Scène forte

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Re: Scène forte

par zélie » lun. 13 avr. 2009, 13:32

Fée Violine a écrit :Un gros souffle, pourtant c'est pas encore la Pentecôte ! Mais le Saint Esprit ne suit pas forcément le calendrier !
Dieu est intemporel après tout... ;)

Mais ce prêtre comme canal de grâce, c'est magnifique!
Et cet homme touché, relevé de sa part de malheur qui jaillissait de ne plus en pouvoir, c'est très beau aussi.
Si ce genre de fait pouvait faire le tour des médias, ça en réconcilierait certains avec le catholicisme, et ça changerait de tout ce qu'on a pu lire depuis quelques temps!

Re: Scène forte

par Héloïse » lun. 13 avr. 2009, 11:32

J'en ai des frissons.

merveilleux prêtre, un vrai berger capable d'aller chercher la brebis égarée ! Honneur à lui ! :clap:

Re: Scène forte

par Fée Violine » jeu. 09 avr. 2009, 13:53

Un gros souffle, pourtant c'est pas encore la Pentecôte ! Mais le Saint Esprit ne suit pas forcément le calendrier !

Re: Scène forte

par Petit Matthieu » mer. 08 avr. 2009, 23:53

Oui, pour moi c'était vraiment un grand moment, comme un gros souffle auquel je ne m'attendais pas une seule seconde !

Re: Scène forte

par Eriluc » lun. 06 avr. 2009, 13:19

Merci Petit Matthieu, très belle évocation de l'action de la grâce !

Re: Scène forte

par Anne » lun. 06 avr. 2009, 2:46

Je ne peux que vous remercier moi aussi de nous avoir transmis cette émouvante histoire!
Merci beaucoup Petit Matthieu!
:coeur:

Re: Scène forte

par Virgile » dim. 05 avr. 2009, 13:28

Cher Petit-Matthieu,

un grand merci pour ce magnifique récit.

Amicalement.
Virgile.

Re: Scène forte

par Relief » dim. 05 avr. 2009, 12:04

Merci Petit Matthieu pour votre beau témoignage et bravo pour votre talent de conteur.

Re: Scène forte

par Hélène » sam. 04 avr. 2009, 23:44

Merci pour ce magnifique témoignage de la puissance de l'Amour de Dieu pour les plus démunis, les plus paumés d'entre nous manifesté par la médiation de ce prêtre...

Que le Seigneur est grand ! Deo Gratias !

Hélène

Scène forte

par Petit Matthieu » sam. 04 avr. 2009, 23:26

Bonjour à vous, je vais essayer de vous faire le récit le plus fidèle possible d'un petit évènement auquel je viens d'assister :

J'étais à la messe des Rameaux, dans une vieille église de ma ville de Clermont ; Saint-Genès des Carmes. L'église est comble, l'assistance tenant dans ses mains les branches de buis pour la plupart fraîchement achetées à des miséreux ou des gens du voyage se postant à l'entrée du bâtiment. Un prêtre heureux et enjoué, assisté par deux enfants de chœurs célèbre l'office calmement, expose à la foule la spécificité de la fête, cet évènement de la semaine sainte. Les chants sont beaux, l'église est vivante, et après quelques prières commence la lecture de la Passion. Elle est faite par le prêtre, et par deux autres lecteurs. Lente et déclamée, elle fait régner un silence grave et remplit d'attention. C'est dans ces moments là que l'inattendu survient, de l'ombre.

De l'ombre car cette église est plutôt sombre et l'attention des fidèles à la lecture des évangiles est totale. L'inattendu est un homme d'un quarantaine d'année, blouson noir, hagard et ivre. Plusieurs sons de voix, quelques onomatopées entendus entre les chants avait provoqué le retournement interrogatif de plusieurs personnes. Un homme au fond parlait, tout seul. Enfin parlait...sinon se faisait entendre !
Et cet énergumène s'engage dans l'allée centrale, alors que la lecture se poursuit. Il est bruyant dans sa démarche, et sa couleur de visage, son essoufflement témoignent de l'alcool qu'il a englouti. Il s'assoit lourdement sur un banc provoquant un bruit sec qui résonne jusqu'aux voûtes, et qui effraie une adorable mamie courbée par son âge. Tous les regards sont tournés vers lui. Toutes les 15 secondes, il interrompt la lecture par des réflexions incompréhensibles. Les fidèles autour de lui ne savent comment réagir, on le conçoit bien : surtout éviter tout scandale, toute violence pendant cette lecture, cette messe spéciale ! Moi-même je m'inquiète et espère que rien ne perturbera plus l'assistance et les pauvres lecteurs. Les bruits continuent et plusieurs personnes sont agacées, certaines même effrayées par l'ivrogne. Il se lève alors subitement, titube, et retourne d'où il est venu 10 minutes auparavant. Nous nous croyons libérées ! Et bien non, et pour plusieurs raisons nous ne l'étions pas.

5 minutes plus tard alors que nous en sommes au jardin des oliviers, notre perturbateur revient sur ses pas et se fait à nouveau entendre, de façon plus répétée et forte qu'auparavant au fond de l'église. La scène se répète et l'on commence à entendre des réflexions de plusieurs fidèles exaspérés. Rien à faire, je me retourne et le vois se dirigeant d'un pas décidé en direction du maître autel. La tension est très forte, le prêtre suit la scène, et surveille d'un œil ce compère tout en lisant ou en se tenant prêt à lire à la suite d'un autre lecteur. L'homme s'installe à nouveau lourdement, pesamment sur un banc. Il parle fort. Nous savons tous ici que cela ne peut plus durer. Le prêtre explique brièvement la profondeur du récit de la passion et après d'autres paroles il engage l'assemblée réunie, perturbée, anxieuse su fait à faire le "geste de paix".

Et là mes amis, j'ai vu une scène que je n'aurais pu croire ! Moi qui ne souhaitais en moi-même que le rétablissement du calme et le départ de cet homme saoul, j'ai été stupéfait ! Je me retourne vers mes parents, puis mes voisins pour leur serrer la main, j'en salue un, puis deux, trois. Et que vois-je ? Le prêtre, assez âgé du reste, se précipite vers l'homme au blouson noir pour lui proposer ce geste de paix ! Et cette main tendue a été saisie avec force, et bien plus ! L'homme a saisie par l'épaule et même le cou notre prêtre ! Il a pleuré sur son aube, il le tenait fermement ! J'étais saisi, bloqué : après 10 ou 15 secondes, le prêtre se retire en le regardant droit dans les yeux, plein de bienveillance et part saluer d'autres fidèles. Notre homme est tout abasourdi et complètement silencieux. Les femmes qui l'entouraient, qui le craignaient viennent vers lui et lui tendent la main : il la prend, tout gêné, honteux, la tête basse. Et celle de l'enfant de chœur. Le prêtre retourne alors à l'autel et commence à entamer le Notre Père, l'assemblée se lève et j'ai vu cet homme, venu ivre, bruyant, irrespectueux, provoquant, cet homme je l'ai vu se lever et dans le silence !

Mes amis, je n'en revenais pas, j'avais vu devant moi un homme qui semblait hors de sa place, un pécheur venu faire scandale : et de terre, cet homme a été relevé ! Ce geste du prêtre, cette main tendue et prise, que dis-je prise, cette main saisie avec force, cette épaule, ce cou enlacé, ces larmes sur l'aube et pour finir un homme debout comme n'importe quel fidèle au son du notre Père , dans le silence..........
Chose rare et imprévisible, les larmes me montaient aux yeux à chaque vingtaine de secondes, je les réprouvaiS par des respirations longues et calmes mais que ce fut dur ! Nous fêtions l'entrée de Jésus à Jérusalem et devant moi j'avais vu un homme relevé et accepté. C'était sublime.

A la fin de la messe, le prêtre informe des différentes célébrations de la semaine sainte dans le diocèse et de plusieurs informations. Notre homme qui était resté dans le silence l'interrompt en lui demandant d'être plus précis sur une information donnée : le prêtre sourit et l'assistance fait de même !
Bien sur l'alcool était resté dans ses veines et il fit quelques grimaces, quelques sons et sortit au milieu de la foule en disant plusieurs bêtises caractéristiques des ivrognes...
Mais un homme lui offrit une cigarette et se vit même récompensé par un baiser de notre loustic qui lui fait le compliment chaleureux :"Merci, t'es l'plus beau !"

Voilà cette messe. Incroyable, la force dégagée au moment où tout le monde s'exaspérait de la conduite de cet homme, ou la tension était palpable et où il fut relevé. Superbe.

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