Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

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De quelle qualité est notre foi ?

Message par etienne lorant » sam. 22 avr. 2017, 10:18

Le samedi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 4,13-21.
En ces jours-là, les chefs du peuple, les Anciens et les scribes constataient l’assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte que c’était des hommes sans culture et de simples particuliers, ils étaient surpris; d’autre part, ils reconnaissaient en eux ceux qui étaient avec Jésus. Mais comme ils voyaient, debout avec eux, l’homme qui avait été guéri, ils ne trouvaient rien à redire.
Après leur avoir ordonné de quitter la salle du Conseil suprême, ils se mirent à discuter entre eux. Ils disaient : « Qu’allons-nous faire de ces gens-là ? Il est notoire, en effet, qu’ils ont opéré un miracle ; cela fut manifeste pour tous les habitants de Jérusalem, et nous ne pouvons pas le nier. Mais pour en limiter la diffusion dans le peuple, nous allons les menacer afin qu’ils ne parlent plus à personne en ce nom-là. » Ayant rappelé Pierre et Jean, ils leur interdirent formellement de parler ou d’enseigner au nom de Jésus. Ceux-ci leur répliquèrent : « Est-il juste devant Dieu de vous écouter, plutôt que d’écouter Dieu ? À vous de juger. Quant à nous, il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu. »
Après de nouvelles menaces, ils les relâchèrent, faute d’avoir trouvé le moyen de les punir : c’était à cause du peuple, car tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé.



Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,9-15.
Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »


Les chefs du peuple, les Anciens et les scribes du temple de Jérusalem ont, comme tous les autres, assisté à la guérison soudaine du paralytique. Mais ils refusent l'évidence. Comment peut-on en arriver à déclarer illusion ce que les yeux attestent ? Telle est la liberté humaine: elle permet de déclarer faux ce qui est vrai, et illusion tout ce qui gêne la conscience et obligerait de changer d'attitude.

C'est évidemment une des fautes parmi les plus graves qu'une conscience ait à supporter... Elle est équivalente à celle qui consisterait à déclarer bon en soi ce qui est mauvais et vice-versa.. Ce type d'attitude ne peut conduire qu'à une forme de folie qui dégrade la conscience.

Autre est le manque de foi. Du manque de foi, chacune et chacun d'entre nous a souffert un jour ou l'autre. Comme il est est courant l'expression d'un dépit qui pousse à s'exclamer : "Mais qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu !..." Or, le fait est que certains échecs nous rendent service lorsqu'ils nous obligent à reconsidérer nos idées, nos projets, nos habitudes et nos penchants.

Toutes sortes de points de vue peuvent donc entraver notre démarche de foi. Mais la solution à toutes ces difficultés repose dans dans la prière et l'attitude de confiance, car Dieu ne saurait "ni se tromper ni nous tromper". C'est d'ailleurs la conclusion de Jésus lui-même : Il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité.

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Reconnaître Jésus dans les plus humbles tâches

Message par etienne lorant » ven. 21 avr. 2017, 11:00

Le vendredi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 4,1-12.
Alors Pierre, rempli de l’Esprit Saint, leur déclara: : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 21,1-14.
En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent: «Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien. Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : «Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger? » Ils lui répondirent : « Non.» Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons; la terre n’était qu’à une centaine de mètres. Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : «Qui es-tu ?» Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche; il prend le pain et le leur donne; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.


Les lectures de ce jour nous apprennent à reconnaître la présence du Seigneur en partie dans les œuvres accomplies par les successeurs de Pierre, mais aussi par les prêtres, les religieux, sans faire exception de la multitude des "simples fidèles" reconnus comme saintes et saints - et dont la vie nous inspire chacun en particulier.

Les rôles sont  tous différents mais il n'existe pas de tâches assumées qui empêchent de se sanctifier.  Il est dit du diacre, le tout premier martyr, que sa fonction principale était d'assurer le service des tables au sein de la première communauté. De même, sainte Bernadette qui déclarait avec un humour désarmant: "Ma profession, c'est malade !..."   (Ce dernier "bon mot" m'a personnellement soutenu plus d'une fois !)

Le message principal des lectures de ce jour, c'est bien de pouvoir rencontrer le Seigneur et bénéficier de la grâce divine dans toutes les circonstances  de nos vies... Réjouissons-nous !

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message par Trinité » ven. 21 avr. 2017, 0:24

Je suis toujours étonné de constater qu'après la résurrection, les disciples ont du mal à reconnaître physiquement Jésus dans son corps glorieux!
André Rebré dit en commentaire de ce jour:
Mais, dans le même temps,Jésus s'emploie à montrer que ce corps n'est plus semblable à celui qu'il avait"quant il était encore avec eux"(verset 44) ;c'est désormais un corps glorieux,car le messie est entré dans sa gloire.

Manifestations de Jésus-Christ

Message par etienne lorant » jeu. 20 avr. 2017, 11:16

Livre des Actes des Apôtres 3,11-26.
Tout repose sur la foi dans le nom de Jésus Christ : c’est ce nom lui-même qui vient d’affermir cet homme que vous regardez et connaissez; oui, la foi qui vient par Jésus l’a rétabli dans son intégrité physique, en votre présence à tous. D’ailleurs, frères, je sais que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs. Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait  annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie, souffrirait. Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés. Ainsi viendront les temps de la fraîcheur de la part du Seigneur, et il enverra le Christ Jésus qui vous est destiné. Il faut en effet que le ciel l’accueille jusqu’à l’époque où tout sera rétabli, comme Dieu l’avait dit par la bouche des saints, ceux d’autrefois, ses prophètes. Moïse a déclaré : ‘Le Seigneur votre Dieu suscitera pour vous, du milieu de vos frères, un prophète comme moi : vous l’écouterez en tout ce qu’il vous dira. Quiconque n’écoutera pas ce prophète sera retranché du peuple.’ Ensuite, tous les prophètes qui ont parlé depuis Samuel et ses successeurs, aussi nombreux furent-ils, ont annoncé les jours où nous sommes. C’est vous qui êtes les fils des prophètes et de l’Alliance que Dieu a conclue avec vos pères, quand il disait à Abraham : ‘En ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre.’ C’est pour vous d’abord que Dieu a suscité son Serviteur, et il l’a envoyé vous bénir, pourvu que chacun de vous se détourne de sa méchanceté. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,35-48.
En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! » Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai.»  Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds. Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »


Les textes de la Liturgie, avec raison, ne s'attardent pas sur le caractère fantastique de la résurrection. Tout au contraire, ils nous montrent comment la vie religieuse à la suite de Jésus, ainsi que l'oeuvre de la rédemption, se continuent en toute liberté, sans plus faire de distinction entre les hommes.

Il n'y a pas eu de caractère fantastique dans la rencontre de Jésus ressuscité et des disciples en chemin vers Emmaüs. Ce n'est pas au son de sa voix qu'ils ont reconnu Jésus, ce n'est pas non plus son rappel des textes de l'Ecriture qui le concernaient directement. Mais c'est à la fraction du pain !

Cet absence de "caractères fantastiques" nous indique d'emblée que nous n'avons pas à rechercher une vie de foi qui ne serait fondée que sur des apparitions, des miracles, des signes, des prophéties à caractère "apocalyptique"... qui n'ont jamais cessé d'exciter la crainte plutôt que d'encourager la charité et à la miséricorde.

Qu'il en soit donc pour nous comme pour Pierre qui s'attarde non pas sur la guérison miraculeuse, mais bien sur le nom et la personne de Jésus-Christ. Il nous faut donc rechercher le Seigneur dans les bienfaits qu'Il nous donnera d'accomplir - beaucoup plus dans une identification à telle ou telle pratiques. Pour conclure, notre prêtre nous a conviés, aujourd'hui même et sans tarder, d'accomplir un geste de miséricorde dans la plus grande discrétion - puisse ce geste être accompli sans que rien ne puisse nous identifier. C'est ainsi, le plus sûrement que nous manifesterons le Seigneur à l'oeuvre parmi nous.


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Abaissement, relèvement : pédagogie divine

Message par etienne lorant » mer. 19 avr. 2017, 18:01

Le mercredi de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 3,1-10.
En ces jours-là, Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après-midi, à la neuvième heure. On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient. Voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, il leur demanda l’aumône.Alors Pierre, ainsi que Jean, fixa les yeux sur lui, et il dit : « Regarde-nous ! » L’homme les observait, s’attendant à recevoir quelque chose de leur part. Pierre déclara : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas ; mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Alors, le prenant par la main droite, il le releva et, à l’instant même, ses pieds et ses chevilles s’affermirent. D’un bond, il fut debout et il marchait. Entrant avec eux dans le Temple, il marchait, bondissait, et louait Dieu. Et tout le peuple le vit marcher et louer Dieu. On le reconnaissait : c’est bien lui qui était assis à la « Belle-Porte » du Temple pour demander l’aumône. Et les gens étaient frappés de stupeur et désorientés devant ce qui lui était arrivé.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,13-35.
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.  Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : «Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse.» Il entra donc pour rester avec eux. Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.



Lorsque l'on contemple un tant soit peu les lectures de ce jour, ce que l'on découvre, c'est que les disciples d'Emmaüs sont tout autant paralysés que l'infirme déposé chaque jour à la porte du temple. Sa maladie l'empêche de se nourrir et de vivre normalement. Quant aux disciples en chemin, ils ont l'esprit comme pétrifié par l'événement de Jésus crucifié, mort et mis au tombeau: tout est achevé, tout est perdu, comment vivre, comment retourner à l'existence en sacrifiant de nouveau aux simples nécessités du quotidien ?

Ainsi, certaines personnes, hommes ou femmes, bien qu'en bonne santé, se traînent de jour en jour sans autre but que de manger, boire, dormir et gagner de quoi recommencer demain ?  Si l'on y regarde bien, au malheur de l'homme obligé de tout mendier de sa vie, correspond bien le malheur des disciples privés désormais de l'immense espérance que la parole du Christ leur apportait.  

Cette image donne beaucoup à penser car, nous le savons, très nombreuses sont les situations similaires que vivent hommes et femmes de notre temps aussi. Sans même songer aux nombreux jeunes sans travail et sans domicile, je pourrais citer que les hommes et les femmes qui se dopent à leur travail afin de tenir la norme de rentabilité qui leur est attribuée !  Que reste-t-il de l'espérance de bonheur dans de telles conditions ?

Il nous faut, tous autant que nous sommes laisser refleurir et s'épanouir notre conscience de baptisés et nous relever à l'image de l'homme relevé de sa paralysie à la porte du Temple !


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Retour sur la dernière cène

Message par etienne lorant » ven. 14 avr. 2017, 16:54

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13,1-15.

Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout.

Au cours du repas, alors que le démon a déjà inspiré à Judas Iscariote, fils de Simon, l'intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est venu de Dieu et qu'il retourne à Dieu,

Jésus lève de table, quitte son vêtement, et prend un linge qu'il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l'eau dans un bassin, il se met à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu'il avait à la ceinture. Il arrive ainsi devant Simon-Pierre. Et Pierre lui dit : « Toi, Seigneur, tu veux me laver les pieds ! » Jésus lui déclara : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n'auras point de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n'a pas besoin de se laver : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, . . . mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c'est pourquoi il disait : « Vous n'êtes pas tous purs. » Après leur avoir lavé les pieds, il reprit son vêtement et se remit à table. Il leur dit alors : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m'appelez 'Maître' et 'Seigneur', et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j'ai fait pour vous.
 



Le premier paragraphe de cet Évangile rassemble de données qui nous sont exposées afin que nous ayons une meilleure compréhension de l'événement:
- C'était avant la fête de Pâques
- Jésus savait que l'heure était venue
- Jésus a aimé les siens qui étaient dans le monde et il les aima jusqu'au bout
- Judas l'iscariote est déjà sous l'emprise du démon
- Jésus a la pleine conscience de qui Il est, que le Père a tout remis entre ses mains, qu'il est est venu de Dieu et qu'Il retourne à Dieu.

En fonction de tout cela, le Seigneur va s'abaisser encore un peu plus bas, lui le Maître et le Seigneur, et se placer dans la position de l'esclave; il va laver les pieds de ses disciples. En agissant ainsi, il manifeste que l'Amour qui est dans le Père est encore au-delà de ce que les disciples et tous les autres témoins ont pu se le représenter. 

Il a déjà déclaré qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Mais ici, il montre que le fait de donner sa vie, cela n'implique pas seulement de mourir en faveur de ceux que l'on aime. Car la mort est un événement ponctuel, tandis que l'Amour se perpétue sans fin. Pour aimer les siens jusqu'au bout, Jésus montre par le lavement des pieds qu'il n'y a pas non plus d'exception, de limite dans le geste de l'affection véritable, et ceci au cœur du quotidien.

Telle est la gloire du Fils de l'homme, une gloire qui doit être comprise dans le sens de valeur véritable, qui n'a rien à voir avec ce que le monde comprend, qui se situe constamment à un autre niveau et qui prend, à chaque fois le contre pied du sens que l'homme attribue au mot. La gloire, ici, c'est aussi l'humilité portée à son sommet par l'abaissement même. C'est assez paradoxal pour inspirer la crainte de Dieu. 

C'est je crois, ce constat du renversement de toutes les valeurs dites "acquises" qui a fait jaillir de la bouche du centurion romain: "Vraiment, celui-ci était le Fils de Dieu !" La gloire de Dieu se dévoile dans l'étonnement de l'homme. Loué sois-tu, mon Seigneur et mon Dieu !

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message par etienne lorant » jeu. 13 avr. 2017, 16:29

PRIERE POUR ALLER AU PARADIS AVEC LES ANES




Lorsqu'il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j'irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai : " Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles."
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête
doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds
d'une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J'arriverai suivi de leurs milliers d'oreilles,
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l'on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s'y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu'avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l'amour éternel.

Francis Jammes

Retour sur le dimanche des Rameaux

Message par etienne lorant » jeu. 13 avr. 2017, 8:46

Evangile selon saint Mathieu 21 / 1 - 9
Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : " Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l'attache, une ânesse avec son ânon près d'elle ; détachez-la et amenez-les-moi. Et si quelqu'un vous dit quelque chose, vous direz : "Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra". " 
Ceci advint pour que s'accomplît l'oracle du prophète :Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d'une bête de somme.
Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, ils amenèrent l'ânesse et l'ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s'assit dessus. Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d'autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient : " Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! "



Le Roi des Cieux n'est pas comme les rois de la terre. Un roi de la terre vient monté sur un cheval fougueux, de pure race, ou bien sur un éléphant - comme en Asie les maharadjah. Notre Roi vient sur le dos d'un anôn, un animal qui est une "bête de somme", doué non pour la course pour le labeur. C'est dans cet équipage que Jésus entre à Jérusalem. Mais n'est-il pas habitué à monter un âne ? L'âne était présent dès la crèche, il était là pour le départ à Béthléem, pour la fuite en Egypte et le retour. Le texte nous dit que cette entrée dans Jérusalem est un triomphe. Sans doute pour quelques-uns, qui ont saisi, au fond même de la confusion du coeur, que quelque chose de très important est en train de se passer; quelque chose qui a du sens au-delà de l'apparence, mais dont nul ne saurait présager l'issue.

Jésus ne dit rien. Il se laisse acclamer mais, tout à la fin (et le texte que j'ai trouvé n'en parle pas) les Pharisiens veulent interdire aux disciples de célébrer l'événement. Alors Il ouvre la bouche et déclare: "Si ceux-ci doivent se taire, alors les pierres crieront !" Jésus n'a rien perdu de la promptitude de son esprit. Pourquoi les pierres, me suis-je demandé ? Parce que, reprenant les Juifs dans leur certitude d'être tous justes car fils d'Abraham, Il les avait au contraire appelés au repentir: "Ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham !"

Cet épisode m'a réaffirmé dans la conscience que je puis désormais employés les talents que le Seigneur m'a donné pour le service de son Nom, mais pourvu que ce soit du point de vue de l'homme juché sur une bête de somme, qui ne peut être reconnu par les autres hommes, ses semblables, mais qui portera le fardeau de beaucoup. Puisque "le Fils de l'homme est venu non pour être servi mais pour servir - et qu'il n'y  de grandeur devant Dieu que dans l'humilité, l'acceptation, le don de soi.

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message par etienne lorant » mer. 12 avr. 2017, 15:19


Si la parole que tu vas dire n'est pas plus belle que le silence, ne la dis pas.

Merci !!!

Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message par Aldous » mar. 11 avr. 2017, 11:42

"Il y a des gens qui peuvent parler de Dieu, qui savent tout de Dieu, qui ne cessent de disserter sur Dieu et qui jamais ne vous donnent Dieu."
Maurice Zundel, théologien suisse (1867-1975)

Deux proverbes:
Qui ne sait se taire, ne sait dire.
Si la parole que tu vas dire n'est pas plus belle que le silence, ne la dis pas.

Un parmi nous le livrera

Message par etienne lorant » mar. 11 avr. 2017, 9:41

Le mardi saint

Livre d'Isaïe 49,1-6.
Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38.
En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis: l’un de vous me livrera.»  Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »  Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »


                                                                   
Chaque année, je l'écris en mon propre nom, l’Évangile de ce jour m'oblige à un pénible retour sur moi-même car, lors de ce dernier repas, je pourrais peu glorieusement m'identifier à l'un quelconque des disciples qui vont s'éparpiller comme une volée de moineaux apeurés !

Je ne tiens pourtant pas compte du traître, Judas, car je puis redouter la pauvreté sans pour autant  m'avilir. Et qu'il y a-t-il de plus veule que de trahir les siens pour un gain d'argent ?

Ceci dit, je ne me sens guère meilleur que les onze autres qui vont abandonner leur maître et le renier - comme Pierre - sous le coup de la frayeur. Si Pierre a pu renier trois fois, qui parmi nous prétendra être meilleur que lui ?

Du reste, je serais curieux d'apprendre, de leur bouche, ce que mes voisins en Eglise ressentent et pensent de ces jours-ci, comment ils vivent leur relation à Dieu en cette circonstance... mais pour ma part, aujourd'hui et jusqu'à l'évangile du tombeau vide, je vais m’abstenir de commentaire... merci de me comprendre !  

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Toujours prier dans la volonté du Père

Message par etienne lorant » sam. 08 avr. 2017, 11:45

Le samedi de la 5e semaine de Carême

Livre d'Ézéchiel 37,21-28.  
Je conclurai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle. Je les rétablirai, je les multiplierai, je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur, celui qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11,45-57.
En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême; ils disaient: « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit: « Vous n’y comprenez rien; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas.» Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer.


Ce qui m'a le plus impressionné, ce matin, c'est bien de découvrir que, même lorsqu'ils complotent contre Jésus, et décident de le mettre à mort, ils ne font encore, qu’entrer dans le dessein de Dieu. Certes, ils se condamnent eux-mêmes en devenant déicides, mais ils accomplissent (sans pouvoir s'en rendre compte), le dessein de Dieu en vue de la conversion du reste du monde.

L'erreur fatale des dignitaires du temple, c'est de s'imaginer que l'on puisse indéfiniment, au nom même de l'Alliance, contraindre Dieu à intervenir comme ils le souhaitent.

Or, a déclaré notre prêtre, ce type de péché, est malheureusement très courant chez de nombreux fidèles. Ils ne peuvent pas s'imaginer, quand une demande tarde d'être exaucée,  que c'est pour leur bien qu'il en est ainsi..  Je reconnais moi-même qu'à force de formuler une certaine demande, j'ai fini (au bout de trois années) par obtenir ce que j'avais demandé... le résultat final fut une catastrophe étalée sur trois années !  

Les maîtres du temple de Jérusalem feront donc mourir Jésus par par la main de l'occupant romain... mais le résultat final sera la destruction du temple, la diaspora et l'évangélisation du reste du monde. Quelle que soit la situation, il est toujours plus juste de prier à la manière de Jésus en disant: "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel" ou bien, en une occasion pénible : Qu'il m'en soit fait, non comme je veux, mais comme Toi tu veux !"

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Un choix radical et sans retour

Message par etienne lorant » jeu. 06 avr. 2017, 10:14

Le jeudi de la 5e semaine de Carême

Livre de la Genèse 17,3-9.
En ces jours-là, Abram tomba face contre terre et Dieu lui parla ainsi: « Moi, voici l’alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d’une multitude de nations. Tu ne seras plus appelé du nom d’Abram, ton nom sera Abraham, car je fais de toi le père d’une multitude de nations. Je te ferai porter des fruits à l’infini, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une alliance éternelle; ainsi je serai ton Dieu et le Dieu de ta descendance après toi. À toi et à ta descendance après toi je donnerai le pays où tu résides, tout le pays de Canaan en propriété perpétuelle, et je serai leur Dieu. » Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,51-59.
En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs: « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un garde ma parole, jamais il ne verra la mort.» Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : «Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.



C'est en s'identifiant au "JE SUIS", c'est-à-dire au nom que Dieu avait donné au père Abraham que Jésus, de lui-même, scelle son sa propre condamnation à mort. Comme chaque année, il me suffit d'entendre cette déclaration pour que je ressente de nouveau combien j'étais aimé avant même ma conversion au pied d'un crucifix, il y a déjà plus de trente ans... Jusqu'alors, en effet, j'avais cherché une sorte de "compromis" entre le bonheur strictement humain et l'idéal de l'amour.

En réalité, il n'y a pas de compromis viables entre l'homme et le monde. Mais il faut que l'homme choisisse Dieu, Dieu chaque jour, en dépit du monde. Ce bouleversement radical se traduit assez vite une forme d'existence qui fait passer au second plan la réussite dans le monde.  C'est ce qui fait des chrétiens - les hommes comme les femmes, des personnes qui seront, à leur tour, remises en question par "le monde".

Il n'est pas possible, en effet, d'appartenir au Seigneur et, en même temps, de se faire aimer d'une multitude de personnes. Bien heureusement, celles et ceux qui ont adhéré de tout leur cœur à l’Évangile, se rendent capables, à la manière de Jésus, de s'en remettre au Père quelles que soient les circonstances. Jésus est sorti du temple en se cachant et il n'est donc guère étonnant que notre mérite n'apparaisse pas - et mieux vaut ainsi !  

Partage tout à fait personnel en ce jour tout à fait particulier !

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Adhésion ou jugement

Message par etienne lorant » mer. 05 avr. 2017, 10:35

Le mercredi de la 5e semaine de Carême

Livre de Daniel 3,14-20.91-92.95.
En ces jours-là, le roi Nabucodonosor parla ainsi: « Est-il vrai, Sidrac, Misac et Abdénago, que vous refusez de servir mes dieux et d’adorer la statue d’or que j’ai fait ériger? Êtes-vous prêts, maintenant, à vous prosterner pour adorer la statue que j’ai faite, quand vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la harpe, de la lyre, de la cornemuse et de toutes les sortes d’instruments ? Si vous n’adorez pas cette statue, vous serez immédiatement jetés dans la fournaise de feu ardent ; et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ? »
Sidrac, Misac et Abdénago dirent au roi Nabucodonosor : « Ce n’est pas à nous de te répondre. Si notre Dieu, que nous servons, peut nous délivrer, il nous délivrera de la fournaise de feu ardent et de ta main, ô roi. Et même s’il ne le fait pas, sois-en bien sûr, ô roi : nous ne servirons pas tes dieux, nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as érigée. » Alors Nabucodonosor fut rempli de fureur contre Sidrac, Misac et Abdénago, et son visage s’altéra. Il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’à l’ordinaire. Puis il ordonna aux plus vigoureux de ses soldats de ligoter Sidrac, Misac et Abdénago et de les jeter dans la fournaise de feu ardent. Le roi Nabucodonosor les entendit chanter. Stupéfait, il se leva précipitamment et dit à ses conseillers : « Nous avons bien jeté trois hommes, ligotés, au milieu du feu ? » Ils répondirent: «A ssurément, ô roi. » Il reprit : « Eh bien moi, je vois quatre hommes qui se promènent librement au milieu du feu, ils sont parfaitement indemnes, et le quatrième ressemble à un être divin. »
Et Nabucodonosor s’écria : « Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs ! Ils ont mis leur confiance en lui, et ils ont désobéi à l’ordre du roi ; ils ont livré leur corps plutôt que de servir et d’adorer un autre dieu que leur Dieu. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,31-42.
En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui:
«Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répliquèrent: «Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire:“Vous deviendrez libres”?» Jésus leur répondit «Amen,  je vous le dis: qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père.» Ils lui répliquèrent:« Notre père, c’est Abraham.» Jésus leur dit:« Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous faites les œuvres de votre père.» Ils dirent: « Nous ne sommes pas nés de la prostitution! Nous n’avons qu’un seul Père:c’est Dieu.» Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé.»


Cy Aelf, Paris

Au commencement de cette longue mise au point d'ordre théologique, il est bien indiqué que Jésus s'adresse "à ceux des juifs qui croyaient en lui". Mais cette foi n'est certes pas celle des des apôtres et des disciples! Ceux-ci ont tout quitté pour suivre Jésus, tandis que ces juifs du temple n'abandonnent rien de leur première manière de croire - et donc, forcément, ils en resteront à leur pratique première, jusqu’à s'emparer du Seigneur pour le mettre en procès. De notre temps aussi, a dit notre prêtre, nombreux sont les fidèles qui sont fidèles à l'Eglise et à la pratique des sacrements, sans pour autant éprouver le besoin de se remettre en question.

En effet, avant de devenir véritablement un enfant de Dieu, il faut accepter de subir l'épreuve du détachement; il faut d'abord se dépouiller tout ce qui est ancien et qui pèse sur le cœur, l'opprime et empêche sa délivrance. Telle est l'épreuve de la foi qu'ont traversée avec succès Sidrac, Misac et Abdénago: dans la foi, on ne change pas de cœur et d'esprit pour ménager sa vie...

Les lectures de ce matin m'ont rappelé, une fois encore, combien j'ai souffert le troisième jour après avoir résolu de cesser de fumer. C'est au moment où j'allais "craquer"- et racheter un paquet de tabac, qu'une Joie indescriptible m'a envahi. De ce jour-là j'ai toujours gardé le sentiment profond que: "Le Seigneur est présent tout entier à notre âme, Il nous regarde par fenêtre de l'instant qui passe". Les juifs qui vont condamner Jésus ne peuvent pas Le reconnaître car ils sont prisonniers de leurs convictions - et la foi n'est pas une conviction, mais c'est un mouvement du cœur qui ne cesse d'emporter le cœur ...


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Comment guérir en notre temps

Message par etienne lorant » mar. 04 avr. 2017, 9:59

Le mardi de la 5e semaine de Carême

Livre des Nombres 21,4-9.
Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple,
et le Seigneur dit à Moïse: «Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât: tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,21-30.
En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens:«Je m’en vais; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » Les Juifs disaient: «Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit:“Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller”? Il leur répondit:« Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés.» Alors, ils lui demandaient:« Toi, qui es-tu ?» Jésus leur répondit: «Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde.» Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.» Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

         
                                                           © AELF, Paris

Dans ce passage, il est clair que Jésus ne s'adresse pas uniquement aux représentants du peuple de l'Alliance, mais il s'adresse déjà à toute l'humanité. Ce langage, apparemment difficile à pénétrer, n'est   pas destiné uniquement aux juifs, mais également à toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté qui cherchent la vérité.

Cette vérité n'est pas comme un concept philosophique ou scientifique, car l'homme  ne peut le pénétrer sans y livrer tout autant le cœur que l'intelligence. Telle en effet est la démarche de la foi. Elle n'est certes pas simple à suivre, mais nous sommes tous  invités à l'entreprendre.

De même qu'un regard posé sur le serpent a pu guérir les juifs qui récriminaient contre Dieu, de même nous ne pourrons guérir des maux de notre temps qu'en tournant notre regard vers Jésus notre sauveur, Lui qui donne librement sa vie afin que nous en héritions par la foi, l'espérance et l'amour...

Ne tardons pas, a conclu notre prêtre, car notre temps, du fait du manque de foi, risque de basculer de nouveau dans le chaos...

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