États-Unis : Une arme à feu, un objet comme les autres ?

Répondre


Cette question est un moyen de lutter contre les publications automatisées indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Accéder à davantage d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [flash] est désactivée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : États-Unis : Une arme à feu, un objet comme les autres ?

Pas question d'aller dans une maison de repos

Message par etienne lorant » jeu. 05 juil. 2018, 14:16

La mort d'autrui :Un remède aux frustrations

Message par etienne lorant » ven. 29 juin 2018, 9:36

Des hommes blancs en majorité, souffrant de stress, s’estimant victimes d’injustice et qui s’en prennent à des cibles identifiées dans un environnement familier : voici le portrait-robot des auteurs de fusillades établi par la police fédérale américaine.

Dans un rapport rendu public ce mercredi, le FBI estime qu’il existe des signes avant-coureurs qui peuvent permettre d’identifier et de stopper un futur meurtrier. Cette étude porte sur 63 fusillades ayant fait au moins une victime entre 2000 et 2013 et pour lesquels les enquêteurs de l’unité comportementale ont pu Des hommes blancs en majorité, souffrant de stress, s’estimant victimes d’injustice et qui s’en prennent à des cibles identifiées dans un environnement familier : voici le portrait-robot des auteurs de fusillades établi par la police fédérale américaine.

Dans un rapport rendu public ce mercredi, le FBI estime qu’il existe des signes avant-coureurs qui peuvent permettre d’identifier et de stopper un futur meurtrier. Cette étude porte sur 63 fusillades ayant fait au moins une victime entre 2000 et 2013 et pour lesquels les enquêteurs de l’unité comportementale ont pu déterminer « le comportement des tireurs » avant l’attaque.déterminer « le comportement des tireurs » avant l’attaque.

Pan ! T'es mort !

Message par etienne lorant » ven. 29 juin 2018, 9:16

Une fusillade a éclaté jeudi dans la salle de rédaction d’un journal à Annapolis, la capitale de l’Etat du Maryland, à une heure à l’est de Washington, faisant cinq morts, ont déclaré les autorités dans la soirées. Cette fusillade dans les locaux du Capital Gazette a également fait «plusieurs blessés graves», selon le chef de la police du Comté.

Les enquêteurs ont identifié le suspect, Jarrod Ramos, un homme blanc d'une trentaine d'années qui a utilisé un fusil pendant l'attaque. Ramos aurait par le passé proféré des menaces à l'encontre du journal. En 2012, selon le New York Times, il avait ainsi porté plainte contre le Capital Gazette après un article revenant sur une affaire de harcèlement sur une de ses anciennes camarades de lycée. Jeudi soir, il était en garde-à-vue et interrogé par la police. Les forces de l’ordre l'ont trouvé caché sous une table, a expliqué un responsable du Comté. Selon un porte-parole de la police, il n'y a pas eu d'échanges de tirs. Plus de 170 personnes étaient présentes dans le bâtiment, qui abrite le journal mais également plusieurs entreprises, au moment de la fusillade.

«Terrifiant»
Journaliste couvrant les affaires criminelles pour le Capital Gazette, Phil Davis était dans la rédaction lors de l'attaque. «Il n'y a rien de plus terrifiant qu'entendre plusieurs personnes se faire tirer dessus quand on est sous son bureau, et qu'on entend ensuite le tireur recharger son arme», a-t-il écrit sur Twitter, quelques minutes à peine après l'attaque.

Source : Libération

Pas de morts lors de la fusillade

Message par etienne lorant » mar. 20 mars 2018, 16:59

Des coups de feu ont été tirés dans un lycée du Maryland. Deux personnes, ainsi que le tireur, ont été blessées, et le lycée a été évacué.


http://www.europe1.fr/international/mar ... on-3604544

Arguments de la NRA

Message par etienne lorant » mer. 14 mars 2018, 14:04

Le Lobby des armes règne toujours...







http://www.lemonde.fr/donald-trump/vide ... 53715.html

Fusillade à l'école

Message par etienne lorant » jeu. 15 févr. 2018, 20:32

Cela n'arrive qu'ici": les Etats-Unis étaient une nouvelle fois confrontés jeudi à leur spécificité d'être le seul pays développé où se succèdent les tueries par arme à feu dans les écoles, un problème aigu qui génère pourtant un débat stérile.

Après les 17 personnes abattues mercredi dans un lycée de Floride, allait-on assister à l'adoption de mesures nationales radicales pour prévenir la réédition d'une telle tragédie ? Très vraisemblablement pas, tant sont profondément plantées les conditions du statu quo.

Et déjà le cycle immuable, difficilement compréhensible à l'étranger, s'est remis à tourner: d'abord les réactions horrifiées, puis l'unité dans la peine, ensuite l'indignation et les divisions politiques, et enfin... l'inaction.

Si ce débat tourne à vide, c'est que les acteurs ne changent pas et qu'ils restent solidement campés sur leurs positions.

On trouve d'un côté ceux qui s'opposent à toute limitation des armes, au nom du sacro-saint deuxième amendement de la Constitution.

Leur argumentaire a deux idées force: aucune loi ne pourra empêcher déséquilibrés et criminels de se procurer une arme, ni d'ouvrir le feu dans une école; face à ces dangers, les citoyens ont justement besoin d'être armés.

En face, les associations luttant contre la libre prolifération des armes ont perdu l'espoir d'une adoption rapide par un Congrès à majorité républicaine d'une loi nationale ambitieuse.

- Pays de révolutionnaires armés -

Elles ont déplacé leur combat sur le terrain local où elles tentent de convaincre les élus de rendre obligatoires les contrôles d'antécédents judiciaires et psychiatriques avant toute vente d'arme.

Un objectif a minima qui se révèle souvent un col infranchissable, dans un pays qui a placé le fusil au coeur de sa mythologie, celle d'une nation née dans le sang de sa révolution et qui est restée fière de ses héros du Far West.

Les termes mêmes du débat sont faussés: les élus financés par la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby des armes qui a soutenu Donald Trump dans sa campagne présidentielle, refusent par idéologie d'admettre qu'une arme à feu est par définition un objet létal, et qu'en favoriser l'accès est risqué.


Ainsi M. Trump a présenté dans son premier tweet jeudi le drame en Floride comme l'acte d'un déséquilibré mental, sans s'interroger sur le fait que le tireur ait pu s'équiper d'un fusil d'assaut. Ceci à 19 ans, un âge où beaucoup d'Américains ont l'interdiction d'acheter une bière ou des cigarettes.

Plus tard, dans une allocution à la Maison Blanche, le président n'a fait aucune allusion aux armes à feu, mettant l'accent sur la lutte contre les maladies psychiques.

Pourtant le lien direct entre la dissémination des armes et la fréquence des fusillades est démontré par la quasi-totalité des statistiques.

Les Américains --moins de 5% de la population mondiale-- possèdent presque la moitié des armes individuelles aux mains de civils sur la planète. Le taux d'homicides par balle est 25 fois plus élevé que dans le reste des pays développés.

Le risque de mourir par balle est 300 fois plus élevé pour un Américain que pour un Japonais.

- Prier... ou agir ? -

"Si davantage d'armes et moins de législation sur les armes renforçait notre sécurité, l'Amérique serait le pays le plus sûr du monde. A l'inverse, nous avons le plus fort taux de violence armée de toutes les nations développées", martèle Shannon Watts, fondatrice de "Moms Demand Action For Gun Sense In America".

Comme à chaque lendemain de fusillade, les élus favorablement notés par la NRA repoussaient jeudi cette question gênante, au nom de la dignité qu'il faut selon eux respecter à l'égard des victimes.

"Ce n'est pas le moment pour cette discussion", a ainsi tranché le gouverneur républicain de la Floride, Rick Scott. Lui et le sénateur républicain Marco Rubio ont sans surprise appelé la population à "prier", suscitant l'exaspération d'Américains dépités par l'immobilisme.

"Ne me dites pas (qu'aujourd'hui) n'est pas le bon moment pour débattre des violences par armes à feu. Si vous êtes un responsable politique et que vous ne faites rien au sujet de ce massacre, alors vous êtes complice", a lancé Chris Murphy, sénateur démocrate du Connecticut.

Même les interventions de personnalités largement suivies sur les réseaux sociaux étaient probablement vouées à demeurer lettres mortes.

"Nous devons à nos enfants et à nos enseignants la sécurité à l'école. Les prières n'y arriveront pas. L'action le permettra. Que le Congrès veuille bien faire son travail", a tweeté Kim Kardashian.

"Les prières sans actes sont des mensonges qu'on se fait à soi-même, entendues par aucun Dieu et qui ne débouchent sur rien", a de son côté réagi l'acteur Mark Ruffalo.

Publié le jeudi 15 février 2018 à 18h37 à Washington (AFP)

Plus de nouvelles à l'instant...

Message par etienne lorant » lun. 02 oct. 2017, 16:38

Un homme a ouvert le feu sur une foule venue assister à un concert en plein air, dimanche 1er octobre au soir (lundi matin en France) à Las Vegas, dans l’ouest des Etats-Unis, faisant au moins 50 morts et des centaines de blessés.

Les circonstances de cette fusillade restent floues et les motivations du tireur sont encore inconnues, mais le bilan en fait d’ores et déjà la fusillade la plus meurtrière de l’histoire des Etats-Unis.

Que s’est-il passé


Plus de 22 000 personnes assistaient dimanche soir au festival de musique country Route 91 Harvest, en plein air. A la fin du concert, en plein milieu d’une chanson de Jason Aldean, un homme a soudain commencé à tirer des coups de feu depuis une chambre située au 32e étage de l’hôtel-casino Mandalay Bay, situé sur Las Vegas Boulevard, près de la manifestation culturelle.
La police s’est ensuite déployée en nombre pour arrêter le suspect après que des témoins avaient fait état de coups de feu tirés de l’hôtel. Las Vegas Boulevard, l’une des plus grandes artères de la ville, a été fermé par la police pendant plusieurs heures.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article ... pqxpY6W.99

Record à Las Vegas

Message par etienne lorant » lun. 02 oct. 2017, 16:28

[...] cette info est relayée par "Le Monde" qui me semble faisant partie d'un journal que ne court pas vers le sensationnel...

Un homme a ouvert le feu sur une foule venue écouter un concert en plein air à Las Vegas, dimanche 1er octobre au soir ;

Le tireur, posté au 32e étage de l'hôtel-casino Mandalay Bay, juste à côté du lieu du concert, s'est tué avant l'arrivée de la police, a précisé le shérif du comté. Selon les autorités, il aurait agi seul ;

Le bilan s'élève désormais à plus de 50 morts et au moins 400 blessés.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/live/20 ... JodSagt.99

Pauvre ? En prison !

Message par etienne lorant » jeu. 14 sept. 2017, 11:29

450.000 citoyens américains sous les verrous


Aux États-Unis, le système de caution gardent derrière les barreaux en détention préventive 450.000 citoyens alors qu’ils n’ont pas été reconnus coupables par un tribunal. Il n’y a aucun endroit au monde où autant de personnes présumées innocentes se retrouvent sous les verrous, explique l’avocat américain Alec Karakatsanis, fondateur du Civil Rights Corps, militant pour l’abolition du système de caution.
Il s’agit d’un système particulièrement injuste pour les populations les plus démunies qui ne disposent généralement pas des fonds nécessaires pour payer la caution lors de leur arrestation.



Cette procédure légale découle de la jurisprudence britannique du 18ème siècle qui permet à tous les citoyens (exceptés les criminels importants) d’être relâchés pendant l’enquête jusqu’au jour de procès. Toutefois, aux États-Unis, le système de caution censé soutenir le droit à la liberté des prévenus fonctionne dans le sens inverse et est devenu un obstacle à la libération, précise l’avocat.

Via de système, près d’une quart de la population carcérale serait composé de personnes qui ne sont pas en mesure d’acheter leur liberté.

Lobby
Dans les années soixante et quatre-vingt, plusieurs réformes ont été introduites afin de modifier le système de caution, mais, après quelques années de baisse, on a constaté une forte hausse de cette pratique au cours des deux dernières décennies.

Même pour des infractions mineures, une caution de plusieurs milliers de dollars peut être exigée, eplique Megan Stevenson, chercheuse au centre Quattrone, de l’université de droit de Pennsylvanie, qui a codirigé une étude sur le sujet l’année dernière.

« Les population pauvres qui ne peuvent pas payer sont arrêtées et les personnes les plus riches sont relâchées, voilà le problème », explique Alec Karakatsanis. Une personne incapable de régler 500 dollars de caution pourra rester en prison des jours ou des mois en attente de son procès, ce qui aura bien entendu des conséquences sur son emploi, sur la garde de ses enfants ou encore sur son logement, précise Stevenson

Dans certaines régions, des efforts ont été faits pour ajuster le système. Par exemple, en Illinois, dans le New Jersey et au Nouveau-Mexique, aucune caution n’est exigée aux personnes défavorisées pour des délits mineurs si elles ne sont pas considérées comme une menace pour la société.

Par ailleurs, les détracteurs estiment que la privation de liberté dans l’attente d’un jugement constitue une mesure violente et oppressive qui compique la situation économique et psychologique de l’accusé et représente un obstacle quant à ses moyens de défense.

Par ailleurs, la liberté sous caution affecterait souvent les droits fondamentaux de la Constitution américain


Article complet :

https://fr.express.live/2017/09/08/450- ... s-pauvres/

la société américaine

Message par etienne lorant » dim. 20 août 2017, 14:32

Nous, Américains, sommes des tueurs incroyablement bons ,

Oak Creek, Aurora, Tucson : hasard du calendrie: hasard du calendrier, ces trois fusillades meurtrières ont fait l’actualité aux Etats-Unis. A chaque fois, le même débat revient sur la question du droit à porter des armes, alors que le deuxième amendement de la Constitution autorise officiellement « le peuple à détenir et à porter des armes ». Pour la première fois, Barack Obama a appelé à un « examen de conscience » sur les moyens de réduire la violence. Une peine perdue pour le cinéaste américain, Michael Moore, qui réagit aux tueries dans une tribune publiée sur le site Alternet et traduite par Courrier international.

Le réalisateur de Bowling for Columbine, un documentaire réquisitoire contre les lobbys proarmes, s’interroge sur la récurrence de ces fusillades aux Etats-Unis. « Depuis que Caïn a pété les plombs et zigouillé Abel, il y a toujours eu des humains qui, pour une raison ou une autre, perdent temporairement ou définitivement la boule et commettent d’indicibles actes de violences », note Michaël Moore. « Mais il existe une différence entre le reste du monde et les Etats-Unis : chez nous, il y a deux Aurora par jour, 365 jours sur 365 », soit 24 Américains tués chaque jour. Un chiffre qui fait des Etats-Unis les « responsables de plus de 80 % des morts par arme à feu survenues dans les 23 pays les plus riches du monde ».

Fort de ce constat, le réalisateur passe en revue les différents arguments avancés pour justifier un tel « rythme » de tirs mortels. En premier lieu, « ils diront que c’est la faute des films et des jeux vidéo violents ». Mais Michael Moore souligne que les Japonais sont également de grands adeptes de jeux vidéo du genre, et que moins de vingt personnes y sont tuées chaque année avec une arme à feu. « D’autres avanceront que toutes ces tueries tiennent au nombre de foyers brisés », relève l’Américain, avant de comparer avec le Royaume-Uni, qui affiche un nombre quasi équivalent de foyers monoparentaux. Résultat : « Moins de 40 meurtres par arme » en Grande-Bretagne.

Est-ce dans ce cas la « culture de l’homme armé » qu’il faut incriminer ? Le réalisateur avoue avancer cet argument, mais réfléchit au fait qu’un pays comme l’Allemagne, au passé de « grands amateurs de bons petits massacres », n’a pas le même problème. Et le nombre d’armes en circulation n’explique pas forcément mieux le phénomène, puisqu’« au Canada aussi les armes sont légion et pourtant le pays ne compte chaque année que quelque 200 morts par arme à feu. »

A la fin de sa tribune, Michael Moore avance sa justification des massacres récurrents qui endeuillent les Etats-Unis : « Tuer est notre façon de résoudre les problèmes qui nous font peur. » Un mécanisme qu’il compare également à la politique extérieure mise en place ces dernières décennies par les gouvernements successifs « accros à l’invasion ». « Nous, Américains, sommes des tueurs incroyablement bons », constate amer le réalisateur qui avait reçu la Palme d’or en 2004.

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/ ... ment-bons/

Fusillade à Washington

Message par etienne lorant » lun. 14 août 2017, 10:58

Fusillade près de Washington: des blessés, dont un élu
Publié le mercredi 14 juin 2017 à 14h19 à Washington (AFP)


Une fusillade sur un terrain de sport fréquenté par des élus du Congrès a fait plusieurs victimes, dont un chef de file du parti républicain à la chambre des représentants, selon la police et les médias.

La police d'Alexandria, à quelques kilomètres de la capitale en Virginie, a indiqué que "le tireur a probablement été arrêté". "Les victimes sont transportées dans des hôpitaux", précise-t-elle. Steve Scalise, l'un des chefs de file du parti républicain à la chambre, a été blessé, a raconté sur CNN, l'un de ses collègue qui lui a porté les premiers secours.

Troubles d'été à Charlottesville

Message par etienne lorant » lun. 14 août 2017, 9:37

Des violences entre des partisans de l’extrême droite américaine et des contre-manifestants ont fait un mort et une vingtaine de blessés, samedi 12 août à Charlottesville dans l’Etat de Virginie.

La réaction du président Donald Trump, qui a renvoyé les deux camps dos à dos, suscite une controverse.
Lire notre reportage : Après le drame de Charlottesville, les voix s’élèvent contre « un attentat terroriste »

Des groupes radicaux, suprématistes et nazis s’étaient rassemblés à Chalottesville en Virginie, samedi 12 août, pour protester contre le projet de retrait d’une statue du général confédéré Robert Lee, considéré comme un défenseur de l’esclavagisme.

Des échauffourées avaient déjà eu lieu vendredi soir sur le campus de l’Université de Virginie, poussant le gouverneur démocrate de l’Etat, Terry McAuliffe, à déclarer un état d’urgence, une mesure permettant de mobiliser davantage de moyens policiers.
Mais le rassemblement d’extrême droite a aussi attiré un grand nombre de contre-manifestants antiracistes. De violents heurts ont alors éclaté, donnant lieu à des rixes, des jets de projectiles, des échanges de coups de bâton. Face à ces premiers incidents, la police en tenue anti-émeute a décidé d’interdire la manifestation prévue et a procédé à l’évacuation du parc public où elle se tenait.

C’est en fin de journée qu’un véhicule a foncé dans un groupe de militants antiracistes présents au rassemblement. Dans une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux, on voit la voiture de couleur sombre percuter violemment un autre véhicule, puis repartir vivement en marche arrière, au milieu des manifestants. « J’ai le cœur brisé qu’une vie ait été perdue ici », a déclaré le maire démocrate Mike Signer sur Twitter.

Le conducteur, originaire de l’Ohio, a été inculpé de meurtre, de blessures et de délit de fuite, selon la chaîne de télévision CNN.
Trois autres hommes ont été arrêtés et le FBI a ouvert une enquête.

Dans la soirée, le conseil municipal a voté l’instauration d’un couvre-feu. Des craintes de débordements plus graves étaient avivées par la présence d’armes portées ouvertement par les manifestants, ainsi que le permet la loi dans cet Etat. Des membres de milices d’extrême droite s’étaient aussi positionnés en tenue paramilitaire, fusil semi-automatique en bandoulière, non loin des forces de l’ordre très sollicitées.

Quel est le bilan des victimes ?

Un membre d’une milice suprémaciste a reçu un œuf sur son treillis militaire, à Charlottesville, samedi 12 août.
La victime renversée par la voiture est une femme de 32 ans. Une vingtaine de personnes ont également été blessées par cette voiture qui a foncé, volontairement selon des témoins, dans la foule de manifestants antiracistes.

Par ailleurs, quelques heures plus tard, deux policiers sont morts dans l’accident de leur hélicoptère aux abords de la ville, sans qu’un lien ne soit établi entre cet accident et les violences. La police a rapporté que ce crash était lié aux manifestations, sans plus de précisions. L’agence nationale de sécurité aérienne va lancer une enquête.

Qui est la personne inculpée de meurtre ?
James Fields, 20 ans, est soupçonné par les enquêteurs d’avoir précipité sa voiture dans la foule. Il a été inculpé pour meurtre, blessures et délit de fuite. La police n’a pour le moment pas fourni d’explication à cet acte.

Le Dailynews souligne qu’avant l’attaque M. Fields a été photographié au milieu des membres de Vanguard America, groupe nationaliste qui a participé à l’organisation de ce rassemblement. Mais sur son compte Twitter, l’organisation assure que M. Filds « n’est pas un membre ».

L’Associated Press a contacté la mère du suspect qui se dit surprise d’apprendre que son fils était proche d’un mouvement d’extrême droite parce que, dit-elle, « il a eu un ami africain américain. » Elle affirme également ne pas connaître les raisons de cette manifestation où était présent son fils : « Je pensais que ça avait un rapport avec Trump, Trump n’est pas suprémaciste. »

Les groupes de la droite radicale et identitaire américaine présents, dont le Ku Klux Klan et des néonazis avec des drapeaux confédérés, entendaient dénoncer de façon unitaire le projet de la ville de déboulonner dans un jardin municipal la statue d’un général sudiste favorable à l’esclavagisme.

Cette guerre américaine des statues confédérées avait déjà fait polémique quelques mois plus tôt à la Nouvelle-Orléans, où quatre statues ont été déboulonnées

Le gouverneur de Virginie avait appelé, dès vendredi, les habitants à éviter de se rendre à ce rassemblement, baptisé « Unite the Right », pour lequel un détachement de la Garde nationale de l’Etat avait été mis en alerte. « De nombreuses personnes attendues à Charlottesville veulent exprimer des idées considérées par beaucoup de gens, y compris moi-même, comme abjectes. Tant qu’ils le font pacifiquement, c’est leur droit », avait-il souligné.

Le 8 juillet, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan s’étaient déjà rassemblées dans cette ville paisible et pittoresque, très largement surpassée en nombre par les manifestants antiracistes. Mais les images de ces extrémistes en robe traditionnelle avaient été diffusées dans le monde entier.Cette fois-ci, la droite nationaliste espérait attirer nettement plus de partisans, grâce à la présence de différents responsables de la mouvance Alt-Right, qui avait soutenu Donald Trump pendant sa campagne. Les experts doutent toutefois d’un véritable rapprochement entre ces différents groupes très disparates

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/ameriques/article ... EGo6zGZ.99

La société américaine

Message par etienne lorant » jeu. 10 août 2017, 16:04

Erricka Bridgeford désigne le carrefour à Baltimore où son cousin a été tué par balle en 2015. Le week-end dernier, cette femme a impulsé dans la ville américaine, rongée par les gangs, un "cessez-le-feu" de... 41 heures.

e mot d'ordre, sur des affiches placardées dans la cité portuaire à l'est des Etats-Unis, était simple: "Nobody kill anybody for 72 hours" (Personne ne tue qui que ce soit durant 72 heures). Soit de vendredi à dimanche.

Mais, dès samedi, un homme de 24 ans a été mortellement touché par un tir, suivi d'un autre quelques heures plus tard. Deux meurtres qui n'effacent pas le "succès" remporté, assurent les organisateurs.

"41 heures de paix dans une ville qui perd des gens toutes les 19 heures, c'est énorme!", se réjouit Mme Bridgeford, qui a grandi dans ces rues devenues les plus dangereuses du pays.

Certains mois, le nombre d'homicides à Baltimore dépasse celui des jours: les victimes sont surtout des Noirs, tués par d'autres Noirs.


Résultat, un jeune Noir à Baltimore risque autant de perdre la vie qu'un soldat américain en Irak en pleine insurrection sunnite. La ville pourrait compter plus de 400 homicides fin 2017, un record national si on le rapporte aux 600.000 habitants.

A l'âge de 12 ans, Erricka Bridgeford a vu se vider de son sang un jeune garçon de son quartier, touché par un tir. Puis, au lycée, elle a perdu "au moins deux ou trois amis".

Deux de ses trois frères ont reçu des balles. Le premier a miraculeusement survécu en 2001, l'autre est décédé en 2007. Les armes à feu ont également pris la vie de deux de ses cousins et de son beau-fils.

- Obsèques en série -

"Je me rends à environ trois ou quatre enterrements par an", relate la femme noire de 44 ans.


Elle est persuadée que le week-end de cessez-le-feu, qu'elle a préparé depuis des mois, a permis de sauver au moins deux vies.

Mais, plus important, la ville est selon elle gagnée par une prise de conscience. "Nous avons créé une sorte de nouvelle énergie", dit-elle.

De l'énergie, il en faudra pour éradiquer les racines de la violence: l'extrême pauvreté, les dépendances aux drogues et aux médicaments opiacés, la dissémination des armes à feu, la rivalité entre les gangs, l'enchaînement des représailles.


Dans certain quartiers à la dérive à l'est de Baltimore, les maisons murées s'achètent pour 7.000 dollars, quand ceux qui travaillent amassent péniblement 15.000 dollars par an, détaille Gardnel Carter, directeur d'une antenne locale de Safe Streets, un programme de lutte contre la violence.

Les jeunes en quête d'évasion, explique-t-il, ne voient comme débouchés que les appareils électroniques et les drogues.

L'héroïne a laissé place aux médicaments antalgiques de synthèse, normalement vendus sur ordonnance.

"Il y a des gens de plus en plus jeunes qui y sont accros. Ils errent comme des zombies, en plus de leurs problèmes mentaux déjà existants", décrit M. Carter, qui a été emprisonné vingt ans pour meurtre.

- Défiance envers la police -


Barbe fournie et lunettes noires sur les yeux, Jamal, 28 ans, est assis dés?uvré dans une rue où les quelques commerces sont majoritairement gérés par des hispaniques ou des asiatiques.

Le trafic de drogue est omniprésent, avertit-il.

"Je vois la bosse formée par l'arme (sous les vêtements) de cet homme, mais je ne vais pas appeler la police car cela mettrait ma vie en danger", confie-t-il. "C'est comme ça que j'ai survécu si longtemps".


La confiance entre la police et les habitants des quartiers paupérisés de Baltimore a été durablement entamée par l'affaire Freddie Gray. Le 12 avril 2015, ce Noir de 25 ans avait subi une blessure mortelle aux cervicales lors de son transport dans un fourgon policier. La ville avait été agitée par des émeutes.

Plus récemment, des policiers ont été accusés d'avoir confectionné des fausses preuves en déposant des drogues chez un suspect.

Une polémique alors que la police réfléchit à des stratégies inédites pour endiguer les homicides. Une piste serait de punir d'un an de prison toute détention illégale d'arme à feu.

Baltimore veut aussi s'équiper d'un réseau de capteurs acoustiques qui localiserait en temps réel les coups de feu.

- Mieux protégé... en prison -

De façon paradoxale, les autorités se demandent si une façon d'éviter la mort brutale de futures victimes serait de maintenir ces dernières... derrière les barreaux.


"Il faut parfois protéger les gens contre eux-mêmes. Au moment de leur décès dans la rue, de nombreuses personnes auraient pu être en prison si elles avaient reçu une peine plus sévère", explique à l'AFP T.J. Smith, le porte-parole de la police de Baltimore.

Plus de 85% des victimes avaient un casier judiciaire, ajoute-t-il.

Pour lui, le cessez-le-feu n'a "absolument pas été un échec", en raison du coup de projecteur positif suscité par l'initiative.

M. Smith est devenu le visage qui annonce chaque nouvelle fusillade, ses victimes et ses auteurs quand ils sont interpellés. Il n'oubliera jamais le 173e mort de l'année 2017: son propre frère, tué par balle.

"Etre du côté de la victime, bien sûr que c'est différent", confesse-t-il. "C'est autrement douloureux que de parler au pupitre d'un étranger".


Publié le jeudi 10 août 2017 à 15h10 à Baltimore (Etats-Unis) (AFP)

Haut