Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

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Le recours à la miséricorde divine

Message par etienne lorant » mer. 30 août 2017, 10:47

Le mercredi de la 21e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 2,9-13.
Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues: c’est en travaillant nuit et jour, pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous, que nous vous avons annoncé l’Évangile de Dieu.
Vous êtes témoins, et Dieu aussi, de notre attitude si sainte, si juste et irréprochable envers vous, les croyants. Et vous savez bien que nous avons été pour chacun de vous comme un père avec ses enfants: nous vous avons exhortés et encouragés, nous vous avons suppliés d’avoir une conduite digne de Dieu, lui qui vous appelle à son Royaume et à sa gloire. Et voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu: quand vous avez reçu la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement, non pas une parole d’hommes, mais la parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous, les croyants.




Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,27-32.
En ce temps-là, Jésus disait: « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis à la chaux : à l’extérieur ils ont une belle apparence, mais l’intérieur est rempli d’ossements et de toutes sortes de choses impures. C’est ainsi que vous, à l’extérieur, pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes, mais à l’intérieur vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal. Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous bâtissez les sépulcres des prophètes, vous décorez les tombeaux des justes, et vous dites: “Si nous avions vécu à l’époque de nos pères, nous n’aurions pas été leurs complices pour verser le sang des prophètes.” Ainsi, vous témoignez contre vous-mêmes: vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Vous donc, mettez le comble à la mesure de vos pères ! »


Cy Aelf, Paris

Les textes de ce matin nous offrent un contraste parfait entre une véritable conversion et une religion instituée sur préceptes strictement humains.  Le malheur des scribes et des pharisiens, c'est qu'ils n'entrent pas dans la Joie de leur maître. Mais les Thessaloniciens ont reconnu, directement, dans l'enseignement de saint Paul, tout ce que la connaissance de l'amour de Dieu leur apportera pour peu d'y adhérer avec le cœur. Prenons n'importe quel saint et l'on découvrira, en tout premier lieu, un profond bouleversement qui ne laisse rien du passé, afin d'entrer dans l'amour de Dieu et y demeurer pour toujours.  Dans cet élan suprême, ils commettent parfois des erreurs - par excès de joie et d'amour... Souvenons-nous de saint François retirant tous ses habits devant une assemblée, afin de de ne devoir plus rien à ses riche parents. C'est ainsi qu'il devint comme un nouveau né dans l'Amour... 

Dans certains couvents, les religieux cloîtrés tiennent chaque jour un petit carnet dans lequel il note, jour après jour, leurs "victoires" contre les mauvais penchants, ainsi que leurs "chutes ou rechutes" dans les habitudes de "l'homme ancien".  Ayant suivi cet apprentissage, je peux témoigner de la rupture complète d'avec le tabac, le 13 mai 2004. Jusque-là,  j'avais épuisé en vain, l'une après l'autre, les méthodes proposées - que tous connaissent.  Mais cette fois-là, j'ai abandonné tout exercice de la volonté mais j'ai accepté de me sentir malade - et je me suis senti très mal durant trois jours - trois jours, à peine trois jours  !  Et cette victoire  - unique mais qui dure encore - peut illustrer quelque peu ce qu'on vécu les Thessaloniciens en découvrant par la bouche de saint Paul la profusion de la miséricorde divine envers celles et ceux qui l'accueillent dans le cœur.

Les scribes et et pharisiens, quant à eux, ont commencé par se boucher les oreilles à l'annonce de l’Évangile. Ils n'ont rien voulu voir ni entendre.  Pire encore, ils accuseront Jésus de chasser les démons en invoquant "le chef des démons" - n'importe quel argument leur a suffi pour ne pas devoir reconnaître l’évidence : l'oeuvre de Dieu s'accomplissant pleinement en Jésus-Christ.  A cet égard, l’Évangile de n'a guère besoin d'un commentaire:  on y sent bien que Jésus se lasse d'essayer de les convaincre... mais il dit : "vous êtes bien les fils de ceux qui ont assassiné les prophètes. Vous donc, mettez le comble à la mesure de vos pères !. Puisque c'est la justice qu'ils veulent plus que la miséricorde, c'est la justice dont ils hériteront...


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Pratiquer la circoncision du coeur

Message par etienne lorant » lun. 14 août 2017, 10:51

Le lundi de la 19e semaine du temps ordinaire
Livre du Deutéronome 10,12-22.
Pratiquez la circoncision du cœur, n’ayez plus la nuque raide, car le Seigneur votre Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, vaillant et redoutable, qui est impartial et ne se laisse pas acheter. C’est lui qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, qui aime l’immigré, et qui lui donne nourriture et vêtement. Aimez donc l’immigré, car au pays d’Égypte vous étiez des immigrés. Tu craindras le Seigneur ton Dieu, tu le serviras, c’est à lui que tu resteras attaché, c’est par son nom que tu prêteras serment. Il est ton Dieu, c’est lui que tu dois louer : il a fait pour toi ces choses grandes et redoutables que tu as vues de tes yeux. Quand tes pères sont arrivés en Égypte, ils n’étaient que soixante-dix ; mais à présent le Seigneur votre Dieu vous a rendus aussi nombreux que les étoiles du ciel. »


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 17,22-27.
En ce temps-là, comme Jésus et les disciples étaient réunis en Galilée, il leur dit: « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes; ils le tueront et, le troisième jour, il dessus- citera.» Et ils furent profondément attristés. Comme ils arrivaient à Capharnaüm, ceux qui perçoivent la redevance des deux drachmes pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui dirent "Votre maître paye bien les deux drachmes, n’est-ce pas?» Il répondit Oui." Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? De leurs fils, ou des autres personnes ? » Pierre lui répondit : «Des autres. » Et Jésus reprit: « Donc, les fils sont libres. Mais, pour ne pas scandaliser les gens, va donc jusqu’à la mer, jette l’hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour moi et pour toi. »


Jésus se montre docile à payer l'impôt bien qu'Il en soit exempt puisque, en toute vérité, c'est à Dieu que l'homme doit rendre compte de tout. Lui-même en est totalement exempt étant donné que lui-même serait en droit de réclamer l'impôt du temple - n'est-Il pas lui-même beaucoup plus encore que le temple, la demeure du divin ? Mais pour ne pas occasionner des troubles, c'est Pierre qui "travaillera" pour payer l'impôt.

Ce discours pourrait encore être tenu aujourd'hui. Les chrétiens ne sont-ils pas devenus, par leur baptême, des enfants du Très-Haut ? Ils le sont, en effet. Mais ils ne sont pas meilleurs que leur maître et pour ne pas choquer, ils se soumettent aux lois civiles, du moins celles qui ne sont pas directement contraires aux commandements.

L'Eglise ne reconnaît ni l'avortement, ni la peine de mort, ni la violence dans dans les débats, ni le divorce, ni l'infidélité dans les couples, ni suicide, ni euthanasie, ni relations contre nature, et autres comportements dont l'Amour de Dieu serait exempt.

Notre prêtre nous a engagés à considérer ces restrictions de la liberté non pas comme des freins à la liberté, non comme des sacrifices ou des renoncements pénibles, mais tout au contraire comme autant de signes de la faveur divine. Jésus s'est exclamé comme d'une merveille du commandement divin : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" Irons-nous jusqu'à tendre la joue gauche ? Quelle démonstration de foi quel signe prodigieux de force inébranlable dans la foi!

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Quel est le dessein de Dieu pour nous ?

Message par etienne lorant » ven. 04 août 2017, 10:43

Livre du Lévitique 23,1.4-11.15-16.27.34b-37.
Le Seigneur parla à Moïse et dit : Voici les solennités du Seigneur, les assemblées saintes auxquelles vous convoquerez, aux dates fixées, les fils d’Israël. Le premier mois, le quatorze du mois, au coucher du soleil, ce sera la Pâque en l’honneur du Seigneur. Le quinzième jour de ce même mois, ce sera la fête des Pains sans levain en l’honneur du Seigneur: pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain. Le premier jour, vous tiendrez une assemblée sainte et vous ne ferez aucun travail, aucun ouvrage. Pendant sept jours, vous présenterez de la nourriture offerte pour le Seigneur. Le septième jour, vous aurez une assemblée sainte et vous ne ferez aucun travail, aucun ouvrage.» Le Seigneur parla à Moïse et dit: «Parle aux fils d’Israël. Tu leur diras : Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, et que vous y ferez la moisson, vous apporterez au prêtre la première gerbe de votre moisson. Il la présentera au Seigneur en faisant le geste d’élévation pour que vous soyez agréés. C’est le lendemain du sabbat que le prêtre fera cette présentation. À partir du lendemain du sabbat, jour où vous aurez apporté votre gerbe avec le geste d’élévation, vous compterez sept semaines entières. Le lendemain du septième sabbat, ce qui fera cinquante jours, vous présenterez au Seigneur une nouvelle offrande. C’est le dixième jour du septième mois qui sera le jour du Grand Pardon. Vous tiendrez une assemblée sainte, vous ferez pénitence, et vous présenterez de la nourriture offerte pour le Seigneur. À partir du quinzième jour de ce septième mois, ce sera pendant sept jours la fête des Tentes en l’honneur du Seigneur. Le premier jour, celui de l’assemblée sainte, vous ne ferez aucun travail, aucun ouvrage. Pendant sept jours, vous présenterez de la nourriture offerte pour le Seigneur. Le huitième jour, vous tiendrez une assemblée sainte, vous présenterez de la nourriture offerte pour le Seigneur : ce sera la clôture de la fête. Vous ne ferez aucun travail, aucun ouvrage. Telles sont les solennités du Seigneur, les assemblées saintes auxquelles vous convoquerez les fils d’Israël, afin de présenter de la nourriture offerte pour le Seigneur, un holocauste et une offrande, un sacrifice et des libations, selon le rite propre à chaque jour. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13,54-58.
En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles? N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison.» Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi.

Cy Aelf, Paris

La citation extraite du Livre du Lévitique nous montre comment l'homme peut passer d'une extraordinaire révélation, d'une découverte soudaine, intime et bienheureuse  ...  à une stricte observance des rites, du cérémonial, des règles nombreuses et diverses, en sorte que la spontanéité du cœur s'y essouffle.  Il est certain qu'en multipliant les préceptes et les ordonnances, les autorités du temple ont réussi à étouffer presque toute spontanéité dans des fidèles dans leur rapport à Dieu.

Cette rigidité dans la croyance, qui n'est ni plus ni moins qu'un manque de foi, Jésus va la rencontrer lorsqu'il revient à Nazareth. Pour qui se prend il, le fils de Joseph ?  Qu'est-ce que ce charpentier qui s'attribue des prophéties ?

Cette forme d'incrédulité - qui peut conduire rapidement à la perte de la foi - est malheureusement assez courante.  Notre prêtre nous a rapporté le cas d'un homme qui avait prié plus de trois années afin revoir telle femme qu'il avait aimée, mais qu'il avait perdu de vue.  Durant trois ans, il pria beaucoup afin d'obtenir qu'elle revienne. Et certes, elle lui revint - signe que le Seigneur entend bien nos prières !  

Cependant, lorsque nous prions, c'est d'abord afin que le dessein de l'amour de Dieu s'accomplisse en nous. L'homme qui avait obtenu le retour de sa "dulcinée" épuisa rapidement une partie de son avoir avant de comprendre à quel point il s'était fourvoyé dans ses demandes...

L'histoire finit pourtant bien - l'amoureux éconduit est devenu organiste et sacristain. qui se déclare lui-même heureux !
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Primauté de la miséricorde sur la justice

Message par etienne lorant » jeu. 13 juil. 2017, 10:29

Livre de la Genèse 44,18-21.23b-29.45,1-5.
“Vous savez bien que ma femme Rachel ne m’a donné que deux fils. Le premier a disparu. Sûrement, une bête féroce l’aura mis en pièces, et je ne l’ai jamais revu. Si vous emmenez encore celui-ci loin de moi et qu’il lui arrive malheur, vous ferez descendre misérablement mes cheveux blancs au séjour des morts.”
Joseph ne put se contenir devant tous les gens de sa suite, et il s’écria : « Faites sortir tout le monde. » Quand il n’y eut plus personne auprès de lui, il se fit reconnaître de ses frères. Il pleura si fort que les Égyptiens l’entendirent, et même la maison de Pharaon. Il dit à ses frères : « Je suis Joseph ! Est-ce que mon père vit encore ? » Mais ses frères étaient incapables de lui répondre, tant ils étaient bouleversés de se trouver en face de lui. Alors Joseph dit à ses frères : « Approchez-vous de moi ». Ils s’approchèrent, et il leur dit : « Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour qu’il soit emmené en Égypte. Mais maintenant ne vous affligez pas, et ne soyez pas tourmentés de m’avoir vendu, car c’est pour vous conserver la vie que Dieu m’a envoyé ici avant vous. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,7-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. » Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. » Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »



Cy Aelf, Paris
Le récit des retrouvailles de Joseph et de ses frères, au chevet de leur père qui achèvera sa vie dans le très grand bonheur d'avoir retrouvé tous ses fils, voici de qui nous indique clairement de quelle nature est la mission des premiers apôtres : faire connaître que la justice de Dieu, c'est, d'abord:  la miséricorde.

Ce concept est difficilement reconnu par la multitude des hommes, qui conçoivent que chacun doit répondre de ses actes et subir un juste châtiment pour ses fautes. Il en est toujours ainsi. Cependant, cette justice se révèle incapable de changer le cœur des hommes. La sanction, quelle qu'elle soit, rendra-t-elle plus doux le cœur d'un condamné ?  Et les victimes ?  Quiconque a perdu un être cher - par exemple dans un accident de roulage - est-il pleinement consolé par le retrait  de permis définitif assorti d'une forte amande ?  Certes non.

Mais il ne s'agit pas non plus, à l'inverse, d'enseigner aux hommes que c'est la fatalité qui domine en toutes circonstances ?  Les Grecs en avaient tiré une fatalité incontournable :  les dieux de l'Olympe se jouaient des hommes et leur infligeant des malheurs ... comme pour voir comment  ils se comporteraient...

La seule résolution possible des conflits et des dilemmes  apparemment apparemment insoluble réside dans les vertus théologale de foi, d'espérance et de charité.  C'est bien à cause de sa foi que Joseph, devenu conseiller à la cour de Pharaon, n'a pas usé de son pourvoir pour se venger de ses frères - qui l'avaient vendu en esclave; c'est par miséricorde également , dans le passage d'aujourd'hui, que Joseph peut se réjouir véritablement de la mésaventure qui l'a conduit à rétablir la pleine entente dans sa famille.

Tel fut Joseph, tel doit être le disciple et l'apôtre du Seigneur:  la justice ne lui appartient pas - c'est la miséricorde qu'il doit manifester et pratiquer.


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Fête de saint André, Apôtre

Message par etienne lorant » mer. 30 nov. 2016, 17:03

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 10,9-18.
Frère, si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut.
En effet, l’Écriture dit : ‘Quiconque met en lui sa foi ne connaîtra pas la honte’. Ainsi, entre les Juifs et les païens, il n’y a pas de différence: tous ont le même Seigneur, généreux envers tous ceux qui ’invoquent.
En effet, ‘quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé’. Or, comment l’invoquer, si on n’a pas mis sa foi en lui ? Comment mettre sa foi en lui, si on ne l’a pas entendu ? Comment entendre si personne ne proclame ? Comment proclamer sans être envoyé ? Il est écrit : ‘Comme ils sont beaux, les pas des messagers qui annoncent les bonnes nouvelles!’ Et pourtant, tous n’ont pas obéi à la Bonne Nouvelle. Isaïe demande en effet: ‘Qui a cru, Seigneur, en nous entendant parler ?’ Or la foi naît de ce que l’on entend; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ. Alors, je pose la question: n’aurait-on pas entendu ? Mais si, bien sûr ! Un psaume le dit : ‘Sur toute la terre se répand leur message, et leurs paroles, jusqu’aux limites du monde’.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4,18-22.
En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.

Cy Aelf, Paris

Le lien a établir entre ces deux textes de la liturgie du jour, c'est bien que la Parole annoncée est plus efficace dans le cœur de l'homme que toutes les autres paroles. La parole de Jésus est plus forte pour les âmes que tout autre discours, car elle touche, directement, en profondeur le cœur de l'homme.

Ainsi, lorsque Jésus appelle un homme à le suivre, il ne s'adresse pas seulement à sa compréhension, à sa raison et son à intelligence - ce que font les hommes politiques - mais Il le révèle à lui-même et lui manifeste sa miséricorde. "La Parole est bien comme la plus infime semence jetée en terre, mais dont elle tirera toutes sortes de fruits dans la grâce".

André, le frère de Pierre, a donc été appelé de la même manière que tous les autres - et comme nous le sommes nous nous même. L'appel par Jésus constitue en outre une délivrance des questions existentielles.

Puissions-nous dire aussi :
"Qui suis-je ?" Je suis celui que le Seigneur a choisi et mis à part afin que je Le suive."

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Rechercher l'essentiel

Message par etienne lorant » sam. 26 nov. 2016, 11:34

Le samedi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 22,1-7.
Moi, Jean, l’ange me montra l’eau de la vie: un fleuve resplendissant comme du cristal, qui jaillit du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de la place de la ville, entre les deux bras du fleuve, il y a un arbre de vie qui donne des fruits douze fois : chaque mois il produit son fruit ; et les feuilles de cet arbre sont un remède pour les nations. Toute malédiction aura disparu. Le trône de Dieu et de l’Agneau sera dans la ville, et les serviteurs de Dieu lui rendront un culte; ils verront sa face, et son nom sera sur leur front. La nuit aura disparu, ils n’auront plus besoin de la lumière d’une lampe ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera ; ils régneront pour les siècles des siècles. Puis l’ange me dit : « Ces paroles sont dignes de foi et vraies : le Seigneur, le Dieu qui inspire les prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs ce qui doit bientôt advenir. Voici que je viens sans tarder. Heureux celui qui garde les paroles de ce livre de prophétie. »




Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,34-36.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »


© AELF, Paris

Les beuveries, l'ivresse et les soucis de la vie sont mis sur le même pied par Jésus. On pourrait croire que les hommes soucieux sont plus proches du Seigneur que ceux qui cultivent les plaisirs, mais il n'en est rien: si les soucis sont devant Dieu comme l'ivresse, c'est du fait qu'ils éloignent l'homme de la vraie foi.

L'attitude qui convient le mieux, c'est la prière en tout temps. Le travail peut devenir prière et offrande, tout autant que le repos qui renouvelle les forces. C'est un équilibre à rechercher dans toutes les circonstances de la vie. Il faut pouvoir, en prière, tournés vers le Seigneur, pouvoir présenter au Seigneur nos joies comme nos chagrins.

Cette attitude d'équilibre de la prière est un chemin sûr : nos joies doivent être offertes et présentées au Seigneur de la même façon dans la prière: avec confiance.

Il s'agit bel et bien d'un exercice de détachement continuel du matériel vers le spirituel. Avec l'âge, quelques-uns atteignent ainsi un détachement certain à l'égard de tous les évènements qui surviennent; ils ne sont jamais pris à l'improviste, car ils ne sont plus sujets de la terre, car leurs sont tournés vers le Seigneur en tout temps.

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Ces paroles ne passeront pas

Message par etienne lorant » ven. 25 nov. 2016, 11:57

Le vendredi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 20,1-4.11-15.21,1-2.
Moi, Jean, j’ai vu un ange qui descendait du ciel; il tenait à la main la clé de l’abîme et une énorme chaîne. Il s’empara du Dragon, le serpent des origines, qui est le Diable, le Satan, et il l’enchaîna pour une durée de mille ans. Il le précipita dans l’abîme, qu’il referma sur lui; puis il mit les scellés pour que le Dragon n’égare plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans arrivent à leur terme. Après cela, il faut qu’il soit relâché pour un peu de temps. Puis j’ai vu des trônes : à ceux qui vinrent y siéger fut donné le pouvoir de juger. Et j’ai vu les âmes de ceux qui ont été décapités à cause du témoignage pour Jésus, et à cause de la parole de Dieu, eux qui ne se sont prosternés devant la Bête et son image, et qui n’ont pas reçu sa marque sur le front ou sur la main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec le Christ pendant mille ans. Puis j’ai vu un grand trône blanc et celui qui siégeait sur ce trône. Devant sa face, le ciel et la terre s’enfuirent : nulle place pour eux ! J’ai vu aussi les morts, les grands et les petits, debout devant le Trône. On ouvrit des livres, puis un autre encore : le livre de la vie. D’après ce qui était écrit dans les livres, les morts furent jugés selon leurs actes. La mer rendit les morts qu’elle retenait ; la Mort et le séjour des morts rendirent aussi ceux qu’ils retenaient, et ils furent jugés, chacun selon ses actes. iPuis la Mort et le séjour des morts furent précipités dans l’étang de feu – l’étang de feu, c’est la seconde mort. Et si quelqu’un ne se trouvait pas inscrit dans le livre de la vie, il était précipité dans l’étang de feu. Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,29-33.
En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole:« Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.



© AELF, Paris

La génération qui ne passera pas sans que tout arrive, c'est bien sûr celle du christianisme. Notre prêtre nous a fait remarquer que l'image choisie pour désigner l'enfer, c'est encore un élément liquide - ici : l'étang de feu. Depuis le commencement, en remontant jusqu'à Moïse et la traversée de la mer à pieds secs, il y a dans l'histoire sainte une opposition fondamentale entre la terre et l'eau.

La terre représente l'enseignement solide sur lequel les fidèles doivent s'appuyer : c'est la foi, mûrie par les épreuves. Lorsque Jésus, après avoir prêché dans la montagne, rejoint ses disciples sur la mer de Galilée, il le fait en marchant sur l'élément liquide qu'il surpasse entièrement; mais Pierre lui-même ne peut s'y aventurer sans risquer d'être englouti par elle. De sorte que l'on peut dire: ce que l'on a retenu de l'enseignement donné en plein jour et sur la hauteur, est vérifié par les moments de "nuits de l'âme" que tous les saints ont dû traverser tôt ou tard. Tout à la fin, "de mer, il n'y en a plus".

De sorte que tous ces textes, qui semblent écrits pour semer la crainte, ne l'ont été finalement que pour engager tous les fidèles à mener le grand combat dans le domaine de la foi. "Soyons donc courageux, ne reculons pas des œuvres qui semblent dépasser nos forces - car ce ne sont pas nos capacités qui seront évaluées, mais notre foi. Celles et ceux qui atteignent la foi de "confiance absolue" ne redoutent plus rien: par leur invincible espérance, ils habitent déjà dans le "monde-à-venir".

Belle, forte et rassurante homélie entendue ce matin.

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L'Agneau et la bête, le six et le sept

Message par etienne lorant » mer. 23 nov. 2016, 18:39

Le mercredi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 15,1-4.
Moi, Jean, j’ai vu dans le ciel un autre signe, grand et merveilleux : sept anges qui détiennent sept fléaux; ce sont les derniers, puisque s’achève avec eux la fureur de Dieu. J’ai vu comme une mer de cristal, mêlée de feu, et ceux qui sont victorieux de la Bête, de son image, et du chiffre qui correspond à son nom : ils se tiennent debout sur cette mer de cristal, ils ont en main les cithares de Dieu. Ils chantent le cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et le cantique de l’Agneau.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,12-19.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »


Cy Aelf, Paris

Tout à la fin, c'est l'amour de Dieu qui l'emportera sur toutes les manœuvres du mal qui, de notre temps encore, continue de pervertir l'humanité, en répandant toutes sortes de nouveautés susceptibles d'ajouter sans fin des plaisirs à ses désirs.

Pour notre prêtre, c'est une nouvelle époque sombre pour l'humanité, qui en a connu d'autres, notamment par les guerres mondiales durant lesquelles les hommes ont semblé vouloir s'anéantir eux-mêmes.
Cependant, pour quiconque d'entre les hommes accueille la parole de Dieu, le mal peut être écarté et anéanti dans l'amour.

La clé de notre salut réside dans cette invitation à la persévérance :
"C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie." Persévérer dans le bien, à cause de l'amour de Dieu, voici bien le chemin tout droit que nous avons choisi d'emprunter. Bien sûr, suivre ce chemin ne sera pas simple certains jours, mais l'essentiel est que nos cœurs soient constamment tournés vers l'amour dont nous sommes aimés.

Ce qui entrave notre marche et nous fait chuter ou reculer avant de repartir, c'est bien le démon, "la Bête" et de son chiffre : car ce chiffre se rapproche toujours du "Sept" - mais il ne l'atteint jamais ! Telle est la Bête encore en notre temps: elle fait croire que "tout est permis, tout est possible" ... sauf le salut qui vient de Dieu. Ne nous laissons pas nous égarer sur le chemin !

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La moisson sera abondante

Message par etienne lorant » mar. 22 nov. 2016, 18:17

Le mardi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 14,14-19.
Moi, Jean, j’ai vu : et voici une nuée blanche, et sur cette nuée, quelqu’un siégeait, qui semblait un Fils d’homme. Il avait sur la tête une couronne d’or et, à la main, une faucille aiguisée. Un autre ange sortit du Sanctuaire. Il cria d’une voix forte à celui qui siégeait sur la nuée : « Lance ta faucille et moissonne: elle est venue, l’heure de la moisson, car la moisson de la terre se dessèche. »Alors, celui qui siégeait sur la nuée jeta la faucille sur la terre, et la terre fut moissonnée.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,5-11.
En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara :
« Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »  Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »


Cy Aelf, Paris


Le temps de la seconde venue du Christ a si souvent été assimilé à des phénomènes dévastateurs qu'en lisant certains articles d'une revue spécialisée dans les "avertissements", j'ai risqué de perdre ma foi de converti. Ne fallait-il pas ériger une croix immense sur la butte de Dozulé ?  Et ces trois jours de ténèbres durant lesquels il faudrait s'enfermer chez soi et n'ouvrir à personne ?  Jusqu'au moment où j'ai senti que je risquais de perdre ma joie...

Du coup, je me suis débarrassé de ces lectures puisqu'elles m'avaient conduit à craindre aussi bien Dieu que mon prochain plutôt que d'aimer, ce verbe qui est souffle de vie...

J'écris cela et je reconnais quand-même que le temps que nous vivons est celui de grands bouleversements à venir.

Notre prêtre a lui même évoqué le danger du repli sur soi devant les malheurs du monde. Pour les saints, de toutes les époques, les difficultés de vivre ont été autant d'occasion d'aimer et de se sanctifier.

C'est ainsi qu’il Il a évoqué  la béatification par Jean Paul 2 de l'archiduc François-Joseph. Les raisons de cette béatification tiennent à la fois aux tentatives que Charles fit pour trouver les voies de la paix en 1917, tant par la médiation de ses beaux-frères les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme, que par son soutien apporté à la médiation du pape Benoît XV, et à ses vertus chrétiennes.

Il est fêté non pas le jour anniversaire de sa mort, comme il est usuel pour les saints, mais le jour anniversaire de son mariage, choisi par le pape Jean-Paul II pour signifier que le mariage est l'une des voies principales de la sanctification.

Le 31 janvier 2008, un tribunal ecclésiastique reconnaît miraculeuse une guérison attribuée à l'intercession du bienheureux Charles d'Autriche, réalisée en Floride, aux États-Unis.

Une relique de l'empereur-roi est exposée en la basilique Saint-Epvre de Nancy. Une  autre relique  de l'empereur-roi se trouve aussi à la basilique Notre-Dame de Tongre, non loin du château de Belœil, (Belgique).

Chaque époque de l'histoire et l'histoire de chaque être humain sont propice à la sainteté...

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Vertus de l'humilité et de la pauvreté de coeur

Message par etienne lorant » lun. 21 nov. 2016, 18:37

Le lundi de la 34e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 14,1-3.4b-5.
Moi, Jean, j’ai vu : et voici que l’Agneau se tenait debout sur la montagne de Sion, et avec lui les cent quarante-quatre mille qui portent, inscrits sur leur front, le nom de l’Agneau et celui de son Père. Et j’ai entendu une voix venant du ciel comme la voix des grandes eaux ou celle d’un fort coup de tonnerre ; mais cette voix que j’entendais était aussi comme celle des joueurs de cithare qui chantent et s’accompagnent sur leur cithare. Ils chantent un cantique nouveau devant le Trône, et devant les quatre Vivants et les Anciens. Personne ne pouvait apprendre ce cantique sinon les cent quarante-quatre mille, ceux qui ont été rachetés et retirés de la terre. Ceux-là ne se sont pas souillés avec des femmes; ils sont vierges, en effet. Ceux-là suivent l’Agneau partout où il va; ils ont été pris d’entre les hommes, achetés comme prémices pour Dieu et pour l’Agneau. Dans leur bouche, on n’a pas trouvé de mensonge; ils sont sans tache.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,1-4.
En ce temps-là, comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie. Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »


Cy Aelf, Paris

La Liturgie du jour nous parle des offrandes qui ont le pouvoir d'assurer notre salut. Et, sans aller jusqu'au martyre, il existe de multiples types d'offrande, dont certaines sont héroïques et que le Seigneur seul peut distinguer. C'est bien sûr le cas de la veuve.

Le prêtre nous a rappelé la piètre condition de la femme à l’époque, en Israël. Considérée comme une mineure au sens juridique du terme, elle dépendait d'un homme toute sa vie : après son père, c'est son mari ou son fils aîné qui lui servent de tuteur. Et un mari pouvait répudier sa femme pour divers motifs graves, sans que cette dernière puisse protester en quoi que ce soit. Et l'on peut même se souvenir que saint Joseph, à qui Marie s'était confiée, avait lui-même songé à la répudier. Il en était tout torturé, mais pour demeurer un "juste" selon la Loi, il devait répudier Marie.

En tout cela, ce qu'il nous faut retenir, d'une part, que nous avons tous à nous dépouiller peu à peu, mais résolument de tout ce qui, en ce monde, est considéré comme richesse, mérite, assurance pour l'avenir (comme dans la parabole du riche insensé - en saint Luc 12(13-21).

D'autre part, c'est en se dépouillant peu à peu ou d'une seule fois que que l'on progresse vers la sainteté dès ce monde.

En conclusion, notre prêtre nous a conseillé de relire la finale d'une prière de saint François, que je cite ici :

"O Seigneur, que je ne cherche pas tant à
être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre,
à être aimé qu’à aimer.

Car c’est en se donnant qu’on reçoit,
c’est en s’oubliant qu’on se retrouve,
c’est en pardonnant qu’on est pardonné,
c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.
»


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Le monde et l'amour de Dieu

Message par etienne lorant » sam. 19 nov. 2016, 17:47

Le samedi de la 33e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 11,4-12.
Moi, Jean, j’ai entendu une voix qui disait : « Les deux témoins chargés de prophétiser, ce sont eux les deux oliviers, les deux chandeliers, qui se tiennent devant le Seigneur de la terre. (...) Ces deux témoins ont le pouvoir de fermer le ciel, pour que la pluie ne tombe pas pendant les jours de leur prophétie. Ils ont aussi le pouvoir de changer l’eau en sang et de frapper la terre de toutes sortes de fléaux, aussi souvent qu’ils le voudront. Mais, quand ils auront achevé leur témoignage, la Bête qui monte de l’abîme leur fera la guerre, les vaincra et les fera mourir. Leurs cadavres restent sur la place de la grande ville, qu’on appelle, au sens figuré, Sodome et l’Égypte, là où leur Seigneur aussi a été crucifié.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 20,27-40.
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’ Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. » Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.

Cy Aelf, Paris


De nombreux commentaires sont possibles pour le lecteur du passage de l'Apocalypse lu ce matin et beaucoup de lecteurs les ont identifiés selon leurs estimations propres. Mais l'essentiel réside dans le fait qu'il y a jugement pour tout homme et toute femme au moment de la mort.

Ainsi, lorsque Jésus répond aux Sadducéens et à leur fable de la femme aux sept maris, il ne fait que réfuter leur estimation d'une existence "post mortem" calquée sur celle que nous connaissons dans le présent.

Il n'en est pas ainsi car, pour Dieu, tous sont vivants. Cependant, il y a bien un jugement pour chacune et chacun d'entre nous. C'est de cela qu'il faut se préoccuper, c'est à partir de là qu'il faut méditer. Car le monde tel que nous le vivons chaque jour, du mieux que nous le pouvons, n'est qu'un apprentissage de la vie éternelle dans l'amour de Dieu.

De la sorte, que nous soyons célibataires ou mariés, c'est de la qualité de notre cœur qu'il sera question. Quiconque cherche à en savoir plus, qu'il le fasse en s'efforçant d'aimer un peu mieux aujourd'hui qu'hier: en effet, c'est bien de cette démarche du cœur et de l'esprit, que dépendra la qualité de notre vie dans l'au-delà. Puisque Dieu est Amour...

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Donner c'est d'abord se donner

Message par etienne lorant » ven. 18 nov. 2016, 17:48

Le vendredi de la 33e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 10,8-11.
Moi, Jean, la voix que j’avais entendue, venant du ciel, me parla de nouveau et me dit : « Va prendre le livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre. » Je m’avançai vers l’ange pour lui demander de me donner le petit livre. Il me dit : « Prends, et dévore-le; il remplira tes entrailles d’amertume, mais dans ta bouche il sera doux comme le miel. » Je pris le petit livre de la main de l’ange, et je le dévorai. Dans ma bouche il était doux comme le miel, mais, quand je l’eus mangé, il remplit mes entrailles d’amertume. Alors on me dit : « Il te faut de nouveau prophétiser sur un grand nombre de peuples, de nations, de langues et de rois. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,45-48.
En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : ‘Ma maison sera une maison de prière’. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

Cy Aelf, Paris


Elle est belle et forte, cette image du petit livre qu'il faut manger. C'est bien de l’Évangile qu'il s'agit - et ils sont nombreux celles et ceux qui l'ont parcouru, en se représentant eux-mêmes dans un rôle d'apôtre. Ils sont de bonne volonté, mais sous la pression constante des choses de ce monde, l'enthousiasme du début cède rapidement : "C'est merveilleux, se disent-ils, mais je vis dans un monde qui m'oblige de réussir à la manière de ce monde".

Combien de vocations se sont-elles arrêtées là ? Et de ce fait, nombreux celles et ceux qui se sont réfugiés dans une pratique ordinaire des sacrements dans l’Église. Ce sont de fidèles pratiquants.
Et lorsque l'on participe régulièrement, il est vrai que l'on se sent comme bien protégé.

Mais, hélas, c'est également ainsi que, peu à peu, l'on en revient à dire au pauvre: "L'argent dont j'aurais pu t'assister est "corban", c'est-à-dire une offrande destinée au temple."

Aussi est-il bien préférable que la Parole de Jésus nous fasse nous heurter durement à nos habitudes, qu'elle nous oblige à revenir souvent sur nous-mêmes. En ce sens, les souffrances et les malheurs acceptés nous feront progresser dans la foi, l'espérance et la charité au moins tout autant qu'une pratique ecclésiale rigoureuse.

(Et pour moi-même, j'ajoute : qu'est devenu le temps de ma conversion, ces trois années durant lesquelles me poussaient, d'un instant à l'autre, à changer d'horaire afin de rendre le service que l'on m'avait demandé ?) Donc, souvenons-nous de ce que la joie la plus grande tient directement à la difficulté rencontrée avant de rendre un service à autrui !

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Assurer son salut par la miséricorde

Message par etienne lorant » jeu. 17 nov. 2016, 17:19

Le jeudi de la 33e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 5,1-10.
Quand l’Agneau eut pris le Livre, les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se jetèrent à ses pieds. Ils tenaient chacun une cithare et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints. Ils chantaient ce cantique nouveau : « Tu es digne, de prendre le Livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu fus immolé, rachetant pour Dieu, par ton sang, des gens de toute tribu, langue, peuple et nation. Pour notre Dieu, tu en as fait un royaume et des prêtres : ils régneront sur la terre. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,41-44.
En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »

Cy Aelf, Paris

C'est bien le Christ qui a permis la réconciliation de l'homme avec Dieu. Mais c'est par le don total de lui-même, par son immolation sur la croix, que Jésus a vaincu le monde et rétabli le lien à Dieu que nous appelons religion. Mais le temple de Jérusalem a été abandonné et détruit. Car désormais, avec le don de l'Esprit Saint, le Seigneur peut être, partout et en tout temps, être servi et adoré.

Cependant, Satan, l'Adversaire, continue de leurrer les hommes, que ce soit en les couvrant d'or, d'argent et de possessions, mais aussi en instaurant de nouvelles formes de plaisirs et de distractions, lesquels constituent de graves offenses envers Dieu.

Ecartons-nous vivement de tout cela ! "Mais persévérons, nous a dit le prêtre, dans la foi et l'espérance et surtout dans la charité, laquelle consiste à reconnaître Jésus caché dans le pauvre."

C'est un discours qu'il est toujours difficile d'entendre, mais le témoignage chrétien ne saurait subsister sans les signes qui l'accompagnent et ce sont des manifestations de miséricorde envers autrui. En effet : "Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde"...

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Le Jugement : toujours selon l'Amour

Message par etienne lorant » mer. 16 nov. 2016, 17:52

Le mercredi de la 33e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 4,1-11.
Moi, Jean, après cela, j’ai vu : et voici qu’il y avait une porte ouverte dans le ciel. Et la voix que j’avais entendue, pareille au son d’une trompette, me parlait en disant : « Monte jusqu’ici, et je te ferai voir ce qui doit ensuite advenir. » Aussitôt je fus saisi en esprit. Voici qu’un trône était là dans le ciel, et sur le Trône siégeait quelqu’un. Celui qui siège a l’aspect d’une pierre de jaspe ou de cornaline ; il y a, tout autour du Trône, un halo de lumière, avec des reflets d’émeraude.
Tout autour de ce Trône, vingt-quatre trônes, où siègent vingt-quatre Anciens portant des vêtements blancs et, sur leurs têtes, des couronnes d’or. Et du Trône sortent des éclairs, des fracas, des coups de tonnerre, et sept torches enflammées brûlent devant le Trône : ce sont les sept esprits de Dieu. Devant le Trône, il y a comme une mer, aussi transparente que du cristal. Au milieu, autour du Trône, quatre Vivants, ayant des yeux innombrables en avant et en arrière.
Le premier Vivant ressemble à un lion, le deuxième Vivant ressemble à un jeune taureau, le troisième Vivant a comme un visage d’homme, le quatrième Vivant ressemble à un aigle en plein vol.
Les quatre Vivants ont chacun six ailes, avec des yeux innombrables tout autour et au-dedans. Jour et nuit, ils ne cessent de dire : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur Dieu, le Souverain de l’univers, Celui qui était, qui est et qui vient. » Lorsque les Vivants rendent gloire, honneur et action de grâce à celui qui siège sur le Trône, lui qui vit pour les siècles des siècles, les vingt-quatre Anciens se jettent devant Celui qui siège sur le Trône, ils se prosternent face à celui qui vit pour les siècles des siècles ; ils lancent leur couronne devant le Trône en disant : « Tu es digne, Seigneur notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance. C’est toi qui créas l’univers ; tu as voulu qu’il soit : il fut créé. »


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,11-28.
En ce temps-là, comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même. Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite. Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.” Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”
Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté. Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.” Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.” Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.” À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.” Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge. En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.” Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé; alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.” Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.” On lui dit : “Seigneur, il a dix fois plus ! – Je vous le déclare : on donnera à celui qui a; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” » Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.


- © AELF, Paris

Il ne sera pas possible d'échapper au jugement. Celui qui a véritablement vécu dans l'amour manifesté par le Christ devra tout autant rendre compte des grâces reçues que son voisin. Et celui qui n'a pas connu le Seigneur sera jugé tout autant. Mais comment est-ce possible ?

Pour notre prêtre, c'est tout à fait "normal, juste et équitable", du fait que l'homme et la femme de quelles origines qu'ils soient, sont nés avec un cœur pour aimer. Même le naufragé échoué sur une île déserte peut continuer d'aimer. L'intelligence et la raison ne viennent qu'ensuite et ne sont que des instruments au service du verbe aimer.

Parmi tous les hommes et les femmes sur la terre, il n'en est pas un seul qui méconnaisse totalement le verbe aimer. Les bouddhistes sont-il des contemplatifs du "néant divin"? En réalité, en Occident, il jouit pourtant d'une réputation certaine du fait de sa non-violence, de son pacifisme et de sa tolérance. Ce qui signifie, tout simplement, que même sans avoir été évangélisé, un homme devra répondre de l'usage qu'il aura fait de sa capacité d'aimer.

Toutes et tous, en tous les siècles, hommes et femmes ont été créés à l'image et selon la ressemblance de Dieu. Et il faudra rendre des comptes de que l'Amour en nous aura produit - ou non. Beaucoup d'autres choses peuvent briller aux yeux des hommes, mais s'ils renoncent consciemment à l'amour, il n'y a aucun avenir pour eux.

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Une constante remise en question

Message par etienne lorant » mar. 15 nov. 2016, 18:42

Le mardi de la 33e semaine du temps ordinaire

Livre de l'Apocalypse 3,1-6.14-22.
Moi, tous ceux que j’aime, je leur montre leurs fautes, et je les corrige. Eh bien, sois fervent et convertis-toi. Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, j’ai siégé avec mon Père sur son Trône. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Églises.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 19,1-10.
En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »



- © AELF, Paris

Jusqu'à la fête de Noël, les appels à la conversion vont se multiplier , car la fête de Noël, avec la crèche au salon, les petites lumières qui clignotes, le sapin, les statuettes colorées des différents personnages de la scène l'événement... toutes ces jolies petites choses à contempler nous évitent aussi de songer au fait que le Christ est venu dans le monde en assumant d'emblée la condition des exclus et des sans-abris.

Cette première venue du Christ ne doit pourtant pas nous dispenser de songer à la seconde, en vue de laquelle il nous faut nous convertir encore et chaque jour, en songeant que, tant que nous sommes vivants, nous pouvons cesser d'être des tièdes, de ceux qui trompent leurs propres consciences en se disant : "C'est une faute, mais elle n'est pas trop grave, ma propre conscience me rassure à ce sujet".

Eh bien, cette conscience-là sent le souffre, elle n'est plus celle de la conversion - pas de la mienne en tout cas. L'Avent, nous a dit le prêtre, doit être pour nous un temps de profonde remise en question.
Les marins font le point régulièrement en fonction des étoiles. Nous voici dans dans le temps d'examiner si la direction que nous suivons est toujours la bonne, ou bien si nous avons "dérivé" en fonction des des vagues d'événements, mais aussi ceux de la vie quotidienne.... gare aux sables mouvants !

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