Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

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L'enlèvement des justes au dernier jour

Message par etienne lorant » Aujourd’hui, 10:58

Deuxième livre des Rois 2,1.6-14.
Voici comment le Seigneur enleva Élie au ciel dans un ouragan. Ce jour-là, Élie et Élisée étaient partis de Guilgal. Arrivés à Jéricho, Élie dit à Élisée : « Arrête-toi ici ; et moi, le Seigneur m’envoie au Jourdain. » Mais Élisée répliqua :  Par le Seigneur qui est vivant, et par ta vie, je ne te quitterai pas. » Ils continuèrent donc tous les deux. Cinquante frères-prophètes, qui les avaient suivis, s’arrêtèrent à distance, pendant que tous deux se tenaient au bord du Jourdain. Élie prit son manteau, le roula et en frappa les eaux, qui s’écartèrent de part et d’autre. Ils traversèrent tous deux à pied sec. Pendant qu’ils passaient, Élie dit à Élisée : « Dis-moi ce que tu veux que je fasse pour toi avant d’être enlevé loin de toi. » Élisée répondit : « Que je reçoive une double part de l’esprit que tu as reçu ! » Élie reprit : « Tu demandes quelque chose de difficile : tu l’obtiendras si tu me vois lorsque je serai enlevé loin de toi. Sinon, tu ne l’obtiendras pas. » Ils étaient en train de marcher tout en parlant lorsqu’un char de feu, avec des chevaux de feu, les sépara. Alors, Élie monta au ciel dans un ouragan. Élisée le vit et se mit à crier : « Mon père !... Mon père !... Char d’Israël et ses cavaliers ! » Puis il cessa de le voir. Il saisit ses vêtements et les déchira en deux. Il ramassa le manteau qu’Élie avait laissé tomber, il revint et s’arrêta sur la rive du Jourdain. Avec le manteau d’Élie, il frappa les eaux, mais elles ne s’écartèrent pas. Élisée dit alors : « Où est donc le Seigneur, le Dieu d’Élie ? » Il frappa encore une fois, les eaux s’écartèrent, et il traversa.

Psaume 31(30),20.21.24.
Qu'ils sont grands, tes bienfaits !
Tu les réserves à ceux qui te craignent.
Tu combles, à la face du monde,
ceux qui ont en toi leur refuge.

Tu les caches au plus secret de ta face,
loin des intrigues des hommes.
Tu leur réserves un lieu sûr,
loin des langues méchantes.

Aimez le Seigneur, vous, ses fidèles :
le Seigneur veille sur les siens ;
mais il rétribue avec rigueur
qui se montre arrogant
.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare: ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Un homme a beau être l'un des plus grands prophètes dans l'histoire universelle, il n'échappera pas à la mort, chariot de feu ou pas... Pour tous les hommes, masculins ou féminin, visionnaires ou pas, le seul fait de songer à ce passage inévitable pousse à baisser la tête comme à l'annonce d'une incontournable calamité. La qualité de notre n'empêche pas la douleur et comme un sentiment d'impossible ... Mais pour ce qui me concerne, je me souviendrai jusqu'à mon dernier jour, du visage paisible, aux formes pleines de son visage : tout comme si, d'un instant à l'autre, il allait ouvrir les yeux et se remettre à parler. Le contraste était vraiment saisissant: nous étions quatre et nous nous sommes étonnés tous en même temps: "C'est incroyable, on dirait vraiment qu'il va se relever et nous parler! Même son médecin nous en fit la remarque.

Avant lui, j'avais bien sûr déjà vu d'autres "masques funéraires", beaucoup d'entre eux étaient très p très paisibles, mais aucun ne m'avait donné cette impression - telle qu'il me fit m'exclamer comme le firent ma mère et mes sœurs : "On dirait vraiment qu'il va se relever d'un instant à l'autre et nous parer !"
Or, trois jours jours auparavant, j'avais usé d'autorité -en plein accord avec les membres de ma famille, j'avais menacé ce médecin pour qu'il mette fin à un acharnement thérapeutique insensé: sondes de gavages dans la bouche descendant jusqu'à l'estomac, les bras grossièrement retenus entravés par des linges des deux côté du lit... ce qui faisait immanquablement songer à une sorte de "crucifixion thérapeutique"!

Deux jours avant son décès, il se pris ses repas assis à une table. Il nous avait parlé en nous disant de ne pas venir trop souvent, car il désirait se "recueillir"...

Je conclus ce souvenir toujours très vifs en moi en citant l’Évangile : "Toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra."


De la Loi du Talion à la misércorde

Message par etienne lorant » Hier, 13:16

Premier livre des Rois 21,17-29.
Après la mort de Naboth, la parole du Seigneur fut adressée au prophète Élie de Tishbé : « Lève-toi, va trouver Acab, qui règne sur Israël à Samarie. Il est en ce moment dans la vigne de Naboth, où il s’est rendu pour en prendre possession. Tu lui diras : “Ainsi parle le Seigneur : Tu as commis un meurtre, et maintenant tu prends possession. C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur : À l’endroit même où les chiens ont lapé le sang de Naboth, les chiens laperont ton sang à toi aussi.» Acab dit à Élie: « Tu m’as donc retrouvé, toi, mon ennemi ! » Élie répondit: « Oui, je t’ai retrouvé. Puisque tu t’es déshonoré en faisant ce qui est mal aux yeux du Seigneur, je vais faire venir sur toi le malheur : je supprimerai ta descendance, j’exterminerai tous les mâles de ta maison, esclaves ou hommes libres en Israël. Je ferai à ta maison ce que j’ai fait à celle de Jéroboam, fils de Nebath, et à celle de Baasa, fils d’Ahias, tes prédécesseurs, car tu as provoqué ma colère et fait pécher Israël. Et le Seigneur a encore cette parole contre Jézabel : “Les chiens dévoreront Jézabel sous les murs de la ville de Yizréel !” Celui de la maison d’Acab qui mourra dans la ville sera dévoré par les chiens ; celui qui mourra dans la campagne sera dévoré par les oiseaux du ciel. »  On n’a jamais vu personne se déshonorer comme Acab en faisant comme lui ce qui est mal aux yeux du Seigneur, sous l’influence de Jesabel. Il s’est conduit d’une manière abominable en s’attachant aux idoles, comme faisaient les Amorites que le Seigneur avait chassés devant les Israélites. Quand Acab entendit les paroles prononcées par Élie, il déchira ses habits, se couvrit le corps d’une toile à sac – un vêtement de pénitence  et il jeûnait, il gardait la toile à sac pour dormir, et il marchait lentement. Alors la parole du Seigneur fut adressée à Élie: « Tu vois comment Acab s’est humilié devant moi ! Puisqu’il s’est humilié devant moi, je ne ferai pas venir le malheur de son vivant ; c’est sous le règne de son fils que je ferai venir le malheur sur sa maison. »

Psaume 51(50),3-4.5-6ab.11.16.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j'ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait.

Détourne ta face de mes fautes,
enlève tous mes péchés.
Libère-moi du sang versé, Dieu, mon Dieu sauveur,
et ma langue acclamera ta justice.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
«Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'homme est toujours prompt à estimer, juger, condamner et exécuter. Ayant mis de coté le commandement de l'amour, déclaré utopique, il n'est resté qu'une justice qui ne parvient jamais à réconcilier le criminel et sa victime.  Lorsque des tueurs sadiques ont fini de purger des dizaines d'années d’emprisonnement, vont-ils de nouveau retrouver une place dans la société sans rencontrer de problèmes ?  Bien sûr que non : la tache de l'infamie est à jamais gravée sur leur visage...

Afin d'enrayer un tel processus, il faut que les hommes se convertissent en se rendant compte qu'ils peuvent très bien devenir comme ceux à qui ils ne pardonnent pas.  Ce n'est vraiment pas pour rien que l'on pratique l'humilité ! Et ce n'est pas pour rien que l'Eglise nous engage, en temps et en heure, à procéder à un examen de conscience suivi d'un aveu qui coûte d'autant plus lorsqu’il est parfaitement sincère: ce sacrement, quand bien même il aboutit à une entière absolution, n'a jamais été vécu sans peine. Eh quoi: se "déballonner" devant un inconnu est toujours d'autant plus pénible que l'on cherche à être parfaitement sincère et vrai dans l'aveu...

Cependant, la pratique de de la miséricorde envers autrui, voici qui peut permettre, tout autant, de libérer l'âme en pardonnant à ceux qui à ceux qui nous ont blessés. Car ce pardon présuppose également un grand effort de la conscience sur elle-même. Et le prêtre de conclure: si vous éprouvez n'avoir rien que votre conscience que vous reprocher, c'est que vous n'avez pas non plus besoin de venir à une Eucharistie -ni même de religion...


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Re: La foi mûrit dans l'épreuve

Message par Niel » Hier, 9:26

Cependant, c'est au cours de cette épreuve, étalée sur trois années, que je m'étais remis à prier couramment, sans me lasser, en recherchant quelle est la volonté de Dieu sur moi. Pour quiconque lira ceci, je peux désormais conseiller de toujours garder en esprit que les événements pénibles de l'existence, les accidents comme les maladies, les méchancetés subies et jusqu'aux injustes humiliations peuvent nous grandir plutôt que de nous détruire ...
Je n'ai appris ça que récemment, suite à une épreuve ou je me trouve toujours maintenant. Ça fait exactement 7mois aujourd'hui que j'ai trouvé ce site et me suis tout de suite inscrit pour demander de l'aide.
Mon épreuve m'a emmené à grandir dans ma foi et en ma confiance en Dieu, à prier couramment et constamment. Au début, ça était très dur de ne rien comprendre, mais au fil du temps, et avec la grâce de Dieu, je commence à y voir plus claire; on m'a dit que l'épreuve consiste justement à continuer à croire quand toute notre possibilité est dépassé. C'est là qu'on doit grandir notre foi en Dieu, car rien n'est impossible à Lui. Si nous savons nous tourner totalement vers Lui, Il saura toujours nous faire sortir plus fort et vainqueur de l'épreuve.
Maintenant, j’apprends à vivre au jour le jour, tout en espérant que l'un de ces prochains jours, Dieu me fera moissonner ce que j'ai semé avec larmes, comme Il a promis.

La foi mûrit dans l'épreuve

Message par etienne lorant » lun. 18 juin 2018, 10:29

Premier livre des Rois 21,1-16.
En ce temps-là, Naboth, de la ville de Yizréel, possédait une vigne à côté du palais d’Acab, roi de Samarie. Acab dit un jour à Naboth: «Cède-moi ta vigne; elle me servira de jardin potager, car elle est juste à côté de ma maison; je te donnerai en échange une vigne meilleure, ou, si tu préfères, je te donnerai l’argent qu’elle vaut.» Naboth répondit à Acab : « Que le Seigneur me préserve de te céder l’héritage de mes pères!» Acab retourna chez lui sombre et irrité, car que Naboth lui avait dit: « Je ne te céderai pas l’héritage de mes pères » Il se coucha sur son lit, tourna son visage vers le mur, et refusa de manger. Sa femme Jézabel vint lui dire: «Pourquoi es-tu !rr!té ? Pourquoi ne veux-tu pas manger ? » Il répondit : « J’ai parlé à Naboth de Yizréel. Je lui ai dit : “Cède-moi ta vigne pour de l’argent, ou si tu préfères, pour une autre vigne en échange.” Mais il a répondu : “Je ne te céderai pas ma vigne !” » Alors sa femme Jézabel lui dit : « Est-ce que tu es le roi d’Israël, oui ou non ? Lève-toi, mange, et retrouve ta bonne humeur : moi, je vais te donner la vigne de Naboth.» Elle écrivit des lettres au nom d’Acab, les scella du sceau royal, et elle les adressa aux anciens et aux notables de la ville où habitait Naboth. Elle avait écrit : « Proclamez un jeûne, et faites comparaître Naboth devant le peuple. Placez en face de lui deux vauriens qui témoigneront contre lui : “Tu as maudit Dieu et le roi !” Ensuite, faites-le sortir de la ville, lapidez-le, et qu’il meure! » Les anciens et les notables qui habitaient la ville de Naboth firent ce que Jézabel avait ordonné dans ses lettres. Ils proclamèrent un jeûne et firent comparaître Naboth devant le peuple. Alors arrivèrent les deux individus qui se placèrent en face de lui et portèrent contre lui ce témoignage: « Naboth a maudit Dieu et le roi. » On fit sortir Naboth de la ville, on le lapida, et il mourut. Puis on envoya dire à Jézabel : « Naboth a été lapidé et il est mort. » Lorsque Jézabel en fut informée, elle dit à Acab : « Va, prends possession de la vigne de ce Naboth qui a refusé de la céder pour de l’argent, car il n’y a plus de Naboth : il est mort. » Quand Acab apprit que Naboth était mort, il se rendit à la vigne de Naboth et en prit possession.

Psaume 5,2-3.5-6ab.6c-7.
Écoute mes paroles, Seigneur,
comprends ma plainte ;
entends ma voix qui t'appelle,
ô mon Roi et mon Dieu !

Tu n'es pas un Dieu ami du mal,
chez toi, le méchant n'est pas reçu.
Non, l'insensé ne tient pas
devant ton regard.

Tu détestes tous les malfaisants,
tu extermines les menteurs ;
l'homme de ruse et de sang,
le Seigneur le hait.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,38-42.
En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Aujourd'hui, les textes nous donnent une leçon de prudence. Il est certes possible de résister aux méchants, mais il faut bien examiner dans quelle mesure le fait de résister peut nous causer un dommage encore plus important. Ce n'est pas une question de morale, mais tout simplement: une leçon de sagesse. Cela m'a fait souvenir du temps où l'un de mes concurrents en brocante a cherché à me faire "couler". Lui vendait toutes sortes d'articles que l'on peut trouver dans une maison: depuis les meubles jusqu'aux tapis, depuis la cave jusqu'au grenier.  J'étais spécialisé en articles culturels : livres, bandes dessinées, films, disques, jeux électroniques, documents anciens et autres... Dans mon domaine, je réussissais bien, car je connaissais bien mes articles et je pouvais conseiller ma clientèle sur tel ou tel articles : en matière de lectures, j'étais capables d'orienter les choix de , mes clients.  Je leur demandais quels romans ils avaient appréciés et je parvenais souvent à conseiller tel ou tel auteurs, de telle sorte que l'on vint aussi me demander d'assister des étudiants dans l'analyse littéraire en vue de leurs examens de "fin de cycle".


Était-ce par jalousie ?  En tout cas, il fit en sorte que des policiers vinrent me demander de pouvoir consulter mes bordereaux d'achats. Evidemment, il n'y avait rien à me reprocher: toute ma comptabilité et mes documents administratifs était en ordre.  Mais de ma part, ce fut une grossière erreur de  payer un avocat en vue d'une parution en audience du tribunal. Après trois années d'angoisse, je me suis effectivement retrouvé à l'audience d'un magistrat qui m'a simplement déclaré : "Monsieur, avez-vous reçu reçu un document, une inculpation,  un document, de mise en examen ?" -  Non, bien sûr, mais il est divertissant pour ce tribunal de demander à votre votre avocat comment juger quelqu'un sur lequel ne repose aucune charge, pas la moindre soupçon ?  C'est donc votre avocat que je vais interroger maintenant, au plus grand plaisir de cette Cour ! "


Cependant, c'est au cours de cette épreuve, étalée sur trois années, que je m'étais remis à prier couramment, sans me lasser, en recherchant quelle est la volonté de Dieu sur moi. Pour quiconque lira ceci, je peux désormais conseiller de toujours garder en esprit que les événements pénibles de l'existence, les accidents comme les maladies, les méchancetés subies et jusqu'aux injustes humiliations peuvent nous grandir plutôt que de nous détruire ...


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Foi d'abandon dans l'amour de Dieu

Message par etienne lorant » ven. 15 juin 2018, 9:16

Premier livre des Rois 19,9a.11-16.
En ces jours-là, lorsque le prophète Élie fut arrivé à l’Horeb, la montagne de Dieu, il entra dans une caverne et Il y passa ,y passa la nuit. Le Seigneur dit: «Sors et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur, car il va passer.» À l’approche du Seigneur, il y eut un ouragan, si fort et si violent qu’il fendait les montagnes et brisait les rochers, mais le Seigneur n’était pas dans l’ouragan; et après l’ouragan, il y eut un tremblement de terre, mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre; et après ce tremblement de terre, un feu, mais le Seigneur n’était pas dans ce feu; et après ce feu, le murmure d’une brise légère. Aussitôt qu’il l’entendit, Élie se couvrit le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Alors il entendit une voix qui disait: « Que fais-tu là, Élie ? » Il répondit : « J’éprouve une ardeur jalouse pour toi, Seigneur, Dieu de l’univers. Les fils d’Israël ont abandonné ton Alliance, renversé tes autels, tué tes prophètes par l’épée ; moi, je suis le seul à être resté et ils cherchent à prendre ma vie. » Le Seigneur lui dit: « Repars vers Damas, par le chemin du désert. Arrivé là, tu consacreras par l’onction Hazaël comme roi de Syrie; puis tu consacreras Jéhu, fils de Namsi, comme roi d’Israël ; et tu consacreras Élisée, fils de Shafath, d’Abel-Mehola, comme prophète pour te succéder.


Psaume 27(26),7-8ab.8c-9abc.13-14.
Écoute, Seigneur, je t'appelle !
Pitié ! Réponds-moi !
Mon cœur m'a redit ta parole :
« Cherchez ma face. »

C'est ta face, Seigneur, que je cherche :
ne me cache pas ta face.
N'écarte pas ton serviteur avec colère :
tu restes mon secours.

Mais, j'en suis sûr, je verrai les bontés du Seigneur
sur la terre des vivants.
« Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ;
espère le Seigneur. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,27-32.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : ‘Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère.
»

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La docilité du prophète nous est donnée en exemple.  Entre Dieu et lui, le lien de la docilité en tout temps est celui qui prévaut quelles que soient les circonstance en tout temps. Quelles que soient les circonstances , la mission qui lui est conférée, l'homme de Dieu n'hésite pas, il ne pose pas de question et il n'est pas inquiet de l'avenir, pour ce qui l'attend là où il est envoyé. Du fait de cette douceur intérieure et de l'abandon continuel de la volonté, des désirs, mais aussi des frayeur, quiconque a rencontré un jour  l'amour dont il est aimé, n'aura de cesse de craindre de le perdre. Or, c'est par le péché que l'on s'éloigne de Dieu, mais c'est encore en aimant qu'on le retrouve...

Ce lien à Dieu, que le péché dégrade, mais que l'aveu restaure, c'est le chemin qu'a pris le prophète et c'est notre chemin de grâce et de la miséricorde.  Nous craignons la maladie, la vieillesse  et la fin de nos vies sur la terre, mais la seule victoire en ce domaine est celui de l'abandon total de soi dans l'amour de Dieu.  En  écoutant cette homélie, je n'ai pu m'empêcher de me souvenir du jour où je me suis retrouvé à l’hôpital après une collision frontale sur la chaussée.  Lorsque l'on se retrouve dans une telle situation, ni la réflexion, ni le souci que l'on se donne, ni la crainte des conséquences ne jouent plus. Mais voici que par un malheur, nous nous retrouvons détachés de notre volonté propre, de nos pensées, de nos jugements - l'avenir ne nous préoccupe plus - on ne peut qu'accepter et s'accepter tel qu'on est. Et c'est ainsi que nous progressons dans la grâce : par l'abandon de nos pensées et une confiance d'abandon que les petits enfants puisent dans le sourire de leur mère.

Tout cela est paradoxal: peut-on souffrir et en retirer quelque chose ?  Oui, bien sûr ! Cela ne se saisit pas dans les premiers moments, mais très vite, si l'on fait abandon de soi aux soins qui nous sont prodigués, on entre dans la vie de la grâce, on ne craint plus rien car on s'abandonne à la sainte espérance - laquelle est un état de grâce.

J'écris cela et c'est ce que les écritures me disent; elles disent que c'est l'abandon de soi qui conduit à la béatitude de l'amour de Dieu, intégral et que l'on ne cesse jamais de redécouvrir avec un grand bonheur.

Bien évidemment, la vie de la grâce n'est plus possible lorsqu'on se vautre dans l'adultère:  si l'on trompe quelqu'un qu'on voit, comment être fidèle à Dieu qu'on ne voit pas ?  !


Bienheureux les miséricordieux

Message par etienne lorant » jeu. 14 juin 2018, 16:15

Premier livre des Rois 18,41-46.
En ces jours-là, le prophète Élie dit au roi Acab : « Monte, tu peux maintenant manger et boire, car j’entends le grondement de la pluie. » Acab monta pour aller manger et boire. Élie, de son côté, monta sur le sommet du Carmel, il se courba vers la terre et mit son visage entre ses genoux. Il dit à son serviteur: « Monte, et regarde du côté de la mer.» Le serviteur monta, regarda et dit: «Il n’y a rien.» Sept fois de suite, Élie lui dit : «Retourne. »  La septième fois, le serviteur annonça: « Voilà un nuage qui monte de la mer, gros comme le poing.» Alors Élie dit au serviteur: « Va dire au roi Acab: “Attelle ton char et descends de la montagne, avant d’être arrêté par la pluie.” » Peu à peu, le ciel s’obscurcit de nuages, poussés par le vent, et il tomba une grosse pluie. Acab monta sur son char et partit pour la ville de Yizréel. La main du Seigneur s’empara du prophète; Élie retroussa son vêtement et courut en avant d’Acab jusqu’à l’entrée de la ville de Yizréel.

Psaume 65(64),10abcd.10e-11.12-13.
Tu visites la terre et tu l'abreuves,
tu la combles de richesses ;
les ruisseaux de Dieu regorgent d'eau :
tu prépares les moissons.

Ainsi, tu prépares la terre,
tu arroses les sillons ;
tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies,
tu bénis les semailles.

Tu couronnes une année de bienfaits ;
sur ton passage, ruisselle l'abondance.
Au désert, les pâturages ruissellent,
les collines débordent d'allégresse.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: « Je vous le dis: Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens  ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Moi je je dis: Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

C'est de la miséricorde dont il est question aujourd'hui. Le choix de la liturgie, dans la première lecture, manifeste la miséricorde divine par le don de l'eau, sans laquelle le monde serait totalement desséché et désertique. Sans eau, il n'est pas de vie possible. C'est par le signe d'un petit nuage apparaissant à l'horizon que le prophète reconnait que le Seigneur a pris en pitié le roi Acab. Cette image est importante pour nous tous, car c'est d'abord au travers un tout petit nuage à l'horizon, un point blanc dans l'espace, que le Seigneur vient au secours des hommes aux cœurs serrés et aux âmes assoiffées de vérité et d'un amour qui ne passe pas.

Et de la même façon qu'un minuscule nuage peut annoncer une pluie d'eau douce, claire et rafraîchissante, de même la miséricorde divine dans chacune de nos vies.   Comme cette image est belle, toute remplie de la pitié qui fait fléchir la justice divine en miséricorde divine !

Il y a, aujourd'hui, pour moi-même, un signe de la bienveillance divine sur ma petite vie si souvent soumise à l'angoisse !  Je reconnais reconnais cela pleinement au travers d'une tempête de contrariétés diverses liées à l’obtention d'une pension de retraite.  Sans le secours d'une de mes deux sœurs, j'aurais certainement commis des erreurs dans la démarche de constitution de mon dossier de  pension de retraite -, étant donné une carrière mixte: une partie comme salarié, une seconde comme travailleur indépendant. Sans l’assistance bienveillante et active de mes proches, il est certain que je me serais laisser "broyer" par la toute puissante Administration... Mais voici :mon dossier est pratiquement complet !



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Vivre l'essentiel chaque jour

Message par etienne lorant » mer. 13 juin 2018, 10:46

Premier livre des Rois 18,20-39.
En ces jours-là, le roi Acab convoqua tout Israël et réunit les prophètes sur le mont Carmel. Élie se présenta devant la foule et dit: «Combien de temps allez-vous danser pour l’un et pour l’autre ? Si c’est le Seigneur qui est Dieu, suivez le Seigneur; si c’est Baal, suivez Baal. » Et la foule ne répondit mot. Élie continua : « Moi, je suis le seul qui reste des prophètes du Seigneur, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante. Amenez-nous deux jeunes taureaux; qu’ils en choisissent un, qu’ils le dépècent et le placent sur le bûcher, mais qu’ils n’y mettent pas le feu. Moi, je préparerai l’autre taureau, je le placerai sur le bûcher, mais je n’y mettrai pas le feu. Vous invoquerez le nom de votre dieu, et moi, j’invoquerai le nom du Seigneur : le dieu qui répondra par le feu, c’est lui qui est Dieu.» La foule répondit : «C’est d’accord. » Élie dit alors aux prophètes de Baal: «Choisissez votre taureau et commencez, car vous êtes les plus nombreux. Invoquez le nom de votre dieu, mais ne mettez pas le feu.» Ils prirent le taureau et le préparèrent, et ils invoquèrent le nom de Baal depuis le matin jusqu’au milieu du jour, en disant: «Ô Baal, réponds-nous! » Mais il n’y eut ni voix ni réponse; et ils dansaient devant l’autel qu’ils avaient dressé. Au milieu du jour, Élie se moqua d’eux en disant: « Criez plus fort, puisque c’est un dieu: il a des soucis ou des affaires, ou bien il est en voyage ; il dort peut-être, mais il va se réveiller ! » Ils crièrent donc plus fort et, selon leur coutume, ils se tailladèrent jusqu’au sang avec des épées et des lances. Dans l’après-midi, ils se livrèrent à des transes prophétiques jusqu’à l’heure du sacrifice du soir, mais il n’y eut ni voix, ni réponse, ni le moindre signe. Alors Élie dit à la foule : « Approchez. » Et toute la foule s’approcha de lui. Il releva l’autel du Seigneur, qui avait été démoli. Il prit douze pierres, selon le nombre des tribus des fils de Jacob à qui le Seigneur avait dit: « Ton nom sera Israël. » Avec ces pierres il érigea un autel au Seigneur. Il creusa autour de l’autel une rigole d’une capacité d’environ trente litres. Il disposa le bois, dépeça le taureau et le plaça sur le bûcher. Puis il dit : « Emplissez d’eau quatre cruches, et versez-les sur la victime et sur le bois. » Et l’on fit ainsi. Il dit : « Une deuxième fois ! » et l’on recommença. Il dit : « Une troisième fois ! » et l’on recommença encore. L’eau ruissela autour de l’autel, et la rigole elle-même fut remplie d’eau. À l’heure du sacrifice du soir, Élie le prophète s’avança et dit : « Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, on saura aujourd’hui que tu es Dieu en Israël, que je suis ton serviteur, et que j’ai accompli toutes ces choses sur ton ordre. Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi, pour que tout ce peuple sache que c’est toi, Seigneur, qui es Dieu, et qui as retourné leur cœur ! » Alors le feu du Seigneur tomba, il dévora la victime et le bois, les pierres et la poussière, et l’eau qui était dans la rigole. Tout le peuple en fut témoin; les gens tombèrent face contre terre et dirent: « C’est le Seigneur qui est Dieu ! C’est le Seigneur qui est Dieu ! »

Psaume 16(15),1-2.3ac.4.5.8.10a.11.
Garde-moi, mon Dieu : j'ai fait de toi mon refuge.
J'ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Je n'ai pas d'autre bonheur que toi. »
Toutes les idoles du pays,

ne cessent d'étendre leurs ravages.
Je n'irai pas leur offrir le sang des sacrifices ;
leur nom ne viendra pas sur mes lèvres !
Seigneur, mon partage et ma coupe :

de toi dépend mon sort. »
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.
Tu ne peux m'abandonner à la mort.

Tu m'apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,17-19.
En ce temps-l à, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Pariss


Comme les hommes ont difficile de croire !  On pourrait, aujourd'hui encore, mettre Dieu à l'épreuve en cherchant à l'obliger, d'une  ou d'une autre. Les sacrifices antiques, avec leurs flots de sang d'animaux , mais aussi d'enfants, comme ce fut le cas en Amérique précolombienne. Nul ne connaissait pourtant l'existence de ces autels avant que les navigateurs découvrent  ces terres inconnues.  Bien sûr, ils les traitèrent de sauvages sanguinaires, sans même se souvenir de l'épisode du sacrifice - commandé à Abraham, puis décommandé, aboli à la dernière seconde. Ce qu'il faut en retenir, c'est que l'homme a bien besoin de se renoncer lui-même en vue de rencontrer Dieu.

Or, Cette démarche sublime ne survient souvent qu'en des temps difficiles, lorsque tout semble devoir s'écrouler de nos aspirations profondes: de réussite, d'amour, de mariage, de descendance, de reconnaissances multiplies - et nous désirons toutes ces choses, non pas pour elle-mêmes, mais parce que nous refusons de nous reconnaître tels que nous sommes: faibles, malhabiles, avides de reconnaissance et de plénitudes... de toutes sortes d'occasions de de reconnaissance et de réjouissance. C'est ce désir qui fait la fortune des écrivains, des cinéastes, des organisateurs de spectacles comme cette coupe du monde de football - ou bien ce combat entre de héros dans le cirque  des joueurs de tennis. N'est-ce pas fascinant ?  Bien sûr !  N'est-ce pas une forme nouvelle de religion pour les plus "fans" ? Evidemment!  Que d'énergie, quelle dépense, que de renoncements pour pouvoir dire, après coup: "J'y étais !"

Malheureux sommes-nous si nos désirs ne se portent pas plus haut ni plus loin que cela... Les paroles de Jésus dans l’Évangile de ce jour sont tout à fait claires: le salut final appartient à celles et ceux qui auront recherché, en toutes sortes de circonstances, à rechercher et à pratiquer consciemment les commandements qui découle du tout premier d'entre eux:  "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces et ton prochain comme toi-même pour l'amour de Dieu" :  Où en sommes-nous  aujourd'hui?


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Semper Fidelis

Message par etienne lorant » mar. 12 juin 2018, 11:40

Premier livre des Rois 17,7-16.
En ces jours-là, sur l'ordre du prophète Élie, au bout d’un certain temps, il ne tombait plus une goutte de pluie dans tout le pays, et le torrent où buvait le prophète finit par être à sec. Alors la parole du Seigneur lui fut adressée : «Lève-toi, va à Sarepta, dans le pays de Sidon; tu y habiteras; il y a là une veuve que j’ai chargée de te nourrir. » Le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l’entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l’appela et lui dit : « eux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d’eau pour que je boive ? » Elle alla en puiser. Il lui dit encore: « Apporte-moi aussi un morceau de pain. » Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n’ai pas de pain. J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons.»  Élie lui dit alors   « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d’abord cuis-moi une petite galette et apporte-la moi; ensuite tu en feras pour toi et ton fils. Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. » La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé, et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger. Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie.

Psaume 4,2.3.4-5.7-8.
Quand je crie, réponds-moi,
Dieu, ma justice !
Toi qui me libères dans la détresse,
pitié pour moi, écoute ma prière !

Fils des hommes,
jusqu'où irez-vous dans l'insulte à ma gloire,
l'amour du néant et la course au mensonge ?

Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle,
le Seigneur entend quand je crie vers lui.
Mais vous, tremblez, ne péchez pas ;
réfléchissez dans le secret, faites silence.

Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? »
Sur nous, Seigneur, que s'illumine ton visage !
Tu mets dans mon cœur plus de joie
que toutes leurs vendanges et leurs moissons.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,13-16.
Jésus disait à ses disciples : «Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien: on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau; on la met sur le lampadaire et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Elie et la veuve de Sarepta: deux exemples de foi sans crainte, de foi mûre, de foi déjà éprouvée.p  La femme d'une part, qui a quitté sa tribu avec son fils, plutôt que d'être contrainte de se remarier avec l'un ou l'autre des frères du mari décédé. Si le texte n'en dit rien, c'est que la coutume était connue de tous. Quel que soit le clan, il fallait des enfants afin d'assurer la survie du clan. Cette femme s'est très certainement déterminée à ne pas céder à la coutume et garder intact le lien de leur amour. Ce qui explique également qu'elle s'est retirée de son clan en fuyant avec son fils unique

Une fois posées les données de l’énigme , sa compréhension apparaît tout simplement.  Ou bien: qui, parmi, pour la simple raison de ne pas "briser la lignée" accepterait facilement d'épouser le frère ou la sœur d'un défunt?

Sommes-nous capables, pour l'amour de Dieu, d'accepter de supporter telle ou telle situations qui pourraient nous être défavorables ?  

Voici qui rejoint l'engagement que Jésus requiert de celles et ceux qui veulent marcher derrière lui. Le sel de la terre , c'est nous. En conscience comme en toutes circonstances :  demeurons fidèles à notre baptême  !

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L'Esprit Saint au quotidien

Message par etienne lorant » lun. 11 juin 2018, 9:16

Livre des Actes des Apôtres 11,21b-26.13,1-3.
En ces jours-là, à Antioche, un grand nombre de gens devinrent croyants et se tournèrent vers le Seigneur. La nouvelle parvint aux oreilles de l’Église de Jérusalem, et l’on envoya Barnabé jusqu’à Antioche. À son arrivée, voyant la grâce de Dieu à l’œuvre, il fut dans la joie. Il les exhortait tous à rester d’un cœur ferme attachés au Seigneur. C’était en effet un homme de bien, rempli d’Esprit Saint et de foi. Une foule considérable s’attacha au Seigneur. Barnabé partit alors à Tarse chercher Saul. L’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils participèrent aux assemblées de l’Église, ils instruisirent une foule considérable. Et c’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples reçurent le nom de « chrétiens ». Or il y avait dans l’Église qui était à Antioche des prophètes et des hommes chargés d’enseigner : Barnabé, Syméon appelé Le Noir, Lucius de Cyrène, Manahène, compagnon d’enfance d’Hérode le Tétrarque, et Saul. Un jour qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu’ils jeûnaient, l’Esprit Saint leur dit : « Mettez à part pour moi Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Alors, après avoir jeûné et prié, et leur avoir imposé les mains, ils les laissèrent partir.

Psaume 98(97),1.2-3ab.3cd-4.5-6.
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
car il a fait des merveilles ;
par son bras très saint, par sa main puissante,
il s'est assuré la victoire.

Le Seigneur a fait connaître sa victoire
et révélé sa justice aux nations ;
il s'est rappelé sa fidélité, son amour,
en faveur de la maison d'Israël.

La terre tout entière a vu
la victoire de notre Dieu.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
sonnez, chantez, jouez !

Jouez pour le Seigneur sur la cithare,
sur la cithare et tous les instruments ;
au son de la trompette et du cor,
acclamez votre roi, le Seigneur !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,7-13.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement: donnez gratuitement. »Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Comment devenir docile à l'Esprit Saint qui nous fera témoigner en temps et en heure, puis passer au service quel qu'il soit, puis se déplacer pour soutenir le moral d'un malade, ou bien encore : encourager les faibles dans leurs efforts ?  Les textes parlent de l'action du saint Esprit comme si la troisième personne de la Trinité était présente "en chair et en os". En vérité, il est bien présent, en nous, depuis notre baptême jusqu'à notre dernier souffle de vie.  Pour se rendre bien compte que l'Esprit agit en nous, il suffit souvent de nous retourner sur de bonnes actions que nous avons accomplies, parfois en franchissant divers obstacles. C'est le cas tout simple de l'ami qui se détourne un peu de son trajet habituel afin d'aller vous saluer; il arrive juste à point pour vous assister à déplacer un meuble encombrant. Ou encore : vous attendez un courrier important et vous vous faîtes du souci, mais voici que votre voisin sonne à la porte et vous remet le courrier qu'on avait posté chez lui par erreur.  

On dira que la troisième personne de la Trinité a bien mieux à faire que de tirer d'embarras un quelconque quidam,  et cependant, nous savons bien comment un imprévu, un simple incident parfois,  peuvent aboutir à des changement profonds et durables. C'est ainsi que nombre d'hommes et de femmes, après avoir changé trois fois d'activité finit par entreprendre une carrière à laquelle ils n'avaient pas du tout songé. Ce sont de jeunes parents qui ne parviennent pas à choisir un prénom de baptême leur premier enfant:  cette question finit par les dérouter jusqu'au moment où le prêtre tranche, tout simplement, en le baptisant sous les deux prénoms.   Et comme les années passent, l'homme au double prénom constate un jour qu'il a vécu la première partie de sa vie "un peu comme Jean", en contemplatif, puis ensuite comme un homme aux choix judicieux, inspiré comme le fut Pierre.

Ne soyons donc pas étonné que les lectures de ce jour nous présentent l'Esprit saint à l'oeuvre comme s'Il était présent "en chair et en os". Il L'EST en vérité , puisqu’il intervient à tout moment. Et de nous exclamer : "Eurêka !, j'ai trouvé la la solution du problème !   N'oublions pas de dire merci l'Esprit qui nous a guidés à faire tel choix plutôt que tel  autre !



Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu

Message par etienne lorant » sam. 09 juin 2018, 9:01

Livre d'Isaïe 61,9-11.
Leurs descendants seront connus parmi les nations, et leur postérité, au milieu des peuples. Qui les verra pourra reconnaître la descendance bénie du Seigneur. Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m’a vêtue des vêtements du salut, il m’a couverte du manteau de la justice, comme le jeune marié orné du diadème, la jeune mariée que parent ses joyaux. Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice
et la louange devant toutes les nations.


Premier livre de Samuel 2,1.4-5.6-7.8abcd.
Mon cœur exulte à cause du Seigneur ;
mon front s’est relevé grâce à mon Dieu !
Face à mes ennemis, s’ouvre ma bouche :
oui, je me réjouis de ton salut !

L’arc des forts est brisé,
mais le faible se revêt de vigueur.
Les plus comblés s’embauchent pour du pain,
et les affamés se reposent.
Quand la stérile enfante sept fois,
la femme aux fils nombreux dépérit.

Le Seigneur fait mourir et vivre ;
il fait descendre à l’abîme et en ramène.
Le Seigneur rend pauvre et riche ;
il abaisse et il élève.

De la poussière, il relève le faible,
il retire le malheureux de la cendre
pour qu’il siège parmi les princes,
et reçoive un trône de gloire.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,41-51.
Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque.  Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents.Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant !» Il leur dit: « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père? »
Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Aux trois jours durant lesquels Marie et Joseph ont cherché Jésus à Jérusalem, correspondent aussi les trois jours qui se sont écoulés avant la résurrection du Christ.  Et si l'on cherche dans la Bible l’occurrence des trois jours, on pourrait trouver de quoi écrire plusieurs livres - en commençant par les trois jours qui ont précédé la résurrection. Ou bien encore: les trois personnes de la Trinité.  Certains textes prophétisent trois jours de ténèbres précédent la seconde venue du Seigneur...

Mais ce qu'il convient de retenir en cette occasion, c'est bien, d'abord, que nous connaîtrons, tous autant que nous sommes, des périodes où nous croirons avoir été abandonnés par le Seigneur. Dès jours durant lesquels on s'écriera, sans que ce soit un reniement: "Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire au bon Dieu pour devoir subir une telle épreuve !" .  Nous sommes ainsi:  les leçons de sagesse  nous sont pénibles. C'est comme avoir soif et ne pas trouver d'eau fraîche, ou tourner en rond à la recherche d'objets égarés. Ces occasions parfois très pénibles mettent durement notre foi à l'épreuve.

Mais cette aussi une occasion de grandir dans la foi.  Ce n'est pas simple - ce n'est simple pour personne de faire le deuil d'une personne aimée.  Il faudrait songer encore  à la souffrance quotidienne des mères qui ont vu partir leur enfant à la guerre.  Oui, il y a dans la vie, des circonstances qui nécessitent d'aller "jusqu'au bout" de la foi. Il nous faut passer "au travers". L'idéal n'est pas de se rebeller, mais de s'accepter souffrant et de prier son chapelet. Notre prêtre nous a engagés à nous exercer à une foi qui n'a pas besoin de voir pour croire, une foi qui anticipe la Résurrection et la vie éternelle.  Les orgueilleux se rebiffent, tandis que les saints deviennent tout "assouplis" par l'épreuve.  Mais une chose n'est pas du tout permise et c'est de se jeter soi-même dans les épreuves afin de s’endurcir - elles et ceux qui tentent cela s'endurcissent sans jamais devenir "doux et humbles de cœur ...






Solennité du sacré coeur de Jésus

Message par etienne lorant » ven. 08 juin 2018, 10:48

Livre d'Osée 11,1.3-4.8c-9.
Ainsi parle le Seigneur : Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils. C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ? Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer.

Livre d'Isaïe 12,2.4bcd.5-6.
Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.

« Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! »
Jouez pour le Seigneur,

il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi,

le Saint d’Israël !


Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 3,8-12.14-19.
Frères, à moi qui suis vraiment le plus petit de tous les fidèles, la grâce a été donnée d’annoncer aux nations l’insondable richesse du Christ, et de mettre en lumière pour tous le contenu du mystère qui était caché depuis toujours en Dieu, le créateur de toutes choses ; ainsi, désormais, les Puissances célestes elles-mêmes connaissent, grâce à l’Église, les multiples aspects de la Sagesse de Dieu. C’est le projet éternel que Dieu a réalisé dans le Christ Jésus notre Seigneur. Et notre foi au Christ nous donne l’assurance nécessaire pour accéder auprès de Dieu en toute confiance. C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. Lui qui est si riche en gloire, qu’il vous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en vous l’homme intérieur. Que le Christ habite en vos cœurs par la foi; restez enracinés dans l'amour, établis dans l'amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance, : l’amour du Christ. Alors vous serez comblés jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 19,31-37.
Jésus venait de mourir. Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : ‘Aucun de ses os ne sera brisé.’ Un autre passage de l’Écriture dit encore : ‘Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.’

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible -Cy AELF, Paris


"Lorsque la Liturgie multiplie les textes, c'est un signe pour l'auditeur ou le lecteur de ne pas chercher d'autres messages que ceux qui sont donnés à contempler - plutôt qu'à décrypter",a dit notre prêtre. Autrement dit: il nous faut nous laisser entraîner par un mot, une parole, une tournure de phrase qui suscitent notre intérêt, notre piété, notre pleine adhésion, notre reconnaissance, ou notre joie.

Pour ma part, je me suis laissé entraîner par le grand souvenir du troisième dimanche d’août 1985
mon désarroi face à l'existence, m'a poussé a véritablement m'humilier - ce verbe qui vient du latin "Humus" et signifie : le sol, la terre, ce qui est en bas.

Devenir humble signifie: se dépouiller des armes de l'intelligence et du feu des passions, ce qui signifie encore de se dépouiller de l'arme de l'intelligence, de la fausse certitude des idées, de l'envie qui rapporte tout à soi et, encore, du feu des ambitions et de tous ces plaisirs consommés qui ne rassasient jamais... De toute la sagesse grecque, je ne retiens que le "Connais-toi toi-même": mais cette connaissance de soi suppose dans tous les cas une "chute de soi-même" tout a fait comparable à la chute que fit Saul sur le chemin de Damas, avant de devenir Paul. Je rends grâce à Dieu pour avoir incité mes parents à me donner un nom "double" : Bruno et Etienne; ils m'ont rapporté qu'ils ne parvenaient pas à se mettre d’accord pour le premier comme le second nom et c'est  le prêtre a tranché en me baptisant "Bruno Etienne"


De ces "mutations" de l'être, Jésus parle encore en quelques mots très simples: "Tout ce qui s'élève sera abaissé, et tout ce qui s'abaisse sera élevé" - et c'est bien d'une conversion perpétuelle de tout l'être qu'il s'agit..

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La foi a besoin d'être éprouvée

Message par etienne lorant » jeu. 07 juin 2018, 14:29

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-15.
Bien-aimé, souviens-toi de Jésus Christ, ressuscité d’entre les morts, le descendant de David: voilà mon évangile. C’est pour lui que j’endure la souffrance, jusqu’à être enchaîné comme un malfaiteur. Mais on n’enchaîne pas la parole de Dieu! C’est pourquoi je supporte tout pour ceux que Dieu a choisis, afin qu’ils obtiennent, eux aussi, le salut qui est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle. Voici une parole digne de foi : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous régnerons. Si nous le rejetons, lui aussi nous rejettera. Si nous manquons de foi, lui reste fidèle à sa parole, car il ne peut se rejeter lui-même. Voilà ce que tu dois rappeler, en déclarant solennellement devant Dieu qu’il faut bannir les querelles de mots : elles ne servent à rien, sinon à perturber ceux qui les écoutent. Toi-même, efforce-toi de te présenter devant Dieu comme quelqu’un qui a fait ses preuves, un ouvrier qui n’a pas à rougir de ce qu’il a fait et qui trace tout droit le chemin de la parole de vérité.

Psaume 25(24),4-5ab.8-9.10.14.
Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Les voies du Seigneur sont amour et vérité
pour qui veille à son alliance et à ses lois.
Le secret du Seigneur est pour ceux qui le craignent ;
à ceux-là, il fait connaître son alliance.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,28b-34.
Ce jour-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus: «Quel est le premier de tous les commandements  ? »Jésus lui fit cette réponse: « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’ Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. » Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Si vraiment nous aimons le Seigneur, si nous avons vraiment placé en Lui notre espérance, alors, nous sommes comme saint Paul prisonnier à  Rome, dont la souffrance continue de servir le de servir Dieu et le prochain. Bien sûr, dans la condition de malade, brûlant de fièvre, on ne se croit pas capable de prier comme
à son habitude. Et pourtant: la prière dans des circonstances pénibles, permet outre de supplier pour la guérison, d'offrir "en digne holocauste" les malaises, les douleurs, les angoisses et les craintes. Nous ne sommes pas enchaînés comme saint Paul, mais il nous est arrivé à toutes et tous de traverser l'une ou l'autre maladie occasionnant une très forte fièvre au point de devoir appeler un médecin de garde. En de telles circonstances, nous endossons vraiment, selon notre foi et notre espérance, de prier comme saint Paul et de souffrir pour le salut de ceux que nous aimons.

En écoutant cette homélie, je me suis souvenu de ce que j'ai vécu, un soir d'hiver, en ayant attrapé une fièvre  qui n'allait cesser de croître. Et cela m'est survenu un samedi soir, le pire moment pour tomber malade. J'ai appelé un médecin de garde. Il était jeune et pressé. Selon lui, il ne s'agissait que d'une cystite qui se soigne très facilement en buvant beaucoup d'eau.  Mais rien n'y fit, la fièvre est survenue, une fièvre d'une telle force que je n'étais pas loin dépasser les 40°.  J'ai fait venir un second médecin qui a diagnostiqué une inflammation de la prostate. Je l'ai supplié de me conduire chez un médecin de garde, mais il n'a pas voulu: "Je ne suis pas taxi-man !

Cette réponse m'a piqué au vif.  Je l'ai payé, puis à peine parti, je me suis précipité sous la douche en baissant progressivement la température de l'eau.  Dès que je m'en suis sorti  et capable de cohérence, je me suis rhabillé, j'ai sorti la voiture du garage et j'ai roulé en ville, et j'ai obtenu les médicaments prescrits, je suis rentré chez moi et tout le reste de la nuit, j'ai contemplé (intérieurement) une toile d'un expressionniste allemand intitulé "Christ of the Sorrows" dans laquelle Jésus est représenté assis après la flagellation s'efforçant de récupérer quelques forces. Quant au scribe encouragé par Jésus, dans l’Évangile du jour,  il démontre  bien que nous sommes "toutes et tous" appelés à témoigner de notre foi quelle que soient les circonstances...



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Vers une foi éprouvée

Message par etienne lorant » mer. 06 juin 2018, 10:01

Paul, Apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie que nous avons dans le Christ Jésus, à Timothée, mon enfant bien-aimé. À toi, la grâce, la miséricorde et la paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Seigneur. Je suis plein de gratitude envers Dieu, à qui je rends un culte avec une conscience pure, à la suite de mes ancêtres, je lui rends grâce en me souvenant continuellement de toi dans mes prières, nuit et jour. Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains. Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération. N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur, et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ; mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Car Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte, non pas à cause de nos propres actes, mais à cause de son projet à lui et de sa grâce. Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, et maintenant elle est devenue visible, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s’est manifesté : il a détruit la mort, et il a fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile, pour lequel j’ai reçu la charge de messager, d’apôtre et d’enseignant. Et c’est pour cette raison que je souffre ainsi; mais je n’en ai pas honte, car je sais en qui j’ai cru, et j’ai la conviction qu’il est assez puissant pour sauvegarder, jusqu’au jour de sa venue, le dépôt de la foi qu’il m’a confié.

Psaume 123(122),1-2ab.2cdef.
Vers toi j'ai les yeux levés,
vers toi qui es au ciel,
comme les yeux de l'esclave
vers la main de son maître.

Comme les yeux de la servante
vers la main de sa maîtresse,
nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,
attendent sa pitié.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,18-27.
En ce temps-là, des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – vinrent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’ Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux. Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : ‘Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ?’ Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Demeurer fermes dans la foi: voici à quoi les lectures du jour nous encouragent.  C'est saint Paul, retenu prisonnier à Rome et qui sait qu'il va finir par le glaive, c'est lui qui incite Timothée à demeurer ferme dans la foi et dans l'annonce de la Bonne Nouvelle.  Puissions-nous tous fournir de nouveaux efforts dans la foi et l'amour afin que la joie de notre conversion nous entraîne sans fléchir à témoigner  du salut offert à toutes et tous.  Cherchons à reproduire en nous les mêmes sentiments d'amour et de reconnaissance qui nous ont entraîné dans un mode de vie qui soit cohérent avec notre baptême.

A quoi nous servirait-il de prier si nous doutons de ce que nous demandons ?  Notre prêtre nous a donné en exemple l'histoire de cet homme qui était tombé amoureux d'une femme qui n'était pas mariée, mais vivait en concubinage. Il admirait cette femme pour ses talents artistiques, pour sa vivacité et sa force de caractère et son désir d'absolu. Mais comme elle vivait en couple sans être mariée, il se mit à prier pour que le Seigneur la fasse revenir vers lui.  

Il se mit à prier avec force et constance afin d'obtenir qu'elle revienne vers lui. Le temps passa : un an, deux ans passèrent sans la moindre nouvelle de ce qu'elle avait pu devenir, sans même connaître où elle résidait, ni de quoi elle vivait. Mais au bout de trois années, elle réapparût tout d'un coup, lui rendant visite sur son lieu de travail. La prière, confiante et résolue, est toujours exaucée.  Cependant, le premier des bienfaits de la prière, ne réside pas dans l'exaucement, mais bien plus : dans l'apprentissage de la prière continuée, devenue comme un mouvement intérieur qui dépasse de loin les conditions de l'existence.  

La prière de cet homme avait été exaucée, mais le projet de mariage tourna court. Quelle déroute, quel de temps perdu, diront certains !  Mais elle comme lui trouvèrent leurs propres chemins de vie dans leurs activités professionnelles  distinctes.

Notre prêtre a choisi cette image de la prière exaucée - mais exaucée selon les besoins réels de chacune et de chacun. Par la prière, nous obtenons toujours de dont nous avons réellement besoin pour notre plus grand bonheur. A côté d'une telle expérience de vie et de prière, les spéculations abracadabrantes des Sadducéens, sont totalement ridicules....



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Attention, veille et prudence

Message par etienne lorant » mar. 05 juin 2018, 14:19

Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 3,12-15a.17-18.
Vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés seront dissous, où les éléments embrasés seront en fusion. Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice. C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant cela, faites tout pour qu’on vous trouve sans tache ni défaut, dans la paix. Et dites-vous bien que la longue patience de notre Seigneur, c’est votre salut, comme vous l’a écrit également Paul, notre frère bien-aimé, avec la sagesse qui lui a été donnée. Quant à vous, bien-aimés, vous voilà prévenus ; prenez garde : ne vous laissez pas entraîner dans l’égarement des gens dévoyés, et n’abandonnez pas l’attitude de fermeté qui est la vôtre. Mais continuez à grandir dans la grâce et la connaissance de notre Seigneur et Sauveur, Jésus Christ. À lui la gloire, dès maintenant et jusqu’au jour de l’éternité. Amen.

Psaume 90(89),2.3-4.10.14.16.
Avant que naissent les montagnes,
que tu enfantes la terre et le monde,
de toujours à toujours,
toi, tu es Dieu.

Tu fais retourner l'homme à la poussière ;
tu as dit : « Retournez, fils d'Adam ! »
À tes yeux, mille ans sont comme hier,
c'est un jour qui s'en va, une heure dans la nuit.

Le nombre de nos années ? Soixante-dix, quatre-vingts pour les plus vigoureux ! Leur plus grand nombre n'est que peine et misère ; elles s'enfuient, nous nous envolons.
Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Fais connaître ton œuvre à tes serviteurs et ta splendeur à leurs fils
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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,13-17.
En ce temps-là, on envoya à Jésus des pharisiens et des partisans d’Hérode pour lui tendre un piège en le faisant parler,et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? » Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve ? Faites-moi voir une pièce d’argent. » Ils en apportèrent une, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles ? – De César », répondent-ils. Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les fidèles sont bel et bien appelés à veiller "en tout temps" et doivent s'exercer à demeurer cohérents en tout ce qu'ils accomplissent. C'est une vigilance constante car la nature humaine est souvent changeante et versatile.  Cette nécessité de se tenir sur nos gardes, cette vigilance constante, je l'ai apprise pour ma part lors de mon temps d'armée en Allemagne, car les simples soldats sont soumis à des supérieurs, caporaux et sergents qui ne manquent pas d'imposer des disciplines et des contraintes exagérées.  Il fallait être souple et en même temps assez habile pour éviter les corvées les plus lourdes.  Un jour ou l'on m'avait mis de corvée de nettoyage d'un couloir, je me suis fait reprendre deux fois pour n'avoir pas jeté assez d'eau.  Je m'étais servi d'un seau de deux litres et d'une serpillière.  Après avoir recommencé deux fois mon ouvrage, ce sont de grands seaux d'eau que j'ai déversé, au point que l'eau s'était glissée jusque dans le bureau de mon supérieur.  Et j'en ai été quitte durant plusieurs semaines. Et cette première "leçon" m'a servi de leçon pour le reste de mon engagement.

"N'abandonnez pas l'habitude de fermeté", écrit saint Pierre. C'est notre rectitude et notre attention qui nous permettent  de tenir debout dans les tentations. Que l'on nous renvoie ou que nous recevions des quelques compliments, demeurons sur nos gardes. Soyons fermes et constants, demeurons cohérents. Ainsi, Jésus, dans l’Évangile de ce jour, Jésus se voit d'abord abordé par ses ennemis avec des flatteries destinées à lui faire perdre sa garde. Quelle louange dans leur approche !  Ils déclarent en effet: "Nous le savons: tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité".

Mais après la louange, le piège est posé: "Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ?" Combien d'entre nous se seraient-sortis de ce piège ?  S'il avait répondu NON, les juifs du temple auraient pu immédiatement le dénoncer comme traître aux autorités romaines - et s'il avait répondu OUI, il se serait lui-même incriminé, devenant instantanément "Traître et collaborateur avec l'occupant". Mais c'est l'Esprit Saint qui a parlé : "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu !"  Et pour conclure, notre prêtre a cité sainte Jeanne d'Arc qui, à la question : "Etes-vous en état de grâce , avait répondu sans la moindre hésitation:  "Si je n'y suis pas, Dieu m'y mette, si j'y suis Dieu m'y garde !

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Les vignerons homicies

Message par etienne lorant » lun. 04 juin 2018, 9:29

Deuxième lettre de saint Pierre Apôtre 1,2-7.
Bien-aimés, que la grâce et la paix vous soient accordées en abondance par la vraie connaissance de Dieu et de Jésus notre Seigneur. Sa puissance divine nous a fait don de tout ce qui permet de vivre avec piété, grâce à la vraie connaissance de celui qui nous a appelés par la gloire et la force qui lui appartiennent. De la sorte nous sont accordés les dons promis, si précieux et si grands, pour que, par eux, vous deveniez participants de la nature divine, et que vous échappiez à la dégradation produite dans le monde par la convoitise. Et pour ces motifs, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance de Dieu, à la connaissance de Dieu la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi, à la persévérance la piété, à la piété la fraternité,  la fraternité l’amour.

Psaume 91(90),1-2.14-15ab.15c-16.
Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut
et repose à l'ombre du Puissant,
je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »

« Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
Il m'appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve. »

« Je veux le libérer, le glorifier ;
de longs jours, je veux le rassasier,
et je ferai qu'il voie mon salut.
»

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,1-12.
En ce temps-là, Jésus se mit à parler en paraboles aux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne. Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides. De nouveau, il leur envoya un autre serviteur; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent. Il en envoya encore un autre,  ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres. Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais ces vignerons-là se dirent entre eux: “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !” Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’ »
Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent
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Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Comme Jésus énonce la parabole des vignerons homicides, ce n'est pas seulement une parabole, mais la représentation et la manifestation de ce qu'il advient lorsque l'on ne pratique sa religion que pour soi-même, en espérant obliger le Seigneur d'entrer dans nos voies. Et c'est faire faire exactement le contraire de ce qui nous est demandé. Les juifs, tout au long de la première alliance n'ont jamais cessé de vouloir contraindre Dieu à entrer dans leurs projets strictement humains: fortune, puissance, domination, richesses et plaisirs.

Et jusqu'à ce jour encore, les ambitions humaines se disputent dans le cœur des hommes, qui ne cessent d'hésiter entre terre et ciel, entre la fortune et les plaisirs, d'une part, et le salut d'autre part.

Notre prêtre nous a engagés et encouragés à rompre, en nous-mêmes, avec toutes ces fausses richesses qui ne sont que des leurres. Hélas, ce qu'un enfant saisit dans la pureté de son âme, l'adulte se met à l'effacer de sa propre mémoire !

Il n'est donc pas étonnant que les juifs aient constamment cherché à discréditer Jésus, en lui tendant toutes sortes de pièges et, finalement, en le livrant pour le faire mourir. Ces vignerons homicides sont parmi nous, encore, réfractaires à la conversion.  Mais, plutôt, comme le dit saint Pierre : faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la connaissance de Dieu, à la connaissance de Dieu la maîtrise de soi, à la maîtrise de soi, à la persévérance la piété, à la piété la fraternité,  la fraternité l’amour.  



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