Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Règles du forum
Forum de partage de méditations chrétiennes

Répondre


Cette question est un moyen de lutter contre les publications automatisées indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Accéder à davantage d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [flash] est désactivée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Le joug de la charité

Message par etienne lorant » jeu. 20 juil. 2017, 11:34

Le jeudi de la 15e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Exode 3,13-20.
Ils écouteront ta voix ; alors tu iras, avec les anciens d’Israël, auprès du roi d’Égypte, et vous lui direz : “Le Seigneur, le Dieu des Hébreux, est venu nous trouver. Et maintenant, laisse-nous aller dans le désert, à trois jours de marche, pour y offrir un sacrifice au Seigneur notre Dieu.” Or, je sais, moi, que le roi d’Égypte ne vous laissera pas partir s’il n’y est pas forcé.
Aussi j’étendrai la main, je frapperai l’Égypte par toutes sortes de prodiges que j’accomplirai au milieu d’elle. Après cela, il vous permettra de partir. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,28-30.
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »


Cy Aelf, Paris

Comme il est doux et bon de voir comme se répondent entre eux les textes de l'ancien et du nouveau Testament ! Aujourd'hui encore, le lien est lumineux et tient en un seul mot : le "Joug". En effet, le Seigneur est apparu à Moïse pour lui annoncer que le joug des Égyptiens serait brisé et serait remplacé par "un joug facile à porter et un fardeau léger" Il suffit d'aimer, et de chercher à aimer comme Dieu aime.

C'est en effet très simple, puisqu'il suffit d'aimer de la manière dont Dieu aime. Pour poursuivre, notre prêtre nous a rappelé cette extraordinaire ode à la charité que prononça saint Paul aux Corinthiens :

Saint Paul (1 Co 13, 1-13) :

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.

La charité est longanime; la charité est serviable; elle n'est pas envieuse; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas; elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal; elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité. Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout. La charité ne passe jamais.

Les prophéties ? Elles disparaîtront. Les langues ? Elles se tairont. La science ? Elle disparaîtra. Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie. Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.

Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant; une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant. Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. A présent, je connais d'une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu. Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité. »


Une fois n'est pas coutume, cette ode à la charité m'a "remué les tripes" - si je puis dire, car elle m'a rappelé l'extraordinaire "mouvement du cœur et de l’âme le jour de ma conversion.

.

La lumière brille dans la montagne

Message par etienne lorant » mer. 19 juil. 2017, 10:28

Le mercredi de la 15e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Exode 3,1-6.9-12.  
Le Seigneur dit : « Maintenant, le cri des fils d’Israël est parvenu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël.» Moïse dit à Dieu : «Qui suis-je pour aller trouver Pharaon, et pour faire sortir d’Égypte les fils d’Israël? » Dieu lui répondit: « Je suis avec toi. Et tel est le signe que c’est moi qui t’ai envoyé: quand tu auras fait sortir d’Égypte mon peuple, vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne.  

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,25-27.
En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange: ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.
»

Cy Aelf, Paris

La foi est une délivrance, elle est une source pour quiconque a soif d'une vérité qui ne puisse se contredire comme se contredisent les philosophies. Quant aux mathématiques et aux sciences, en quoi réjouissent-elles le cœur de l'homme au-delà de la seule découverte ? En effet, la plupart des découvertes restent inaccessibles à la majorité des hommes ?  Mais nous nous réjouissons d'avoir accès par la foi à une réalité qui dépasse de beaucoup tous les rêves de bonheurs terrestres.

Heureux donc les hommes et les femmes qui, par leur foi, se meuvent hardiment sur ce chemin que peu empruntent !  La rencontre que fit Moïse dans la montagne est accessible à toutes celles et et tous ceux qui feront de même. Ce sont chacune et chacun d'entre nous, a dit le prêtre, qui sont appelés à la montagne des Béatitudes !  

Encore faut-il se mettre en route en reconnaissant que nous sommes pauvres de cœur et d'esprit :
c'est bien de cela que se réjouit le Seigneur: "Ce qui s'élève sera abaissé, ce qui s'abaisse sera élevé."
L'humilité n'est donc pas une faiblesse mais. Elle est tout au contraire une capacité à découvrir. "C'est seulement si vous avez traversé une vallée d'ombre et de froid que vous pourrez vous réjouir d'atteindre la lumière qui brille sur la plus haute montagne." ...

Belle et enthousiaste homélie ce matin ...

.

Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message par Alizee » mar. 18 juil. 2017, 15:03

Il y a un contexte un peu particulier dans le fait de cacher ce bébé et de l'abandonner. Un nouveau Pharaon avait ordonné que les nouveaux-nés garçons des Hébreux soient tués.
Ce passage montre que la fille du Pharaon se laisse toucher par la beauté (et les cris) de ce bébé, et s'oppose discrètement à la loi, en le sauvant. On peut donc aussi le lire comme une incitation à ne pas obéir bêtement à une loi quelle qu'elle soit, mais d'agir avec son cœur en faveur de la vie.

Foi ou incrédulité ?

Message par etienne lorant » mar. 18 juil. 2017, 10:34

Le mardi de la 15e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Exode 2,1-15a.
En ces jours-là, un homme de la tribu de Lévi avait épousé une femme de la même tribu. Elle devint enceinte, et elle enfanta un fils. Voyant qu’il était beau, elle le cacha durant trois mois. Lorsqu’il lui fut impossible de le tenir caché plus longtemps, elle prit une corbeille de jonc, qu’elle enduisit de bitume et de goudron. Elle y plaça l’enfant, et déposa la corbeille au bord du Nil, au milieu des roseaux. La sœur de l’enfant se tenait à distance pour voir ce qui allait arriver. La fille de Pharaon descendit au fleuve pour s’y baigner, tandis que ses suivantes se promenaient sur la rive. Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux et envoya sa servante pour la prendre. Elle l’ouvrit et elle vit l’enfant. C’était un petit garçon, il pleurait. Elle en eut pitié et dit : « C’est un enfant des Hébreux. » La sœur de l’enfant dit alors à la fille de Pharaon : « Veux-tu que j’aille te chercher, parmi les femmes des Hébreux, une nourrice qui, pour toi, nourrira l’enfant ? » La fille de Pharaon lui répondit : « Va. » La jeune fille alla donc chercher la mère de l’enfant. La fille de Pharaon dit à celle-ci : « Emmène cet enfant et nourris-le pour moi. C’est moi qui te donnerai ton salaire. » Alors la femme emporta l’enfant et le nourrit. Lorsque l’enfant eut grandi, elle le ramena à la fille de Pharaon qui le traita comme son propre fils ; elle lui donna le nom de Moïse, en disant : « Je l’ai tiré des eaux.» Or vint le jour où Moïse, qui avait grandi, se rendit auprès de ses frères et les vit accablés de corvées. Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu, l’un de ses frères. Regardant autour de lui et ne voyant personne, il frappa à mort l’Égyptien et l’enfouit dans le sable. Le lendemain, il sortit de nouveau : voici que deux Hébreux se battaient. Il dit à l’agresseur : « Pourquoi frappes-tu ton compagnon ? » L’homme lui répliqua : « Qui t’a institué chef et juge sur nous ? Veux-tu me tuer comme tu as tué l’Égyptien ? » Moïse eut peur et se dit : « Pas de doute, la chose est connue. » Pharaon en fut informé et chercha à faire tuer Moïse. Celui-ci s’enfuit loin de Pharaon et habita au pays de Madiane.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,20-24.
En ce temps-là, Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties: « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, ces villes, autrefois, se seraient converties sous le sac et la cendre. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous. Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville serait encore là aujourd’hui. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi. »




© AELF, Paris

N'est-il pas étonnant, de la part d'une jeune mère, de cacher son enfant dès la naissance du simple fait qu'il est beau ?  Et d'ailleurs, toutes les femmes qui viennent d'enfanter, ne considèrent-elles pas que le nouveau-né est beau ?  Et ne sont-elles pas plus heureuses encore de le montrer à ses proches ? Tout au contraire, c'est un enfant né difforme que l'on voudrait cacher !  Cet illogisme apparent . est là pour attirer l'attention du lecteur. Car dès sa naissance, il fut consacré à Dieu.  Pour attester de la justesse de cette interprétation, il y a le goudron et le bitume qui servirent également pour isoler l'arche de Noé.  Ainsi, dès sa naissance Moïse fut mis à part des siens afin de pouvoir devenir un jour celui qui délivra le peuple de l’esclavage en Egypte.

Or, le premier des esclavages devant Dieu, c'est bien celui du péché. Moïse, préfiguration du Christ, se  retirera souvent dans la montagne , à l'écart de tous afin de s'entretenir avec Dieu. De même que le peuple juif fut en esclavage de Pharaon, de même l'homme devient l'esclave du péché lorsqu'il ne s'en remet pas totalement à l'amour et à la volonté de Dieu.  Certes, les habitants des lieux où Jésus manifesta l'amour de Dieu par des signes miraculeux et de nombreuses guérisons seront jugés plus durement que tous les autres. Les hommes ont beau dire : "Ça, j'y croirai quand je le verrai !", s'ils sont sceptiques, ils chercheront ailleurs une explication - la preuve en est que les Pharisiens diront : "C'est par le chef des démons qu'il chasse les démons".  Ne disons-pas souvent : "Dans ce coup-là, j'ai eu de la chance !  De la chance ?  Seulement de la chance ?!?

La conclusion des lectures de ce jour serait de nous livrer à un examen de conscience.  Lorsqu'un événement fâcheux finit par se résoudre simplement, rendons-nous grâce à Dieu, ou bien nous réjouissons-nous d'avoir eu de la chance ?  Ou encore : d'avoir de bonnes intuitions ?  Mais la vérité, c'est que nous sommes souvent ingrats, sceptiques et incrédules !

Seigneur, je te rends grâce de m'avoir guidé dans cette courte méditation qui, comme chaque jour, a fait rejaillir en moi la Joie !

.

Rien n'est impossible à Dieu

Message par etienne lorant » lun. 17 juil. 2017, 10:51

Le lundi de la 15e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Exode 1,8-14.22.
En ces jours-là, un nouveau roi vint au pouvoir en Égypte. Il n’avait pas connu Joseph. Il dit à son peuple : « Voici que le peuple des fils d’Israël est maintenant plus nombreux et plus puissant que nous. Prenons donc les dispositions voulues pour l’empêcher de se multiplier. Car, s’il y avait une guerre, il se joindrait à nos ennemis, combattrait contre nous, et ensuite il sortirait du pays.» On imposa donc aux fils d’Israël des chefs de corvée pour les accabler de travaux pénibles. Ils durent bâtir pour Pharaon les villes d’entrepôts de Pithome et de Ramsès. Mais, plus on les accablait, plus ils se multipliaient et proliféraient, ce qui les fit détester. Les Égyptiens soumirent les fils d’Israël à un dur esclavage et leur rendirent la vie intenable à force de corvées : préparation de l’argile et des briques et toutes sortes de travaux à la campagne ; tous ces travaux étaient pour eux un dur esclavage. Pharaon donna cet ordre à tout son peuple : « Tous les fils qui naîtront aux Hébreux, jetez-les dans le Nil. Ne laissez vivre que les filles. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,34-42.11,1.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis: non, il ne perdra pas sa récompense. » Lorsque Jésus eut terminé les instructions qu’il donnait à ses douze disciples, il partit de là pour enseigner et proclamer la Parole dans les villes du pays.


Le bonheur que pouvaient espérer les juifs en Egypte - du fait de se retrouver tous ensemble sur la même terre, ne sera que de courte durée. Leur nombre toujours croissant fera craindre un danger pour la sécurité de l'Egypte, pour la continuation de leurs rites et, tout simplement,

Ce que Jésus apporte avec Lui à l'humanité n'est pas une vie paisible à l'abri des soucis, des contradictions, voire des persécutions comme en ont vécu les Juifs en Egypte. Et de la même manière que les juifs ont été persécutés par Pharaon, de même les chrétiens auront à supporter de la vindicte des juifs en premier, puis celle des autres peuples qui craindront pour leurs cultures et leurs façons de vivre. Même dans les familles,
les enfants s'opposeront à leurs parents - et les parents leurs enfants. En France, terre catholique depuis toujours, le "mariage-pour-tous" a suscité très rapidement "la-manif-pour-tous", car l'Etat a imposé une législation plutôt que de prendre le risque d'un référendum... C'est dire combien la démocratie est chose fragile, mais aussi combien fortes peuvent être les convictions religieuses qu'on avait crues choses du passé!

Mais au-delà de ces bouleversements, ce qui peut nous réjouir, c'est de savoir à quel point le Seigneur est présent dans nos consciences de baptisés. Nombreux les croyants qui connaissent des périodes de sécheresse, voire de reniements, mais qui finissent par se convertir. J'ai toujours en mémoire le témoignage de Jacques Fesh qui s'intitule "Dans cinq heures je verrai Jésus".

.

Craindre la mort, c'est contredire la vie

Message par etienne lorant » sam. 15 juil. 2017, 10:50

Le samedi de la 14e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 49,29-33.50,15-26a.
En ces jours-là, Jacob donna cet ordre à ses fils: « Je vais être réuni aux miens. Enterrez-moi auprès de mes pères, dans la caverne qui est dans le champ d’Éphrone le Hittite, dans la caverne du champ de Macpéla, en face de Mambré, au pays de Canaan, le champ qu’Abraham a acheté à Éphrone le Hittite comme propriété funéraire. Lorsque Jacob eut achevé de donner ses instructions à ses fils, il s’allongea sur son lit, il expira et fut réuni aux siens. Voyant que leur père était mort, les frères de Joseph se dirent : « Si jamais Joseph nous prenait en haine, s’il allait nous rendre tout le mal que nous lui avons fait… » Ils firent dire à Joseph : « Avant de mourir, ton père a exprimé cette volonté: “Vous demanderez ceci à Joseph : De grâce, pardonne à tes frères leur crime et leur péché. Oui, ils t’ont fait du mal, mais toi, maintenant, pardonne donc le crime des serviteurs du Dieu de ton père !” » En entendant ce message, Joseph pleura. Puis ses frères vinrent eux-mêmes se jeter à ses pieds et lui dire : « Voici que nous sommes tes esclaves. » Joseph leur répondit : « Soyez sans crainte ! Vais-je prendre la place de Dieu ? Vous aviez voulu me faire du mal, Dieu a voulu le changer en bien, afin d’accomplir ce qui se réalise aujourd'hui: préserver la vie d’un peuple nombreux. Soyez donc sans crainte : moi, je prendrai soin de vous et de vos jeunes enfants. » Il les réconforta par des paroles qui leur allaient au cœur. Joseph demeura en Égypte avec la famille de son père, et il vécut cent dix ans. Joseph dit à ses frères : « Dieu vous visitera et vous fera remonter de ce pays dans le pays qu’il a fait serment de donner à Abraham, Isaac et Jacob. »
Et Joseph mourut à cent dix ans.




Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,24-33.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres: Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison.
Ne craignez donc pas ces gens-là; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme"; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte: vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »



Les textes de ce matin peuvent se lire ensemble pour ce qui concerne le temps que nous aurons tous à vivre lorsque notre temps sera venu. La crainte de la mort doit s'effacer dans le cœur et l'esprit selon la belle déclaration de notre catéchisme : "En cette vérité, je veux vivre et mourir". Tous nos ancêtres dans la foi, depuis Abraham jusqu'à nos propres parents défunts, parlent d'une même voix et témoignent jusqu'après la mort.

Il existe toute une littérature sur "La vie après la vie" - que j'ai un temps parcourue - en m'étonnant surtout de manière positive de la biographie d'Elisabeth Kübler-Ross, mais c'est en découvrant, avec ma mère et mes sœurs, le visage rayonnant de mon père défunt... que j'ai "sais-intimement": bien que mort, il rayonnait de vie ainsi que de paix ! Durant durant trois semaines, il s'était systématiquement battu contre l’acharnement thérapeutique par lequel un de ses anciens élèves prétendait le "rattraper"... c'était inoubliable, mais de façon positive !

Les paroles de Jésus dans l’Évangile de ce jour sont tout à fait claires : "Même les cheveux de votre tête sont tous comptés". A partir des paroles de Jésus, nous sommes tous engagés à repousser toute crainte de la mort et - de façon très concrète: la crainte de l'avenir car demain se soucie de lui-même !

.


Avec,un superbe témoignage à redécouvrir !!!

http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... on#p273545

Universalité du dessein de Dieu

Message par etienne lorant » ven. 14 juil. 2017, 14:35

Le vendredi de la 14e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 46,1-7.28-30.
En ces jours-là, Israël, c’est-à-dire Jacob, se mit en route pour l’Égypte avec tout ce qui lui appartenait. Arrivé à Bershéba, il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac, et Dieu parla à Israël dans une vision nocturne. Il dit : « Jacob ! Jacob ! » Il répondit : « Me voici. » Dieu reprit : « Je suis Dieu, le Dieu de ton père. Ne crains pas de descendre en Égypte, car là-bas je ferai de toi une grande nation. Moi, je descendrai avec toi en Égypte. Moi-même, je t’en ferai aussi remonter, et Joseph te fermera les yeux de sa propre main. » Jacob partit de Bershéba. Ses fils l’installèrent, avec leurs jeunes enfants et leurs femmes, sur les chariots que Pharaon avait envoyés pour le transporter.  Ils prirent aussi leurs troupeaux et les biens qu’ils avaient acquis au pays de Canaan. Jacob arriva en Égypte avec toute sa descendance. Ainsi donc, ses fils et ses petits-fils, ses filles et ses petites-filles, bref toute sa descendance, il les emmena avec lui en Égypte.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,16-23.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »[/i]

Cy Aelf  Paris

Tout au long de l'ancienne Alliance, avec le principe de la génération, la relation à Dieu  s'inscrivit dans ce cadre, et ceci jusqu'à la venue du Seigneur - pour qui toute l'humanité fait partie de la même et unique famille qui fait partie intégrante du dessein de Dieu.

Le projet de Dieu en Jésus-Christ est d'associer tous les hommes, de tous les pays, de toutes les cultures, à la foi au Dieu unique, celui-là même qui fit le ciel et la terre. C'est encore, aujourd'hui, l'invitation à l'universalité et l'unité du message. Nous sommes tous concernés et invités à tendre à cette unité parfaite.

Force nous est de constater que ce dessein de Dieu en est toujours à l'état de projet. Cependant, il est devenu évident que l'humanité est quasiment contrainte de considérer la terre comme un bien dont toutes les nations ont la responsabilité. Il est clair, pour ne citer que cet aspect des choses, que les hommes ne peuvent plus continuer de produire et de polluer sans risquer des catastrophes de grande ampleur. Outre de pratiquer l'écologie, la curiosité des hommes les pousses à regarder plus loin que les planètes du système solaire - tout comme ce fut le cas lors de la découverte d'autres continents, peuplés d'autres habitants, dont la couleur de peau différait, mais qui étaient elles-aussi créatures de Dieu.  Un retour en arrière est tout à fait impossible : le Seigneur a mis dans le cœur et l'esprit des hommes de regarder toujours un peu plus loin.

L'homélie de ce jour m'a rappelé la première nuit durant laquelle mes parents m'ont permis de regarder la télévision toute la nuit afin d'assister aux premiers pas des hommes sur la lune.  Des années plus tard, j'ai suivi "La controverse de Valladolid" posa la question de savoir si les populations d'autres continents étaient bel et bien des créatures de Dieu !

Ainsi, l'homme est invité à rejeter le repli sur ses "acquis", pour s'ouvrir à l'universalité du projet divin.
Une homélie très "moderne" mais aussi enthousiasmante !

.

Un apprentissage à la miséricorede

Message par etienne lorant » mer. 12 juil. 2017, 11:06

Livre de la Genèse 41,55-57.42,5-7a.17-24a.
En ces jours-là, tout le pays d’Égypte souffrit de la faim, et le peuple, à grands cris, réclama du pain à Pharaon. Mais Pharaon dit à tous les Égyptiens : « Allez trouver Joseph, et faites ce qu’il vous dira. »La famine s’étendait à tout le pays. Alors Joseph ouvrit toutes les réserves et vendit du blé aux Égyptiens, tandis que la famine s’aggravait encore dans le pays.De partout on vint en Égypte pour acheter du blé à Joseph, car la famine s’aggravait partout. Les fils d’Israël, c’est-à-dire de Jacob, parmi beaucoup d’autres gens, vinrent donc pour acheter du blé, car la famine sévissait au pays de Canaan. C’était Joseph qui organisait la vente du blé pour tout le peuple du pays, car il avait pleins pouvoirs dans le pays. En arrivant, les frères de Joseph se prosternèrent devant lui, face contre terre. Dès qu’il les vit, il les reconnut, mais il se comporta comme un étranger à leur égard et il leur parla avec dureté. Il les retint au poste de garde pendant trois jours. Le troisième jour, il leur dit : « Faites ce que je vais vous dire, et vous resterez en vie, car je crains Dieu. Si vous êtes de bonne foi, que l’un d’entre vous reste prisonnier au poste de garde. Vous autres, partez en emportant ce qu’il faut de blé pour éviter la famine à votre clan. Puis vous m’amènerez votre plus jeune frère: ainsi vos paroles seront vérifiées, et vous ne serez pas mis à mort. » Ils acceptèrent, et ils se disaient l’un à l’autre «Hélas ! nous sommes coupables envers Joseph notre frère : nous avons vu dans quelle détresse il se trouvait quand il nous suppliait, et nous ne l’avons pas écouté. C’est pourquoi nous sommes maintenant dans une telle détresse. » Roubène, alors, prit la parole : « Je vous l’avais bien dit : “Ne commettez pas ce crime contre notre jeune frère !” Mais vous ne m’avez pas écouté, et maintenant il faut répondre de son sang. » Comme il y avait un interprète, ils ne se rendaient pas compte que Joseph les comprenait. Alors Joseph se retira pour pleurer.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,1-7.
En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres: le premier, Simon, nommé Pierre André son frère; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère; Philippe et Barthélemy; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin ui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »


Cy Aelf, Paris

L'attitude de Joseph envers ses frères qui, par pure jalousie (car il avait la faveur de leur père) l'avaient vendu comme esclave, est celle d'un homme mûr qui ne conçoit pas la vengeance comme une juste rétribution des mauvaises actions. Mais pour avoir connu l'esclavage en Egypte, bien avant d'être remarqué par ses nouveaux maîtres, Joseph pouvait choisir entre la vengeance pure et simple ou une forme de "rééducation". Devenu sage,et reconnu comme tel, il ne voulut pas avoir recours à la justice, mais il les soumet à la une forme de rééducation par la miséricorde. C'est en usant de la même prudence, que Jésus forme ses disciples à l'annonce de la bonne nouvelle, c'est-à-dire: à devenir apôtres.

S'il est inutile de chercher un autre lien entre les textes de la liturgie, c'est bien du fait qu'aucun homme ne peut réussir dans ses entreprises sans passer par un apprentissage qui prend du temps, puisqu'il s'agit de rencontrer toutes sortes de situations nouvelles, différentes ou complètement inattendues. Notre prêtre nous a rappelé le proverbe : "C'est en forgeant qu'on devient forgeron". Cependant, apprendre à témoigner de l'amour de Dieu prend toute une vie car une telle entreprise ne s'achève pas sur la terre, mais dans le Royaume. Cet enseignement est bien sûr destiné à chacune et chacun d'entre nous, puisque nous avons tous à témoigner de la miséricorde dont nous avons fait l'objet en de multiples circonstances différentes.

.

Fête de saint Benoit , apôtre et Patron de l'Europe

Message par etienne lorant » mar. 11 juil. 2017, 10:36

Livre des Proverbes 2,1-9.
Mon fils, accueille mes paroles, conserve précieusement mes préceptes, l’oreille attentive à la sagesse, le cœur incliné vers la raison. Oui, si tu fais appel à l’intelligence, si tu invoques la raison, si tu la recherches comme l’argent, si tu creuses comme un chercheur de trésor, alors tu comprendras la crainte du Seigneur, tu découvriras la connaissance de Dieu. Car c’est le Seigneur qui donne la sagesse ; connaissance et raison sortent de sa bouche. Il réserve aux hommes droits la réussite : pour qui marche dans l’intégrité, il est un bouclier, gardien des sentiers du droit, veillant sur le chemin de ses fidèles. Alors tu comprendras la justice, le jugement, la droiture, seuls sentiers qui mènent au bonheur.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 19,27-29.
En ce temps-là, Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle.


Cy Aelf, Paris

Pour cette fois, notre prêtre, plutôt que d'entrer dans les considérations du Livre des Proverbes et d'incliner son cœur vers la raison a déclaré plus sûr le chemin à parcourir pour passer de la raison au cœur  !  En effet, si Dieu est Amour, c'est d'abord par le cœur que l'on s'approche de Lui.  Et il est évident que c'est le chemin que saint Benoit a parcouru. C'est pour l'amour de Dieu que le saint aura quitté père, mère, famille et patrie, afin d'évangéliser l'Europe

A plus basse échelle, nous sommes, nous aussi invités au détachement des biens de ce monde - lesquels ne sont pas seulement d'or et d'argent, mais encore : liens familiaux, puisque dans la foi nous sommes toutes et tous frères et sœurs, pères et mères, enfants par l'innocence, et sages par l'exemple de la charité parfaite. Et, en définitive, la raison qui sur toutes les raisons, c'est la charité - toutes les règles puisent dans la charité...



.

Songes et intuitions

Message par etienne lorant » lun. 10 juil. 2017, 11:31

Le lundi de la 14e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 28,10-22a.
En ces jours-là, Jacob partit de Bershéba et se dirigea vers Harane. Il atteignit le lieu où il allait passer la nuit car le soleil s’était couché. Il y prit une pierre pour la mettre sous sa tête, et dormit en ce lieu.
Il eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants. Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, vous vous répandrez à l’orient et à l’occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.
Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit.» Jacob sortit de son sommeil et déclara : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas.» Il fut saisi de crainte et il dit : « Que ce lieu est redoutable ! C’est vraiment la maison de Dieu, la porte du ciel !» Jacob se leva de bon matin, il prit la pierre qu’il avait mise sous sa tête, il la dressa pour en faire une stèle, et sur le sommet il versa de l’huile.
Jacob donna le nom de Béthel (c’est-à-dire : Maison de Dieu) à ce lieu qui auparavant s’appelait Louz.
Alors Jacob prononça ce vœu : « Si Dieu est avec moi, s’il me garde sur le chemin où je marche, s’il me donne du pain pour manger et des vêtements pour me couvrir, et si je reviens sain et sauf à la maison de mon père, le Seigneur sera mon Dieu. Cette pierre dont j’ai fait une stèle sera la maison de Dieu. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant: « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : «Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée. Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.


L’Évangile de ce jour, qui montre Jésus en marche mais serré de tous côté par la foule, a suscité beaucoup de commentaires , tous intéressants selon le point de vue adopté. Et aujourd'hui encore une lecture toute neuve apparaît lorsque l'on établit un lien avec la première lecture.

C'est ce qui fait la richesse d'une lecture de l’Évangile liée au aux autres textes de la Liturgie, et c'est encore le cas aujourd'hui avec l’extrait du livre de la Genèse qui rapporte le songe de Jacob. C'est bien dans un songe que Dieu s'adresse à Jacob (même si l'on peut se demander comment Jacob a pu trouver le sommeil en reposant sa tête sur une pierre ! Toujours est-il que les personnages de qui viennent à la rencontre de Jésus paraissent "déconnectés" de la stricte raison.

Tous, en effet, agissent selon leur intuition. Ainsi, l'officier royal déclare que sa fille est morte, m demander à Jésus de venir voir le corps de sa fille... la déclare morte. Mais même si sa raison lui dit que sa démarche est inutile, il s'est tout de même mis en marche. La femme souffrant d’hémorragies, qui avait déjà tout tenté, suit elle aussi son intuition. Et quand Jésus parvient - trop tard - à la maison de la jeune morte - Il contredit tout le monde en la faisant lever. Il existe désormais dans nos hôpitaux des comas thérapeutiques. Cette jeune fille est passée ainsi de l'enfance à l'adolescence - une période très sensible dans l'évolution de tout être humain.

Ce que nous propose les lectures de ce jour, c'est de nous ressouvenir de toutes les circonstances critique que nous avons vécues et comment, en définitive, une situation "inextricable" s'est pourtant dénouée simplement. Pour ma part, je me suis souvenu qu'après avoir vécu huit mois dans une caserne d'Allemagne, j'avais gommé tout de ma réserve et de mes indécisions. Une vie qui grandit passe par de nombreuses morts à soi-même, de renoncements à l’Ego, mais toujours vers un "mieux-être". Une foi de confiance absolue n'est jamais vraiment vaincue dans les événements cruciaux de l'existence.



.

Mes voies ne sont pas vos voies

Message par etienne lorant » sam. 08 juil. 2017, 16:49

Le samedi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 27,1-5.15-29.
Isaac était devenu vieux, ses yeux avaient faibli il n’y voyait plus. Il appela Ésaü son fils aîné: «Mon fils !» Celui-ci répondit: «Me voici.»  Isaac reprit : « Tu vois : je suis devenu vieux, mais je ne sais pas le jour de ma mort. Prends donc maintenant tes armes, ton carquois et ton arc, sors dans la campagne et tue-moi du gibier. Prépare-moi un bon plat comme je les aime et apporte-le-moi pour que je mange, et que je te bénisse avant de mourir. »  Pendant qu’Isaac parlait ainsi à son fils Ésaü, Rébecca écoutait. Ésaü alla donc dans la campagne chasser du gibier pour son père. Rébecca prit les meilleurs habits d’Ésaü, son fils aîné, ceux qu’elle gardait à la maison ; elle en revêtit Jacob, son fils cadet. Puis, avec des peaux de chevreau, elle lui couvrit les mains et la partie lisse du cou. Elle remit ensuite entre ses mains le plat et le pain qu’elle avait préparés. Jacob entra chez son père et dit : « Mon père ! » Celui-ci répondit : « Me voici. Qui es-tu, mon fils ? » Jacob dit à son père : « Je suis Ésaü, ton premier-né; j’ai fait ce que tu m’as dit. Viens donc t’asseoir, mange de mon gibier ; alors, tu pourras me bénir. » Isaac lui dit : « Comme tu as trouvé vite, mon fils ! » Jacob répondit : « C’est que le Seigneur, ton Dieu, a favorisé ma chasse.» Isaac lui dit : « Approche donc, mon fils, que je te palpe, pour savoir si tu es bien mon fils Ésaü!» Jacob s’approcha de son père Isaac. Celui-ci le palpa et dit : « La voix est la voix de Jacob, mais les mains sont les mains d’Ésaü. »

Ésaïe 55
Que le méchant abandonne sa voie, Et l'homme d'iniquité ses pensées; Qu'il retourne à l'Eternel, qui aura pitié de lui, A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner. 8Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l'Eternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,14-17.
En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit.Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »


Cy Aelf, Paris

Une découverte très intéressante et très riche d'un enseignement pour nous qui prions Dieu sans bien savoir ce que nous lui demandons... En effet, constatons-le : bien que ce soit par fraude que Jacob ait été présenté à Isaac pour recevoir l'onction, c'est lui tout de même lui qui était l'élu de Dieu. Autrement dit, dans le cas précis, malgré la fraude et l'abus de confiance envers le vieil Isaac, c'est tout de même la volonté de Dieu qui s'accomplit.

Ce cas étrange en rappelle un autre: lorsque les Juifs récriminèrent contre le prophète Nathan afin qu'il leur choisisse un roi "afin d'être gouvernés par lui comme les autres peuples", on présenta d'abord au prophète les enfants les plus robustes et les plus habilles, mais l'on cacha David - ce chétif enfant roux aux yeux bleus... dont on ne savait que faire et qu'on avait écarté en l'envoyant à l'écart pour garder les troupeaux... mais l'élu, c'était bien lui, David !

L’évangile de ce jour est tout aussi paradoxal . Le peuple juif attendait bel et bien un Messie qui seraient comme ils l'espéraient : Il chasserait les Romains, il établirait Israël comme la nation destinée à dominer le monde. Mais c'est bien sûr une autre royauté toute autre que Jésus est venu instaurer. Malheureusement pour eux les Juifs ne l'ont pas reconnu - et cependant, mais en le livrant aux Romains pour le faire mourir, ils ne feront qu'instaurer son règne sur tous les peuples du monde - nous en sommes tous les témoins.

.

Le texte complet de l'éloge d'Abraham par Kiergegaard

Message par etienne lorant » ven. 07 juil. 2017, 17:49

Je désire partager avec tous, à propos d'Abraham, notre père dans la foi, un éloge extraordinaire de la foi d'Abraham, tel que nous l'a laissé  S.Kierkegaard dans un ouvrage très connu, intitulé "Craintes et tremblements", dans une traduction de PH Tisseau, aux Editions Aubier.  Voici ce texte.  Ne vous laissez pas rebuter, avancez jusqu'au bout, car ce langage est extraordinaire :

« Si l'homme n'avait pas de conscience éternelle, si au fond de toutes choses, il n'y avait qu'une puissance sauvage et bouillonnante, produisant toutes choses, le grand et le futile, dans le tourbillon d'obscures passions; si le vide sans fond, que rien ne peut combler, se cachait sous les choses, que serait la vie, sinon le désespoir ?

S'il en était ainsi, si l'humanité n'avait pas de lien sacré, si les générations se renouvelaient comme le feuillage des forêts, s'éteignaient l'une après l'autre comme le chant des oiseaux dans les bois, traversaient le monde comme le navire l'océan, ou le vent le désert, acte aveugle et stérile; si l'éternel oubli, toujours affamé ne trouvait pas de puissance assez forte pour lui arracher la proie qu'il épie, quelle vanité et quelle désolation serait la vie !

Mais tel n'est pas le cas; comme il a créé l'homme et la femme, Dieu a aussi formé le héros et le poète ou l'orateur. Celui-ci ne peut rien accomplir de ce que fait celui-là; il ne peut que l'admirer, l'aimer et se réjouir en lui. Non moins que lui, pourtant, il est favorisé; car le héros est pour ainsi dire le meilleur de son être, ce dont il est épris, heureux de ne pas l'être lui-même, afin que son amour soit fait d'admiration.
Le poète est le génie du ressouvenir. Il ne peut rien, sinon rappeler, sinon admirer ce qui fut accompli ; il ne tire rien de son propre fonds, mais il est jaloux du dépôt dont il a la garde. Il suit le choix de son cœur : à peine a-t-il trouvé l'objet de sa recherche, il va de porte en porte dire ses chants et ses discours, pour que tous partagent son admiration pour le héros et en soient fiers comme lui.

Telle est son action, son humble tâche, son loyal service dans la maison du héros. S'il est ainsi fidèle à son amour, il entre dans la compagnie du héros qui l'aime d'un amour également fidèle, car le poète est pour ainsi dire le meilleur être du héros, débile assurément comme un ressouvenir, mais aussi transfiguré comme lui.

C'est pourquoi nul ne sera oublié de ceux qui furent grands ; et s'il faut du temps, si même le nuage de l'incompréhension dissipe la figure du héros, son amant vient pourtant ; et plus tarde sa venue, plus aussi il s'attache fidèlement à lui.

Non ! Nul ne passera de ceux qui furent grands, chacun selon sa manière et selon la grandeur qu'il aima. Car qui s'aima lui-même fut grand par sa personne, et qui aima autrui fut grand en se donnant ; pourtant, qui aima Dieu fut le plus grand de tous.

Les grands hommes seront célébrés dans l'histoire ; mais chacun deux fut grand selon qu'il espéra. L'un fut grand dans l'espoir qui attend le possible, un autre dans l'espoir des choses éternelle ; mais celui qui voulut attendre l'impossible fut le plus grand de tous.

Les grands hommes seront gardés dans la mémoire, mais chacun d'entre eux fut grand suivant l'importance de ce qu'il combattit. Car qui lutta contre le monde fut grand en triomphant du monde, et qui lutta contre lui-même fut grand par sa victoire sur lui-même ; mais celui qui lutta contre Dieu fut le plus grand de tous.

Tels furent les combats livrés sur cette terre: homme contre homme, un contre mille ; mais celui qui lutta contre Dieu fut le plus grand de tous. Tels furent les combats engagés ici-bas : l'un vint à bout de l'autre en usant de sa force, l'autre désarma Dieu par sa propre faiblesse . L'on en vit s'appuyer sur eux-mêmes et triompher de tout, et d'autres, forts de leur force, tout sacrifier. Mais celui qui crut en Dieu fut le plus grand de tous.

Et il y eut des hommes grands par leur énergie, leur sagesse, leur espérance ou leur amour ; mais Abraham fut le plus grand de tous, grand par l'énergie dont la force est faiblesse, grand par la sagesse dont le secret est folie, grand par l'espoir dont la force est démence, grand par l'amour qui est la haine de soi-même.

C'est par la foi qu'Abraham quitta le pays de ses pères et fut étranger en terre promise (Hébreux 11,9). Il laissa une chose, sa raison terrestre et en prit une autre, la foi ; sinon, songeant à l'absurdité du voyage, il ne serait pas parti. C'est par la foi qu'il fut un étranger en terre promise, où rien ne lui rappelait ce qu'il aimait, tandis que la nouveauté de toutes choses mettait en son âme la tentation d'un douloureux regret.

Cependant, il était l'élu de Dieu, en qui l’Éternel avait sa complaisance ! Certes, s'il avait été un déshérité, banni de la grâce divine, il eût mieux compris cette situation qui semblait une raillerie sur lui et sur sa foi. Il y eut aussi dans le monde celui qui vécut exilé de sa patrie bien-aimée. Il n'est pas oublié, ni ses complaintes où, dans la mélancolie, il chercha et trouva ce qu'il avait perdu.Abraham n'a pas laissé de lamentations. Il est humain de se plaindre, humain de pleurer avec celui qui pleure, mais il est plus grand de croire, et plus bienfaisant de contempler le croyant.

C'est par la foi (Gal. III, Cool qu'Abraham reçut la promesse que toutes les nations de la terre seraient bénies en sa postérité. Le temps passait, la possibilité restait, Abraham croyait. Le temps passa, le soir fut à son déclin, et cet homme n'eût point la lâcheté de renoncer à son espoir ; aussi ne sera-t-il jamais oublié non plus. Puis il connut la tristesse, et le chagrin, loin de le décevoir comme la vie, fit pour lui tout ce qu'il put et, dans ses douceurs, lui donna la possession de son espérance trompée. Il est humain de connaître la tristesse, humain de partager la peine de l'affligé, mais il est plus grand de croire et plus réconfortant de contempler le croyant.

Abraham ne nous a pas laissé de lamentations. Il n'a pas tristement compté les jours à mesure que le temps passait ; il n'a pas regardé Sara d'un œil inquiet pour voir si les années creusaient des rides sur son visage ; il n'a pas arrêté la course du soleil (Josué X, 12) pour empêcher Sara de vieillir, et son attente avec elle ; pour apaiser sa peine, il n'a pas chanté à Sara un triste cantique. Il devint vieux et Sara fut raillée dans le pays ; cependant, il était l'élu de Dieu et l'héritier de la promesse, que toutes les nations de la terre seraient bénies en sa postérité.

N'eût-il pas mieux valu qu'il ne fût pas l'élu de Dieu ? Qu'est-ce donc qu'être l'élu de Dieu ? C'est se voir refuser au printemps de la vie le désir de la jeunesse, pour en obtenir l'exaucement dans la vieillesse après de grandes difficultés. Mais Abraham crut et garda fermement la promesse à laquelle il aurait renoncé s'il avait chancelé. Il aurait alors dit à Dieu : « ce n'est pas peut-être pas ta volonté que mon désir se réalise ; je renonce donc à mon vœu, mon unique, où je mettais ma félicité. Mon âme est droite et ne recèle pas de secrète rancune devant ton refus ».
Il n'aurait pas été oublié ; il en aurait sauvé beaucoup par son exemple, mais il ne serait pas devenu le père de la foi ; car il est grand de renoncer à son vœu le plus cher, mais plus grand de le garder après l'avoir abandonné ; il est grand de saisir l'éternel, mais plus grand de garder le temporel après y avoir renoncé.

Puis les temps furent accomplis. Si Abraham n'avait pas cru, Sara serait sans doute morte de chagrin, et lui, rongé de tristesse, n'aurait pas compris l'exaucement, mais en aurait souri comme d'un rêve de jeunesse. Mais Abraham crut ; aussi resta-t-il jeune : car celui qui espère toujours le meilleur vieillit dans les déceptions, et celui qui s'attend toujours au pire est de bonne heure usé, mais celui croit conserve une jeunesse éternelle.

Bénie soit donc cette histoire ! Car Sara, bien qu'avancée en âge, fut assez jeune pour désirer les joies de la maternité, et Abraham, malgré ses cheveux gris, fut assez jeune pour désirer d'être père. A première vue, le miracle, c'est l'événement qui arriva selon leur espérance ; mais au sens profond, le prodige de la foi, c'est qu'Abraham et Sara furent assez jeunes pour désirer, et que la foi garda leur désir, et par là leur jeunesse. Il vit l'exaucement de la promesse et l'obtint par la foi, et cela arriva selon la promesse et selon la foi ; car Moïse frappa le rocher de son bâton, mais il ne crut pas (Nb, XX, 11).

Alors, il y eut de la joie dans la maison d'Abraham, et Sara fut l'épouse des noces d'or.

Pourtant, ce bonheur ne devait pas durer ; une fois encore, Abraham devait connaître l'épreuve. Il avait lutté contre la sournoise puissance à laquelle rien n'échappe, contre l'ennemi dont la vigilance n'est jamais en défaut le long des années, contre le vieillard qui survit à tout, il avait lutté contre le temps et gardé la foi.

Alors, toute la terreur du combat se concentra en un instant : « Et Dieu mit Abraham à l'épreuve et lui dit : prend ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t'en au pays de Morija, et là, offre-le en holocauste sur l'une des montagnes que je te dirai. »

Ainsi, tout était perdu, ô malheur plus terrible que si le désir n'eût jamais été exaucé ! Ainsi, le Seigneur ne faisait que se jouer d'Abraham ! Voici qu'après avoir réalisé l'absurde par un miracle, il voulait maintenant voir son œuvre à néant. Quelle folie ! Mais Abraham n'en rit pas comme Sarah (Gen XVIII, 12) quand la promesse leur fut annoncée. Soixante-dix ans de l'attente la plus fidèle, et la courte joie de la voir exaucée. Qui donc est-il, celui qui arrache le bâton de la main du vieillard, qui est-il pour exiger que le vieux père le brise lui-même ? Qui est-il, pour rendre inconsolable un homme aux cheveux gris en exigeant qu'il soit l'instrument de son propre malheur ? N'y a-t-il point de compassion pour le vénérable vieillard et l'enfant innocent !

Et pourtant, Abraham était l'élu de Dieu, et c'était le Seigneur qui infligeait l'épreuve. Tout allait donc être perdu ! Le magnifique renom de la race à venir, la promesse de la postérité d'Abraham, ce n'était là que l'éclair d'une fugitive pensée du Seigneur qu'il incombait maintenant à Abraham d'effacer. Ce fruit magnifique (Gen XII, 2) aussi vieux que la foi dans le cœur d'Abraham, et de longues années plus âgé qu'Isaac, ce fruit de la vie d'Abraham, sanctifié par la prière, mûri dans la lutte, cette bénédiction sur les lèvres du père, voici que ce fruit allait lui être ravi et perdre tout sens ; quel sens en effet revêtait le fruit de la promesse quand il fallait sacrifier Isaac !

Cette heure de tristesse et pourtant bienheureuse, où Abraham devrait dire adieu à tout ce qu'il aimait quand, soulevant une dernière fois sa tête vénérable, la face resplendissante comme celle du Seigneur, il recueillerait son âme pour donner la bénédiction, dont la vertu s'étendrait sur tout les jours d'Isaac, cette heure-là ne viendrait pas ! Car Abraham devait dire adieu à son fils, en demeurant lui-même ici-bas ; la mort devait les séparer mais en faisant d'Isaac sa proie. Le vieillard ne devait pas à son lit de mort étendre avec joie sa mains sur son enfant pour le bénir, mais, las de la vie, lever le bras sur lui en un geste meurtrier. Et Dieu l'éprouvait. Malheur ! Malheur au messager venu porter cette nouvelle. Qui donc avait osé se faire l'émissaire d'une telle désolation ? Mais c'était Dieu qui éprouvait Abraham.

Pourtant, Abraham crut et crut pour cette vie. Certes, si sa foi avait simplement concerné une vie à venir, il aurait sans doute aisément tout dépouillé, pour sortir d'un monde auquel il n'appartenait plus. Mais la foi d'Abraham n'était pas de cette sorte, s'il y en a de telle ; car, à vrai dire, ce n'est pas la foi, mais sa plus lointaine possibilité, qui devine son objet à l'horizon le plus reculé, quoique séparée de lui par un abîme où se démène le désespoir.

Mais Abraham avait la foi pour cette vie ; il croyait qu'il vieillirait dans le pays, honoré du peuple, béni dans sa postérité, inoubliable en Isaac, son amour le plus cher en cette vie, et qu'il embrassait avec une affection bien mal exprimée quand on dit qu'il accomplissait fidèlement son devoir paternel, d'ailleurs, suivant le texte : « ton fils, celui que tu aimes » (Gen XXII, 2). Jacob eut douze fils et en aima un ; Abraham n'en eut qu'un, celui qu'il aimait.

Mais Abraham crut et ne douta point ; il crut l'absurde. S'il avait douté, il aurait agi autrement ; il aurait accompli un acte grand et magnifique ; car aurait-il pu faire autre choses ? Il serait allé à la montagne de Morija, il aurait fendu le bois, allumé le bûcher, tiré le couteau – il aurait crié à Dieu : « ne méprise pas ce sacrifice ; ce n'est pas ce que je possède de meilleur, je le sais bien ; qu'est-ce en effet qu'un vieillard auprès de l'enfant de la promesse ? Mais c'est le meilleur que je puisse te donner. Fais qu'Isaac n'en sache jamais rien, afin que sa jeunesse le console. » Il se serait enfoncé le couteau dans le sein. Le monde l'aurait admiré, et son nom n'aurait pas été oublié ; mais une chose est d'être admiré, et une autre d'être l'étoile qui guide et sauve l'angoissé.

Mais Abraham crut. Il ne pria pas pour lui, pour toucher le Seigneur ; il ne s'avança en suppliant que lorsqu'un juste châtiment descendit sur Sodome et Gomorrhe.

Nous lisons (Gen XXII, 1) dans l'Ecriture : « et Dieu mit Abraham à l'épreuve et lui dit : Abraham, Abraham, où es-tu ? Et Abraham répondit : me voici ! » Toi, à qui mon discours s'adresse, en as-tu fait autant ? Quand tu as vu venir de loin les coups du sort, n'as-tu pas dit aux montagnes : « cachez-moi » (Luc XXIII, 30) et aux coteaux : « tombez sur moi ! » Ou, si tu fus plus fort, ton pied ne s'est-il pas avancé bien lentement sur la bonne voie, n'as-tu pas soupiré après les vieux sentiers ? Et, quand l'appel a retenti, as-tu gardé le silence, as-tu répondu, tout bas, peut-être, en un murmure ? Abraham, lui, ne répondit pas ainsi ; avec joie et courage, plein de confiance et à pleine voix, il dit : « me voici ! »

Nous lisons encore (Gen XXII, 3) : « et Abraham se leva de bon matin. » Il se pressa comme pour une fête, et de bon matin il fut à l'endroit désigné, sur la montage de Morija. Il ne dit rien à Sara, rien à Eliézer : qui d'ailleurs pouvait le comprendre ? Et la tentation, de par sa nature, ne lui avait-elle pas imposé le vœu du silence ?

« Il fendit le bois, il lia Isaac, il alluma le bûcher, il tira le couteau. »

Mon cher auditeur ! Bien des pères ont cru perdre en leur enfant leur plus précieux trésor au monde, et être dépouillés de toute espérance à venir ; mais aucun fils n'a été l'enfant de la promesse au sens où Isaac le fut pour Abraham. Bien des pères ont perdu leur enfant, mais il leur fut pris par la main de Dieu, par l'insondable et immuable volonté du Tout-puissant. Tout autre est le cas d'Abraham. Une plus lourde épreuve lui était réservée, et le sort d'Isaac se trouva dans la main d'Abraham tenant le couteau. Telle était la situation du vieillard devant son unique espérance !
Mais il ne douta point, il ne regarda point d'un œil angoissé à droite ou à gauche, il ne fatigua point le ciel de ses prières. Donc le Tout-puissant l'éprouvait, il le savait, et il savait que ce sacrifice était le plus lourd qu'on pût lui demander ; mais il savait aussi que nul sacrifice n'est trop lourd quand Dieu le demande – et il tira le couteau.

Qui donna la force au bras d'Abraham, qui tint sa droite levée et l'empêcha de retomber, impuissante ? Le spectateur de cette scène en est paralysé. Qui donna la force à l'âme d'Abraham et empêcha ses yeux de s'enténébrer au point de ne voir ni Isaac ni le bélier ? Le spectateur de cette scène en devient aveugle. - Et pourtant, sans doute, rare est l'homme qui en devient aveugle et paralysé, et plus rare encore, l'homme qui raconte dignement ce qui s'est passé. Nous le savons tous: ce n'était qu'une épreuve.

Si Abraham avait douté sur la montagne de Morija, s'il avait regardé autour de lui dans l'irrésolution, si, en tirant le couteau, il avait par hasard aperçu le bélier, si Dieu avait permis de le sacrifier à la place d'Isaac - alors il serait revenu chez lui, tout resté comme avant; il aurait eu Sara près de lui, il aurait conservé Isaac, et pourtant, quel changement ! Car sa retraite aurait été une fuite, son salut un hasard, sa récompense une confusion et son avenir peut-être la perdition. Alors, il n'aurait témoigné ni de sa foi, ni de la grâce de Dieu, mais il aurait montré combien il est terrible de gravir la montagne de Morija. Alors, Abraham n'aurait pas été oublié, ni la montagne de Morija. Elle aurait été citée non comme l'Ararat où l'arche s'arrêta, mais comme un lieu d'effroi: "c'est là", eût-on dit, "qu'Abraham a douté".

Abraham, père vénérable ! Quand tu revins chez toi de Morija, tu n'eus aucunement besoin d'un panégyrique pour te consoler d'une perte; car, n'est-ce pas, tu avais tout gagné, et gardé Isaac ? Désormais, le Seigneur ne te le prit plus et l'on te vit joyeux à table avec ton fils dans ta demeure, comme là-haut pour l'éternité.

Abraham, père vénérable ! Des milliers d'années se sont écoulées depuis ces jours, mais tu n'as pas besoin d'un admirateur attardé pour arracher par son amour ta mémoire aux puissances de l'oubli; car toute langue te rappelle - et pourtant tu récompenses qui t'aime plus magnifiquement que personne; tu le rends là-haut bienheureux en ton sein, et tu captives ici bas son regard et son cœur par le prodige de ton action.

Abraham, père vénérable ! Second père du genre humain ! Toi qui le premier as éprouvé et manifesté cette prodigieuse passion qui dédaigne la lutte terrible contre la fureur des éléments et les forces de la création pour combattre avec Dieu, toi qui le premier as ressenti cette passion sublime, expression sacrée, humble et pure, de la divine frénésie, toi qui as fait l'admiration de païens, pardonne à celui qui a voulu parler à ta louange, s'il s'est mal acquitté de sa tâche. Il a parlé humblement, selon le désir de son coeur; il a parlé brièvement, comme il convenait; mais il n'oubliera jamais qu'il t'a fallu cent ans pour recevoir contre toute attente le fils de la vieillesse et que tu as dû tirer le couteau pour garder Isaac; il n'oubliera jamais qu'à cent trente ans, tu n'étais pas allé plus loin que la foi.

S. Kiergegaard

La miséricorde, non pas le sacrifice

Message par etienne lorant » ven. 07 juil. 2017, 11:19

Le vendredi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 23,1-4.19.24,1-8.62-67.
Sara vécut cent vingt-sept ans. (...)Elle mourut à Kiriath-Arba, c’est-à-dire à Hébron, dans le pays de Canaan. Abraham s’y rendit pour le deuil et les lamentations. Abraham dit au plus ancien serviteur de sa maison, l’intendant de tous ses biens: « Je te fais prêter serment par le Seigneur, Dieu du ciel et Dieu de la terre: tu iras dans mon pays, dans ma parenté, chercher une épouse pour mon fils Isaac. » Un jour, Isaac s’en revenait du puits de Lahaï-Roï. Il habitait alors le Néguev. Il était sorti à la tombée du jour, pour se promener dans la campagne, lorsque, levant les yeux, il vit arriver des chameaux. Rébecca, levant les yeux elle aussi, vit Isaac. Elle sauta à bas de son chameau et dit au serviteur : « Quel est cet homme qui vient dans la campagne à notre rencontre ? » Le serviteur répondit : « C’est mon maître. » Alors elle prit son voile et s’en couvrit.Le serviteur raconta à Isaac tout ce qu’il avait fait. Isaac introduisit Rébecca dans la tente de sa mère Sara ; il l’épousa, elle devint sa femme, et il l’aima. Et Isaac se consola de la mort de sa mère.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,9-13.
En ce temps-là, Jésus sortit de Capharnaüm et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ?»  Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades.
Allez apprendre ce que signifie : ‘Je veux la miséricorde, non le sacrifice’. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »


Le temps des sacrifices est passé. Après l'épreuve auquel Abraham s'est soumis, humblement et sans réserve, vint le temps des épousailles de d'Isaac et de Sarah et le début du processus de "l'engendrement" et de la lignée qui aboutira au Christ. Au deuil succède la consolation et la réjouissance qui accompagne tous les dons de Dieu.

Le lien avec l’Évangile brille dans sa simplicité.  Comme aux noces d'Isaac et de Sara, comme à celles des noces de Cana ou Jésus fit son premier miracle en changeant l'eau des ablutions rituelles en un vin de grande qualité, c'est également dans la réjouissance en un banquet improvisé que Jésus appellera Matthieu à le suivre. Et Jésus de déclarer ouvertement : "Je veux la miséricorde, non le sacrifice".

Ce que le Seigneur fit pour Matthieu, il le fera encore en manifestant la miséricorde divine à Pierre au cours d'une pèche miraculeuse. Finalement, le seul sacrifice qui demeurera - et qui se perpétue jusqu'à ce jour - c'est celui de Jésus sur la croix. En chaque Eucharistie, c'est dans le corps et le sang de Jésus que nous puisons la force et aussi la joie pour vivre chaque jour dans la paix et la joie...

.

Abraham, notre père dans la foi

Message par etienne lorant » jeu. 06 juil. 2017, 10:59

Le jeudi de la 13e semaine du temps ordinaire

Livre de la Genèse 22,1-19.


En ces jours-là, Dieu mit Abraham à l’épreuve. Il lui dit: « Abraham ! » Celui-ci répondit : « Me voici ! » Dieu dit : « Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai.»  Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux de ses serviteurs et son fils Isaac. Il fendit le bois pour l’holocauste, et se mit en route vers l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin. Abraham dit à ses serviteurs : « Restez ici avec l’âne. Moi et le garçon nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous. »   Abraham prit le bois pour l’holocauste et le chargea sur son fils Isaac ; il prit le feu et le couteau, et s’en allèrent ensemble. Isaac dit à son père : « Mon père ! – Eh bien, mon fils ? » Isaac reprit : « Voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? »  Abraham répondit : « Dieu saura bien trouver l’agneau pour l’holocauste, mon fils. » Et ils s’en allaient tous les deux ensemble. Ils arrivèrent à l’endroit que Dieu avait indiqué. Abraham y bâtit l’autel et disposa le bois ; puis il lia son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Abraham étendit la main et saisit le couteau pour immoler son fils. Mais l’ange du Seigneur l’appela du haut du ciel et dit : « Abraham ! Abraham ! » Il répondit : « Me voici ! » L’ange lui dit : « Ne porte pas la main sur le garçon ! Ne lui fais aucun mal ! Je sais maintenant que tu crains Dieu : tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. »  Abraham leva les yeux et vit un bélier retenu par les cornes dans un buisson. Il alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. Abraham donna à ce lieu le nom de « Le-Seigneur-voit ». On l’appelle aujourd’hui : « Sur-le-mont-le-Seigneur-est-vu.» Du ciel, l’ange du Seigneur appela une seconde fois Abraham. Il déclara : « Je le jure par moi-même, oracle du Seigneur : parce que tu as fait cela, parce que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique, je te comblerai de bénédictions, je rendrai ta descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, et ta descendance occupera les places fortes de ses ennemis. Puisque tu as écouté ma voix, toutes les nations de la terre s’adresseront l’une à l’autre la bénédiction par le nom de ta descendance. » Alors Abraham retourna auprès de ses serviteurs et ensemble ils se mirent en route pour Bershéba ; et Abraham y habita.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 9,1-8.
En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ?  Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison.» Il se leva et rentra dans sa maison. Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.



Afin de méditer correctement les textes de ce jour, je crois bien qu'il faudrait y passer tant de temps qu'un livre qu'un livre n'y suffirait pas.  Abraham, l'homme de la foi sans défaut, qui abandonne toute réserve dans l'abandon de son âme, est allé jusqu'au bout de l'épreuve qui lui fut proposée - cette foi d'abandon total ne tient ni du fanatisme ni de fatalisme, mais d'une confiance absolue dans l'amour de Dieu. Nous ne sommes que des hommes et nous passerons. Cependant, ce qui demeurera de nous, c'est ce que l'amour de Dieu aura versé dans nos cœurs.

Mais la mise à l'épreuve, l'ultime épreuve, ne survint qu'à la fin d'une très longue relation avec Dieu et d'autres questionnements profonds et douloureux qui auraient pu qui auraient pu conduire Abraham à la révolte: la stérilité de Sara fut une de ces épreuves apparemment sans issue. Lorsque Sarah proposa à son époux de concevoir un fils avec sa servante, ce fut, pour elle aussi, un sacrifice sans précédent, un renoncement de soi qui vaut bien celui des saints.

Abraham fut donc lui aussi mis à l'épreuve. Il me semble qu'ayant reçu de Dieu l'épouvantable requête, ce sur quoi il put s'appuyer est beaucoup plus que ce que nous appelons une foi "mure". Car l'état qui suit la maturité, n'est-ce pas la dégénérescence ?  Mais pas pour Abraham, car Abraham aimait Dieu et avait foi en Lui bien plus que nous pouvons l'imaginer pour nous-mêmes.

L’évangile de ce jour répond lui aussi comme une "victoire sur l'impossible"que seule une foi pure et sans défaut peut venir contredire. Ce paralytique, qu'il a fallu faire descendre depuis  le toit de la maison de Pierre, ressemble plus à un mort qu'on descend dans sa tombe qu'à un malade que l'on pourrait encore tenter de soigner eut encore tenter de soigner !  Est-il vraiment étonnant que le Seigneur ait commencé par lui remettre ses péchés ?  Pour nous, c'est ce qu'il convient, effectivement, de pratiquer envers un homme sur le point de mourir...

Dans les deux cas, nous sommes entraînés, dans la foi, à regarder plus loin et plus haut que les circonstances malheureuses qui nous déconcertent au point, parfois, que nous nous demandons ce que c'est que de croire, encore et toujours, et en dépit de tout...

Si Abraham est bien notre père humain dans la foi, Jésus l'est dans l'accomplissement complet de cette foi. Rien ne ne peut résister à une telle foi - et il est vrai que rien ne lui résiste !

.

Re: La foi mûrit dans les épreuves

Message par etienne lorant » mer. 05 juil. 2017, 18:21

Vous dites "la foi mûrit dans les épreuves". Certes, cela est vrai mais à mon avis elle mûrit aussi dans les moments de joie et de bonheur, ou de l'étude, ou de la rencontre, de la découverte et de toutes sortes de circonstances.
Je songeais particulièrement au troisième jours de mon renoncement définitif au tabac. Ce "troisième jour" m'est resté en mémoire, tant je me suis senti malade, exaspéré, bien qu'ayant accepté, par avance, tout ce que je devrais supporter. Le troisième jour fut le plus long, mais en fin de journée une joie extraordinaire a commencé de jouer en ma faveur - j'ai vraiment ressenti que, çà y est, je ne fumerai plus jamais !

Cette lutte faisait partie d'un "exercice spirituel" auquel tous les "candidats" avaient accepté de se soumettre : noter chaque jour dans un carnet les "défaites" et les "victoires". En tenant un tel carnet,, pour peu que l'on soit sincère, oblige évidemment à une sincérité absolue.

Haut