père la rage.

« Père, je suis chrétienne pour jamais.
Vos dieux étaient des hommes qui dormaient.
Mon Dieu est Tout-Puissant et immortel,
Il me prépare une gloire éternelle. »

Tout était dit ; mon père, ce faux sage,
Est confondu, montre son vrai visage :
Longtemps l’esprit de Bélial l’a conduit,
Au désespoir il est céans réduit.

« Tu n’es plus ma fille ! Je te renie ! »
Rugit Dioscore, et le glaive à la main,
Il me veut tuer - dessein inhumain !
Pour avoir dit « oui » à ce Dieu honni.

Ne voulant que mon père se rendît
Coupable d’un tel crime, je m’enfuis.
A ma prière, un rocher se fendit,
Pour me livrer passage dans la nuit.

Un vent vif me porte au sommet du mont.
Mais mon furieux père, en proie au démon,
Méprisant de Dieu les évidents signes,
Hardi grimpeur, escalade la cime.

De mon refuge je suis arrachée ;
Il me traîne par les cheveux, me bat.
Mon ange gardien sur moi s’est penché
Il m’assure, et du soutien de Dieu,
Et de celui des saints qui sont aux cieux,
Pour me préparer aux futurs combats.

Un père dénaturé m’abandonne
Au pouvoir d’un juge inique, Marcien :
« Toute entière ma fille s’adonne
Au Christ et à sa religion de chiens.
Cette insolente, à son père rebelle,
A outragé la déesse Cybèle ! »

Par la douceur et les cajoleries,
Marcien veut changer mes sentiments.
Il obtient, pour seul résultat, ce cri :
« Jamais, pour des délices d’un moment,
Jamais je ne trahirai mon amant,
Jamais je ne renierai Jésus Christ ! »

A ces mots, le gouver¬neur irrité
Expose à de terribles cruautés
Mon corps virginal ; le méchant ordonne :
« Que trente-neuf coups de fouet on lui donne ! »

Dans les tourments, mon âme était ravie
Sachant la gloire qui m’attend aux cieux.
Un flambeau dans la nuit : voilà mon Dieu !
Qui apparaît pour me redonner vie.

Marcien, surpris de cette guérison,
L’attribue au pouvoir de ses démons.
« Non, lui dis-je, vos dieux sont sans force.
Simples figures tirées de l’écorce ! »

Une noble dame nommée Julienne,
Voyant mon zèle en les tourments les pires,
Déclara lors tenir la foi chrétienne
Et fut ma compagne dans mon martyre.

Mon barbare bourreau ordonne alors
Qu’on arrache de mon corps les mamelles :
« Qu’en cet état on traîne la pucelle !
Qu’on la promène nue jusqu’au port ! »

Cette dernière atteinte à ma pudeur
Me causa une plus vive douleur
Que n’avaient fait les tenailles de fer.
Mais cet assaut des princes de l’enfer

Echoua, car aussitôt par bonheur
Un halo de lumière m’environne
Il éblouit de nombreuses personnes
Et il éveille la foi dans les cœurs.

Marcien, rempli de rage frénétique,
Et craignant que la foule empathique
Ne se détache du culte des dieux
Ordonne : « qu’on l’extraie de ces bas lieux !
Qu’elle soit mise à mort sur la montagne !
Qu’on tranche la tête à sa compagne ! »

Ayant entendu ces dernières paroles,
Dioscore, animé d’un violent soubresaut,
Demande à être mon dernier bourreau.
Marcien agrée cette requête folle.

Avant de recevoir le fatal coup,
Je prie le Seigneur Jésus, mon Epoux,
Pour tous ceux qui feront de moi mémoire :
« Que tous ils accèdent à Votre gloire ! »

Et voici mes derniers mots sur la terre :
« Seigneur, je remets mon âme en vos mains »,
Alors que d’un coup de hache, mon père,
Exécutait son macabre dessein.

A son retour, l’infâme Dioscore
Était frappé d’une funeste mort :
Dans un ciel sans nuage, un éclair
Tue promptement ce dénaturé père. »

Sainte Barbe, vierge chérie du Ciel,
Invoquée contre une funeste mort,
Préservez-nous de la fin de Dioscore !

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Cinci » jeu. 26 oct. 2017, 2:07

Ballade pour prier Notre Dame
François Villon

Dame du ciel, régente terrienne
Emperière des infernaux palus
Recevez-moi, votre humble chrétienne
Que comprise sois entre vos élus
Le biens de vous, Ma Dame et Ma Maîtresse
Sont trop plus grands que ne suis pécheresse
Sans lequels, biens âme ne peut mérir
N'avoir les cieux , Je n'en suis jongleresse
En cette foi je veux vivre et mourir.

A votre Fiis, dites que je suis sienne
De lui soyent mes péchés abolus
Pardonnez-moi comme à l'Egyptienne,
Ou comme il fait au clerc Theophilus,
Lequel par vous fut quitte et absolu
Combien qu'il eut au diable fait promesse.
Préservez-moi de faire jamais ce,
Vierge portant, sans rompre encourir,
Le sacrement qu'on célèbre à la messe
En cette foi, je veux vivre et mourir.

Femme, je suis pauvrette et ancienne,
Qui rien ne sait; oncques lettres ne lus.
Au moustier vois dont je suis paroissienne
Paradis peint, où sont harpes et luths,
Et un enfer où damnés sont boullus;
L'un me fait peur, l'autre joie et liesse,
La joie avoir me fais, haute Déesse,
A qui pécheurs doivent tous recourir
Comblés de foi, sans feinte ni paresse :
en cette foi, je veux vivre et mourir.

Vous portâtes, digne Vierge, princesse,
Jésus régnant, qui n'a ni fin ni cesse,
Le tout puissant, prenant notre faiblesse,
Laissa les cieux. et nous vint secourir,
Offrit à mort sa très chère jeunesse;
Notre Seigneur tel est, tel je confesse :
En cette foi, je veux vivre et mourir.

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Cinci » mar. 24 oct. 2017, 18:17

Francis Jammes, il n'y a rien à redire. C'est du bon! Mais je ne connais pas le travail de Max Jacob.

:francais:

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Cinci » mar. 24 oct. 2017, 5:14

De toute beauté, ce poème! Merci, Milla.

:)

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Milla » lun. 23 oct. 2017, 18:03

Mon Dieu qui dormez faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
J'adore en mes mains et berce étonnée,
La merveille, ô Dieu, que m'avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n'en avais pas.
Vierge que je suis, en cet humble état,
Quelle joie en fleur de moi serait née ?
Mais vous, Tout-Puissant, me l'avez donnée.

Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba
Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas
Car j'avais aussi, petite et bornée,
J'avais une grâce et vous l'ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour parler aux gens perdus d'ici-bas
Ta bouche de lait vers mon sein tournée,
O mon fils, c'est moi qui te l'ai donnée.

De main, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las
Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
O mon fils, c'est moi qui te l'ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas
Ta chair au printemps de moi façonnée,
O mon fils, c'est moi qui te l'ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour sauver le monde Ô douleur ! là-bas,
Ta mort d'homme, un soir, noir, abandonnée,
Mon petit, c'est moi qui te l'ai donnée.

Berceuse de la Mère-Dieu, Marie Noël

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Guillaume C. » sam. 21 oct. 2017, 11:39

Ursule et ses compagnes (fête : le 21 octobre)

Martyres à Cologne (Allemagne), sous les troupes d'Attila, roi des Huns – 451



Une troupe de vierges a ravi l’Allemagne
C’est la phalange d’Ursule et de ses compagnes
Elles rehaussent du sexe dévot l’honneur.
Pour celles qui les imitent, éternel bonheur !

Ursule était fille du roi de Cornouailles
Sa beauté, sa douceur, sa piété sans faille,
Etaient connus, chantés dans toute l’Angleterre
Une ambassade un jour arriva par la mer.

Ce sont les envoyés d’un général romain
Qui d’Ursule désirait obtenir la main.
Voulant fonder une colonie en Bretagne,
Il requiert qu’à Ursule d’autres femmes se joignent.

Ursule était pourtant lors déjà engagée
Ayant le doux Jésus choisi pour fiancé.
Ne pouvant balancer, elle put obtenir
Qu’on lui laissât du moins ses compagnes choisir.

Le bateau met les voiles et vogue sur la Manche
Mais un vent le déroute ; aux bouches de la Canche
Il accoste. De là, un ange guide Ursule
Et ses compagnes, qu’une noble foi stimule.

Les voici à Cologne, et l’ange dit aux vierges :
« Dieu veut que vous fondiez ici, auprès des berges,
Un ordre de moniales, prêtes à sceller
Dans le sang leur alliance avec Dieu révélé.

Avant, il vous faut le Saint-Père requérir
Pour qu’il daigne lui-même cette œuvre bénir. »
Et ces femmes à pied s’en vinrent jusqu’à Rome
Présenter leurs hommages au vicaire du Dieu-Homme.

Ayant reçu du pape la bénédiction,
Depuis Bâle elles vont en une embarcation
Pour remonter le Rhin impétueux et puissant
Prêtes à faire à Dieu l’offrande de leur sang.

La cousine d’Ursule, la fougueuse Aurélie,
A Strasbourg expirait de longue maladie.
Elle fit à Dieu de ses douleurs offrande,
Pour qu’à ses sœurs il en épargnât de plus grandes.

La nacelle aborde de Cologne le port
Au moment où les Huns en assiègent le fort.
Oui, Dieu a suscité cette barbare horde,
Pour les pécheurs, afin qu’ils crient : « Miséricorde ! »

La légion virginale, assemblée près du mât,
Rejette des barbares les offres indécentes ;
Le cantique que ces femmes pieusement chantent,
Fait reculer les Huns ; mieux, il les désarma.

Attila, craignant que ce chœur de onze vierges,
N’inflige à son armée une prompte déroute
Ordonne à ses archers postés sur l’autre berge,
De tirer sur l’esquif, du mat jusqu’à la soute.

Et ces loups assoiffés du sang de nos martyres
Ont lancé leurs dards acérés sur le navire.
Un sang clair s’est mêlé aux eaux troubles du Rhin :
Les nobles vierges ont rejoint leur Souverain !

L’histoire d’Ursule a des siècles reçu créance.
Et plus tard sainte Angèle, par pieuse révérence,
Mit sous son patronage la noble compagnie
Qui sous Marie Guyart le Québec atteignit.

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par papillon » ven. 20 oct. 2017, 2:11

Joli poème chrétien, Guillaume, qui me rappelle l'enseignement des bonnes soeurs de mon enfance.

Toutefois, sans vouloir enlever quoi que ce soit aux bonnes intentions de ces bons pères venus d'Anjou, de Dieppe et d'Orléans, j'éprouve un malaise certain à la lecture d'un poème de ce genre, compte tenu de la maltraitance inouie dont ont été victimes ces "vilains sauvages" aux mains des différentes Eglises chrétiennes pendant les siècles qui ont suivi.
C'est vrai que, dit-on, l'enfer est pavé de bonnes intentions...

À lire dans son entièreté :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/400 ... utochtones

http://blogue.onf.ca/blogue/2013/03/21/ ... nsionnats/

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Guillaume C. » jeu. 19 oct. 2017, 8:31

Saints Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande (fête: le 19 Octobre)

Martyrs à Ossernenon (aujourd’hui Auriesville, Etat de New York), 1642-1646



Ils sont venus d’Anjou, de Dieppe, d’Orléans
Pour planter la Croix sur un nouveau continent.
Ni la houleuse mer, ni les rudes hivers,
Ne les firent ployer, ni ne les dissuadèrent
D’accomplir leur mission en terre d’Amérique
Et de verser leur sang au nom du Fils unique.

Le Père Isaac Jogues, avec vingt Hurons,
Voyageait en canot tout près de Trois-Rivières.
Hélas ! Un groupe d’Iroquois les capturèrent.
Le brave Jésuite, fidèle à sa mission,
Refusa de suivre les fuyards dans les bois :
Avec René Goupil, il embrassa la croix.

Tels des chiens enragés, les Iroquois se ruent
Sur les deux prisonniers, et puis à pleines dents
Leur arrachent ongles et doigts cruellement,
Les battent et les jettent sur la terre nue.

Tous deux sont réduits en un cruel esclavage,
Sans que leur zèle ne s’en trouve diminué,
Soignant et baptisant ennemis et sauvages,
Ne craignant point d’être frappés et conspués.

Un jour qu’en l’honneur de la Vierge, pieusement,
Il disait son chapelet en une cabane,
René vit un enfant y entrer prestement.
Dans un grand zèle et amour pour cette jeune âme,
Il lui fit un grand signe de croix sur le corps.
C’était trop pour les sauvages voués aux idoles :
Saisissant une hache, ils l’envoient à la mort.
Le saint nom de Jésus aux lèvres, il s’immole.

Le Père Isaac Jogues un jour échappa
A la vigilance de ses sauvages gardiens.
Sur un navire hollandais il s’embarqua
Et s’en alla en France retrouver les siens.
Très édifié par le récit de ses prouesses,
Le pape lui permit de célébrer la messe.

Le Père cependant n’aspirait à rien d’autre
Qu’à connaître en ce monde le sort d’un apôtre.
Il repartit bientôt pour le pays des croix,
Décidé à prêcher l’Evangile et la Foi.

A peine deux ans après son retour, le saint
Fut chargé de négocier avec les sauvages
Une paix mettant fin aux inhumains ravages
Exercés au Nord par ces hordes de païens.
Avec l’oblat Jean de la Lande, il repartit
Prêt à donner sa vie au nom de Jésus Christ.
Les Iroquois, affaiblis par une disette,
Accablèrent le Père Jogues et l’accusèrent :
« Ce chien a par ses sorts provoqué la colère
Des dieux. Il mérite qu’on lui fende la tête ! »

Ils l’emmènent au village d’Ossernenon
Avec Jean de la Lande, son dernier fidèle.
Ces barbares usent en vain couteaux et bâtons.
De ses nombreuses plaies, le sang à flots ruisselle.
Enfin, n’ayant pu lui faire renier la foi, un Mohawk
Fendit sa noble tête par un tomahawk.

Jean de la Lande subit les plus lourds supplices.
Pour la cause de Dieu, il s’offre en sacrifice
Et meurt en vrai héros. Aujourd’hui, ce laïc
Est un modèle pour les jeunes d’Amérique.

Re: J'avance, comme un âne

Message par Anne » mar. 10 oct. 2017, 20:20

Aaaaahhh! Papillon!

Quel joli texte, tout aussi touchant qu'invitant à la réflexion...

Merci de l'avoir partagé (même si je suis un peu "en retard dans les nouvelles"! :coeur:

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Guillaume C. » sam. 23 sept. 2017, 21:59

Saint Gérard Sagredo (fête : le 24 septembre)

Martyr à Pest - 1046



De la sainte Vierge Marie, reine des anges,
Quel chrétien dignement chantera les louanges ?
Dans le peuple de Dieu, les vrais dévots sont rares.
Au Ciel tous la chérissent, et parmi eux Gérard.

Saint Gérard fut comme la Vierge immaculée
Tout rempli de grâces et de vertus immenses.
Il prit l’habit de religion dès son enfance,
Ne voulant devant nul sacrifice reculer.

Par amour pour Jésus, il fit un jour le vœu
D’aller en pèlerin démuni visiter
La terre où le Fils daigna se manifester.
En chemin, une voix lui dit : "Là, je te veux".

Gérard était alors arrivé dans les terres
Du saint roi Etienne, qui régnait en Hongrie.
Le roi fut édifié de la vie si austère
Menée dans un désert par l’ascète amaigri.

Il voulut qu’à son fils Émeric, le saint moine
Enseignât l’Evangile et les vertus idoines.
La maison de Hongrie est bénie d’un tel choix :
En odeur de sainteté meurt le fils du roi .

Le roi éleva au rang d’évêque Gérard
Pour prêcher aux païens non loin de Temesvar.
On vit lors la nation idolâtre jadis
Vénérer la Sainte Vierge, adorer son Fils.

Gérard toujours louait, dans ses prédications,
Les gloires de Marie, qu’il nommait "Notre-Dame".
Il l’aima d’autant plus dans les tribulations
Qu’il eut à subir quand Etienne eut rendu l’âme.

Hélas ! Etienne eut de bien tristes successeurs !
Après Pierre on élut Aba, cruel seigneur.
La Hongrie dévastée par mille mercenaires
Est en proie à des fléaux tels ceux de l'enfer !

Aba vint à Chonad de Gérard requérir
Qu'il posât sur son chef le diadème des rois :
"Il n'est pas grand seigneur, c'est un oiseau de proie,
Dit Gérard, ses forfaits offensent Notre Sire !"

D'indignes prélats l'imposteur couronnèrent
Puis tous vers la maison du saint se dirigèrent
Mille artifices furent par eux employés;
Aucun d'eux néanmoins ne put le faire ployer.

"Aba, méchant seigneur, le sang par vous versé
Crie vengeance vers Dieu et Lui dit "C''est assez !"
Vous serez tôt frappé par une mort soudaine
Si ne vous repentez en cette quarantaine.

Hélas! Combien l'orgueil aveugle l'ambitieux !
Oui, vous serez devant le tribunal de Dieu
Dans trois ans convoqué. Mais quels malheurs encore
Frapperont la Hongrie, et ce jusqu'à ma mort !"

C'est l'Esprit du Seigneur qui l'avait inspiré
En moins de mille jours on vit le peuple armé
Déposer le tyran, et Pierre acclamer,
Et Aba sous la main du bourreau expirer.

Versatile est ce peuple : il veut la liberté,
Mais c'est pour embrasser de honteuses passions !
Il voudrait un roi qui donne la permission
D'adorer les idoles: "Elisons Léventé !"

Léventé avec André et Béla, ses frères
Souscrit au pacte honteux que lui présentèrent
Des gens sans foi ni loi, plus soucieux de plaisir
Et qui ne craignaient pas de Notre Seigneur l'ire.

Occire les chrétiens, abattre leurs églises,
Sacrifier aux démons, n'en faire qu'à sa guise :
Tel était le programme qui leur fut un soir
Présenté par Vatha, idolâtre notoire.

Dans la noble cité d'Albe sont retranchés
Les fidèles du roi, de la loi, de la Foi.
Leur moral est atteint, est tout près de flancher
Seuls Gérard et les siens portent sans peur la croix.

Ils étaient trois évêques qui sans peur suivirent
Gérard quand ce dernier voulut à Dieu s'offrir
Ils s'appelaient Buldi, Benetha et Byskrik
Leur projet: combattre pour un Roi pacifique.

De nuit embarqués en une frèle nacelle
Ils allaient affronter, seuls, la horde cruelle,
Laquelle, à Pest, sous les ordres de Léventé,
Commettait les plus odieuses atrocités.

Gérard voulut à Giod fortifier leur courage
En célébrant avec eux le saint sacrifice :
"Enfants de Jésus-Christ, soyez de digne fils !
Et rendez à Marie le plus grand des hommages !

Nous serons aujourd'hui offerts en libation :
Soyons de vraies victimes de propitiation.
Mes enfants! Des poignards de l'infâme Vatha,
Un seul survivra : et ce sera Benetha."

Il advint tout ce que Gérard avait prédit.
La sainte procession, sous une pluie de pierres
S'avance vers ces impies, récitant des prières :
"Seigneur, pardonnez-leur ! Qu'ils ne soient point maudits !"

Les cailloux qu'on lançait contre le saint prélat
Paraissaient ne lui causer aucune offense.
Enfin Vatha vint le percer d'un coup de lance :
C'est en louant Marie que Gérard expira.

Le duc André, venu avec toute sa troupe,
Mit un terme aux actions de la sinistre horde
Délivra Benetha de la pression du groupe,
Et rétablit dans le pays la Foi et l'ordre.

Pour avoir gardé ferme la Foi durant l'émeute,
Votre nom, Gérard, est l'objet d'un culte ancien.
Votre mérite est grand d'avoir fait de la meute
Des enfants d'Attila un grand peuple chrétien.

Avec l'aide de Dieu, sous votre patronage,
Nous voulons comme vous rendre un digne hommage
A Marie Notre Dame, et pour le christianisme,
Briser net les assauts d'un nouveau paganisme !

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Cinci » sam. 23 sept. 2017, 15:29

Conjugaison

Tu conjugues le Verbe
Au passé antérieur
Je ne suis qu'un sujet
Qui vit à l'imparfait.

Tu habites le présent
Ma vie est un passif
Tu me donnes un futur
J'y met des conditions.

Mon passé est fort simple
Je n'avais pas le temps
De te donner du temps
Ô toi, Plus-que-parfait.

Je trouvais mille excuses
Mille compositions
Et mon pronominal
Était impératif.

Qu'a-t-il pu se passer
Pour qu'un jour, tout-à-coup
Mon présent s'enrichisse
D'un passé composé?

Qu'est-il donc advenu
Que l'être de ton participe
Soit soudain devenu
Tout mon impératif?

Tu oublies mon passé
Et, plein de miséricorde
Tu m'offre un radical
Qui fait que l'on s'accorde.

De tous mes singuliers
Tu fais des pluriels
Et mes terminaisons
Ne sont plus personnelles.

Mon état a changé
Il s'est fait un actif
Pour annoncer ton mode
Qui nous fait la promesse

De ton infini ...tif.


- Marie Septembre, 15 septembre 2003

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message par Cinci » ven. 22 sept. 2017, 14:42

Question d'enfant


- Qu'est-ce que tu fais?
- Je prie
-Ça veut dire quoi prier?
- Pour moi prier c'est lui ouvrir mon coeur
- Pourquoi tu pries?
- Pour lui dire merci
- Merci pourquoi?
- Parce qu'Il m'aime
- Et toi, l'aimes-tu?
- Un peu, j,espère, mais pas assez.
- Alors, pourquoi tu pries?
- Pour lui demander ...
- ... lui demander quoi?
- Qu'Il m'apprenne à l'aimer.

tiré de :
Marie Septembre, Quand Dieu fait l'amour à mon âme. Méditation poétique, 2004, p.77

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