Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

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La foi et les idéologies

Message par etienne lorant » Aujourd’hui, 9:54

Livre de Jonas 3,1-10.
La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. » Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur.  Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il quitta son trône et son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas. Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! » En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

Psaume 51(50),3-4.12-13.18-19.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,29-32.
En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération.Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Il est rare que la Liturgie associe directement à la première lecture  un passage qui lui répond aussi directement. Evidemment, dans un tel cas, le commentaire est d'autant plus simple, croyons-nous facilement. Cependant, hors de toute facilité, il en émane une solennité de l'avertissement tout Ninive a fait pénitence à l'annonce faite par Jonas, mais qu'en est-il pour chacun de nous ?  Il est grand temps que tous les chrétiens, de toutes les "sensibilités" acceptent de faire pénitence pour en vue de leur salut en un temps où l'ambition du projet européen marque le pas, au point les peuples commencent de se rebiffer un peu partout!  Le projet européen est totalement fondé sur une laïcité de bon ton, tandis que les tous les peuples ont gardé préceptes chrétiens selon leurs propres sensibilités. Qu'on le veuille ou non l'Europe a été évangélisée bien avant que l'on se mette à prétendre qu'étant tous européens, nous sommes "ipso facto" favorables à tout de qui est mis en oeuvre par nos politiciens.

Et notre prêtre de dénoncer ce qui le choque le plus: le passage en force de projets de lois qui ne correspondent en rien au passé des peuples et à leur religion. C'est ainsi que les politiciens ont fait passer "en force" le "mariage-pour-tous" et se montrent favorables aux aberrations de la "théorie du genre".  Mais ne nous y trompons pas, a dit notre prêtre, les "élucubrations idéologiques" ne dureront pas : la laïcité conquérante a déjà dû baisser pavillon et connaît des revers un peu partout. Dis que le projet européen est de plus en plus contesté - il ne tient pas assez comte des la spécificités de chacune des nations qui la composent... et de nombreuses régions d'Europe secouent le joug des institutions européennes:  après le Brexit, des régions telles la Catalogne et la Lombardie, parmi d'autres, ont commencé de "secouer le joug idéologique"...  Puisse donc notre carême susciter nos consciences et nous encourager à vivre pleinement notre foi.





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Religions : quels sacrifices ?

Message par etienne lorant » Hier, 10:48

Livre d'Isaïe 55,10-11.
Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Psaume 34(33),4-5.6-7.16-17.18-19.
Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Le Seigneur entend ceux qui l'appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l'esprit abattu.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le don de la prière du Notre Père nous a été octroyé par Jésus afin que nous entrions,  avec lui-même dans l'intimité de l'amour de Dieu. Est-ce nous qui avons aimé en premier lieu ? Evidemment: non. La manière dont les hommes se représentent Dieu sans passer par le Christ, tiennent au pouvoir, à la puissance, aux prodiges, à la destruction, ainsi qu'à de multiples sacrifices sanglants.

Quelle est la civilisation, depuis l'antiquité, qui n'a pas n'a pas commencé par sacrifier - à Dieu et aux dieux - d'abord des sacrifices d'animaux, puis des sacrifices humain ? N'est-ce pas pour y mettre fin que Dieu, une fois pour toutes, a donné son Fils unique?  Ce que Dieu a empêché sur le mont Horeb, à la dernière seconde, était pratiqué dans toutes les civilisations antiques. Et lorsque les navigateurs ont découvert l'Amérique du sud, ils ont découvert d'autres pyramides qui servaient d'autel pour sacrifier aux dieux des enfants innocents. Les premiers explorateurs ont découvert des horreurs que leurs lointains ancêtre avaient eux-mêmes pratiquées.

La religion des sacrifices humains continue de nos jours par ces multiples attentats suicidaires: on sacrifie autrui, tout en se sacrifiant soi-même et l'on croit honorer ainsi l'Auteur de toute vie ?  Tuer est le plus facile, mais donner des enfants au monde, cela prend toute une vie! C'est le moment de nous souvenir de nos parents et de nos propres ancêtres qui ont eux-mêmes offert leurs vies - mais de bout en bout - afin d'élever leurs enfants.  Combien de saintes et de saint n'ont-ils pas trouvé leur vocation en découvrant le don de soi dans l'agir de leurs père et mère ?  Ce matin, évidemment, je me suis souvenu des sacrifices  - de vrais sacrifices ! - par lesquels mes parents nous ont élevé, mes sœurs et moi !

Réjouissons-nous et rendons grâce de cette foi qui nous anime et qui nous a été donné en germe lors de notre baptême. La conclusion de l'homélie de ce jour fut assez simple: de même que nous avons été élevés et éduqués, au travers de multiples renoncements consentis par nos parents, de même nous devons trouver notre joie dans le témoignage vécu concrètement et par le sourire en plus !


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Passer des commandements à l'amour parfait

Message par etienne lorant » lun. 19 févr. 2018, 11:02

Livre du Lévitique 19,1-2.11-18.
Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez aucun de vos compatriotes.
Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur.

Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas: tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié. Tu ne maudiras pas un sourd, tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle: tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.

Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d’injustice ; tu n’avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compatriote avec justice. Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple, tu ne réclameras pas la mort de ton prochain. Je suis le Seigneur.

Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »


Psaume 19(18),8.9.10.15.
La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu'ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur
!



Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,31-46.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

En eux-mêmes, les textes de ce jour manifestent un passage, une transformation, entre ce qu'il n'est pas permis de faire et ce qu'il est bon d'accomplir. Subtilement, on va passer d'une logique de stricte obéissance à un commandement d'amour.  

Le Lévitique expose tout ce qu'il est mauvais et tout ce qu'il est interdit de faire pour échapper au châtiment. Mais un homme peut-il prétendre à la sainteté en ne faisant que renoncer devant tout ce qui est interdit ?

Les choses que l'on ne fait pas, puisqu'elles, sont interdites, peuvent-elles nous rendre sages et bons et nous faire ressentir joie et bonheur ?  Certes, la conscience nous permettra toujours de distinguer par l'intelligence ce qui est bien et ce qui est mauvais. Mais si l'on en reste là, c'est-à-dire: à la fidélité aux préceptes, on ne fait toujours que fléchir devant les règles - mais  on n'a pas aimé !

Si l'on contemple les textes,  on constate clairement que la "logique binaire" - de ce qui est interdit et ce qui il est permis de faire - va céder la place au mouvement intime du cœur : quiconque se met à aimer son prochain et se demande ce qu'il pourrait faire pour atténuer ses peines et lui faire retrouver confiance ... à déjà dépassé que ce que la Loi l'oblige - de faire ou de ne pas faire.  

Ce qui se passe dans le cœur de l'homme, lorsqu'il se prend à dépasser par l'amour ce qu'il est obligé de faire par la morale ... c'est une  mutation radicale de l'être que nous nommons : la conversion.  Pour nous chrétiens, nous passons, sans même nous en rendre compte, de l'obéissance à la règle l'amour parfait - lequel n'émane que de Dieu seul.

C'est très bien d'obéir aux règles, et cela est récompensé. Mais il est, pour tout homme et toute femme, un mouvement de l'être qui entraîne, au-delà des règles à connaître et vivre de l'amour même de Dieu.  

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La Joie - le signe donné aux convertis

Message par etienne lorant » sam. 17 févr. 2018, 14:16

Livre d'Isaïe 58,9b-14.
Ainsi parle le Seigneur: Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais. Tu rebâtiras les ruines anciennes, tu restaureras les fondations séculaires. On t’appellera : « Celui qui répare les brèches », « Celui qui remet en service les chemins ». Si tu t’abstiens de voyager le jour du sabbat, de traiter tes affaires pendant mon jour saint, si tu nommes « délices » le sabbat et déclares « glorieux » le jour saint du Seigneur, si tu le glorifies, en évitant démarches, affaires et pourparlers, alors tu trouveras tes délices dans le Seigneur ; je te ferai chevaucher sur les hauteurs du pays, je te donnerai pour vivre l’héritage de Jacob ton père. Oui, la bouche du Seigneur a parlé.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,27-32.
En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit: «Suis-moi » Abandonnant tout, l’homme se leva; et il le suivait. Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les recommandations du prophète Isaïe, Jésus les met en oeuvre autour de lui, démontrant ainsi qu'une conversion complète est possible pour tout homme. Or, à quoi les hommes eux-mêmes peuvent constater une conversion véritable ? Essentiellement: au fait que le converti change complètement de vie.

Très concrètement, les convertis, hommes et femmes, commencent par verser des larmes sur leur vie passée - et ce ne sont certes pas des larmes de cinéma ! Ce sont  comme des des bouillonnements de larmes, répétées, incoercibles, destinées à vider complètement le cœur et l'âme de tous les liens intérieurs que les péchés avaient noués. Ils se rendent compte que leurs addictions - que ce soit à l'alcool, au gain d'argent, à la séduction, aux plaisirs de la "bonne chère", avec des plats épicés, avec des apéritifs exotiques et de de ces vins rares et anciens - et très coûteux, qui ne rendent pas ivres mais agissent au contraire, qui semblent dénouer tous les conflits possibles entre le corps, le cœur et l'esprit. Et des années après avoir goûté de ces nectars, le pénitent y reconnaît comme une sorte de "substitut charnel" de la grâce qui ne peut venir que de Dieu seul - il se passeront du bon vin, ayant reconnu que toutes les drogues ne finissent par rendre l'homme plus esclave que jamais !  Et tandis que les vins finissent par rendre malades et alcooliques celles et ceux qui en consomment, la Joie qui vient dans l'âme par la conversion, ne cesse jamais de la renseigner: telle chose est bonne à vivre, telle autre est à fuir comme la peste ! De ce fait, il n'y a pas plus grave maladie que de se croire en parfaite santé... ou de croire posséder une "santé de fer" !

Cette analyse rend compte exactement de ce qui est survenu, d'un instant à l'autre, dans l'âme de Lévi, le collecteur d’impôts. Sa fonction l'avait rendu intouchables parmi les juifs, puisqu'il collectait l’impôt pour les Romains. Mais en rencontrant Jésus, Jésus venu à lui,
Matthieu s'est converti, pour avoir reconnu, directement,  quel e seul et unique bonheur qui commence ici-bas, se continue jusque dans les épreuves et abouti dans l'éternité, là où la Joie demeure !


.Jésus, que ma Joie demeure !

Un carême sans hypocrisie !

Message par etienne lorant » ven. 16 févr. 2018, 19:42

Livre d'Isaïe 58,1-9a.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que s’élève ta voix comme le cor ! Dénonce à mon peuple sa révolte, à la maison de Jacob ses péchés. Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n’abandonnerait pas le droit de son Dieu, ils me demandent des ordonnances justes, ils voudraient que Dieu soit proche : « Quand nous jeûnons, pourquoi ne le vois-tu pas ? Quand nous faisons pénitence, pourquoi ne le sais-tu pas ? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien faire vos affaires, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous. Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poing sauvages. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix. Est-ce là le jeûne qui me plaît, un jour où l’homme se rabaisse ? S’agit-il de courber la tête comme un roseau, de coucher sur le sac et la cendre ? Appelles-tu cela un jeûne, un jour agréable au Seigneur ? Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les joug? N’est-ce pas partager ton pain avec qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable? Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche. Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,14-15.
En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant: « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais les jours jours viendront où l’Époux leur sera enlevé; alors ils jeûneront.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les textes du jours ont assez éloquents, de sorte que le commentaire est simple et n'a nécessité que peu de mots.. Lorsqu'un homme est malade, il se soigne, mais il ne va pas trouver ses voisins pour leur dire, comme si c'était un objet de contentement : "Voici, je suis atteint par telle maladie !" Bien entendu, s'il en parle toute de même, son intention sera de pouvoir, éventuellement, recevoir de l'aide durant le traitement de cette maladie.

Il en va de même au cours du carême: nul n'ira dira à son voisin : "A telle époque, je t'ai fait passer pour ce que tu n'es pas: je t'ai traité de voleur, d'ivrogne et de "petit esprit" partout où je suis passé !"  Certes, voici des aveux courageux, mais qui engendreront des conflits qui peuvent mal finir, évidemment !  Et  la première lecture nous expose une une accusation directe, sans nuance, à laquelle aucun disciples n'aurait guère pu répondre -sauf Jésus lui même.  

Cet épisode est confié à notre méditation afin que nous nous débarrassions, une fois pour toutes, des jugements approximatifs fondés uniquement sur des apparences.  Notre prêtre nous a bien fait sourire en disant : "Bien sûr, un cabaretier vous reprochera d'avoir bu plus que de raison - mais évidemment, c'est le lendemain qu'il vous le reprochera ! Car sur le moment, vous avez eu l'alcool généreux et offert à boire jusqu'à votre dernier sou! " Cette anecdote rappelle l'accusation du prophète dans la première lecture, car il y a de ces hypocrisies qu'un carême ne saurait absoudre...

Prenons donc garde à la manière dont nous estimons autrui, cela aussi fait partie d'un bon carême !


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Tentation de Jésus au désert

Message par etienne lorant » jeu. 15 févr. 2018, 17:30

Livre du Deutéronome 30,15-20.
Moïse disait au peuple : « Vois ! Je mets aujourd’hui devant toi ou bien la vie et le bonheur, ou bien la mort et le malheur. Ce que je te commande aujourd’hui, c’est d’aimer le Seigneur ton Dieu, de marcher dans ses chemins, de garder ses commandements, ses décrets et ses ordonnances. Alors, tu vivras et te multiplieras ; le Seigneur ton Dieu te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. Mais si tu détournes ton cœur, si tu n’obéis pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, je vous le déclare aujourd’hui : certainement vous périrez, vous ne vivrez pas de longs jours sur la terre dont vous allez prendre possession quand vous aurez passé le Jourdain. Je prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : je mets devant toi la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie, pour que vous viviez, toi et ta descendance, en aimant le Seigneur ton Dieu, en écoutant sa voix, en vous attachant à lui ; c’est là que se trouve ta vie, une longue vie sur la terre que le Seigneur a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. »

Psaume 1,1-2.3.4.6.
Heureux est l'homme
qui n'entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
planté près d'un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu'il entreprend réussira.
Tel n'est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent :
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,22-25.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite.» Il leur disait à tous: « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. » Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Renoncer à soi-même, prendre sa croix chaque jour et suivre Jésus, beaucoup le font sans même s'en rendre compte. Été comme hiver, ils se lèvent à la même heure, ils font leurs ablutions, se lavent les dents, s'habillent, avalent un petit déjeuner, puis ils partent travailler, quelles que soient les pensées qui leur sont venues tandis qu'ils s'éveillaient. De même, celles et ceux qui n'ont pas - ou qui n'ont plus de travail, tous se lèvent et s'activent d'une manière ou d'une autre. Il y a toujours une tâche qu'il convient d'accomplir - et le moral de ceux qui n'ont (pas) (plus) de travail se maintient par les mille et une "petites choses à faire" et c'est cette "mise en oeuvre" qui assurent une existence, sinon très heureuse, du moins traversée de petits bonheurs divers.

Et , paradoxalement, les riches, malgré tout le personnel à leur service, sont tout de même à l'ouvrage chaque jour pour maintenir le montant de leur fortune... Et donc: personne n'échappe au labeur quotidien - mais ce n'est pas une malédiction, tout du contraire. De la simple ménagère jusqu'au "chevalier d'entreprise", nul n'échappe à cette règle. Dans certains milieux, il est facile de traiter de fainéants les chômeurs de fainéants - mais ils sont certainement les plus à plaindre - car les plus tentés et moins gâtés !

"La vie et le bonheur ou bien la mort et le malheur", dit le Deutéronome. Et c'est un grand paradoxe, du fait que tous meurent un jour ou l'autre. C'est qu'il y a mort et mort. C'est par notre foi que nous vaincrons la mort.

Ce qui sort du commun, c'est bien que Jésus connaisse, avant l'heure, tout ce qu'Il devra subir de la part des hommes afin d'accomplir le dessein de Dieu. Oui, vraiment: Qui, parmi nous, supporterait sans dommage la pleine connaissance des circonstances de sa fin ?

Heureux sommes-nous, car c'est pure miséricorde que les circonstances de notre propre fin nous demeurent voilées.  Réjouissons-nous plutôt de pouvoir nous  en remettre au Seigneur: celui qui perdra sa vie à cause de sa foi dans le Christ ne fait que la sauver dans l'éternité.

Lors de mon expérience de conversion au pied d'un crucifix, le troisième dimanche d'août 1985, ma Joie fut telle que j'ai demandé : "Jésuslaisse-moi mourir de suite !  " Car ma Joie fut telle que j'aurai bien voulu mourir de suite afin la garder, telle quelle et dans  dans l'éternité !


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Mercredi des Cendres

Message par etienne lorant » mer. 14 févr. 2018, 19:15

Livre de Joël 2,12-18.
Maintenant, oracle du Seigneur – revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour, renonçant au châtiment. Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et laisser derrière lui sa bénédiction : alors, vous pourrez présenter offrandes et libations au Seigneur votre Dieu. Sonnez du cor,  prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle, réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre ! Entre le portail et l’autel, les prêtres, serviteurs du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n’expose pas ceux qui ’appartiennent à l’insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu’on dise : “Où donc est leur Dieu ?” » Et le Seigneur s’est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

Psaume 51(50),3-4.5-6ab.12-13.14.17.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j'ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.




Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare: ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »  

"Face à cette avalanche de textes, a dit notre prêtre ce matin, que pourrais-je ajouter encore! " Et de se plaindre que, souvent, à longueur de textes, tout est dit en ne laissant guère de place à une méditation toute personnelle....

En parlant ainsi, il n'aura fait que dire tout ce que nous avons ressenti - du moins l'un ou l'autre des fidèles présents qui, comme moi, ont soupiré comme devant la leçon d'un maître qui, sans nuance, renverrait à l'étude tous ses élèves. ..

Dès lors, l'homélie de ce jour a moins porté sur les textes que  sur l'humilité de Jésus qui a voulu assumer toutes les faiblesses des êtres humains - hormis le péché. Notre honte, si nous devions la considérer comme "absolument certaine", nous conduirait - sans aucune échappatoire - à nous maudire nous-mêmes !....  

"Nous sommes pécheresses et pécheurs, sans aucun doute, a-t-il ajouté, mais voici qui nous sauve devant Dieu: ce sont nos regrets, nos grandes amertumes, nos larmes et nos détresses, toutes choses qui ont abouti à la venue de Jésus Christ parmi nous - lequel a pris sur Lui tous les péchés du monde.

Nous portons donc ces cendres, mais ce sont les cendres de nos vies passées, nos vies renoncées, qui sont à présent nos vies refondées dans la miséricorde divine. Ce qu'il faut donc retenir, ce ne sont pas nos regrets et ce qui fit notre honte, mais bien le moment et l'instant de notre conversion, laquelle ne nous empêche pas de pleurer sur nos fautes, mais nous entraîne dans l'adoration de notre Sauveur - et dans l'amour de son nom !


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L'incrédulité peut devenir faute grave

Message par etienne lorant » mar. 13 févr. 2018, 12:36

Lettre de saint Jacques 1,12-18.
Heureux l’homme qui supporte l’épreuve avec persévérance, car, sa valeur une fois vérifiée, il recevra la couronne de la vie promise à ceux qui aiment Dieu. Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise: «Ma tentation vient de Dieu.» Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit. Puis la convoitise conçoit et enfante le péché, et le péché, arrivé à son terme, engendre la mort. Ne vous y trompez pas, bien-aimés, les présents les meilleurs, les dons parfaits, proviennent tous d’en haut, ils descendent d’auprès du Père des lumières, lui qui n’est pas, comme les astres, sujet au mouvement périodique ni aux éclipses. Il a voulu nous engendrer par sa parole de vérité, pour faire de nous comme les prémices de toutes ses créatures. [/i]

Psaume 94(93),12-13a.14-15.18-19.
Quand je dis : « Mon pied trébuche ! » ton amour, Seigneur, me soutient.
Quand d'innombrables soucis m'envahissent, tu me réconfortes et me consoles
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,14-21.
En ce temps-là, les disciples avaient oublié d’emporter des pains; ils n’avaient qu’un seul pain avec eux dans la barque. Or Jésus leur recommandé: «Attention ! Prenez garde au levain des pharisiens et au levain d’Hérode» Mais ils discutaient entre eux sur ce manque de pains. Jésus s’en rend compte et dit : « Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas! Vous ne vous rappelez pas ? Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins? » Ils dirent :« Douze. Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ?» Ils lui répondirent:«Sept » Il leur disait:« vous ne comprenez pas encore? »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Les propres disciples de Jésus s'égarent parfois dans des réflexions et des interrogations futiles et, pire que cela, ils se mettent à douter. Ils ont oublié d'emporter leur provision de pain pour la traversée de la mer de Galilée et, aussitôt  leur foi trébuche, ils retombent dans leurs peurs, dans la crainte de l'avenir. C'est une peur liée à leur ventre, c'est-à-dire "à leurs tripes", à leurs instincts primaires. Ils ont assisté au miracle de la multiplication des pains et des poissons, mais leurs esprit, après la stupeur du miracle, est bien vite retombé dans les soucis de l'immédiat: "Malheur à nous, nous avons oublié de prendre des  les provisions !"

Il en résulte une sorte de quiproquo quasiment burlesque, par lequel l’Évangile du jour nous pointe du doigt, d'un air de dire: "Vous aussi, les fidèles, comment doutez-vous encore!", Comment se fait-il, après tous les signes qui vous ont été donnés - à chacun et chacune selon ses besoins les plus intimes - comment est-il possible que vous retombiez aussi vite dans ces peurs enfantines, viscérales, celles qui finissent en cris tremblements !!!
" Mais qu'à cela ne tienne, avec la patience d'une maman pour ses enfants,Jésus recommence à leur apprendre la foi....

De telle sorte, a dit notre prêtre, que nombreux sont les "scribes de notre temps" cherchent une interprétation "ésotérique" des manifestations de l'amour de Dieu. Comme si l'on pouvait, hors de la foi, trouver des explications humaines à la manifestation du divine!  Dans la première lecture, l'apôtre saint Jacques met en garde ses lecteurs contre de telles analyses humaines qui aboutissent à dire - en un véritable blasphème :  «Ma tentation vient de Dieu.»  Que le Seigneur nous en préserve de tomber aussi bas et d'entrer dans le jeu du Menteur...

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Les signes jaillissent des cœurs

Message par etienne lorant » lun. 12 févr. 2018, 10:38

Lettre de saint Jacques 1,1-11.
Jacques, serviteur de  du Seigneur Jésus Christ, aux douze tribus de la Diaspora, salut !
Considérez comme une joie extrême, mes frères, de buter sur toute sorte d’épreuves. Vous le savez, une telle vérification de votre foi produit l’endurance, et l’endurance doit s’accompagner d’une action parfaite, pour que vous soyez parfaits et intègres, sans que rien ne vous manque. Mais si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, lui qui donne à tous sans réserve et sans faire de reproches : elle lui sera donnée. Mais qu’il demande avec foi, sans la moindre hésitation, car celui qui hésite ressemble aux vagues de la mer que le vent agite et soulève. Qu’il ne s’imagine pas, cet homme-là, qu’il recevra du Seigneur quoi que ce soit, s’il est partagé, instable dans toute sa conduite. Que le frère d’humble condition tire sa fierté d’être élevé, et le riche, d’être humilié, car il passera comme l’herbe en fleur. En effet, le soleil s’est levé, ainsi que le vent brûlant, il a desséché l’herbe, sa fleur est tombée, la beauté de son aspect a disparu ; de même, le riche se flétrira dans toutes ses entreprises.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,11-13.
En ce temps-là, les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus ; pour le mettre à l’épreuve, ils cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel. Jésus soupira au plus profond de lui-même et dit : « Pourquoi cette génération cherche-t-elle un signe ? Amen, je vous le déclare: aucun signe ne sera donné à cette génération. » Puis il les quitta, remonta en barque, et il partit vers l’autre rive.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


On est parfois tout admiratif en considérant comment les textes des lectures se répondent l'un à l'autre et enrichissent la perception de l'amour de Dieu pour nous. Ce fut encore le cas ce matin, pour raviver en nous la compréhension bienheureuse de l'amour de Dieu.

Ainsi, même les épreuves que nous supportons, que ce soit dans notre corps ou bien face aux troubles qui s'accumulent dans la vie en société, nous trouverons toujours des occasions de grandir dans la foi. Oui, nous rencontrons beaucoup d'épreuves, qu'il s'agisse de contrariétés, d'angoisses diverses, de malaises, de maladies ainsi que des reproches que nous savons n'avoir pas mérité. Il arrive assez souvent que nous accomplissions de bonnes actions et qu'elles nous soient reprochées ensuite. Telle personne que nous connaissons manque d'ordre: elle égare pratiquement chaque objet quelle touche et se lamente de ses distractions nombreuses.  Elle se lamente de cet état, elle en souffre mais, de ce fait, elle ne se vante pas des bonnes actions qu'elle accomplit. Et c'est ainsi qu'elle acquiert mérites sur mérites mais sans pouvoir jamais s'en féliciter. Cette âme ne voit que ce qu'elle doit améliorer en elle-même: elle voudrait briller mais ne se  rend pas compte qu'elle brille déjà beaucoup !

C'est tout le contraire de l'âme qui compte ses bonnes actions, qui s'en réjouit comme si toutes ses bonnes œuvres  ne procédaient que d'elle-même. Et le jour où l'épreuve la touche, elle se met aussitôt à récriminer et elle annule ainsi le bénéfice de ses bonnes œuvres. Quiconque veut bien l'entendre s'en réjouira: l'amour de Dieu - et du prochain pour l'amour de Dieu, cela ne procède pas d'un calcul, mais d'un constant recours à l'amour de Dieu. Sans la miséricorde divine, nous sommes condamnés - comme les pharisiens dans l’Évangile du jour - à réclamer des signes avant de croire.  Or, les signes sont dans nos cœurs: ouvrons nos cœurs  dans l'amour de Dieu et nous produirons des signes sans y songer un songer un seul instant !



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Idolâtries et conversions subites.

Message par etienne lorant » sam. 10 févr. 2018, 16:56

Premier livre des Rois 12,26-32.13,33-34.
Jéroboam se dit : « Maintenant, le royaume risque fort de se rallier de nouveau à la maison de David. Si le peuple continue de monter à Jérusalem pour offrir des sacrifices dans la maison du Seigneur, le cœur de ce peuple reviendra vers son souverain, Roboam, roi de Juda, et l’on me tuera. » Après avoir tenu conseil, Jéroboam fit fabriquer deux veaux en or, et il déclara au peuple : « Voilà trop longtemps que vous montez à Jérusalem ! Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte. » Il plaça l’un des deux veaux à Béthel, l’autre à Dane, et ce fut un grand péché. Le peuple conduisit en procession celui qui allait à Dane. Jéroboam y établit un temple à la manière des lieux sacrés. Il institua des prêtres pris n’importe où, et qui n’étaient pas des descendants de Lévi. Jéroboam célébra la fête le quinzième jour du huitième mois, fête pareille à celle que l’on célébrait en Juda, et il monta à l’autel. Il fit de même à Béthel en offrant des sacrifices aux veaux qu’il avait fabriqués ; il établit à Béthel les prêtres des lieux sacrés qu’il avait institués. Après ces événements, Jéroboam persévéra dans sa mauvaise conduite ; il continua d’instituer n’importe qui comme prêtres des lieux sacrés : il donnait l’investiture à tous ceux qui le désiraient, pour en faire des prêtres des lieux sacrés. Tout cela fit tomber dans le péché la maison de Jéroboam, entraîna sa ruine et provoqua sa disparition de la surface de la terre.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8,1-10.
En ces jours-là, comme il y avait de nouveau une grande foule, et que les gens n’avaient rien à manger, Jésus appelle à lui ses disciples et leur dit : « J’ai de la compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en chemin, et certains d’entre eux sont venus de loin. » Ses disciples lui répondirent : « Où donc pourra-t-on trouver du pain pour les rassasier ici, dans le désert ? » Il leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils lui dirent : « Sept. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Puis, prenant les sept pains et rendant grâce, il les rompit, et il les donnait à ses disciples pour que ceux-ci les distribuent ; et ils les distribuèrent à la foule. Ils avaient aussi quelques petits poissons, que Jésus bénit et fit aussi distribuer. Les gens mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles. Or, ils étaient environ quatre mille. Puis Jésus les renvoya. Aussitôt, montant dans la barque avec ses disciples, il alla dans la région de Dalmanoutha.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les textes de ce samedi mettent en opposition fausse relation à Dieu et l'attention, l'écoute attentive de la Parole de Dieu laquelle est déjà, en elle-même, la nourriture essentielle de l'âme. Par contraste, la première lecture nous montre des hommes et des femmes qui participent à des cultes qui sont ne sont que des copies d'attitudes religieuses qui peuvent passer pour une pratique religieuse. Mais dans un tel cas, seules les apparences, dans quelques signes de reconnaissance de l'un à l'autre peuvent laisser croire à la possibilité d'une élévation de l'esprit. De telles religions appartiennent plutôt à des choix d'économie, de politique, d'une pensée de l'homme sur l'homme, toutes sortes de choses qui peuvent conduire à des bizarreries comme ces bains en eau glacées que l'on pratique dans les pays nordiques - ou plus couramment des confréries reposant surtout à l'appartenance à l'un ou l'autre système de "classes sociales"...

Notre religion, quant à elle,  nous engage à reconnaître quiconque veut participer tout à fait librement  aux sacrements qui vérifient l'authenticité de cette démarche.  Si nous sommes sincères dans cette démarche religieuse, d'autres signes apparaîtront d'eux-mêmes dans la vie courante à l'extérieur du lieu de culte. Ces signes sont nombreux et divers. Tel homme qui buvait se met à réduire sa consommation d'alcool; un autre entreprend de ne plus fumer; un homme d'affaires consacrera une partie de ses bénéfices au soutien d'associations caritatives, etc.  Comment tous ces fidèles, hommes et femmes, peuvent-il reconnaître la présence effective du Seigneur dans leur cœur ?  Tout simplement: à la joie qui les habite, cette joie qui n'est pas une joie de la terre, mais une joie qui envahit tout l'être sans aucune cause humaine, car elle est issue de Dieu seul.

Une telle Joie m'a envahi tout l'après-midi du treize mai 2004 - c'est très précis ! - soit: le troisième jour de sevrage de tabac. Ce que j'ai pu souffrir ce jour-là !, mais d'un à l'autre la Joie m'a envahi tout entier au point que je me suis exclamé: "Seigneur, garde moi dans cette joie !  Mais bien sûr, le lendemain les sensations pénibles sont revenues - mais je savais bien que je ne fumerai jamais plus.

Notre prêtre, quant à lui, a évoqué le cas de conversions soudaines qui conduisent tout droit, soudainement, au sacrement de confession. Des personnes qui n'y avaient jamais songé, songé après sans avoir éprouvé cette forme de "brûlure intérieure", laquelle les a "projetés"jeté au "tribunal de la miséricorde divine". Ils en sont ressortis avec l'esprit  renouvelé et ne sachant pas encore qui devenir ensuite...

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Déchirements et ouvertures

Message par etienne lorant » ven. 09 févr. 2018, 22:41

Premier livre des Rois 11,29-32.12,19.
Un jour que Jéroboam était sorti de Jérusalem, il fut arrêté en chemin par le prophète Ahias de Silo; celui-ci portait un manteau neuf, et tous deux étaient seuls dans la campagne. Ahias prit le manteau neuf qu’il portait et le déchira en douze morceaux. Puis il dit à Jéroboam: «Prends pour toi dix morceaux, car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël: Voici que je vais déchirer le royaume en l’arrachant à Salomon, et je te donnerai dix tribus. Il lui restera une tribu, à cause de mon serviteur David, et de Jérusalem, la ville que je me suis choisie parmi toutes les tribus d’Israël. Les dix tribus d’Israël rejetèrent la  maison de David, et cette situation dure encore aujourd’hui où ceci est écrit.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,31-37.
En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole. Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui. Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit:« Effata! » c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s’ouvrirent; sa langue se délia et il parlait correctement. Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient. Extrêmement frappés, ils disaient: «Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets».

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

En dépit de la sagesse qu'il avait reçue de Dieu, Salomon s'est perverti au point de participer à des rites païens, comme pour complaire aux visiteurs venus le rencontrer d'un peu partout car sa réputation de résoudre les énigmes les plus difficiles attirait beaucoup de visiteurs. Mais en gaspillant les talents reçus de Dieu, il s'éloigne plus encorne des volontés divines... En souriant, notre prêtre a rappelé comme sont nombreux les hommes et  les femmes se laissent tenter de la même façon: on prie pour une promotion, pour la réussite d'un projet particulier, pour gagner la sympathie d'un concurrent, pour rencontrer son futur conjoint...
Mais on prie bien peu pour discerner la volonté de Dieu. Eh bien, en cela, nous faisons  comme Salomon vieillissant ! Car nous gaspillons des grâces en leur substituant nos désirs, une vie facile, un enrichissement monétaire, un métier qui rapporte (à la place d'un métiers qui pourtant nous comblerait...)  Ce matin, je me suis souvenu de Philippe, un copain d'enfance. Nous avons vécu dans le même quartier et nos parents nous laissaient jouer ensemble, étudier, puis voyager. Nous rêvions de piloter un avion et nous ne manquions aucun "Show aérien"...

Et puis tout s'est gâché du fait des différences de "classe sociale". Incroyable mais vrai !Ma rue était celle des salariés. Mon copain était contremaître dans une proche usine proche et habitait maison qui fut autrefois un coron: une cinquantaine de maisons, toutes de même étage et toutes sur le même modèle à l'intérieur comme à l'extérieur. La troisième rue - une large avenue était tout entière réservées aux "professions libérales". Aussi longtemps qu'il ne s'agissait que d'amitiés d'enfance, tout allait bien.  Mais dès l'adolescence, gare aux mésalliances ! Chacun chez soi!  Malgré ces interdits, la mère d'une voisine est venue me trouver à la boutique afin que je plaide auprès de son époux, contremaître à l'usine Casterman, en faveur de leur fille Isabelle..  Il voulait la  prendre à l’ usine : mais elle désirait devenir institutrice. Ce fut la première fois que j'ai dû boire un alcool fort  (sans tousser, dur-dur !) et jouer mon rôle de "diplomate".  Sa réussi avec la grande distinction
mais ne m'a plus jamais salué,!

Notre prêtre nous a raconté comment lui-même fut renié par sa propre famille: on le voyait bien devenir médecin - certes pas curé ! Ces commentaires peuvent paraître s'éloigner des textes de la Liturgie... si ce n'est que pour les Juifs, aller prêcher auprès de Grecs en pays étranger. C'est que les choix de Dieu dépassent infiniment les nôtres..

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http://lectures49.over-blog.com/le-terr ... s-de-jesus


Sagesse de Salomon, richesse des commandements

Message par etienne lorant » mer. 07 févr. 2018, 20:58

Premier livre des Rois 10,1-10.
La reine de Saba avait entendu parler de la renommée de Salomon, qui faisait honneur au nom du Seigneur. Elle vint donc le mettre à l’épreuve en lui proposant des énigmes. Elle arriva à Jérusalem avec une escorte imposante: des chameaux chargés d’aromates et d’une énorme quantité d’or et de pierres précieuses. Quand elle fut parvenue auprès de Salomon, elle lui exposa les questions qu’elle avait préparées, mais Salomon trouva réponse à tout et ne fut arrêté par aucune difficulté. Lorsque la reine de Saba vit toute la sagesse de Salomon, le palais qu’il avait construit, les plats servis à sa table, le logement de ses officiers, la tenue du service et l’habillement des serviteurs, ses sommeliers, les holocaustes qu’il offrait à la maison du Seigneur, elle en eut le souffle coupé, et elle dit au roi : « Ce que j’ai entendu dire dans mon pays sur toi et sur ta sagesse, c’était donc vrai ! Je ne voulais pas croire ce qu’on disait, avant de venir et de voir de mes yeux; mais voilà qu’on ne m’en avait pas appris la moitié! Tu surpasses en sagesse et en magnificence la renommée qui était venue jusqu’à moi. Heureux tes gens, heureux tes serviteurs que voici, eux qui se tiennent continuellement devant toi et qui entendent ta sagesse ! Béni soit le Seigneur ton Dieu, qui t’a montré sa bienveillance en te plaçant sur le trône d’Israël. Parce que le Seigneur aime Israël pour toujours, il t’a établi roi pour exercer le droit et la justice. »  Elle fit présent au roi de cent vingt lingots d’or, d’une grande quantité d’aromates et de pierres précieuses ; il n’est plus jamais venu une quantité d’aromates pareille à celle que la reine de Saba avait donnée au roi Salomon.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,14-23.
En ce temps-là, appelant de nouveau la foule, Jésus disait: « Écoutez-moi tous, comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur.» Quand il eut quitté la foule pour rentrer à la maison, ses disciples l’interrogeaient sur cette parabole. Alors il leur dit: «Êtes-vous donc sans intelligence, vous aussi? Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre dans l’homme, en venant du dehors, ne peut pas le rendre impur, parce que cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, pour être éliminé? » C’est ainsi que Jésus déclarait purs tous les aliments. Il dit encore: «Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui le rend impur. Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, fraude, envie, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure. Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


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La grandeur dans l'humilité

Message par etienne lorant » mar. 06 févr. 2018, 22:08

Premier livre des Rois 8,22-23.27-30.
Lors de la consécration du Temple, Salomon se plaça devant l’autel du Seigneur, en face de toute l’assemblée d’Israël; il étendit les mains vers le ciel et fit cette prière: «Seigneur, Dieu d’Israël, il n’y a pas de Dieu comme toi, ni là-haut dans les cieux, ni sur la terre ici-bas; car tu gardes ton Alliance et ta fidélité envers tes serviteurs, quand ils marchent devant toi de tout leur cœur. Est-ce que, vraiment, Dieu habiterait sur la terre ? Les cieux et les hauteurs des cieux ne peuvent te contenir: encore moins cette Maison que j’ai bâtie! Sois attentif à la prière et à la supplication de ton serviteur. Écoute, Seigneur mon Dieu, la prière et le cri qu’il lance aujourd’hui vers toi. Que tes yeux soient ouverts nuit et jour sur cette Maison, sur ce lieu dont tu as dit: “C’est ici que sera mon nom.” Écoute donc la prière que ton serviteur fera en ce lieu. Écoute la supplication de ton serviteur et de ton peuple Israël, lorsqu’ils prieront en ce lieu. Toi, dans les cieux où tu habites, écoute et pardonne.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,1-13.
En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus, et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.  Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens; et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques: lavage de coupes, de carafes et de plats. Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus: « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens? Ils prennent leurs repas avec des mains impures.» Jésus leur répondit: «Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit:‘Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. C’est en vain qu’ils me rendent un culte, les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.’ Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes.» Il leur disait encore: «Vous rejetez bel et bien le commandement de Dieu pour établir votre tradition. En effet, Moïse a dit: ‘Honore ton père et ta mère.’ Et encore: ‘Celui qui maudit son père ou sa mère sera mis à mort.’ Mais vous, vous dites: Supposons qu’un homme déclare à son père ou à sa mère: “Les ressources qui m’auraient permis de t’aider sont ‘korbane’, c’est-à-dire don réservé à Dieu”, alors vous ne l’autorisez plus à faire quoi que ce soit pour son père ou sa mère; vous annulez ainsi la parole de Dieu par la tradition que vous transmettez. Et vous faites beaucoup de choses du même genre
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Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Les textes de ce jour mettent en balance l'humilité de Salomon d'une part, et l'hypocrisie pharisiens  d'autre part. En effet, Salomon, devant le nouveau temple qu'il a fait bâtir, se rend bien compte rend bien compte, en définitive, que le plus grand temples, le plus riche, le mieux décoré, ne saurait refléter, ne serait-ce qu'un peu, la richesse et la splendeur de la majesté divine. Mais, pour autant, Dieu ne fera raser le nouveau temple, car il perçu autant la bonne volonté que l'humilité de l'auteur du projet. D'autre part, ce monument,  il peut aviver la foi du visiteur, du pèlerin ou du fidèle qui viendra pour y prier et rechercher la volonté du Créateur.

Par contraste, l’Évangile du jour nous pointe du doigt l’hypocrisie entachée d'orgueil qui anime les pharisiens.  Ceux-ci vont jusqu'à reprocher aux disciples de s'alimenter sans avoir d'abord, purifié leurs mains selon le rituel établi. Mais, évidemment, même s'ils l'avaient voulu, les disciples n'auraient pas pu satisfaire aux rites institués dont font grand cas les pharisiens. En conclusion, notre prêtre nous a rappelé ce mot d'un converti:  "Plus l'homme se fait petit, mieux il s'élève...  Ce pénitent avait vraiment saisi  ce dont témoignent ensemble saint Luc et comme saint Matthieu : "Quiconque s'élève sera abaissé, quiconque s'abaisse sera élevé!"

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L'oeuvre de Dieu ne se lasse jamais

Message par etienne lorant » lun. 05 févr. 2018, 20:09

Premier livre des Rois 8,1-7.9-13.
En ces jours-là, Salomon rassembla auprès de lui à Jérusalem les anciens d’Israël et tous les chefs des tribus, les chefs de famille des fils d’Israël, pour aller chercher l’arche de l’Alliance du Seigneur dans la Cité de David, c’est-à-dire à Sion. Les hommes d’Israël se rassemblèrent auprès du roi Salomon au septième mois, durant la fête des Tentes. Quand tous les anciens d’Israël furent arrivés, les prêtres se chargèrent de l’Arche. Ils emportèrent l’arche du Seigneur et la tente de la Rencontre avec tous les objets sacrés qui s’y trouvaient ; ce sont les prêtres et les lévites qui les transportèrent. Le roi Salomon et, avec lui, toute la communauté d’Israël qu’il avait convoquée auprès de lui devant l’Arche offrirent en sacrifice des moutons et des bœufs : il y en avait un si grand nombre qu’on ne pouvait ni le compter ni l’évaluer. Puis les prêtres transportèrent l’Arche à sa place, dans la Chambre sainte que l’on appelle le Saint des saints, sous les ailes des kéroubim. Ceux-ci, en effet, étendaient leurs ailes au-dessus de l’emplacement de l’Arche : ils protégeaient l’Arche et ses barres. Dans l’Arche, il n’y avait rien, sinon les deux tables de pierre que Moïse y avait placées au mont Horeb, quand le Seigneur avait conclu alliance avec les fils d’Israël, à leur sortie du pays d’Égypte. Quand les prêtres sortirent du sanctuaire, la nuée remplit la maison du Seigneur, et, à cause d’elle, les prêtres durent interrompre le service divin : la gloire du Seigneur remplissait la maison du Seigneur ! Alors Salomon s’écria : « Le Seigneur déclare demeurer dans la nuée obscure. Et maintenant, je t’ai construit, Seigneur, une maison somptueuse, un lieu où tu habiteras éternellement. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,53-56.
En ce temps-là, après la traversée, abordant à Génésareth, ils accostèrent. Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus: ils parcoururent toute la région, et se mirent à apporter les malades sur des brancards là où l’on apprenait que Jésus se trouvait. Et dans tous les endroits où il se rendait, dans les villages, les villes ou les campagnes, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'image que nous livrent les lectures de ce jour  est celle d'un Dieu que l'on aurait bien voulu garder chez soi, à la maison, un peu comme l'on fait d'une toile de maître que l'on contemple et dont on ne se lasse pas. Mais ce serait une piètre religion que de contempler sans vouloir entrer véritablement dans l'oeuvre exposée...

Tout au contraire, le Seigneur vient pour habiter nos cœurs pour nous entraîner à le suivre dans l'oeuvre de l'évangélisation. C'est ainsi ainsi que l’Évangile du jour nous montre Jésus s'aventurant aux frontières d'Israël, là où le culte à Dieu est également célébré, mais sous des formes différentes. Et un peu plus tard quand commencera l'évangélisation du monde, des chemins auront déjà été esquissés par le Seigneur lui même.

Cette interprétation est parfois contestée, mais il est un signe incontournable en sa faveur: celui de la fuite en Egypte, par laquelle est concrètement retracée toute l'histoire de la marche vers la terre promise. La prophétie résume, très simplement en disant: "Égypte, j'ai appelé mon Fils". Ce qui signifie également que la bonne nouvelle du Royaume ne saurait faire l'objet d'une quelconque "confiscation" par l'une ou l'autre église.

Participer à une Eucharistie, voici ce qui nous confère une "fraternité intérieure" avec toutes âmes de tous les les nations. Cette dimension universelle, nous ne la comprenons guère facilement, mais  elle se révèle dans les paroles et les actes des missionnaires de tous pays et de toutes langues qui continuent sans fin de publier la bonne nouvelle du Royaume des Cieux.  Pour conclure, notre prêtre nous a rappelé que lors de l'exploration des Amériques, la question fut posée: les hommes noirs de peau et les indiens possédaient-il une âme ? La réponse est OUI - et notre prêtre d'ajouter que si les hommes devaient un jour poser le pied sur une planète habitée, il en serait de même - du moins si nous croyons véritablement que Dieu a crée le ciel et la terre et tout ce qu'elle contient...

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La Parole pénètre les reins et les coeurs

Message par etienne lorant » sam. 03 févr. 2018, 15:43

Premier livre des Rois 3,4-13.
En ces jours-là, le roi Salomon se rendit à Gabaon, alors le lieu sacré le plus important, pour y offrir un sacrifice; il immola sur l’autel un millier de bêtes en holocauste. À Gabaon, pendant la nuit, le Seigneur lui apparut en songe. Dieu lui dit: «Demande ce que je dois te donner.» Salomon dit: «Tu as traité ton serviteur David, mon père, avec  grande fidélité, lui qui a marché en ta présence dans la loyauté, la justice et la droiture de cœur envers toi. Tu lui as gardé cette grande fidélité, tu lui as donné un fils qui est assis maintenant sur son trône. «Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, c’est toi qui m’as fait roi, moi, ton serviteur, à la place de David, mon père or, je suis un tout jeune homme, ne sachant comment se comporter, et me voilà au milieu du peuple que tu as élu; c’est un peuple nombreux, si nombreux qu’on ne peut ni l’évaluer ni le compter. Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal; sans cela, comment gouverner ton peuple, qui est si important ». Cette demande de Salomon plut au Seigneur, qui lui dit: «Puisque c’est cela que tu as demandé, et non pas de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis, mais puisque tu as demandé le discernement, l’art d’être attentif et de gouverner, je fais ce que tu as demandé: je te donne un cœur intelligent et sage, tel que personne n’en a eu avant toi et que personne n’en aura après toi.» De plus, je te donne même ce que tu n’as pas demandé, la richesse et la gloire, si bien que pendant toute ta vie tu n’auras pas d’égal parmi les rois.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,30-34.
En ce temps-là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné. Il leur dit: «Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu.» De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les gens les virent s’éloigner et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le discernement et la sagesse dont a bénéficié Salomon afin de bien gouverner Israël, la voici qui est conférée aux apôtres lors de leur premier envoi en mission. Les voici qui reviennent. Tous auraient besoin d'un temps de repos, mais le peuple a deviné leur intention  au point d'y parvenir avant eux. Et finalement, c'est Jésus qui reprend l'enseignement dont ils sont devenus avides. Quelle est donc cette sagesse nouvelle, qui dépasse ce que les hommes peuvent imaginer d'être la sagesse?

Il existe en effet diverses formes de sagesse qui sont toujours enseignées, entendues et gardées par les hommes. Cependant, toutes les sagesses des hommes peuvent-elles rendre compte de l'amour de Dieu, de sa force et de son dynamisme ?  

Non, il n'en n'est pas ainsi, car les formes de sagesse explorées par les hommes finissent  toujours par se contredirent entre elles. Peuvent le comprendre celles et ceux qui ont eu l'occasion d'apprendre la signification et le contenu des termes employés dans les raisonnements. La philosophie - c'est-à-dire: la sagesse strictement humaine, repose entièrement sur la raison. Elle n'est accessible qu'à des disciples du raisonnement, de la logique et du contenu des concepts employés. En sorte que peu nombreux ceux qui saisissent son déroulement - et moins nombreux encore ceux qui parviendront à vivre selon ses préceptes ! En effet, son langage repose strictement sur la raison - mais l'homme est beaucoup plus sa raison.  En quoi les amoureux vivent-ils leurs relations selon la logique de la raison? Tout cela est loin d'être satisfaisant.

Par contre, l'enseignement de Jésus saisit tout ce qu'il y a dans l'homme et rend manifeste que son être est intimement lié à Dieu son créateur. Cet enseignement repose sur l'amour de Dieu pour nous - lequel nous entraîne à aimer comme Dieu aime.

Tous les disciples de Jésus sont des convertis. Et les convertis pensent et agissent selon l'amour de Dieu. Si la foule poursuit les disciples, c'est du fait qu'ils ont véritablement éprouvé en eux la splendeur infinie de l'Amour. Sinon, comment pourraient-ils négliger leur famille et leurs affaires afin de suivre et poursuivre les apôtres ?  

Comme ils sont heureux et soulagés les hommes et les femmes touchés par la grâce divine !  Ils désirent vivre et aimer tout à fait comme Dieu aime ! Notre prêtre a rapporté ce mot d'un converti : "Comme j'aurais voulu mourir de suite pour demeurer dans cette Joie !" Tous comprennent donc le sens des mots "exilés sur la terre"... mais c'est une terre qu'ils ensemenceront à leur tour avec, ici et là, des signes hors du commun.  Si la logique s'adresse à la raison, l'amour de  Dieu met en marche l'être entier vers le Royaume des Cieux.


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