Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

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Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » dim. 04 févr. 2018, 19:40

Le sermon de ce Dimanche a parlé de la parabole du semeur. Ce n'est pas par hasard que Dieu commence cette parabole par le cas de ceux auxquels la semence, étant tombée au long du chemin, est mangée aussitôt par les oiseaux. C'est le cas le plus fréquent. Il s'agit de ceux qui entendent la Parole, mais lui disent «non!». Ce sont ceux qui ne croient pas. Ils refusent l'évidence. Combien de fois ont-ils entendu de Dieu, combien de fois ont-il entendu Sa Parole ? Tout au long du chemin. Tout au long de leur vie. Mais, à la différence des ouvriers de la onzième heure, ils meurent de la même manière qu'ils on vécu: séparés de Dieu. Pourquoi, pour quelle raison, dans leur cas, la bonne semence est mangée «aussitôt» par le diable ? C'est parce qu'elle est tombée sur du roc dur. C'est l'orgueil qui endurcit le coeur. Cet endurcissement du coeur ne peut être dissolu que par la contrition, attitude qu'ils refusent. Car le sens propre de ce terme, contritio-contritionis, vient du travail de ceux qui, autrefois, cassaient les blocs de pierre avec des gros marteaux pour faire des pierres plus petites, utiles au bâtiments et pour la construction des chemins. C'est la même racine que dans le mot «triturer», c'est à dire rendre (une chose dure) en menus morceaux. C'est ça la contrition.
Ceux-là sont suivis par deux groupes presque tout aussi fréquents: ceux dans lesquelles la bonne semence commence à pousser jusqu'à un point, puis elle se perd. Dans un cas, elle se perd parce que le terrain commence à nourrir la semence jusqu'à un point, au delà duquel il ne fournit plus suffisamment. Quel est ce point ? Notre Seigneur parle d'une tribulation, d'une persécution. Dans la plupart des cas, cette tribulation, cette persécution vient de la peur de ne pas être comme les autres. Dieu nous met devant un choix. On ne peut pas servir deux maîtres: Lui ET le monde, mais un seul. Cette catégorie refuse cette radicalité évangélique. Ils entendent la Parole, la semence commence à pousser dans leur âme. Mais, suite au manque de profondeur, elle arrête de pousser et n'arrive pas à la moisson.
Puis, il y a le cas des semences étouffées pas les mauvaises herbes. Ces mauvaises herbes sont les péchés. Ces gens-là croient en Dieu. Dans leur cas, aussi, la semence commence à pousser. Mais ils refusent d'arracher les mauvaises herbes. Ils disent: «pourquoi aller à la Messe tous les Dimanches ? Les Dimanches je m'occupe de moi, le Dimanche c'est mon Dimanche». Eh bien, ils se trompent, car «Dimanche» c'est le «Jour de Dieu». Ils disent: «pourquoi finir avec le concubinage ? Je vais m'arranger avec Dieu plus tard dans ma vie!» Ce sont des gens capables de quitter le péché seulement lorsque c'est le péché qui les quitte.
Puis, il y a, heureusement, le cas de ceux dans lesquelles la semence donne du fruit. C'est le dernier des groupes, ce sont les sauvés. L'Évangile du jour ne le mentionne pas, mais, dans les autres synoptiques, Dieu nous donne un détail: dans le cadre de ce groupe il y a plusieurs catégories: dans tous les cas la semence donne des fruits, mais dans un cas trente pour un un, dans un autre soixante pour un, dans le troisième cent pour un.
Ce sont qui ceux dans lesquelles la semence donne trente pour un ? Ce sont ceux qui font le minimum syndical pour obtenir le salut. Ils ont la foi, ils obéissent à Dieu. Ils n'ont pas honte de l'affirmer publiquement et d'affronter les moqueries de ses ennemis. Ils ne vivent plus en état de péché. Heureusement, c'est suffisant pour le salut.
Puis, il y a ceux dans lesquelles la semence donne du fruit en rapport de soixante pour un. Ce sont ceux qui ne se limitent pas de venir une fois par semaine à l'église, mais ont l'étrange habitude de prier chaque jour. Ils ne vont pas seulement une fois, voire deux ou trois dans l'année se confesser, mais il leur arrive de se confesser dès qu'il ont un péché qui pèse sur leur âme. Mais ils ne visent pas la sainteté. La sainteté c'est pour les autres, pas pour eux. Eux, ils croient que les saints sont des êtres parfaits. Ils font au delà du minimum syndical pour le salut de leur âme, mais il ne font pas encore ce que Dieu aimerait le plus de leur part: être des saints.
Il y a encore ceux qui arrivent à la moisson avec du fruit en rapport de cent pour un. Ce sont ceux qui aiment vraiment Dieu. Ce sont ceux qui ont la flamme de l'amour du Dieu, au point que c'est Dieu, et Dieu seul qui vit en eux. C'est la foi vivante. Si le malheur, le grand malheur fait qu'ils commettent un péché, cela leur devient insupportable et il courent pour qu'il soient pardonnés. Le bon Dieu se reflet en eux comme dans un miroir. Le temps venu, plein de joie, Dieu leur dira: «entrez, mes bien aimés!». J'ai connu des gens de cette espèce rare. Ce sont des saints parmi nous. Ce sont des saints parce qu'ils veulent l'être, parce qu'il visent la sainteté.
Le Carême qui s'approche est un bon temps pour que nous devenions des saints, nous aussi. Pour cela, il faut pas seulement prier davantage, mais prier mieux, prier comme les saints.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » dim. 28 janv. 2018, 13:44

Le sermon de ce jour a été centré sur le silence. J'ai appris que le temps de la Quadragesima est particulièrement favorable pour pratiquer le silence. Dans les premières trois semaines, pour préparer le Carême. À partir du Mercredi des Cendres, pour accompagnier notre Seigneur sur Ses traces, car il a commencé son activité publique par jeun et retraite. Le monde d'aujourd'hui est trop bruyant: c'est pourquoi la plupart de gens n'entendent pas la voix de Dieu et il se posent la question: «mais où est Dieu ?». Dieu se révèle dans le silence, jamais dans le bruit. Si le silence nous est nécessaire, ce n'est pas par misanthropie, ce n'est pas pour ne pas parler au gens, mais c'est pour pouvoir entendre Dieu.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par TREBLA » mer. 17 janv. 2018, 0:00

Cher Altior,

Merci pour votre réponse.
Altior : mar. 16 janv. 2018
Trebla : mar. 16 janv. 2018

Le miracle public de Cana ne correspond pas à la définition catholique du terme "transsubstantiation."
Cher Trebla,

Dans la définition de la transsubstantiation que vous citez, le fait que la substance B garde les accidents de la substance A est irrélévant. Si je pouvais changer l'argent fondu en mercure, j'aurais fait une transsubstantiation, quoique le mercure aurait gardé l'aspect, la fluidité, l'éclat de l'argent fondu.

Je ne veux pas contribuer à détourner ce fil vers les disputes inter-confessionnelles, car le point de vu des protestants sur la question est largement connu. D'ailleurs, lorsque j'ai tissu ce fil, je ne l'ai pas conçu comme un fil de débat, mais de partage. Par exemple, dans votre cas, vous pouvez contribuer par nous raconter quesque vous avez appris au dernier sermon dans l'église/temple/maison de prière que vous fréquentez.

Bien à vous,
A.
Je ne veux pas non plus « contribuer à détourner ce fil vers les disputes inter-confessionnelles. »

La "transsubstantiation" n'est pas un terme scientifique. Il s'agit d'un terme purement ecclésiastique, c'est-à-dire un terme qui concerne l'Église, le clergé.

Selon LAROUSSE, la "transsubstantiation" est le « changement de la substance du pain et du vin opéré au cours de la messe, à l'eucharistie, par la consécration en la substance du corps et du sang de Jésus-Christ (ne subsistent du pain et du vin que les apparences) ».

Lorsque Jésus a changé l'eau en vin, il n'a pas célébré la messe. Jésus a changé l'eau (oxyde dihydrogéné) en vin.

La composition du vin :
- eau (oxyde dihydrogéné)
- alcool éthylique (CH3-CH2OH)
- acide tartrique (COOH-CHOH-CHOH-COOH)
... et ainsi de suite ...

L'eau changée en vin n'avait plus les caractéristiques physiques et les apparences originales.

Donc, le miracle public de Cana ne correspond pas à la définition catholique du terme "transsubstantiation."

Que le Seigneur vous bénisse.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » mar. 16 janv. 2018, 23:15

Le miracle public de Cana ne correspond pas à la définition catholique du terme "transsubstantiation."
Cher Trebla,

Dans la défibition de la transsubstantiation que vous citez, le fait que la substance B garde les accidents de la substance A est irrélévant. Si je pouvais changer l'argent fondu en mercure, j'aurais fait une transsubstantiation, quoique le mercure aurait gardé l'aspect, la fluidité, l'éclat de l'argent fondu.

Je ne veux pas contribuer à détourner ce fil vers les disputes inter-confessionnelles, car le point de vu des protestants sur la question est largement connu. D'ailleurs, lorsque j'ai tissu ce fil, je ne l'ai pas conçu comme un fil de débat, mais de partage. Par exemple, dans votre cas, vous pouvez contribuer par nous raconter quesque vous avez appris au dernier sermon dans l'église/temple/maison de prière que vous fréquentez.

Bien à vous,
A.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par TREBLA » mar. 16 janv. 2018, 18:50

Cher Altior,

Merci pour vos contributions.
Altior : dim. 14 janv. 2018

L'homélie d'aujourd'hui a été centrée par la lecture de l'Évangile de Saint Jean concernant l'épisode des noces de Cana. J'ai appris trois choses:
[...]
3. Le miracle public de Cana est un miracle de transsubstantiation. Jésus change une substance (l'eau) en une autre substance (le vin).
[...]
Laudetur Iesus Christus!
Voici la définition officielle du terme "transsubstantiation" :
Transsubstantiation

Dans la théologie catholique, c’est la doctrine selon laquelle au cours de l’eucharistie, au moment de la consécration, les espèces du pain et du vin deviennent le Corps et le Sang du Christ tout en conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales.

Église catholique en France
Vous constatez correctement que « Jésus change une substance (l'eau) en une autre substance (le vin). »
Dès que le maître du festin eut goûté l'eau changée en vin (il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs qui avaient puisé l'eau le savaient), il interpella l'époux et lui dit: "Tout homme sert d'abord le bon vin, et après qu'on a bu abondamment, le moins bon; mais toi, tu as gardé le bon jusqu'à ce moment." (Jean 2, 9-10)
L'eau a-t-elle conservé « les caractéristiques physiques et les apparences originales » ?

Question : Le maître du festin aurait-il seulement cru qu'il buvait du vin tout en buvant de l'eau (conservant les caractéristiques physiques et les apparences originales) ?
Réponse : Jamais de la vie !

Tel fut, à Cana de Galilée, le premier des miracles que fit Jésus, et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui (Jean 2, 11).

Le maître du festin n'a pas dit : "Tout homme sert d'abord [la bonne eau], et après qu'on a bu abondamment, [la moins bonne], car l'eau n'avait pas conservé les caractéristiques physiques et les apparences originales.

Donc le maître du festin a dit : "Tout homme sert d'abord le bon vin, et après qu'on a bu abondamment, le moins bon; mais toi, tu as gardé le bon jusqu'à ce moment." (Jean 2, 10)

Le miracle public de Cana ne correspond pas à la définition catholique du terme "transsubstantiation."

Que le Seigneur vous bénisse.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » dim. 14 janv. 2018, 20:45

L'homélie d'aujourd'hui a été centrée par la lecture de l'Évangile de Saint Jean concernant l'épisode des noces de Cana. J'ai appris trois choses:

1. Selon l'avis de plusieurs auteurs de confiance, l'époux était un neveu de Saint Joseph. Autrement dit, la Saint Vierge était la tente (par alliance) de l'époux.
2. L'opinion véhiculée par les modernistes, selon laquelle l'épisode de Cana marque le début de la mission publique de Notre Seigneur n'est pas traditionnelle. Selon l'enseignement catholique traditionnel, le début de la mission publique de Notre Seigneur a eu lieu quelques mois plus tard, au Temple. Il reste vrai que, à l'occasion des noces de Cana, Notre Seigneur fait un miracle public, car sa Mère lui en avait demandé. Seulement il arrive que, pour qu'il puisse obéir, il doit faire jouer sa divinité.
3. Le miracle public de Cana est un miracle de transsubstantiation. Jésus change une substance (l'eau) en une autre substance (le vin). C'est un miracle préparatoire, afin que nous croyons. Car, si nous arrivons à croire que Jésus a réellement changé l'eau en vin, alors nous pourrons plus facilement croire que, dans le cadre d'un autre festin, il fera un autre miracle de transsubstantiation, cette fois pour changer le vin en son précieux Sang. L'épisode de Cana est une allégorie de l'épisode de la Cène.

Laudetur Iesus Christus!

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » dim. 24 déc. 2017, 14:42

L'homélie de ce jour (24 décembre) a été centrée sur le message de l'ange pour St Joseph. Nous voyons que St Joseph est dans le trouble: la Sainte Vierge, revenue de sa Visitation de trois mois pendant laquelle elle a fait œuvre de charité en s'occupant de la maison de sa cousine qui devrait accoucher à un âge avancé, maintenant, que l'enfant Jean est né, est de retour. La nouvelle que la Vierge Marie est enceinte est bien un coup de tonnerre pour St Joseph. Il ne met pas en doute sa fidélité, ni sa virginité, il se rend compte qu'un mystère doit être derrière toute cette histoire, mais il ne se rend pas compte lequel. Il se trouve dans la tourmente. Dieu le laisse réfléchir selon les lumières de sa raison. Le résultat de cette réflexion est la décision de «rompre secrètement avec elle». Alors, Dieu lui envoie un message. Dieu éclaircit St Joseph lui montrant qui est le vrai père et qui est le fils: «c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés». En même temps, Dieu lui montre ce qu'il doit faire. Car «tu lui donneras le nom de Jésus» a une signification précise pour Joseph, élevé dans la tradition judaïque. Saint Joseph comprend qu'il est appelé non à répudier la Sainte Vierge secrètement, mais se marier avec elle et faire l'office de père, car celui qui donne le nom à l'enfant est bien le chef de la famille, le père.

Notons que la manière choisie par Dieu de communiquer cela est par un rève. Ce n'est pas le seul cas dans la Bible. Pour nous, qui vivons dans une tradition occidentale, plus rationnelle et moins enclin vers l'interprétation des songes, Dieu choisit plus rarement cette manière de Se manifester. Mais, pour un juif, c'est autre chose. Les prêtres sont confrontés souvent aux musulmans qui viennent vers eux avec un désir de conversion. Selon l'expérience pastorale et mystique de nos prêtres, chez les musulmans, l'apparition d'un appel du vrai Dieu dans un rève est une modalité extrèmement fréquente d'appel à la conversion. Il faut que nous ne moquions jamais et ne jamais prendre à la légère un musulman qui nous raconte cela, car il pourrait s'agir d'un vrai rêve envoyé par Dieu.

On pourrait se poser la question: mais où est la Sainte Vierge dans tout ce trouble par lequel St Joseph passe ? Pourquoi elle ne parle pas, car elle est déjà au courent de l'identité de Celui qui est dans son sein, tout comme de la modalité surnaturelle de l'avoir conçu. Avec quelques mots, elle aurait pu dissiper tout trouble et toute question. Le silence de la Sainte Vierge est pesant dans cette histoire. Eh bien, elle se tait par humilité. Elle a eu ses doutes à elle, elle a reçu de la part de Dieu, par son ange, les clarifications nécessaires. Maintenant il n'y a aucun doute, pour elle, que Dieu va clarifier tout cela pour son fiancé aussi. Ce n'est pas son rôle. Nous voyons ici l'humilité de la Sainte Vierge. Car la vrai humilité n'est pas de se rabaisser, mais de tenir l'état dans lequel Dieu a choisi de nous attribuer et de faire le devoir qui incumbe à cet état.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » dim. 26 nov. 2017, 23:22

Un métier pas comme les autres est le métier de...paysan. À la différence d'un salarié, qui a un revenu constant chaque mois, un paysan travaille une année pour arriver à la récolte. Plus encore, cette récolte n'est pas sûre. Alors, il doit prévoir. La récolte dépend certainement de son travail, de son savoir. Mais elle dépend aussi des circonstances qu'il ne peut pas contrôler. Un temps de sècheresse et tout peut être compromis. Une tempête avec grêle dans le mauvais moment et son maïs devient un épinard inutilisable. Le paysan doit faire des provisions pour le cas où sa récolte, si promettante, serait exposé à un orage juste avant le moment de la récolte.
C'est pareil pour le chrétien. Les résultats de son travail dépendent largement de la quantité et de la qualité de son travail. Mais ce n'est pas tout, car il dépend aussi des circonstances qu'il ne peut pas contrôler, car hors de son choix. Nous ne choisissons pas de naître garçons ou filles, nous ne choisissons pas d'être hommes ou femmes: croire dans la théorie du genre est une pure folie. Le genre est si profondément encrée dans notre être, qu'on peut prendre toute cellule, peu importe laquelle, on l'examine et on se rend bien compte qu'il s'agit d'une cellule de homme ou d'une cellule de femme. On ne choisit pas d'être nés dans une famille riche ou pauvre. On ne choisit pas dans quel endroit du monde on voit le jour. Généralement, le chrétien ne choisit pas son point de départ. Il ne choisit pas même tout son équipement de randonnée, car il y a dans cet équipement une partie qui ne dépend pas de son choix. Ce qu'il choisit, c'est le trajet et le point d'arrivée. J'ai vu, parmi mes ouailles, des jeunes de très bonne famille. Ils ont reçu dès leurs enfance tout ce que leur âme a besoin. Ils ont reçu une caté de bonne qualité, un enseignement plein de fondamentaux solides. Ils étaient des servants d'autel, à cet autel, ici. Puis, tout d'un coup, tout a changé. Ils se sont éloignés de Dieu, ils ont choisi le monde, ils ne veulent plus rien savoir de ce que, jadis, leur était cher au cœur. Leur départ était excellent, leur trajet était prometteur. Mais qu'est-ce qu'ils ont fait de leur récolte ? Un mauvais choix: ils ont choisi la mort de leurs âmes. Par contre, j'ai connu des jeunes élevés dans un milieu athée, voire franchement hostile à tout ce qui touche la religion. Un jour, ils ont découvert Dieu, devant le même autel. Ils ne L'ont plus abandonné depuis. Ils ont mis de l'ordre dans leurs vies, ils ne peuvent plus même concevoir une vie sans Dieu. Leur récolte sera abondante.
Dans la lecture d'aujourd'hui, nous avons vu ce que notre Seigneur nous enseigne. La fin du monde aura bien lieu. Pour tous ceux qui sommes ici il y a une certitude: nous serons témoins de la fin du monde. Car c'est ça la mort: la fin du monde. Notre monde sera parti. Et après ? Eh bien, après c'est le moment de la récolte. Cultivez bien votre terre, désherbez, faites l'arrosage à temps! Faites des provisions du vrai avoir, car ces provisions-là vous seront utiles pendant les orages, car on ne sait pas ce que la vie nous réserve. N'oubliez jamais que, si nous ne choisissons pas notre point de départ, nous choisissons le point d'arrivée.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » lun. 20 nov. 2017, 1:07

Vous avez raison, Suliko, plusieurs sources le confirme. Il s'agit de la reine Isabelle de Portugal, devenue impératrice (la femme de Charles Quint), morte à l'âge de 36 ans.
Mea culpa pour cette confusion.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Suliko » lun. 20 nov. 2017, 0:19

Petite précision : il me semble que c'est à la vue du visage en état de décomposition avancée de la reine Isabelle de Portugal - et non de sa femme - que François Borgia décida de se détacher des biens de ce monde dès qu'il le pourrait.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » dim. 19 nov. 2017, 19:43

Homélie du jour, 24-ème Dimanche d'après la Pentecôte, avec lecture partielle du 6ème Dimanche d'après l'Épiphanie, reportée.

Le mois de novembre est particulièrement indiqué pour méditer aux quatre Fins Dernières: la Mort, le Jugement, l'Enfer et le Paradis.

Malheureusement, on ne médite plus à la mort. Le mot semble avoir été banni. On utilise, à sa place, «décès», ou bien des périphrases comme «fin de vie» au lieu de dire «seuil de la mort». Et pour cause! Car la méditation à la mort a une grande puissance de conversion. Beaucoup de saints sont devenus des saints suite à leur méditation à la certitude de la mort. À leur propre mort ou bien à celle de leurs proches. Comme François Borgia, grand noble et vice-roi en Espagne, qui, regardant la dépouille en décomposition de sa femme morte à un jeune âge, a pris la décision de finir avec toute préoccupation superflue et d'entrer dans l'ordre des jésuites. Il sera leur troisième supérieur général.

Pareil, on ne médite plus au Jugement dernier. Pourtant c'est cette méditation qui a amenée à la conversion de tout un peuple: le peuple bulgare. Le premier roi chrétien de Bulgarie, le roi Boris, alors qu'il avait des doutes sur des questions de foi, oscillait à faire du christianisme la religion de son État. Suite à un entretien avec St. Méthode, le grand évangélisateur de l'Orient européen, il commande une peinture représentant le Jugement Dernier. Devant cette peinture il restera pendant des heures. Cette méditation deviendra la cause efficiente de sa vraie conversion intérieure et, par ricochet, de la conversion de son peuple jusqu'alors païen.

Par «Jugement» on comprend le jugement individuel des âmes après la mort ET le jugement universel, quand l'histoire arrivera à son terme. Plutôt que de parler de deux jugements différents il serait mieux de réfléchir à eux comme deux étapes du même jugement. Mais quelqu'un pourrait poser la question: pourquoi est-il nécessaire que Dieu, qui ne se trompe pas à l'occasion de la première étape, celle du jugement individuel des âmes, fasse une nouvelle séance, devant tout le monde ? Eh bien, le Catéchisme de Trent nous répond qu'il y a plusieurs raisons, dont trois sont principales:
1) l'œuvre de chacun continue après sa mort. La vie sur la terre s'arrête au moment de la mort, mais pas ses conséquences. Cela va dans un sens tout comme dans l'autre. L'œuvre de quelqu'un qui a eu la vie sainte, comme St Thomas par exemple, continue de porter des fruits bien au delà de sa mort. Mais les effets de la philosophie et de l'écriture d'un ennemi de la Sainte Église, comme Luther par exemple, continuent d'empoisonner des générations après sa mort. Si le jugement individuel a pour objet d'examiner la vie de quelqu'un, le jugement universel ira plus loin, pour examiner les fruits de cette vie ultérieures à sa fin.
2) la réputation de quelqu'un qui meurt est loin d'être toujours juste. Il y a des gens qui ont mené une vie sainte, pourtant, suite aux malversations, suite aussi peut-être à un anonymat qui vient de leurs trop grande modestie sont mal vus pendant leur vie, tout comme après leur mort. Au contraire, il y a des iniques qui arrivent à devenir des modèles. Cela ne restera pas comme ça. Le juste bafoué, tout comme l'impie qui a, pourtant, bonne réputation bénéficieront de recadrage et cette réparation devra forcément être publique.
3) au jugement individuel nous verrons Dieu avec nos yeux spirituels, tendis qu'au jugement dernier nous Le verrons avec nos yeux que nous avons maintenant. Les corps seront restaurés alors, nous serons jugé en entiers, âme ET corps. Chacun rejoindra son corps selon la sentence reçue: les justes recevront leur corps restauré dans la splendeur de leur meilleur âge et porteur de propriétés nouvelles, dont la subtilité et l'agilité et il feront cela sera avec une immense joie, tendis que les reprouvés recevront aussi leurs corps, mais il sera nauséabond, pour leurs plus grand châtiment. À partir de ce moment, de rassemblement et de solennité sans pareille, tout ce monde-là ira dans deux directions différentes: les justes, pour se réjouir dans le Paradis, les reprouvés pour châtier en Enfer et cela sera pour toute l'éternité.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Altior » dim. 12 nov. 2017, 15:08

Homélie du jour, le 23-è Dimanche après la Pentecôte, fête de St Martin, pape et martyr selon le sanctoral catholique traditionnel.

Parmi les utopies (pour ne pas dire distopies) de la Révolution, est celle de l'égalité. On nous sérine chaque jour avec l'égalité. Il y a pas mal de cas où l'égalité de la République veut dire qu'au ceux qui sont les plus méritants parmi les élèves on met des bâtons pour ne pas aller plus loin ou plus vite dans leurs études que les autres. Quelqu'un correspond le mieux, par ses qualités, à un poste ? Eh bien, alors on doit lui préférer un autre qui correspond moins. Dans la novlangue des démocrates, cela s'appelle «discriminations positive». Mais ces chantres de la démocratie républicaine ne vivent pas selon leurs principes qu'ils veulent nous inculquer. Non, car eux ils sont plus égaux que les autres, de façon que la classe politique est devenue une véritable nomenklatura démocratique.

Pourtant, il existe une chose où l'égalité reste rigoureuse, y compris pour eux. C'est la mort. Car la mort est pour tous, pour les riches et pour les pauvres. Tous ceux qui sont né ont une certitude: il vont mourir. Il y aura une exception que, toutefois, personne ne doit convoiter: ceux qui vivront pendant les derniers jours. La mort c'est l'arrachement de l'âme de son corps pour aller se présenter devant le jugement de Dieu. Ce jugement-là est sans appel, car sans erreur. Avec Dieu, on ne peut pas tricher. Il y a des théologiens qui disent que, après la mort, il y aurait une dernière chance, un sort de choix auquel les âmes seront devant. Grosse erreur, car ce n'est pas ça ce que notre Seigneur nous a appris. Il nous a appris que nous sommes comme les arbres, qui du côté duquel il se penchent, de ce côté-là ils vont tomber. Après la mort, c'est le jugement et le jugement finit par une sentence: soit d'un côté, soit d'un autre. Le choix se fait dans la vie terrestre et en cela est la grande valeur de la vie terrestre. Notre âme n'est pas comme les anges, qui sont des esprits purs. Notre âme a été créé pour animer un corps. Notre corps. Nous sommes une âme et un corps. Il y a des autres qui disent que nous ne sommes pas seulement âme et corps, mais âme, corps et esprits. Autre grosse erreur. Ceux-ci, en se basant sur une interprétation saugrenue d'une Épitre de St Paul, omettent la Genèse. Mais, comme la Bible ne peut pas se contredire, car elle est la parole de Dieu, il en résulte que âme et esprit sont la même chose où, si vous voulez, les deux côtés de la même réalité. Ce corps, comme vous avez entendu à l'épitre d'aujourds'hui, sera semblable au corps ressuscité de notre Seigneur. Il sera le même corps que nous avons, mais sans ces imperfections qu'il porte maintenant. Nous ne porterons plus des lunettes. Notre âme n'est pas comme les anges, elle est incomparablement moins parfaite. Hommes et anges ont intelligence et volonté. L'intelligence plus la volonté c'est la liberté. Mais pas dans le même degré. Car la liberté des anges est parfaite, tendis que notre liberté est une liberté faible, car basée sur une volonté faible et une intelligence atténuée par rapport aux anges. Les gens humains ne font pas un choix pour toujours, comme les anges. Ils vivent dans le temps, comme tout ce qui est matériel. Les gens humains rejettent aujourd'hui Dieu pour le suivre demain. Après, il rechutent pour le regretter. Ils font ensuite une option qu'il pensent forte pour Dieu, pour regretter cette option après. Tout ce tourbillon cessera avec la mort, de manière qu'un saint a dit, sur le seuil de la mort: «oh mon Dieu, désormais je ne vous offenserai plus!».

Dans ce mois de novembre, souvenons-nous de nos morts. Prions pour eux et espérons pour eux.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par Cinci » lun. 06 nov. 2017, 19:30

archi a écrit :
Au cas où vous n'auriez pas encore remarqué, Altior pratique selon la Forme Extraordinaire du Rite Romain (où le 5 Novembre était bien le XXIIe Dimanche après la Pentecôte, avec Mt 22:15-22).
Merci.

Je voulais être certain de la chose. J'ignorais que les amateurs de l'ancienne forme suivaient un calendrier différent.

Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par gerardh » lun. 06 nov. 2017, 12:50

_________

Bonjour Anne,

Vous avez bien fait de citer le passage de Jean 13.

L'amour chrétien est versé dans le cœur du chrétien par l'Esprit Saint qui nous a été donné (Romains 5, 5).

Ce n'est pas la même chose que l'amour de tout un chacun, dont beaucoup ont trop tendance à se revendiquer, mais qui n'est pas d'essence divine comme l'est l'amour des chrétiens entre eux de Jean 13.

Il y a aussi l'amour du prochain, qui est une notion plus générale et était spécifié aux israélites et au-delà d'eux aux croyants en général.

Lorsque quelqu'un dans notre groupe chrétien demande sa place à la table du Seigneur, il y a un examen de sa demande comme je l'ai dit précédemment. Outre des entretiens avec la personne, il y a le témoignage qu'elle apporte dans sa foi et dans sa marche, et dans ce cadre et en bonne place l'amour dont elle fait preuve envers les chrétiens, et sa bonté envers tous les hommes, même ses ennemis.

Ce qui peut poser problème c'est que cet amour est bien imparfait dans sa pratique du fait de notre ancienne nature pécheresse, ce qui est une difficulté dans l'appréciation des choses, qui nous remet à notre place mais ne doit pas pourtant nous arrêter.

Au total il faut être conscient de 1 Jean 4, 10 : "en ceci est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que Lui nous aima et qu’il envoya son Fils [pour être la] propitiation pour nos péchés". Mais nous pouvons aussi lire à partir du verset 7, et même toute l'épître.

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Re: Qu'est-ce que j'ai appris ce dimanche au sermon?

Message par archi » lun. 06 nov. 2017, 7:29

Le texte de dimanche le 5 novembre n'est pourtant pas celui rapporté par Altior. Il devrait s'agir normalement de Mt 23, 1-12. Quelqu'un possède une explication?
Au cas où vous n'auriez pas encore remarqué, Altior pratique selon la Forme Extraordinaire du Rite Romain (où le 5 Novembre était bien le XXIIe Dimanche après la Pentecôte, avec Mt 22:15-22). ;)

In Xto,
archi.

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