Nudité, pureté et péché

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Re: Nudité, pureté et péché

par cmoi » jeu. 02 juil. 2020, 17:49

Bonjour PaxetBonum,

Je comprends d’autant mieux votre position qu’elle fut longtemps la mienne et celle de la majorité des catholiques, d’ailleurs. Toutefois, je n’ai jamais cru que les naturistes « croyaient rétablir etc.. » pour la bonne raison que c’était leur prêter une référence catho que je ne pensais pas être la leur (j’étais parfois à la limite du dénigrement) et sinon, cela me semblait être juste une façon de répondre à nos accusations qui tournait court en utilisant nos concepts. Je le pense toujours maintenant que je les connais, et j’ai rarement entendu cet argument nommé parmi eux.

Si la nudité peut-être source de tentation (donc de péché) suite au péché originel, vous conviendrez que le corps en lui-même et sa nudité n’y sont pour rien : le responsable est le regard, ou plus exactement l’âme de celui qui regarde.

C’est le même débat qu’a mené Jésus à propos de ce qui souille le corps (il était question d’hygiène, d’aliment et de coeur), et qui ne vient pas de l’extérieur mais de l’intérieur, il suffit de transposer. Or pour que ce regard (le cœur) pèche, il suffit d’un sourire, d’un visage, d’une chute de rein, d’une chevelure, d’un galbe de sein ou de fesse ou de…, bref la nudité n’y est pas nécessaire et n’y ajoute rien.

Si l’on compare la nudité intégrale (je ne parle pas de celle sophistiquée et mise en scène par la pub ou des films) à celle que notre société a banalisée par les maillots de bain, permettez-moi de penser que l’effet est plutôt le contraire : la vue d’un sexe n’a rien de très excitante en soi, ce serait là encore plutôt le contraire (les naturistes ne sont pas en érection). Une poitrine féminine est bien plus excitante quand il y a un bas monokini, voire un haut, que quand la femme est nue et qu’elle ne saute plus aux yeux mais se moule et se fond dans l’harmonie générale du corps. Idem pour des fesses « habillées » (souvent moulées ou mises en valeur). Faites le test avec votre femme, si vous êtes marié… Le fait de voir l’ensemble relativise les qualités des parties qui provoquent le désir coupable, et favorise la simple contemplation du vrai, voire du beau telle que l’a exprimée Mulher et rappelé par Grégory.

Saint Augustin, de par son passé de luxure, a jouis d’une certaine autorité en la matière qui appartient à ces théologiens ayant suscité cette vision de honte liée aux parties sexuelles. Or que dit-il lui-même quand il cherche à l’expliquer ? Je le cite :
« Il est écrit en effet : « ils étaient nus et n’en rougissaient pas » (gen, 2, 25), non que leur nudité leur fut inconnue, mais elle n’était pas encore honteuse. Le temps n’était pas encore venu où la passion mettrait en mouvement ces membres en dehors de la volonté, où la désobéissance de l’homme aurait à entendre le reproche que la chair exprime silencieusement par sa désobéissance. »
Il est donc clair, sauf pour ceux qui voulaient déjà critiquer et ne trouvaient pas de prétexte, que ces mots se situent en quelque sorte au-dessus du lot qu’ils accablent, lui prêtant une symbolique supérieure qu’ils désignent comme devenue inaccessible et dont ils gardent une coupable nostalgie.

On en a fait le rêve des naturistes… Mais ils supposent une théorie et y référent. Or, trêve de mélancolie, quand il s’agit de vivre ici et maintenant, ils n’ont plus d’autre sens que celui d’une exhortation à se souvenir pour ne plus recommencer (le péché) vu ses conséquences désastreuses.

Sauf que leur signification et ce point de vue dégrade l’œuvre de Dieu, Lui adresse un reproche (l’état naturel serait une tentation pour autrui ?) alors que leur intention est manifestement et seulement de nous inviter à ne plus permettre de telles ou une telle rétrogradation (c’est un jeu dangereux que de jouer sur cette corde là… ! Car c’est nier ou douter de la capacité restauratrice de Dieu… Bouder presque son pardon et sa providence.)

Par ailleurs, ce « reproche que la chair exprime silencieusement par sa désobéissance » ne concerne pas la chair en tant que telle, mais le désir mauvais, donc l’âme. La confusion entre ce que désigne le mot « chair » dans la bible a été la cause de bien des erreurs et malentendus.
L’ascèse châtiait le corps, l’affaiblissait, or en le rendant moins fort on ne le rendait pas plus fort face aux tentations, ce n’est pas vrai et c’est même le contraire !

Quant à l’effet rédempteur (par association) de la souffrance, il y en a une à renforcer le corps (et qui lutte aussi contre la paresse et développe bien des qualités pas que physiques) et qui présente un vrai but (car aucune de ces ascèses n’a osé aller jusqu’à l’amputation préconisée par les évangiles, qu’elles considéraient comme offensante (pour eux ou pour Dieu) !

Le corps au contraire, naturellement, « résiste » au mal. Tout excès affaiblit le plaisir et peut provoquer des maladies. Le corps nous le fait bien sentir quand nous mangeons trop, buvons trop, nous soûlons de trop de musiques ou de parfums, un massage qui dépasse une heure/une heure trente ne suscite plus rien : nos sens sont saturés et ne « captent » plus… Nos sentiments négatifs affectent nos organes (la médecine chinoise ou ayurvédique ou tant d’autres holistiques le savent et qui ont fait preuve de leur efficacité.)
Quand plutôt que trop, il s‘agit de « moins », même constat : car notre intelligence même se développe par le biais des stimulations sensorielles.

Il convient de le respecter, le nôtre autant que celui des autres, et de les voir ces corps avec le regard adéquat y participe et y contribue.
Et cela donne tant de bonheur que changer cela pour adopter un regard concupiscent représente une perte, et non quelque chose d’aussi désirable.
Le regard pervers finit par disparaître (se baisser) quand ce qu’il regarde soutient son regard au lieu de l’esquiver, ne l’évite pas mais le sature, et qu’un autre regard l’observe et le toise en profondeur. Il est comme obligé de se confesser ou doit se masquer au point d’en perdre la raison qui le poussait à exister puisque tout est offert (principe évangélique : donner plus que ce qui nous est demandé…même à un voleur, donc si péché : la responsabilité ne se joue donc pas dans ce sens !).

Notre peau est plus forte que nous ou que notre regard (lequel peut se concentrer sur le mal perçu en l’autre qui ne peut plus se cacher et le foudroyer) pour résister aux agressions concupiscentes qui ne passent pas à l’acte mais relèvent de la menace.

Je ne cherche pas ici à vous convaincre, juste à vous expliquer. J’ai donné les raisons pour lesquelles j’ai franchi le pas, mais je n’ai pas encore parlé de celles que j’y ai trouvé « à postériori ». Ayant été victime d’incestes et de multiples viols dans mon jeune âge, le naturisme a réellement eut un effet guérisseur sur ma psyché. Je me le suis très bien expliqué. Certes, ce n’est pas une raison pour le généraliser forcément, mais précisément, les naturistes souhaitent rester en « petit comité » (ils m‘en voudraient de trop plaider leur cause !) et que leur pratique ne soit pas banalisée, où se rencontrerait la mixité partout.

Il s’agit donc bien d’une pratique qui se veut remplir un rôle social (un SAS de sécurité ou de décompression) à l’égard d’une société où s’accumulent de nombreuses perversités, non ou mal dénoncées, mal reconnues et mal soignées, contre lesquelles on ne sait pas se préserver.
Pour une autre raison mais qui en répond, s’il s’y rencontre aussi beaucoup de professions médicales ou paramédicales : je pense que ce n’est pas pour rien : elles voient souvent des corps mal portants ou morcelés, en risque de perdre leur dignité.

Je ne prétends pas enfin que ce soit la meilleure voie pour ne pas pécher, mais cela en est une, et de même que chacun selon sa sensibilité est appelé à vivre des choses particulières et d’une certaine façon. Toujours le même refrain : il y a ainsi plusieurs maisons dans la maison du père…

Re: Nudité, pureté et péché

par PaxetBonum » jeu. 02 juil. 2020, 9:19

cmoi a écrit :
mer. 01 juil. 2020, 6:10
La confusion commence avec le livre de la genèse et le fait qu’après le péché originel, la conscience du péché s’accompagna du sentiment nouveau d’être nu. Mais le péché lui-même était de désobéissance et sans rapport avec la nudité. Sauf qu’il y a un lien très fort mais subtil entre le corps et l’âme et avec Dieu et que le péché a rompu, si bien que beaucoup s’imaginent que la pudeur est une forme de refus du péché, ou de repentir, ce qui est une erreur plutôt grossière. Elle peut au contraire manifester un manque d’humilité et d’acceptation de soi-même, une volonté de fourberie, de dissimulation et de mensonge, etc.

Bonjour Cmoi,

Je pense que la Genèse n'apporte aucune confusion mais bien un éclaircissement.
Si la nudité d'Adam et Eve n'avait rien de peccamineux avant le péché originel, il n'en va pas de même après.
En effet, le péché originel a introduit la concupiscence et la nudité devient dés alors source de tentation et de péché.
Les naturistes croient rétablir l'ordre naturel de l'Eden, mais ils se trompent.
Ce n'est pas en se mettant nu qu'ils reviendront à la pureté originelle mais en faisant disparaître le péché du monde.
Je leur souhaite de réussir pour la plus grande Gloire de Dieu !

Re: Nudité, pureté et péché

par cmoi » mer. 01 juil. 2020, 6:10

Bonjour Paxetbonum,

votre opinion est une opinion qu’ont probablement partagé nos ancêtres catholiques, à une époque où le naturisme n’existait pas, mais ne mélangeons pas tout.

La pudeur est un instinct, un élan vital naturel qui n’a rien de religieux et qui participe du sentiment d’être bien dans sa peau, du respect de soi et de l’autre.
La pudeur est à géométrie variable, ses critères de reconnaissance varient d’une société à une autre, voire d’une famille à une autre.
Dans les camps de concentration, et dans bien d’autres situations, on utilise le sentiment de pudeur pour accroître la torture, enlever à la personne sa dignité, lui donner une impression d’irréalité, casser ses références (tabous, etc.)

Tandis que l’impudicité est un péché que commettent des gens très pudiques (unions libres, adultères, etc) et qui n’a rien à avoir avec la nudité, à moins de tomber dans des perversions : exhibitionnisme, voyeurisme, pudibonderie aussi, etc. et qui avant d’être des péchés sont des pathologies.

La confusion commence avec le livre de la genèse et le fait qu’après le péché originel, la conscience du péché s’accompagna du sentiment nouveau d’être nu. Mais le péché lui-même était de désobéissance et sans rapport avec la nudité. Sauf qu’il y a un lien très fort mais subtil entre le corps et l’âme et avec Dieu et que le péché a rompu, si bien que beaucoup s’imaginent que la pudeur est une forme de refus du péché, ou de repentir, ce qui est une erreur plutôt grossière. Elle peut au contraire manifester un manque d’humilité et d’acceptation de soi-même, une volonté de fourberie, de dissimulation et de mensonge, etc.

Vous vous trompez dans votre analyse : les naturistes ne cherchent ni à regarder ni à être regardés, c’est plutôt le contraire qu’ils cherchent : apprendre à ne pas regarder et à ne pas l’être, voir au-delà, retrouver une pudeur et un équilibre intérieur qui ne dépendent pas des circonstances. Et çà marche !
Ce qui n’est pas si mal quand on sait que le péché d‘adultère est consommé rien que par un regard !
Et ils sont souvent très pudiques, d’une vraie pudeur, c’est pourquoi ils n’aiment pas les lieux mixtes, où ceux qu’ils appellent les « textiles » les regardent, ou attirent leur regard à cause de leurs vêtements souvent érotisés.
La peau n'est que le vêtement naturel de notre corps et peut se regarder comme tel, sans préjuger de l'usage de la partie qu'il recouvre et qui ne retrouve son intérêt et son sens que lorsqu'il y a lieu qu'il s'exerce !

Changeons un peu de perspective : il est aujourd’hui reconnu scientifiquement qu’existent des courants d’énergie (les méridiens chinois) qui traversent notre corps. Qu’interrompre leurs flux cause des perturbations, des maladies, voire la mort. Or un vêtement trop serré peut en faire office, et c’est souvent le cas des sous-vêtements. Voilà pourquoi il est bon la nuit de s’en défaire… Et pas bon du tout de porter toujours au même endroit, en plein milieu du corps, ces vêtements serrés qui perturbent la circulation de l’énergie (sans oublier les chaussettes et les chaussures).
D’autres sociétés que la nôtre nous paraissent dangereuses et folles à cause du sort qu’elles réservent à l’anatomie : colliers agrandissant démesurément le cou, corsets (n'oubliant pas ceux de nos ancêtres féminines et qui les ont tant abîmées!) maltraitant les pieds ; bouches, oreilles, nez déformés par des piercing, etc. Mais nous ne voyons pas à quel point nos propres coutumes sont elles-mêmes dévoyées. Je suis sûr qu’une étude sérieuse montrerait que les cultures dont les vêtements sont les plus amples et avec le moins de « morceaux », réduits au nécessaire exigé par le climat, sont les plus pacifiques. Jésus n’a jamais porté de slip ou de pantalon/chemise, il n’a jamais été étranglé par une cravate ! Et je ne parle pas des tatouages qui deviennent à la mode : notre société s'escrime à imiter ses taulards et bandits !

Vous me direz que rien ne nous empêche de nous mettre nu tout seul chez soi, mais ce n’est pas si simple et le plus simple, c’est que les autres ou la loi ne puissent nous en empêcher à cause de règles communautaires et qu’ainsi cette liberté intègre la problématique de l’altérité et donc du regard. De changer donc ces règles.
Outre l’aspect psychologique pour lequel le naturisme peut-être thérapeutique (ce serait un sujet à part entière et je ne peux que l’aborder ici : la nudité naturiste est sans doute aucun le meilleur antidote à la pornographie et à l’érotisation maniaque dans lesquelles se complaît notre société), il y a un effet physiologique indéniable également. Sans parler de la liberté de par exemple nager nu, ou sentir le vent sur son corps, etc.
Prenons une comparaison : pour certaines personnes, la pratique de certains sports est taboue, et cela n’a rien à voir avec l’indécence, mais avec les sensations qu’ils donnent. Comme si certaines expériences sensorielles pouvaient être en soi des péchés.
Il est évident que c’est faux, mais s’ils ont besoin de se donner ces limites, qu’ils se les donnent et les gardent ! Il n’empêche que « ne pas avoir peur », cela passe par s’en affranchir, et qu’il n’y a de péché dans tout cela que si on l’y met soi-même en se donnant ces règles, comme si autrement on ne saurait pas s’en abstenir. C’est une duperie et c’est comme cela que l’on reste un mini-croyant, car la démarche est souvent générale et ne tient pas qu’à cela.
Prière nous est donnée de ne pas oublier à quel point notre religion est charnelle…

Re: Nudité, pureté et péché

par Grégory » mar. 30 juin 2020, 22:30

Muhler a écrit :
sam. 22 sept. 2007, 19:59
Bonjour,

J'ai envie de lancer ce sujet qui m'a toujours intéressé : je ne dois pas être le seul ! J'ai vu qu'il y avait déjà un forum sur la pornographie et un autre sur "Bible et sexualité" mais les questions que je pose sont en dehors de la pornographie et de la sexualité.

La question, c'est, est-ce que la nudité peut être vécue ou vue sans péché ?
J'ai plus de 50 ans et je n'ai jamais eu de relations sexuelles avec une autre femme que la mienne. Je ne dis pas cela pour me vanter, mais simplement pour que vous sachiez que ce que je vais écrire est sans arrière-pensée. Il n'y a pas de double langage dans ma question.

J'ai toujours aimé a nudité du corps, déjà enfant (mais ce n'était pas bien vu de mes parenbs) et j'ai toujours été fasciné par le naturisme, que je ne peux quasiment pas pratiquer parce que ma famille n'y est pas prête. Je connais un peu la mentalité naturiste et je trouve que ces gens ont un idéal de vie plutôt sain dans l'ensemble (sans doute y a-t'il, comme partout, des "brebis galeuses"). En tous cas ils se respectent les uns les autres, avec leur corps tel qu'il est, jeune ou vieux, beau ou pas, loin des canons de l'esthétique de la mode, des clichés de la séduction publicitaire, et encore plus du racolage de la pornographie.

Il me semble que le naturisme, par le respect des personnes et des corps qu'il développe, est une antidote parfaite à la pornographie. Autrement dit, sa morale naturelle, si elle idéalise peut-être un peu trop la nature, ne me paraît pas incompatible avec l'éthique chrétienne. Je crois même avoir lu plusieurs fois qu'il y avait des prêtres qui sont naturistes. Et en tous cas des chrétiens pratiquants. Pourtant je n'ai connaissance d'aucun document pontifical qui traite de cette question. Le défunt pape Jean-Paul II, qui a développé une belle théologie du corps humain, n'a jamais parlé du naturisme.

Personnellement, j'aime aller sur les sites naturistes, et entre autres voir et admirer ces gens, qui semblent avoir des corps sains, naturels, souvent beaux mais surtout épanouis, qui n'ont rien à voir avec les critères de mannequins ou de concours de beauté ! Des adolescents - certes peu nombreux - apparemment épanouis en milieu naturiste. Alors qu'on dit habituellement qu'ils sont mal dans leur corps (hyper-saturé de sexy par la société dans laquelle ils vivent). En milieu naturiste, les commentaires irrespectueux sur les corps, les opinions sexistes ou racoleuses suscitent immédiatement le rejet de leurs auteurs. Dans de telles conditions, la nudité ne semble pas perverse, mais neutre, voire positive. La perversité peut évidemment venir du regard qu'on porte. Je reconnais qu'il peut y avoir tentation ou occasion de péché, encore qu'une fois dans le milieu, l'occasion de péché est plutôt inexistante. Elle peut être éventuellement plus propice sur un site de photographies qu'on est seul à regarder.

L'aspect supplémentaire de ma question, c'est : peut-on voir et regarder des gens nus, en réalité ou en photo sans pécher, si on garde le respect des personnes, et même quand cela procure un certain plaisir, comme on regarde un tableau de peintre ? A partir de quel moment le plaisir de voir devient-il coupable ? A partir de quand peut-il y avoir scandale ?

La Genèse assimile la conscience de la nudité au péché, il y a sans doute une part allégorique, mais je parviens pas à imaginer que le corps fait à l'image de Dieu soit forcément objet de péché. Même si le vêtement est nécessaire dans la majeure partie des actes de la vie, il ne me paraît pas être une protection face à l'impureté. D'ailleurs, les violeurs, pédophiles et autres agresseurs sexuels sont habillés quand ils commettent leurs crimes, et s'attaquent toujours à des victimes vêtues. Ils ne s'aventurent pas sur les plages ou dans les campings naturistes.

Voilà, j'ai été long. J'espère que ce sujet sucitera d'autres questions connexes. Merci de m'avoir lu.

SM

Je parlerais plus sur le fait d'être physionomiste, même, si la definition n'est pas adapté dans votre cas. Je pense que atteindre la nudité des personnes est qu'une histoire aussi d' Intimité et de pudeur avec son corps.

Re: Nudité, pureté et péché

par PaxetBonum » mar. 30 juin 2020, 8:16

Val a écrit :
ven. 26 juin 2020, 21:42
Le naturisme ( à la plage) est il compatible avec la foi chrétienne ? Mon mari m'en parle depuis longtemps et l'été arrivant sa demande va réapparaître.

Merci de vos avis, remarques....
Il n'y a pas à tergiverser : la réponse est non.
La pudeur est une vertu à cultiver.
A votre avis quel intérêt y a-t-il à se montrer nue devant tout le monde ou à regarder tous les autres nus ?
Imaginez-vous croiser tous les membres de votre paroisse dans cette tenue ? vos amis ? vos parents ?

Re: Nudité, pureté et péché

par cmoi » mar. 30 juin 2020, 6:39

Pour être concret, si vous vous décidez à franchir le pas "pour vous-même" (remarque pertinente de la Samaritaine) je vous conseille de "prendre les devants" et de choisir : n'allez pas au Cap d'Agde (trop d'expériences de débauche, naturisme souvent dénaturé car lieu où vont tous ceux qui cherchent "l'expérience"), choisissez par exemple le centre de Montalivet en Gironde (berceau du naturisme, il possède même un centre de thalasso et le naturisme facilite les soins) ou la zone naturiste de Port-Leucate (belle plage, ambiance familiale, pas trop de monde), cherchez sinon sur internet et suivez votre intuition...
A votre place, je chercherai aussi à "creuser" (et faire creuser) les raisons pour lesquelles votre mari a cette attirance...
Evitez les lieux tacites ou mal déterminés, de bouche à oreille, les "bouts de plage" réservés au naturisme, etc. Encore une fois, le mieux et le plus sûr c'est d'aller là où on en affiche clairement la couleur, où c'est institutionnalisé... Ce qui suppose néanmoins que vous vous sentiez capables de "jouer le jeu" - sinon vous resterez tous les deux sur votre faim...

Re: Nudité, pureté et péché

par la Samaritaine » lun. 29 juin 2020, 18:21

Val a écrit :
ven. 26 juin 2020, 21:42
Le naturisme ( à la plage) est il compatible avec la foi chrétienne ? Mon mari m'en parle depuis longtemps et l'été arrivant sa demande va réapparaître.

Merci de vos avis, remarques....
Par rapport à vos questions, le témoignage de cmoi me parait vraiment riche. Moi, je n'ai qu'une remarque : en avez-vous envie ? Ne le faites pas pour accompagner votre mari, faites le si vous aussi ça vous tente. J'ai été reçue une fois par des amis naturistes qui m'ont emmenée avec eux sur leur plage naturiste (tout le monde agglutiné sur une plage minuscule), sur un bateau (tout le monde collé les uns aux autres) et moi seule portant un bas de bikini...et du coup, regardée d'autant plus par les messieurs.... j'étais vraiment mal à l'aise, ce n'était pas mon aquarium ! J'avais une grande sensation d'impudeur.

En revanche, en Inde, sur une plage immense et complètement déserte, nous nous sommes baignés nus avec quelques amis habituellement non naturistes et c'était vraiment une belle expérience, mais nous étions tous partants, une intuition soudaine nous amenant à revivre un état des origines.
Bref, il faut s'écouter soi et ne surtout pas se forcer pour faire plaisir à son conjoint...

Samaritaine

Re: Nudité, pureté et péché

par cmoi » dim. 28 juin 2020, 17:23

Ayant des problèmes de peau que le soleil soigne mieux que bien des médicaments, et ainsi situés que seule la nudité complète me permettait de me soigner, j'ai fréquenté ce milieu...
D'abord, le vrai naturisme suppose une cotisation et des lieux choisis, et aussi paradoxal que cela peut le sembler cela offre une sorte de garantie contre les exhibitionnistes et autres pervers ou libertins qui peuvent sinon se rencontrer mais de façon marginale et guère plus qu'ailleurs et de façon plus franche et donc moins dangereuse.
Ensuite, il ne faut pas oublier que la nudité est réciproque, ce qui coupe à pas mal de fantasmes et rêves de domination ou autres.

Un monokini ou bikini, tous ces vêtements qui servent en fait d'ornement ou de mise en valeur de certaines formes sont bien plus suggestifs et érotiques, pervers, que la nudité complète qui rend au corps sa beauté première et son langage quasi existentiel.
Les "habitués" ne sont ni plus beaux ni plus moches qu'ailleurs, aussi divers, et le plus inhabituel est de voir des poses qu'à cause de la nudité on aurait cru ou dit suggestives ou obscènes devenir tout le contraire, car l'intention en est absente et qu'elles correspondent à des besoins simples (bronzer, se reposer, bouger...) : c'est vraiment parfois tout le contraire de l'érotisme qu'on imaginerait et qui devient alors offrande de beauté, c'est plus souvent un rappel à l'humilité !
L'esprit est en quelque sorte remis à la place qui est la sienne et sommé de s'en occuper mieux...Quand tout peut être vu, il n'y a plus rien à voir qui ne soit autre ou autrement, comme l'a chanté un artiste, le physique est sans issue par lui-même - notamment pour tout ce qu'il n'est pas et la majeure partie du temps, ce n'est pas son heure...
Le désir de séduction est rarement présent et obligé d'utiliser alors autre chose...

Le naturisme peut même avoir un effet thérapeutique pour des personnes qui ont subi des traumatismes la faisant intervenir...

J'ai fait l'expérience de vivre plusieurs jours nu en ayant oublié que j'étais nu autant que le regard des autres sur la question et leur propre nudité (sinon en ce qu'elle était naturelle) et je dois dire que le jour où je dus m'habiller (devant "sortir" pour je ne sais plus quelle raison, car on pouvait faire ses courses etc. dans la "zone" en question ) et où je l'ai réalisé, cela m'a fait quelque chose d'indéfinissable et qui me fit réaliser que j'avais vécu une expérience proprement mystique et guérisseuse

Au début, il y a une période de transition et d'observation qui ne permet pas de vivre pleinement l'expérience, il y faut un peu de temps...
Les vrais naturistes sont en proportion plus grande que la moyenne des personnes très équilibrées et cultivées, adeptes du bio, de la méditation et des techniques de développement personnel, de spiritualité, etc.

Re: Nudité, pureté et péché

par Gaudens » sam. 27 juin 2020, 21:09

La nudité en soi n'est pas un péché;cela dit notre nature est imprégnée de concupiscence et la nudité peut la réveiller.Je sais bien que le discours des naturistes est que justement la nudité généralisée dans leurs camps de vacances la banalise et rend en quelque sorte ladite concupiscence inopérante,le retour à l'Eden avant la chute,quoi.Ne connaissant pas le milieu en question,j'ignore si cette chaste intention correspond bien à la réalité vécue,j'ai des doutes en fait .
Et puis,chrétienté mis à part, le nudisme m'a toujours paru plutôt ridicule d'autant que toutes les chairs ne sont pas belles à voir...

Re: Nudité, pureté et péché

par Pathos » sam. 27 juin 2020, 19:50

A votre avis ?

Re: Nudité, pureté et péché

par Val » ven. 26 juin 2020, 21:42

Le naturisme ( à la plage) est il compatible avec la foi chrétienne ? Mon mari m'en parle depuis longtemps et l'été arrivant sa demande va réapparaître.

Merci de vos avis, remarques....

Re: Nudité, pureté et péché

par aldebaran » mer. 12 déc. 2018, 8:44

Carolus,
vos citations sont comme toujours précises et bien ciblées. Je ne me rappelais pas que St Paul avait été si explicite, c'est en effet plus que clair. C'est un passage qui mériterait d'être rappelé plus souvent même si St Paul n'est plus à la mode.
Et oui un point d'exclamation plutôt qu'un point d'interrogation!
En fait très souvent il suffirait de citer plutôt que de faire des discours alambiqué :)
Que Dieu vous garde.

Re: Nudité, pureté et péché

par Carolus » mer. 12 déc. 2018, 1:26

aldebaran a écrit :
mar. 11 déc. 2018, 18:01
aldebaran :

Très belle citation, Carolus. Je la retiendrai.
Trop de chasteté tue la chasteté?
Merci, cher aldebaran. :)

En le lisant vite, je ne me suis pas aperçu du point d'interrogation à la fin de votre message : " Trop de chasteté tue la chasteté? "

Est-ce que trop " de chasteté tue la chasteté " ?
1 Co 7, 3-4 Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari. La femme n'a pas puissance sur son propre corps, mais le mari; pareillement le mari n'a pas puissance sur son propre corps, mais la femme.
S. Paul dirait définitivement ceci : Trop de chasteté peut tuer la chasteté !

Négligeons donc le point d'interrogation à la fin de votre message, cher alderbaran.

En effet, S. Paul nous avertit (1 Co 7,5) : Ne vous soustrayez pas l'un à l'autre, si ce n'est d'un commun accord, pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis remettez-vous ensemble, de peur que Satan ne vous tente par suite de votre incontinence.

Re: Nudité, pureté et péché

par Foxy » mar. 11 déc. 2018, 21:01

Briscard a écrit :
mar. 11 déc. 2018, 18:29
Il est vraisemblable que la nudité n'est pas indispensable dans un couple pour s'aimer d'un amour fusionnel.

Mais affirmer qu'elle est un péché me parait vraiment excessif et surtout erroné.

Souvenons-nous avec humour de nos arrière-arrière grand-mères, catholiques dévotes, qui portaient des chemises de nuit percées à l'endroit stratégique et priaient pendant la chose... :oui:

Il ne fallait pas s'étonner alors que leur époux s'en aille dans les maisons dites de tolérance pour se changer les idées...
C'est vrai ce que vous dites là : ma grand'mère avait ce genre de chemise de nuit, mais je ne sais pas si elle priait "pendant la chose"...
Par contre, mon grand-père qui était encore pire "bigot" n'allait sûrement pas "voir ailleurs" !! mais en faisant la généalogie de la famille, je me suis trouvée des cousins-cousines que mon arrière grand-père avait un peu partout… peut-être que c'était, justement, dû à l'excès de dévotion de mon arrière grand'mère (que je n'ai pas connue) :amoureux:

Re: Nudité, pureté et péché

par Briscard » mar. 11 déc. 2018, 18:29

Il est vraisemblable que la nudité n'est pas indispensable dans un couple pour s'aimer d'un amour fusionnel.

Mais affirmer qu'elle est un péché me parait vraiment excessif et surtout erroné.

Souvenons-nous avec humour de nos arrière-arrière grand-mères, catholiques dévotes, qui portaient des chemises de nuit percées à l'endroit stratégique et priaient pendant la chose... :oui:

Il ne fallait pas s'étonner alors que leur époux s'en aille dans les maisons dites de tolérance pour se changer les idées...

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